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    À l’école des cépages (6) : le riesling

    3 août 2012 | Jean Aubry | Vin
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    Photo : Jean Aubry
    C’est si bon d’être le roi!

    Lire aussi › Le riesling comme un art. Une chronique de Jean Aubry de 2010 sur le ledevoir.com.

    «So good to be the king!» Vrai, so good, car le roi sait qu’il est le roi, personne ni aucun autre cépage n’en conteste l’autorité, n’en dilue la notoriété, n’en altère la crédibilité. Une couronne que seul le grand nebbiolo piémontais peut revendiquer sans risquer d’y laisser son plumage. C’est si bon d’être le roi, une position qui vous place derechef à deux doigts de l’éternité, dans une espèce de no man’s land, de limbes périphériques qui permettent de prendre de la hauteur tout en contemplant, l’œil forcément désintéressé, ce petit peuple végétal qui va ventre à terre, qui vrille et « vigne » comme il peut. Car le riesling n’a cure de l’ordinaire. Son ordinaire à lui est extra. Le mot «aristocratie» a d’ailleurs été inventé pour signer sa carte de visite, qu’il ne transmet qu’à ceux de son clan qui savent en reconnaître la suprématie végétale. 


    Vous l’aurez compris, on est loin de la petite politique politicienne, plutôt devant un décideur qui aspire au meilleur, pour tous, sans une once de compromis. Son verdict est tranchant et ne supporte aucune manipulation. Il est son propre messager, sûr de lui, visionnaire avant tout, lié à ses origines terriennes dont il puise force, franchise et authenticité. Il est à l’image de cette transparence qui le greffe au terroir et qui le module à l’extrême, s’affichant sous un spectre large qui va de la sensibilité presque naïve d’une nymphette qui aspire à l’amour sachant qu’elle peut toujours rêver à la force et à l’énergie calibrées de l’athlète de haut niveau qui vient de remporter trois médailles d’or consécutives aux Jeux olympiques 2012 de Londres. Pour ma part, quel que soit le parti, à l’élection des cépages, moi, je vote «riesling» dans la case appropriée ! 
     
    Wagner vous dirait que le riesling est allemand avant tout. Il n’a pas tort, Richard Wagner, car ce sont sur ces schistes chauds du Rheingau, de la Moselle, de la Nahe, de la Sarre et de la Ruwer qu’il vibre à la verticale au-delà même des portées de toutes les partitions musicales. À la fois radieux et explosif, incisif et capable de déflagrations organoleptiques à vous sonner les cloches, ze king est aussi capable du meilleur en Autriche et en France (Alsace), mais également en Australie, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et au Canada. Une quinzaine de rieslings dégustés cette semaine, seuls, puis accompagnés de morceaux de saumon sauvage amoureusement marinés aux oignons verts, au lait de coco et au bouillon de gingembre, le tout grillé sur charbon de bois. À tout roi tout honneur. Vive le roi ! 
     
    Riesling 2011, Deinhard, Rheinhessen, Allemagne (13,05 $ - 060004) : la pointe de gaz stimule ici un ensemble fruité bien net, plutôt sec, léger, simple, bien équilibré. Correct. (5) **
     
    Riesling 2011, Bonheur Convivial, Rieflé, Alsace, France (16,80 $ - 10915327) : il y a de la sincérité ici, derrière un fruité visiblement heureux, dynamique, légèrement «crispé», sur un final sec et droit. (5) **1/2
     
    Riesling Réserve 2011, Léon Beyer, Alsace, France (18,15 $ - 081471) : nous sommes ici entre les styles Hugel et Trimbach tout en étant… Beyer. C’est tracé avec une économie de moyens, mais sans être avare sur la matière; de la rectitude et de la droiture sans tomber dans le jansénisme, avec éclat, caractère, longueur. Belle affaire ! (5) *** ©
     
    Riesling 2011, Domäne Wachau, Terrassen Federspiel, Autriche (18,65 $ - 1134775) : déjà plus floral et scintillant, guilleret, léger, plutôt sec, sapide et friand. (5) ***
     
    Riesling 2010 Grant Burge Thorn, Eden Valley, Australie (19 $ - 10257070) : trace fumée typique d’un riesling ample, persuasif, fin causeur avec ses propos salés sur la finale. Style et vigueur, sans sucres. (5) ***
     
    Riesling 2009, Willamette Valley Vineyards, Oregon, États-Unis (19,40 $ - 11202821) : jeu des contrastes acidité/sucré qui fait le grand écart, avec précision et une jouissance fruitée qui tient de la réjouissance pure. Aussi racé que gourmand. (5) ***
     
    Riesling Kabinett 2011, Hattenheimer Schützenhaus, B. Ress, Rheingau, Allemagne (19,50 $ - 10244551) : vachement heureux d’être le roi ! Et il l’est : à prix d’ami, détail, style et énergie fine filtrant de la roche comme un écho minéral sans fin. Sublime harmonie et race indéniable. Top ! (5+) *** 1/2
     
    Riesling Kabinett 2009, Gunderloch, Jean-Baptiste, Rheinhessen, Allemagne (19,60 $ - 10763539) : ce riesling offre ce minéral fumé typique des sous-sols de schiste qui donnent l’impression de lécher l’ardoise à quatre pattes. Contentez-vous de boire le vin, c’est plus civilisé. Ouvert, substantiel, généreux mais aussi désaltérant. Termine bien sec. (5) ***
     
    Riesling 2008, Momo, Marlbourough, Nouvelle-Zélande (19,85 $ - 11662106) : le riesling se fait ici l’éponge d’un terroir aux airs d’hydrocarbures et de citron confit. C’est net, plutôt sec, vivant, vertical, avec une finale minérale tranchée (5 )***
     
    Riesling 2010, Échos, Tawse Winery, vallée de la Niagara, Ontario (19,95 $ - 11156220) : le profil est tendu, le fruité mordant le sucré et l’acidité avec conviction, l’ensemble aéré, tonique, de belle tenue. Étonnant! (5) ***
     
    Riesling Réserve 2009, Trimbach, Alsace, France (25,70 $ - 969709) : que dire sinon que c’est complet. Fruité bien présent mais subtilement balisé par le minéral, substance et textures uniques avec ce mélange de rigueur, presque d’austérité et d’élégance typique du savoir-faire maison. L’archétype du riesling alsacien. (5+) ***1/2 © 
     
    Riesling Herrenweg 2010, Barmès Buecher, Alsace, France (27,05 $ - 11153117) : le roi s’adoube et se double d’une livrée royale avec ce riesling haut en couleur et bien fourni sur le plan des flaveurs, flaveurs aussi denses que savoureuses, aussi profondes que structurées. L’impression d’une vendange tardive dépouillée avec art de ses sucres. Superbe! (5+) **** ©
     
    Riesling 2010, Eroika, Château Ste-Michelle & Dr.Loosen, Columbia Valley, États-Unis (28,30 $ - 10749681) : le riesling désarçonne avec son caractère exotique mais sait se « reconstruire » en bouche avec tenue, vigueur et une expression claire et nette. Bien. (5) ***
     
    La semaine prochaine : le malbec!

    ***

    (5)  à boire d’ici cinq ans
    (5+) se conserve plus de cinq ans
    (10+)  se conserve dix ans ou plus
    ©  devrait séjourner en carafe
    *  appréciation en cinq étoiles
     
     
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