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    Rapprocher l’homme du divin

    9 novembre 2012 | Jean Aubry | Vin
    Vitalie Taittinger peut être fière des vins de la maison du même nom.
    Photo : Jean Aubry Vitalie Taittinger peut être fière des vins de la maison du même nom.
    La somme de 1 035 305 $ se voit versée cette année pour la construction du futur Centre intégré de cancérologie de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, grâce aux profits dégagés par l’événement annuel Montréal Passion Vin 2012. L’équivalent de 1025 bouteilles du stupéfiant Ribera del Duero Pingus 2009 (1010,00 $ - 11470471), dont le millésime 2010 dégusté lors de l’événement, avec des vins de la Bodegas Alejandro Fernandez, ont permis cette journée-là de rapprocher un peu plus l’hom me du divin.

    Fascinant, d’ailleurs, de saisir les styles diamétralement opposés du Pingus de Peter Sisseck de la cuvée Gran Reserva Janus du traditionaliste Alejandro Fernandez, de la bodega Tinto Pesquera : dans la foulée du grand bordeaux sophistiqué dansant le flamenco avec une belle des plateaux désertiques pour le premier ; imprégné des contrastes aussi profonds que lumineux d’une Espagne glorieuse dont les vins des bodegas Vega Sicilia et Pesquera sont les dignes ambassadeurs pour le second.


    « Je suis envieux des traditions locales et je veux essayer de m’y intégrer le plus naturellement possible, dira Sisseck. Mais auparavant, il faut que je trouve mes propres racines par rapport à ce milieu où Alejandro a lui-même grandi, véritable sage en matière de plantation. »


    Ne serait-ce qu’avec sa seconde cuvée Flor de Pingus, moins chère, celle-là, mais néanmoins ambitieuse, Peter Sisseck s’inscrit déjà parmi les plus brillants vignerons sur sa nouvelle terre d’élection. Un homme à suivre de près.


    Vous narrer la suite relève du défi, tant la beauté se bousculait aux portillons, mais l’espace sur cette page la prive ici de rayonner.


    Déjà, mentionnons cette série de blancs proposés par Laurent Drouhin, de la maison bourguignonne éponyme, que ce soit ces Chassagne-Montrachet Marquis de Laguiche 2008, 2005 et 2000, tous pourvus de cette puissance sereine des terroirs de l’appellation, ou encore ces Beaune Clos des Mouches 1er Cru 2008, 2005 et 2002, dont les belles parcelles acquises par le grand-père Maurice totalisent aujourd’hui 14 hectares et régalent depuis plusieurs décennies déjà les amateurs de vin du Québec.


    La maison Joseph Drouhin ? Classe, sobriété, élégance, mais aussi discrétion : l’idée heureuse d’une Bourgogne pérenne.


    Pour qui a eu la chance de fouler le finage de Morey-Saint-Denis, regardant, vers l’ouest, les 7,5 hectares de pinot noir plantés selon une orientation nord-sud perpendiculairement à la ligne de pente, cette enceinte où s’activaient déjà les moniales bernardines de l’Abbaye de Tart en 1141 et où se recueille aujourd’hui l’ingénieur-topographe, l’auteur, le vinificateur sensible, pour ne pas dire le poète Sylvain Pitiot, eh bien, pour qui a eu cette chance, dis-je, mais surtout pour qui a déjà communié avec le Clos de Tart ou son cadet, La Forge de Tart est déjà sur le paillasson de l’illumination. Un pas vers l’avant et c’est… la béatitude !


    Je retiens ce La Forge de Tart 1999 d’une insolente jeunesse, cette grâce aérienne et ce royal Clos de Tart 2002 dont les parfums détaillés, la subtilité fine des saveurs fournissent au parfumeur compulsif dépassé par la volatilité du désir l’espoir de pouvoir mettre un jour en flacon l’essence fruitée de ce grand vin de Bourgogne. De quoi rêver encore un bon moment !

     

    Les Amis du vin du Devoir


    D’un autre niveau, sans doute, mais pas piqué des hannetons non plus, d’autres cuvées se dégustaient cette semaine parmi les Amis du vin du Devoir. Les moyennes du groupe en témoignent, d’ailleurs.


    Crémant du Jura 2010, Domaine Labet, Jura, France (20,90 $ - 11549162) j’ajouterais déjà sur votre liste du temps des f’nêtres ce mousseux ample, porté par une série de bulles si crémeuses qu’il vous laisse le sourire après boire. Dosage moyen, fruité pur et abondant, finale taillée sur la longueur. (5) ***1/2. Moyenne du groupe : ***


    Comte Lafond 2011, Sancerre, DeLadoucette, Loire, France (26,40 $ - 222521) : tout de suite, cette touche minérale de fumée typique s’active et cerne l’olfactif avec ce tranchant qui laisse place ensuite à une bouche nette, précise, légère mais soutenue. Gagnera à coup sûr sur les huîtres (5 +) ***1/2 ©. - Moyenne du groupe : ***


    Pinot Noir 2010, Swiss Valley, Valais, Suisse (22,75 $ - 11195000) : le fruité s’emballe alors que la bouche le gobe au bond, avec souplesse, croquant, vivacité et clarté, le tout livré avec une jolie substance. Le 2011 affiche le même rebondissement ! (5) **1/2. - Moyenne du groupe : ***


    Van Zellers 2010, Douro, Portugal (19,50 $ - 11817577) : Christiano Van Zellers est passé à 60 % de vins secs contre 40 % pour les portos. La maîtrise est là, l’équilibre aussi. Nuances florales sur une bou che bien en chair, séduisante bien que disciplinée. Le renouveau en matière de Douro sec. (5) *** - Moyenne du groupe : ***


    Sangue Blu 2009, Negroamaro, Torre Quarto, Pouilles, Italie (15,40 $ - 10675933) : ce cépage rustique rend à merveille le contexte aride de cette région méridionale avec ce caractère de fruits secs et de réglisse, cette captivante vitalité soutenant à merveille la musculature de l’ensemble. Pasta alle putanesca ! (5) **1/2 © - Moyenne du groupe : **1/2


    Les Cocalières 2009, Domaine d’Aupilhac, Languedoc, France (27,75 $ - 11096108) : syrah, grenache, mourvèdre vinifiés à parts égales s’offrent une balade où les fruités convergent avec affinité et une dose évidente de bonheur. La fraîcheur pave la voie à de beaux tanins, riches et expressifs, qui ne demandent qu’à s’allonger longuement au palais. Superbe sur la joue de boeuf braisée (5 +) ***1/2 © - Moyenne du groupe : ***1/2


    Follia 2007, Barolo, Castorani, Piémont, Italie (27,70 $ - 10966845) : une initiation heureuse au grand nebbiolo piémontais avec ce profil aromatique discret mais assuré et cette bouche encadrée avec ce qu’il faut de tanins fruités. Un rouge corsé, harmonieux, pour lequel on souhaiterait à peine plus de densité et de profondeur (5) **1/2 © - Moyenne du groupe : **1/2


    Monteviejo 2007, Mendoza, Argentine (35,50 $ - 11625719) : la Bordelaise Catherine Péré-Vergé a troqué le merlot de son pomerol chéri (Château Le Gay) pour un malbec (80 %) complété de syrah qui affiche une superbe d’enfer. Coloré, riche, profond et habillé de la plus remarquable étoffe fruitée, le vin offre corps, rigueur et deux doigts d’élégance. Impressionnant ! Évoque par son style cet autre « franco-argentin » Cheval des Andes 2007 (91 $ - 10692354 -(10+) **** ©), dont les denses tanins fruités semblent coulés dans le roc… du temps. (10 +) ***1/2 © - Moyenne du groupe : ***1/2


    ***
     

    Jean Aubry est l’auteur du Guide Aubry 2013 - Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $ et chroniqueur à l’émission Ça commence bien ! sur les ondes de V tous les vendredis.

     
     
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