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Clin d'oeil - In Vienne veritas

Carolyne Parent   19 août 2006  Voyage
«Vous m’avez mal comprise : le vignoble viennois est dans Vienne et non autour de Vienne ! », dit Martina Pöll, sommelière et directrice de l’hôtel Rathaus Wein & Design, où je loge. Quelque 700 hectares de vignes sont en effet exploités de part et d'autre du Danube, sur les flancs des collines d'une demi-douzaine d'arrondissements de la capitale autrichienne.

Parmi les aires viticoles les plus populaires, il y a, au nord, Stammersdorf, Grinzig, Nussdorf et, au sud, Mauer. « Stammersdorf est à une trentaine de minutes d'ici en tramway et comme on n'a pas besoin de la voiture, c'est super, on peut boire ! », dit Mme Pöll, en français s'il vous plaît. Au nombre des cépages cultivés, il y a les Blaufränkisch, Zweigelt et Grüner Veltliner indigènes, ce dernier « au goût caractéristique de poivre », précise-t-elle.

Alors, va pour Stammersdorf. Et c'est ainsi que, par un beau soir de février dernier, je suis partie à la recherche non pas tant d'un vignoble viennois que de son heuriger.

« Heuriger, heuriger ! », claironnait-on jadis dans les rues de la capitale impériale pour annoncer que le vin nouveau était prêt à boire et que tous étaient invités à le goûter chez le vigneron. En 1784, l'empereur Joseph II avait en effet accordé aux viticulteurs le privilège d'écouler le vin de leurs dernières vendanges, heuriger (ou heurigen), dans un estaminet qui porterait le même nom.

Comme en ville le vin était taxé, les Viennois comprirent rapidement qu'ils avaient tout intérêt à fréquenter ces heuriger extra-muros. Toujours aussi populaires, on en dénombre aujourd'hui environ 200, fréquentés hiver comme été mais surtout pendant la belle saison en raison de leurs terrasses qui, souvent, donnent sur les vignobles.

Terminus, je descends à Stammersdorf. Il est 20h, il fait noir, il fait froid, le quartier fait dur, il n'y a pas l'ombre d'un cep de vigne dans les parages et, surtout, le tram est reparti.

Au coin de la rue, une façade est illuminée. J'aperçois des travestis par une fenêtre. J'entre chez Helm. L'ambiance est chaleureuse, familiale, festive. En fait, tout le quartier semble s'être réuni là ce soir-là pour trinquer. Et pour cause : c'est Mardi gras ! Un garçon en jupe et bas-résille vient prendre ma commande. Je ne parle pas allemand mais on se comprend : risotto au tintenfisch (de la seiche, je crois...) et une bouteille de votre Grüner Veltliner, bitte ! J'apprendrai ensuite que le vignoble est à quelques kilomètres du heuriger. Je ne le verrai pas, tant pis, mais quelle soirée !

Hôtel à thème

Et me voilà de retour au Rathaus Wein & Design, un ex-hôtel petit budget converti, en avril 2004, en un hôtel à thème. « On cherchait une idée pour l'animer, explique Martina Pöll, une idée qu'on pourrait aussi faire vivre, qui ne serait pas artificielle. Comme je suis sommelière, on a pensé au vin et on en est venu à dédier chacune des 33 chambres à un vigneron autrichien dont on apprécie les vins. Nous les avons contactés pour vérifier l'idée et en deux semaines, l'affaire était réglée ! »

Résultat ? Chaque porte de chambre est ornée d'une immense étiquette d'un cru du vigneron à qui l'on rend hommage, des photos de son vignoble décorent la pièce et, bien sûr, le minibar déborde de ses pinards. Trois chambres mettent en vedette des viticulteurs viennois, dont l'une est attribuée au maire, car la ville est propriétaire d'un vignoble.

En prime, l'hôtel est situé dans un quartier résidentiel typique de Vienne, le 8e arrondissement, appelé Josefstadt, situé non loin du Museumquartier et de Spittelberg, le Plateau viennois. Et, n'oubliez pas, à 30 minutes en tramway d'un vignoble que je vous souhaite, vous, de découvrir cet été !

À défaut : au coeur de la ville, sur Albertinaplatz (Augustinerstrasse 1) et sous le musée Albertina, Augustinerkeller est un heuriger urbain construit à même les premières fortifications de la ville. Au menu du cellier voûté : schnitzel et autres plats locaux, ainsi que des vins d'un monastère d'augustins. L'établissement voisin, le Café atelier, offre un cadre moins rustique pour siroter avec chic son riesling de la vallée du Danube.

Les frais du transport aérien de notre journaliste ont été couverts par la bourse Grands Reportages Air France-FPJQ.

Collaboratrice du Devoir
 
 
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