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Michoácan - Monarques en goguette

Carolyne Parent   26 août 2006  Voyage
De novembre à fin mars, une forêt de sapins du Michoacán sert de posada à des millions de papillons monarques.
Photo: Carolyne Parent
De novembre à fin mars, une forêt de sapins du Michoacán sert de posada à des millions de papillons monarques. Photo: Carolyne Parent
«Mais il neige des papillons ! », s'exclame une fillette visiblement éblouie par cette incroyable congrégation de monarques.

Nous sommes à Ocampo, au Santuario del Rosario, bien caché dans la Sierra Madre, au centre du Mexique. Ce repaire de lépidoptères, c'est le zoologiste canadien Fred Urquhart qui le découvrit en 1975. Pour sûr, à l'époque, aucun bon Samaritain n'avait tracé le mot santuario et une flèche sur un bout de carton pour le ficeler ensuite à un poteau de téléphone planté sur la route à suivre... Gracias, amigo !

Situé à 150 kilomètres de Morelia, capitale de l'État du Michoacán, Ocampo est un village d'agriculteurs où l'on cultive entre autres le maïs bleu. C'est la porte d'entrée du sanctuaire, que visitent surtout des Mexicains. Déjà, un comité d'accueil, dans sa belle livrée orangée, volette deci delà autour de nous et réveille la fillette en moi. Alors, imaginez un peu l'émotion qui s'empare d'elle au terme d'une randonnée bien balisée d'une trentaine de minutes dans la montagne, où une forêt d'oyamels, ou sapins sacrés, sert de posada à des millions de papillons...

Comme pour les Québécois, c'est le déclin de la lumière du jour, en septembre, qui déclenche chez ces créatures le besoin de migrer vers le sud. Chaque automne, les monarques quittent donc nos contrées pour atterrir au Michoacán deux mois et 4000 kilomètres plus tard. C'est d'ailleurs la plus longue des envolées migratoires qu'effectuent les insectes de par le monde.

Comment les monarques établissent-ils leur plan de vol ? On l'ignore encore. Une théorie veut que leur parentèle morte en chemin joue le rôle des cailloux du Petit Poucet. À Rosario, on dit que les ancêtres qui tapissent le sanctuaire permettraient à ceux de la prochaine cohorte de localiser les sites d'hibernation, d'où l'interdit formel d'en prélever.

«Les monarques vivent ici cinq mois, explique le guide Pablo Moreno González. Ils viennent pour se nourrir d'asclépiade, hiberner et se reproduire, ce qu'ils font en février. Si le mâle s'est bien alimenté, il fécondera deux femelles, sinon une seule, et il mourra. Fin mars, les papillons s'en vont.»

Mais tous ces papillons n'atteindront pas el norte. Vents contraires, fatigue, manque de nourriture mais aussi longévité s'en mêlent. Il faut savoir en effet que les monarques qui naissent en automne vivent de sept à neuf mois et que ceux qui émergent au printemps et en été, de deux à six semaines.

Ainsi, lors du voyage de retour, trois, quatre générations peuvent naître en chemin ! Et seules quelques femelles très chanceuses, nées en octobre, par exemple, reviendront sur leur terre natale en juin de l'année suivante, après avoir parcouru quelque 8000 kilomètres. Merveilleux. Tout comme le bruissement des sapins «en fleurs» du Michoacán.
- Vacances Tours Mont-Royal propose un circuit intitulé «À la découverte des papillons monarques». D'une durée de huit jours, il comprend la visite de villes coloniales du Michoacán et d'un des sanctuaires de papillons. À faire suivre d'un séjour balnéaire à Ixtapa, dans l'État voisin de Guerrero, pour profiter d'un duo mer et montagne et faire le plein de lumière. Un circuit en liberté est également offert. www.toursmont-royal.com.

Carolyne Parent était l'invitée d'Air Transat et de Vacances Tours Mont-Royal.

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