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Roucouler à La Pinsonnière-sur-fleuve

Diane Précourt   8 juillet 2006  Voyage
À La Pinsonnière, les dimensions des chambres, dont l’immense fenestration fait honneur à la masse aquatique qu’elles surplombent, donnent presque à penser qu’on se trouve là dans son propre condo en bordure du Saint-Laurent.
À La Pinsonnière, les dimensions des chambres, dont l’immense fenestration fait honneur à la masse aquatique qu’elles surplombent, donnent presque à penser qu’on se trouve là dans son propre condo en bordure du Saint-Laurent.
Un séjour à La Pinsonnière, une auberge de 18 chambres dans Charlevoix, c'est l'expérience cocooning par excellence. Unités spacieuses, décor high tech, il suffirait de peu pour qu'on s'imagine propriétaire d'un condo avec vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent... Malgré ses installations luxueuses, La Pinsonnière n'a rien perdu de son charme bucolique.

Cap-à-l'Aigle — Il est là. Magistral de son état. Au détour d'un chemin de campagne, derrière le bâtiment qui lui tient lieu d'écran d'intimité, le fleuve en impose. Notre Saint-Laurent, si facile à négliger en ville, prend ici toute sa mesure. La Pinsonnière, cette auberge Relais & Châteaux bientôt trentenaire qui vient de rouvrir après six mois d'importants travaux de restauration, le lui rend bien.

À 150 kilomètres de Québec, au bout d'une route en fleurs, en couleurs, en flocons ou en bourgeons selon la saison, l'hôtel de Cap-à-l'Aigle, dans Charlevoix, propose un grand bol de fraîcheur dans un environnement soigneusement aménagé high tech. L'espace étant de plus en plus prisé par les clientèles, donc considéré comme un précieux atout dans le milieu hôtelier, les propriétaires, Valérie Andrée et son père Jean Authier, ont transformé l'auberge en la faisant passer de 26 à 18 chambres, la plupart d'entre elles les yeux rivés sur le fleuve.

Résultat: la notion de confort et de quiétude n'est nullement altérée par le souci d'offrir des installations à la fine pointe de la technologie. Ainsi, descendre le petit sentier sauvage qui mène à une plage qui l'est tout autant n'empêche en rien de profiter d'Internet haute vitesse sans fil (Wi-Fi, pour wireless fidelity), un service gratuit pourtant encore tarifé à maints endroits. La Pinsonnière confronte aisément les deux mondes. Et la plage, elle? Ah! la plage... Par beau temps — et même par mauvais temps! —, on peut aller rêver sur sa grosse roche en regardant passer le temps, sinon les bateaux. À moins qu'on ne préfère y casser la croûte ou encore dévorer quelques chapitres d'un bon livre. Pour nager, la piscine intérieure chauffée fera bien l'affaire.

Les dimensions des chambres, dont l'immense fenestration fait honneur à la masse aquatique qu'elles surplombent, donnent presque à penser qu'on se trouve là dans son propre condo en bordure du Saint-Laurent. Quant aux nouvelles salles de bains, l'aisance le dispute à l'esthétique avec plancher chauffant, comptoir en granit, douche «pluie», baignoire à remous, sauna, douche-vapeur aux effluves d'huiles essentielles... Autre surprise: un walk-in où dissimuler ses valises, repasser ses vêtements et remiser quelques articles essentiels au voyage pour jouir vraiment de l'espace de vie qu'est la chambre elle-même. Et pour finir, un foyer dans chaque unité.

La directrice générale Valérie Andrée Authier, qui, il y a une dizaine d'années, a pris les rênes de l'entreprise familiale où elle a d'ailleurs exercé tous les métiers, s'est laissée guider par son intuition dans les choix de matériaux pour ces rénovations qui atteignent le million de dollars: «Je voulais à tout prix éviter la froideur de certains décors modernes. Le plus important, pour moi, c'était d'offrir un environnement très contemporain mais chaleureux tout en laissant une grande place au fleuve.» Mais pourquoi agrandir à ce point des chambres et ainsi en diminuer le nombre? «Nos unités de luxe les plus spacieuses montraient toujours un taux d'occupation très élevé: ce marché répond à un besoin», explique-t-elle.

Au coeur du petit village de Cap-à-l'Aigle, La Pinsonnière propose à la fois le charme bucolique d'une propriété dont la vocation s'est peaufinée au fil des ans et les installations luxueuses d'une auberge qui accumule les prix d'excellence depuis sa création, en 1978. Cette année-là, Jean Authier et son épouse Janine achètent une maison sur la rive nord du Saint-Laurent pour y établir un hôtel qui allait devenir sept ans plus tard un maillon de la prestigieuse bannière Relais & Châteaux.

Le leitmotiv des R&C évoque toujours les cinq C, pour «caractère, courtoisie, calme, charme, cuisine», un mot d'ordre manifestement tout naturel pour le directeur adjoint et concierge membre de la confrérie des Clefs d'or, Viateur Tremblay. Et la table, mitonnée par le chef Pierre Guiraud, sera la cerise sur le sundae.

Ce qui frappe dès l'arrivée à La Pinsonnière, c'est bien sûr le décor champêtre et cossu de l'endroit, mais c'est surtout le sourire décontracté du personnel. Et pas de ces sourires figés souvent affichés dans certains établissements haut de gamme en dépit d'insistantes campagnes vantant leur service «personnalisé». C'est encore avec les petites choses, même dans les plus grands hôtels, que se vit un accueil chaleureux. On ne se refait pas.

- La Pinsonnière, Cap-à-l'Aigle, téléphone: (418) 665-4431, 1 800 387-4431, www.lapinsonniere.com.
 
 
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