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    L’appellation saint mont est maintenant AOC

    Les Vignes retrouvées sur les tablettes de la SAQ

    20 octobre 2012 |Émilie Corriveau | Vin
    Éric Fitan, encadré de Pierre Duffer et d'André Dubosc, célébrait l'arrivée du saint mont dans le domaine des appellations d'origine contrôlée.
    Photo: Appellation Saint-Mont Éric Fitan, encadré de Pierre Duffer et d'André Dubosc, célébrait l'arrivée du saint mont dans le domaine des appellations d'origine contrôlée.
    Le printemps dernier, l’appellation saint mont a présenté son premier millésime AOC (appellation d’origine contrôlée). Obtenue en mai 2011, elle constitue une importante marque de reconnaissance pour les vignerons de la région.

    Attribuée par l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), l’AOC est un signe français qui désigne un produit tirant son authenticité et sa typicité de son origine géographique. Elle est l’expression d’un lien intime entre le produit et son terroir.


    Justement, les vins produits à Saint-Mont - rouges, blancs et rosés - sont tous très authentiques. Cela s’explique en bonne partie par le fait que l’appellation est située dans le département du Gers, plus précisément sur les collines qui dominent les plaines de la vallée creusée par l’Adour, où le climat océanique aux étés chauds, avec un effet régulateur du fleuve, permet à une vingtaine de variétés de vignes, uniques au monde, dit-on, d’y pousser.


    « Ce qui fait la spécificité des vins du saint mont, c’est qu’ils bénéficient d’un certain microclimat. Nous avons fait le choix délibéré de travailler avec des cépages nés sur ce territoire, comme le tannat, le petit courbu, le petit manseng et le gros manseng. Je regrette que certaines régions françaises cèdent à la tentation des cépages internationaux, alors que toutes les régions en France ont des cépages qui leur sont propres ! Malheureusement, trop ont disparu », affirme Éric Fitan, vigneron et président de la section interprofessionnelle des vins de Saint-Mont.


    30 ans de démarche


    Malgré son authenticité et sa typicité, l’appellation saint mont a tout de même mis une trentaine d’années pour obtenir la dénomination AOC. « C’est parce qu’il fallait faire nos preuves », confie M. Fitan.


    « Nous avons obtenu l’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure (AOVDQS) en 1981. Ce fut la première étape vers l’AOC », relate Pierre Duffer, ancien président du Syndicat de défense et de promotion des vins de Saint-Mont, aujourd’hui retraité.


    Disparue depuis 2011, cette dénomination, se classant à mi-chemin entre l’AOC et le vin de pays, a pendant de nombreuses années garanti un point d’origine restreint des produits de cette famille. Les vins qui en faisaient partie devaient respecter une kyrielle de règles, somme toute sévères, portant sur les cépages autorisés, le degré d’alcool minimal, la production permise, la délimitation du territoire, les méthodes de culture des raisins et les méthodes d’élaboration du vin.


    Pour plusieurs, l’obtention de l’AOVDQS se voulait un passage obligé pour parvenir à l’AOC. C’était le cas du saint mont, qui, au début des années 1990, après s’être structuré et avoir adopté un cahier des charges strict, a présenté une première demande à l’INAO dans le but d’obtenir l’AOC. Celle-ci a été rejetée parce que l’appellation n’avait, semble-t-il, pas encore gagné ses galons auprès du collège des vins délimités de qualité supérieure, bien que beaucoup de travail ait été réalisé en une décennie.


    En 1997, les règles qui régissent les vins délimités de qualité supérieure sont changées. Les cahiers des charges deviennent plus restrictifs, tout comme les exigences en matière de densité et de rendement, afin d’assurer une plus grande qualité des vins relevant de cette appellation.


    saint mont prend quelques années pour s’ajuster et présente une seconde demande à l’INAO en 2003, laquelle est examinée en 2004. « Cette fois, on y était presque. Il n’y avait que quelques petits points à travailler, mais au même moment est survenue une réforme de l’INAO et de l’appellation d’origine contrôlée. De ce fait, notre dossier est resté un peu en suspens pendant quelque temps, puis, finalement, on nous a demandé de retracer une aire délimitée plus restrictive que la première en ne conservant que les parcelles vraiment aptes à faire des vins de qualité. Nous avons terminé cette délimitation parcellaire en 2010 », raconte M. Duffer.


    Par suite de tout le travail effectué, le saint mont a enfin pu accéder à l’AOC au printemps 2011, concrétisant ainsi officiellement l’authenticité et la typicité de l’appellation.


    Une consécration


    Si ce parcours peut sembler long, d’après M. Duffer, la route qui a mené le saint mont à l’obtention de la dénomination allait de soi. « L’INAO est une institution qui ne se mouille pas beaucoup et qui ne s’engage que très lentement, après de multiples réflexions et après avoir accumulé beaucoup de références. Lorsqu’elle donne l’AOC, c’est que l’appellation le mérite. Si on ne la mérite pas, on ne l’a pas », assure-t-il.


    Le fait que l’institution française est aussi rigide rend les viticulteurs de Saint-Mont d’autant plus fiers d’avoir obtenu l’AOC. Ceux-ci la perçoivent comme une consécration par leurs pairs.


    « Outre la reconnaissance, cela nous donne également des arguments pour se comparer aux autres appellations AOC , ajoute M. Duffer. Dans le commerce, on nous a souvent rétorqué que nos vins étaient de qualité, mais que, parce qu’ils n’étaient pas AOC, ils n’étaient pas égaux à ceux qui avaient obtenu la dénomination. L’AOC nous apporte plus de notoriété et confirme la valeur des efforts qui ont été faits dans nos vignobles. »


    Disponible au Québec


    Fait à noter, pour l’instant, un seul des vins de l’appellation saint mont est disponible à la Société des alcools du Québec (SAQ). Il s’agit d’un blanc sec moyennement corsé et fruité, appelé Les Vignes retrouvées. « Il fait partie de nos produits courants, précise Linda Bouchard, responsable des relations de presse pour la SAQ. Cela veut dire qu’il se retrouve de façon constante sur nos tablettes dans l’ensemble du réseau. On peut donc le trouver facilement ! »


    S’il déplore que les vins de Saint-Mont ne soient pas plus présents sur le marché canadien, M. Fitan souligne que le produit actuellement disponible à la SAQ est une belle porte d’entrée pour l’appellation.


    « Je crois que ce vin est un produit authentique et différent de ce que le consommateur canadien a l’habitude de consommer, confie-t-il. Il s’agit d’une bonne bouteille pour découvrir les vins du Gers et du Sud-Ouest de la France. »



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