Clin d'oeil - À Tokyo, c'est déjà demain!
Le siège social de Fuji TV est l’immeuble-phare d’Odaiba.
Photo: Carolyne Parent
Les lampadaires-palmiers d'Akasaka peuvent aller se rhabiller. Les gratte-ciel vertigineux de Nishi Shinjuku aussi. Idem pour les passerelles aériennes de Shinagawa. Dans la capitale nippone, le futur loge à Odaiba, même si le site se développe depuis plus de 10 ans!
Odaiba, c'est un district où les Tokyoïtes, déjà à l'étroit sur leur territoire, vivront peut-être un jour mais pour l'heure, ils vont surtout s'y divertir. Situé au sud de la ville, en plein port, sur des terres de remblayage, il rassemble ces complexes thématiques dont les Japonais sont si friands et des immeubles délirants, dessinés assurément par des architectes trop portés sur le saké. L'été, y apparaît même une plage et ses coquillages.
Pour se rendre à Odaiba, il faut franchir la baie de Tokyo via le Rainbow Bridge. Les piétons empruntent alors un monorail informatisé appelé Yurikamome*. En passant, yuri signifie goéland et kamome réfère au roulis du berceau. Quelle techno-poésie!
Cette poésie s'incarne notamment dans la mégastructure qu'est le siège social de Fuji TV, l'immeuble-phare d'Odaiba. Inaugurée en 1995, l'oeuvre de la star des architectes japonais, Kenzo Tange, est tout aérienne malgré la boule colossale qui la coiffe. Lui fait écho le Telecom Center qui assure les communications par satellite de la ville. Cet arc-de-triomphe nouvel âge fut conçu par la firme HOK Saint-Louis qui, en 1996, s'était sans doute inspirée de l'odyssée spatiale de Stanley Kubrick!
Quant au Tokyo Big Sight (sic), le plus grand centre des congrès du pays (230 000 mètres carrés d'espace d'exposition), il suspend quatre pyramides inversées...
Kitsch ou kawaii?
Kitsch pour les uns, kawaii, ou mignons, pour les autres, les centres de divertissement et les galeries marchandes sont groupés en grappes sur le site. À la station Telecom Center, par exemple, hier et demain se côtoient avec, d'une part, le «spa thématique» Odeo Onsen Monogatari, où l'on peut prendre un bain à la mode d'Edo, et, d'autre part, les robots du National Museum of Emerging Science and Innovation.
Près de la station Aomi, il y a Palette Town et sa grande roue, qui remporte un succès fou auprès des amoureux, assure-t-on; Toyota Mega Web, une gigantesque salle de montre de prototypes automobiles et de simulateurs de conduite; et Venus Fort, un centre commercial à l'européenne, entièrement voué à la mode féminine.
Et dire qu'Odaiba-la-futuriste tire son nom des canons, daiba, qui avaient été installés dans le port sous le shogunat des Tokugawa pour le protéger des invasions barbares...
* On emprunte le Yurikamome à partir de la station Shimbashi, ligne Yamanote.
- www.jnto.go.jp.
Collaboratrice du Devoir
Odaiba, c'est un district où les Tokyoïtes, déjà à l'étroit sur leur territoire, vivront peut-être un jour mais pour l'heure, ils vont surtout s'y divertir. Situé au sud de la ville, en plein port, sur des terres de remblayage, il rassemble ces complexes thématiques dont les Japonais sont si friands et des immeubles délirants, dessinés assurément par des architectes trop portés sur le saké. L'été, y apparaît même une plage et ses coquillages.
Pour se rendre à Odaiba, il faut franchir la baie de Tokyo via le Rainbow Bridge. Les piétons empruntent alors un monorail informatisé appelé Yurikamome*. En passant, yuri signifie goéland et kamome réfère au roulis du berceau. Quelle techno-poésie!
Cette poésie s'incarne notamment dans la mégastructure qu'est le siège social de Fuji TV, l'immeuble-phare d'Odaiba. Inaugurée en 1995, l'oeuvre de la star des architectes japonais, Kenzo Tange, est tout aérienne malgré la boule colossale qui la coiffe. Lui fait écho le Telecom Center qui assure les communications par satellite de la ville. Cet arc-de-triomphe nouvel âge fut conçu par la firme HOK Saint-Louis qui, en 1996, s'était sans doute inspirée de l'odyssée spatiale de Stanley Kubrick!
Quant au Tokyo Big Sight (sic), le plus grand centre des congrès du pays (230 000 mètres carrés d'espace d'exposition), il suspend quatre pyramides inversées...
Kitsch ou kawaii?
Kitsch pour les uns, kawaii, ou mignons, pour les autres, les centres de divertissement et les galeries marchandes sont groupés en grappes sur le site. À la station Telecom Center, par exemple, hier et demain se côtoient avec, d'une part, le «spa thématique» Odeo Onsen Monogatari, où l'on peut prendre un bain à la mode d'Edo, et, d'autre part, les robots du National Museum of Emerging Science and Innovation.
Près de la station Aomi, il y a Palette Town et sa grande roue, qui remporte un succès fou auprès des amoureux, assure-t-on; Toyota Mega Web, une gigantesque salle de montre de prototypes automobiles et de simulateurs de conduite; et Venus Fort, un centre commercial à l'européenne, entièrement voué à la mode féminine.
Et dire qu'Odaiba-la-futuriste tire son nom des canons, daiba, qui avaient été installés dans le port sous le shogunat des Tokugawa pour le protéger des invasions barbares...
* On emprunte le Yurikamome à partir de la station Shimbashi, ligne Yamanote.
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