Escapade - L'or blanc de Grand-Fonds
Neige abondante et nombreux projets dans le giron de La Malbaie
À l'heure où le projet de privatisation du mont Orford provoque la colère de la population, la région de La Malbaie propose une tout autre approche de gestion pour le mont Grand-Fonds. Mobilisation citoyenne et partenariat avec l'industrie touristique sont au coeur d'un plan de développement à échelle humaine.
La Malbaie — Comme bien des stations de ski au Québec, le mont Grand-Fonds est en pleine crise financière. Mais il a ceci de particulier que, contrairement à toutes les autres, il est la propriété de la Ville de La Malbaie. Et la situation difficile du centre force la municipalité à y investir plusieurs dizaines de milliers de dollars chaque année.
Pour une ville de moins de
10 000 habitants, la charge économique peut paraître considérable. Pourtant, le maire Jean-Luc Simard y croit: «Le mont Grand-Fonds est un poumon économique pour La Malbaie. Grâce au ski, on peut prolonger la saison touristique aux mois d'hiver. Une étude CROP a démontré que le mont Grand-Fonds génère des retombées de huit millions de dollars dans la région. C'est un apport économique majeur qu'on doit préserver.»
Afin de résorber ce déficit d'exploitation, les dirigeants de la station ont dû revoir impérativement leurs façons de faire et proposer des solutions novatrices. «On ne voulait plus attendre après des investisseurs éventuels», commente Jean-Luc Simard. Contrairement à la tendance condos-restos-bistros au bas des pentes amorcée par Intrawest à Tremblant, à Grand-Fonds, on a décidé d'opter pour une approche de développement respectueuse à la fois de la communauté et de l'environnement.
«Il n'est pas question pour nous de construire des condos, précise Caroline Dion, directrice générale de la station. D'une part, on tient à préserver l'intégrité de notre parc régional et, d'autre part, on ne veut surtout pas couper l'herbe sous le pied des aubergistes de la région. Notre plan est de stimuler l'économie locale, pas de la concurrencer de façon déloyale.»
Tout le monde a mis la main à la pâte, comme l'explique le maire: «La communauté a décidé de se prendre en charge pour devenir maître de son avenir. Le projet total coûte près de cinq millions de dollars. Sur ce montant, on souhaite que 800 000 $ viennent de la participation des gens d'affaires de la région et de la population. Après seulement quelques mois de campagne, on dépasse déjà 500 000 $.» À l'heure actuelle, la station attire près de 50 000 skieurs par année. Grâce au plan de développement, elle espère en accueillir le double d'ici cinq ans.
Fait marquant: à une ère où les centres de ski tentent de gonfler à tout prix leur nombre de pistes, Grand-Fonds refuse d'entreprendre un cycle de déforestation pour accroître son domaine skiable. L'esprit qui anime la station est tout autre.
Pour Caroline Dion, il ne sert à rien d'ouvrir de nouvelles pistes au risque d'entraîner l'érosion hâtive de la montagne. «On cherche surtout à accroître le potentiel de la station en ce qui a trait aux services offerts à la clientèle, explique-t-elle. On sait qu'on a un excellent produit. La qualité de la neige et du site est tout simplement exceptionnelle. L'objectif est de mettre en valeur ce qui existe déjà, pas de nuire à l'environnement.»
Un trésor bien caché
Le site est effectivement un trésor bien caché. Au moment où les centres de ski desservant la région métropolitaine manquent cruellement de neige, Grand-Fonds, comme à tous les hivers, est littéralement submergé par l'or blanc. Plus de trois mètres de neige recouvraient les 14 pistes du centre lors de notre passage. Pour ce qui est du ski de randonnée, on propose près de 160 kilomètres de sentiers, accessibles à la fois au pas classique et au pas de patin.
Le plan de développement proposé pour attirer une clientèle plus nombreuse mettra l'accent sur les activités déjà existantes: ski alpin, ski de randonnée et raquette. Pour ce faire, on prévoit d'améliorer la qualité des remontées mécaniques et de reconstruire le chalet, qui en a bien besoin.
À cela, on ajoutera deux nouvelles activités: le développement du potentiel d'équipe et un parc d'entraînement pour les motoneigistes. On prévoit en effet consacrer un secteur éloigné du mont Grand-Fonds à un centre permettant aux touristes de s'initier à la conduite d'une motoneige avant de se lancer sur les sentiers. Principalement dédié à la clientèle européenne qui fait ses premières armes sur ces machines, le parc pourra également servir de lieu de perfectionnement pour des pilotes aguerris.
La collecte de fonds prévue pour réaliser ce projet est relativement ambitieuse. Le montage financier n'est pas encore achevé mais, déjà, la participation citoyenne envoie un signal clair au sujet de l'intérêt que porte la région à la survie de son centre de ski. Si la campagne de financement atteint son objectif de 800 000 $, la Ville s'est engagée à contracter un prêt pour une somme équivalente. À cela devrait s'ajouter une subvention importante du ministère des Affaires municipales et des Régions du Québec.
Au rythme où vont les choses, il y a fort à parier que le mont Grand-Fonds sera sous peu une destination neige incontournable au Québec.
Mont Grand-Fonds
www.montrgrandfonds.com
Collaborateur du Devoir
***
Le repos du skieur
La Malbaie regorge de petites auberges sympathiques où loger lors d'un voyage de ski. À Cap-à-l'Aigle, l'auberge Fleurs de lune se démarque tout particulièrement par l'accueil chaleureux des propriétaires. Tous deux citadins, ils ont décidé de quitter Montréal pour tenir un établissement où écologie et intérêt pour les arts font bon ménage.
Située sur un plateau dominant le Saint-Laurent, l'auberge offre une vue imprenable des glaces qui dérivent sur le fleuve. À l'intérieur, au coin du feu ou dans la verrière, il fait bon prendre le temps de lire ou de discuter des trésors de la région avec les hôtes.
Au retour d'une éreintante journée de ski, un spa extérieur permet de se détendre en toute intimité. Apéro en main, tuque sur la tête, on chasse les courbatures de la journée au soleil couchant.
Le matin, avant de quitter l'auberge Fleurs de lune pour le mont Grand-Fonds, on vous servira un petit-déjeuner copieux: oeufs bénédictine, crêpes de sarrasin, omelettes et pain doré.
Fidèles à l'esprit de l'endroit, les aubergistes servent des produits bio et du café équitable. Ils préparent aussi des confitures maison. Après avoir goûté «prune et porto» ou «cantaloup et courgette», on ne pourra pas s'empêcher de repartir chez soi en emportant un pot de ces saveurs de vacances. www.fleursdelune.com.
P. C.
La Malbaie — Comme bien des stations de ski au Québec, le mont Grand-Fonds est en pleine crise financière. Mais il a ceci de particulier que, contrairement à toutes les autres, il est la propriété de la Ville de La Malbaie. Et la situation difficile du centre force la municipalité à y investir plusieurs dizaines de milliers de dollars chaque année.
Pour une ville de moins de
10 000 habitants, la charge économique peut paraître considérable. Pourtant, le maire Jean-Luc Simard y croit: «Le mont Grand-Fonds est un poumon économique pour La Malbaie. Grâce au ski, on peut prolonger la saison touristique aux mois d'hiver. Une étude CROP a démontré que le mont Grand-Fonds génère des retombées de huit millions de dollars dans la région. C'est un apport économique majeur qu'on doit préserver.»
Afin de résorber ce déficit d'exploitation, les dirigeants de la station ont dû revoir impérativement leurs façons de faire et proposer des solutions novatrices. «On ne voulait plus attendre après des investisseurs éventuels», commente Jean-Luc Simard. Contrairement à la tendance condos-restos-bistros au bas des pentes amorcée par Intrawest à Tremblant, à Grand-Fonds, on a décidé d'opter pour une approche de développement respectueuse à la fois de la communauté et de l'environnement.
«Il n'est pas question pour nous de construire des condos, précise Caroline Dion, directrice générale de la station. D'une part, on tient à préserver l'intégrité de notre parc régional et, d'autre part, on ne veut surtout pas couper l'herbe sous le pied des aubergistes de la région. Notre plan est de stimuler l'économie locale, pas de la concurrencer de façon déloyale.»
Tout le monde a mis la main à la pâte, comme l'explique le maire: «La communauté a décidé de se prendre en charge pour devenir maître de son avenir. Le projet total coûte près de cinq millions de dollars. Sur ce montant, on souhaite que 800 000 $ viennent de la participation des gens d'affaires de la région et de la population. Après seulement quelques mois de campagne, on dépasse déjà 500 000 $.» À l'heure actuelle, la station attire près de 50 000 skieurs par année. Grâce au plan de développement, elle espère en accueillir le double d'ici cinq ans.
Fait marquant: à une ère où les centres de ski tentent de gonfler à tout prix leur nombre de pistes, Grand-Fonds refuse d'entreprendre un cycle de déforestation pour accroître son domaine skiable. L'esprit qui anime la station est tout autre.
Pour Caroline Dion, il ne sert à rien d'ouvrir de nouvelles pistes au risque d'entraîner l'érosion hâtive de la montagne. «On cherche surtout à accroître le potentiel de la station en ce qui a trait aux services offerts à la clientèle, explique-t-elle. On sait qu'on a un excellent produit. La qualité de la neige et du site est tout simplement exceptionnelle. L'objectif est de mettre en valeur ce qui existe déjà, pas de nuire à l'environnement.»
Un trésor bien caché
Le site est effectivement un trésor bien caché. Au moment où les centres de ski desservant la région métropolitaine manquent cruellement de neige, Grand-Fonds, comme à tous les hivers, est littéralement submergé par l'or blanc. Plus de trois mètres de neige recouvraient les 14 pistes du centre lors de notre passage. Pour ce qui est du ski de randonnée, on propose près de 160 kilomètres de sentiers, accessibles à la fois au pas classique et au pas de patin.
Le plan de développement proposé pour attirer une clientèle plus nombreuse mettra l'accent sur les activités déjà existantes: ski alpin, ski de randonnée et raquette. Pour ce faire, on prévoit d'améliorer la qualité des remontées mécaniques et de reconstruire le chalet, qui en a bien besoin.
À cela, on ajoutera deux nouvelles activités: le développement du potentiel d'équipe et un parc d'entraînement pour les motoneigistes. On prévoit en effet consacrer un secteur éloigné du mont Grand-Fonds à un centre permettant aux touristes de s'initier à la conduite d'une motoneige avant de se lancer sur les sentiers. Principalement dédié à la clientèle européenne qui fait ses premières armes sur ces machines, le parc pourra également servir de lieu de perfectionnement pour des pilotes aguerris.
La collecte de fonds prévue pour réaliser ce projet est relativement ambitieuse. Le montage financier n'est pas encore achevé mais, déjà, la participation citoyenne envoie un signal clair au sujet de l'intérêt que porte la région à la survie de son centre de ski. Si la campagne de financement atteint son objectif de 800 000 $, la Ville s'est engagée à contracter un prêt pour une somme équivalente. À cela devrait s'ajouter une subvention importante du ministère des Affaires municipales et des Régions du Québec.
Au rythme où vont les choses, il y a fort à parier que le mont Grand-Fonds sera sous peu une destination neige incontournable au Québec.
Mont Grand-Fonds
www.montrgrandfonds.com
Collaborateur du Devoir
***
Le repos du skieur
La Malbaie regorge de petites auberges sympathiques où loger lors d'un voyage de ski. À Cap-à-l'Aigle, l'auberge Fleurs de lune se démarque tout particulièrement par l'accueil chaleureux des propriétaires. Tous deux citadins, ils ont décidé de quitter Montréal pour tenir un établissement où écologie et intérêt pour les arts font bon ménage.
Située sur un plateau dominant le Saint-Laurent, l'auberge offre une vue imprenable des glaces qui dérivent sur le fleuve. À l'intérieur, au coin du feu ou dans la verrière, il fait bon prendre le temps de lire ou de discuter des trésors de la région avec les hôtes.
Au retour d'une éreintante journée de ski, un spa extérieur permet de se détendre en toute intimité. Apéro en main, tuque sur la tête, on chasse les courbatures de la journée au soleil couchant.
Le matin, avant de quitter l'auberge Fleurs de lune pour le mont Grand-Fonds, on vous servira un petit-déjeuner copieux: oeufs bénédictine, crêpes de sarrasin, omelettes et pain doré.
Fidèles à l'esprit de l'endroit, les aubergistes servent des produits bio et du café équitable. Ils préparent aussi des confitures maison. Après avoir goûté «prune et porto» ou «cantaloup et courgette», on ne pourra pas s'empêcher de repartir chez soi en emportant un pot de ces saveurs de vacances. www.fleursdelune.com.
P. C.
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