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    À l’école des cépages (7) : le malbec

    10 août 2012 | Jean Aubry | Vin
    Un vignoble de malbec au Chili.
    Photo : Agence France-Presse (photo) Martin Bernetti Un vignoble de malbec au Chili.
    (5)  à boire d’ici cinq ans
    (5+)  se conserve plus de cinq ans
    (10+) se conserve dix ans ou plus
    ©  devrait séjourner en carafe
    *  appréciation en cinq étoiles
    Malbec, côt, noir de Pressac, auxerrois (à ne pas confondre avec le blanc alsacien du même nom), bourguignon noir, nègre doux, tinturin, pied noir, grifforin et j’en passe, la synonymie pour nommer ce cépage est aussi importante que la couleur du raisin en question est… noire. Selon le célèbre ampélographe Pierre Galet - sans qui nous en serions encore à prendre le cache-sexe que portait Adam à l’aube du péché originel pour une feuille du cépage Jacquez alors qu’il s’agissait tout bonnement d’une feuille de figuier -, le malbec était cultivé dans plus d’une trentaine de départements en France avant d’être partiellement décimé par les terribles gels de 1956. Son origine serait le Quercy, dans le Lot, avant qu’il essaime en Loire et dans le Midi, sans oublier l’Italie du Sud et du Nord, le Chili, la Californie, l’Afrique du Sud, mais surtout l’Argentine, où il a déclassé chez nous, depuis maintenant une décennie, son voisin chilien sur le plan de la consommation. Souvenez-vous seulement du mégasuccès de la maison Zuccardi et de sa cuvée Fuzion.

    Le malbec, c’est une espèce de merlot qui aurait préféré porter le jeans délavé plutôt que le pantalon signé Moores « Bonne coupe, bon prix, bonne réputation » si cher au chroniqueur Michel Bélair. Une espèce de Jean Leloup, l’acidité en moins, la confusion en plus tant il peut sembler sibyllin en se cachant derrière un écran de fumée bien noire. Bref, le personnage est coloré, moins expressif sur le plan aromatique qu’un cabernet sauvignon ou moins délicat qu’un pinot noir, passablement riche en tanins, plutôt ovale que totalement sphérique, et accepte volontiers de fréquenter merlots, bonardas, tannats et autres cabernets pour lui ajuster convenablement le pli de son pantalon. Bref, bretelles bien ajustées et dents propres (pour la forme), je suis parti pour vous cette semaine à l’assaut d’une vingtaine de black wines, comme aiment à les nommer les Cadurciens. Ce n’est pas rien.

     

    Clos La Coutale 2010, Cahors, France (14,30 $ - 857177). Le terme « cahors de soif » paraîtra antinomique mais s’avère adapté avec ce rouge coloré, fringant et savoureux de Philippe Bernède. Un cran au-dessus du 2009 pour sa vivacité. (5) **1/2


    Pigmentum Malbec 2010, G. Vigouroux, Cahors, France (14,40 $ - 10754412). Ce beau cahors vendu à petit prix a le pigment à fleur de peau et le fruité plein les godillots. Équilibre, corps, fraîcheur, très classique. (5) ***


    Alamos Seleccion Malbec 2011, Catena, Argentine (16 $ - 467951). Le registre épicé de cuir avec une touche saline tranche rapidement pour ce rouge corsé, étoffé, d’excellente tenue. (5) *** ©


    Château Lamartine 2009, Cahors, France (16,50 $ - 11343404). Pas trop large ni profond, que du malbec avec du grain, une pointe de fermeté, une finale nette. (5) **1/2


    Altos Las Hormigas Malbec Clasico 2011, Argentine (16,60 $ - 10692477). Un malbec en colère qui tend à surdramatiser alors qu’il est diablement sympa par son fruité profond, sa sève riche, son corps athlétique. (5) **1/2 ©


    Tarani Réserve 2009, Cahors, France (16,65 $ - 11676495). L’impression de boire un cahors des années 1980, sans défauts toutefois, avec ce fruité brut qui s’est glissé dans des jeans trop serrés. Correct. (5) **


    Pascual Toso Malbec 2010, édition limitée, Argentine (17,30 $ - 11676111). Un solide rouge multicouches, frais et bien concentré, puissant et d’une sève à déclencher chez vous ce réflexe de carnivore jamais rassasié. (5) *** ©


    Château Les Hauts d’Aglan 2006, Cahors, France (17,40 $ - 734244). C’est le cahors que vous écluser lors d’une virée dans un bistrot de Vire-sur-Lot et dont le souvenir ému est inversement proportionnel à la qualité réelle du vin. Un rouge simple, moyen de corps, prêt à boire. (5) **1/2


    Reserva Del Fin Del Mundo 2010, Patagonie, Argentine (18,15 $ - 11156810). Un rouge corsé qui n’a pas la langue dans sa poche mais la tartine au contraire allègrement sur le plan du fruité comme du tanin. Une bête à poil, certainement pas à plume ! (5) *** ©


    Le Combal 2007, Cahors, France (18,35 $ - 10675001). Les échantillons dégustés n’étaient pas top. Jugement réservé.


    Caliterra Tributo 2009, Single Vineyard, Chili (19,45 $ - 11675652). L’impression de caler un verre de liqueur de cassis de l’île Orléans ! Unidimensionnel sans être monotone, bien sec, intense et savoureux, puissant, tannique, de belle longueur. (5) **1/2 ©


    Château Gaudou Renaissance 2009, Cahors (20,70 $ - 10272093). Fruité juvénile très pur, très charmeur, avec ce fruité sphérique bien ramassé, ce galbe digne d’une cuisse de plongeuse olympique au repos. Dé-li-cieux ! (5) ***


    Château Lamartine Cuvée Particulière 2009, Cahors, France (20,85 $ - 862904). Je n’ai jamais été déçu par ce rouge authentique, toujours admirablement balancé, révélant avec panache cette sobriété liée à ses origines terriennes. Une bouteille qui fait trembler certains bordeaux plus chers. (5 +) ***1/2 ©


    Malbec 2010, Q, Zuccardi, Argentine (20,90 $ - 11218460). Pas de doute, nous sommes au niveau des meilleurs. La classe se sent et se goûte. Il y a même un profil terroir qui se dégage, ouvrant la voie à un fruité harmonieux, de grande pureté. Chapeau, Mister Zuccardi ! (5 +) ***1/2 ©


    Catena 2010, Malbec High Mountain Vines, Argentine (21,75 $ - 478727). C’est d’abord la grande fraîcheur combinée à la qualité des tanins, le tout élevé avec diligence, qui étonne ici. Corps, vigueur, plénitude, longueur. La maison sait y faire. (5 +) ***1/2 ©


    Château le Cèdre 2008, Cahors, France (22,35 $ - 972463). J’aime ce vin depuis toujours. Une force tranquille suçant sa sève du sous-sol pour alimenter un fruité radieux, d’une criante vérité. Couleur, corps, vigueur, structure, longueur et bonheur de boire vrai. (5 +) ***1/2 ©


    Clos Triguedina 2007, Cahors, France (23,30 $ - 746412). Avec les Verhaeghe au château du Cèdre, Jean-Luc Baldès fait fort, très fort, à Triguedina. La matière est belle, la matière est juste, l’esprit du cahors est préservé, avec cette pointe de rigueur, surtout d’authenticité. Un must ! (5 +) ***1/2 ©


    Château de Haute-Serre 2007, G. Vigouroux, Cahors, France (23,80 $ - 947184) : Un classique vinifié à l’ancienne qui arrive doucement à maturité. C’est détaillé, étoffé, bien palpable, vivant, équilibré. (5) *** ©


    Château de Mercuès 2008, Cahors, G. Vigouroux, France (24,80 $ - 972471). Voilà l’homme, viril, autoritaire mais juste, sûr de son pouvoir d’attraction. Cahors de haut niveau, multidimensionnel, corsé, d’une élégance qui laisse toute rusticité au vestiaire, car il se sait seigneur des lieux. Racé, de longue garde. (10 +) **** ©

     

    La semaine prochaine : eh oui… le pinot noir !


    ***
     

    Jean Aubry est l’auteur du Guide Aubry 2013 - Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $.

     
     
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