Boire québécois - « Il y a d'étonnantes découvertes à faire avec les produits québécois»
Malgré les médailles, les concours et les honneurs qu'ils récoltent désormais sur la scène internationale, les vins québécois font encore l'objet de préjugés persistants, constate le directeur du développement des clientèles externes, division de la commercialisation pour la SAQ, André Caron. Pourtant, les vins québécois commencent à se forger une identité distincte.
Qu'est-ce qui caractérise les vins québécois? La question est large et la réponse, difficile, dans la mesure où la viticulture québécoise est encore toute jeune. Mais André Caron, responsable des artisans à la SAQ, croit qu'une tendance commence à se dessiner. «Ce sont des vins qui sont reconnus pour leur fraîcheur, avec une bonne acidité, une certaine légèreté aussi, et un aspect floral.»
Parmi la centaine de producteurs québécois, les vins blancs sont dominants, constate le spécialiste de la SAQ. «Les vins blancs, les rosés, les mousseux et le vin de glace, c'est notre créneau le plus fort. Il y a les mistelles aussi que l'on réussit très bien, mais c'est un marché qui est plus petit.»
Du côté du vin rouge, il y a encore du travail à faire en matière de production globale, note André Caron, car le savoir-faire en cuve est d'une grande complexité et n'est pas encore maîtrisé par tous les vignerons.
«Mais ça s'en vient», affirme-t-il, optimiste. André Caron se veut réaliste: les vins québécois ne sont pas tous bons. Il se fait encore des essais et des tentatives plus ou moins bien réussies, observe-t-il, mais il existe aussi d'excellents vins québécois, dont plusieurs ont été primés tant sur la scène nationale qu'internationale. Et ceux-ci sont de plus en plus nombreux.
Les grands vins du Québec
Il y a six ans, lors de la toute première édition du Salon des vins et fromages du Québec, l'Association des vignerons du Québec (AVQ) a demandé l'aide de la SAQ pour organiser un concours afin que les producteurs puissent se comparer entre eux. Pour eux, il s'agissait de démontrer la qualité de leurs produits pour mieux les valoriser. Aujourd'hui, le concours Les grands vins du Québec a acquis ses lettres de noblesse, estime André Caron. Cette année, quelque 140 produits ont été testés dans les règles de l'art selon les normes de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).
La dégustation a été effectuée à l'aveugle, par trois commissions composées de cinq juges chacune, des professionnels du milieu de la sommellerie et de la restauration, des chimistes et des journalistes spécialisés. Chacune des commissions a pu goûter à 45 vins, sur trois séances.
Et chacune de ces séances est orchestrée de façon à respecter une progression, du plus léger au plus corsé. On suit la même logique pour le sucre et l'alcool et l'on goûte en décroissance pour le millésime.
«Au Québec, on n'est pas encore rendu à séparer les vins par cépage, explique André Caron.Ça s'en vient, mais on n'est pas encore là.» Les vins sont donc classés par couleur et l'on ajoute des catégories, comme les mousseux, les vins fortifiés, les vins de glace ou les mistelles.
Les lauréats ont été dévoilés juste avant le Salon des vins et fromages du Québec. C'est le Vignoble du marathonien qui a remporté la médaille Grand Or pour son vin Vendange tardive, millésime 2010. Une vingtaine d'autres produits se sont vu attribuer des médailles d'or et d'argent.
Des médaillés de classe internationale Pour André Caron, il ne fait aucun doute que les nombreux lauréats du concours Les grands vins du Québec sont des produits de très grande qualité et de calibre international.
«Quand on fait un concours et qu'on trouve des médailles d'or, il n'y a aucune inquiétude à avoir [sur la qualité des produits]. S'il y a des gens qui pensent le contraire, c'est qu'ils sont vraiment dans les préjugés, parce que si on leur servait ces vins québécois à l'aveugle, ils seraient bien mal pris...»
C'est un aspect qui sera d'ailleurs exploité lors du Salon des vins et fromages, avec une dégustation à l'aveugle mettant en vedette un produit québécois et un produit importé. Le public sera invité à voter pour le produit qu'il préfère, et déjà on peut prévoir qu'il y aura de grandes surprises. «À titre d'exemple, je viens de faire un dîner-causerie à la SAQ où j'ai présenté un vin blanc québécois, et les gens étaient drôlement étonnés par le produit. Ils se demandaient si c'était vraiment québécois.»
Pour asseoir leur réputation, les producteurs québécois devraient participer davantage aux concours internationaux, croit André Caron, qui leur donne un coup de main lorsque c'est possible. «Je suis membre des Vinalies [un concours viticole international], j'y vais chaque année et j'apporte toujours des échantillons de vin québécois. Nous avons de bons succès, nous revenons avec beaucoup de médailles, c'est drôlement intéressant.»
La certification des vins québécois
Outre les concours, les vignerons québécois se sont dotés d'un nouvel outil pour leur permettre de se faire connaître et de se démarquer: le programme de certification des vins québécois.
Pour le consommateur, il s'agit d'un élément qui lui permettra d'être assuré qu'un certain nombre de critères sont respectés dans le processus de fabrication du vin, de la vigne jusqu'à l'embouteillage. «C'est la première forme de garantie en matière de qualité», explique André Caron.
Et si le public embarque, ce sera peut-être le début d'une grande histoire.
«C'est à eux de faire leurs preuves. Si les gens commencent à trouver que ça fait une différence et que ça vaut la peine, la machine va être partie et ça va être extraordinaire.»
Certifiés ou non, on retrouve de plus en plus de vins québécois à la SAQ, affirme André Caron. Il tente de développer, avec les producteurs québécois, des étalages spécifiques aux vins du Québec dans 250 succursales.
«Nous travaillons fort avec l'association pour développer tout cela, affirme André Caron.Mais, en même temps, ils ne veulent pas aller trop vite, parce qu'il faut fournir les tablettes, et ce n'est pas évident. Alors il faut y aller en progression. On s'entend bien avec l'association sur ce point et on s'organise pour aller de l'avant.»
D'ici là, il invite les producteurs à se faire connaître davantage et à venir rencontrer le personnel dans les succursales de la SAQ. «Ce que je dis aux producteurs, c'est: "Allez dans les succursales, allez faire connaître vos produits au personnel, ils vont être heureux de les découvrir. Si vous ne les voyez pas et qu'ils ne vous connaissent pas, c'est plus difficile."»
Quant aux amateurs de vin, il ne leur donne qu'un conseil: «Il faut goûter.
Il y a d'étonnantes découvertes à faire avec les produits québécois, il se fait des choses extraordinaires.»
Qu'est-ce qui caractérise les vins québécois? La question est large et la réponse, difficile, dans la mesure où la viticulture québécoise est encore toute jeune. Mais André Caron, responsable des artisans à la SAQ, croit qu'une tendance commence à se dessiner. «Ce sont des vins qui sont reconnus pour leur fraîcheur, avec une bonne acidité, une certaine légèreté aussi, et un aspect floral.»
Parmi la centaine de producteurs québécois, les vins blancs sont dominants, constate le spécialiste de la SAQ. «Les vins blancs, les rosés, les mousseux et le vin de glace, c'est notre créneau le plus fort. Il y a les mistelles aussi que l'on réussit très bien, mais c'est un marché qui est plus petit.»
Du côté du vin rouge, il y a encore du travail à faire en matière de production globale, note André Caron, car le savoir-faire en cuve est d'une grande complexité et n'est pas encore maîtrisé par tous les vignerons.
«Mais ça s'en vient», affirme-t-il, optimiste. André Caron se veut réaliste: les vins québécois ne sont pas tous bons. Il se fait encore des essais et des tentatives plus ou moins bien réussies, observe-t-il, mais il existe aussi d'excellents vins québécois, dont plusieurs ont été primés tant sur la scène nationale qu'internationale. Et ceux-ci sont de plus en plus nombreux.
Les grands vins du Québec
Il y a six ans, lors de la toute première édition du Salon des vins et fromages du Québec, l'Association des vignerons du Québec (AVQ) a demandé l'aide de la SAQ pour organiser un concours afin que les producteurs puissent se comparer entre eux. Pour eux, il s'agissait de démontrer la qualité de leurs produits pour mieux les valoriser. Aujourd'hui, le concours Les grands vins du Québec a acquis ses lettres de noblesse, estime André Caron. Cette année, quelque 140 produits ont été testés dans les règles de l'art selon les normes de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).
La dégustation a été effectuée à l'aveugle, par trois commissions composées de cinq juges chacune, des professionnels du milieu de la sommellerie et de la restauration, des chimistes et des journalistes spécialisés. Chacune des commissions a pu goûter à 45 vins, sur trois séances.
Et chacune de ces séances est orchestrée de façon à respecter une progression, du plus léger au plus corsé. On suit la même logique pour le sucre et l'alcool et l'on goûte en décroissance pour le millésime.
«Au Québec, on n'est pas encore rendu à séparer les vins par cépage, explique André Caron.Ça s'en vient, mais on n'est pas encore là.» Les vins sont donc classés par couleur et l'on ajoute des catégories, comme les mousseux, les vins fortifiés, les vins de glace ou les mistelles.
Les lauréats ont été dévoilés juste avant le Salon des vins et fromages du Québec. C'est le Vignoble du marathonien qui a remporté la médaille Grand Or pour son vin Vendange tardive, millésime 2010. Une vingtaine d'autres produits se sont vu attribuer des médailles d'or et d'argent.
Des médaillés de classe internationale Pour André Caron, il ne fait aucun doute que les nombreux lauréats du concours Les grands vins du Québec sont des produits de très grande qualité et de calibre international.
«Quand on fait un concours et qu'on trouve des médailles d'or, il n'y a aucune inquiétude à avoir [sur la qualité des produits]. S'il y a des gens qui pensent le contraire, c'est qu'ils sont vraiment dans les préjugés, parce que si on leur servait ces vins québécois à l'aveugle, ils seraient bien mal pris...»
C'est un aspect qui sera d'ailleurs exploité lors du Salon des vins et fromages, avec une dégustation à l'aveugle mettant en vedette un produit québécois et un produit importé. Le public sera invité à voter pour le produit qu'il préfère, et déjà on peut prévoir qu'il y aura de grandes surprises. «À titre d'exemple, je viens de faire un dîner-causerie à la SAQ où j'ai présenté un vin blanc québécois, et les gens étaient drôlement étonnés par le produit. Ils se demandaient si c'était vraiment québécois.»
Pour asseoir leur réputation, les producteurs québécois devraient participer davantage aux concours internationaux, croit André Caron, qui leur donne un coup de main lorsque c'est possible. «Je suis membre des Vinalies [un concours viticole international], j'y vais chaque année et j'apporte toujours des échantillons de vin québécois. Nous avons de bons succès, nous revenons avec beaucoup de médailles, c'est drôlement intéressant.»
La certification des vins québécois
Outre les concours, les vignerons québécois se sont dotés d'un nouvel outil pour leur permettre de se faire connaître et de se démarquer: le programme de certification des vins québécois.
Pour le consommateur, il s'agit d'un élément qui lui permettra d'être assuré qu'un certain nombre de critères sont respectés dans le processus de fabrication du vin, de la vigne jusqu'à l'embouteillage. «C'est la première forme de garantie en matière de qualité», explique André Caron.
Et si le public embarque, ce sera peut-être le début d'une grande histoire.
«C'est à eux de faire leurs preuves. Si les gens commencent à trouver que ça fait une différence et que ça vaut la peine, la machine va être partie et ça va être extraordinaire.»
Certifiés ou non, on retrouve de plus en plus de vins québécois à la SAQ, affirme André Caron. Il tente de développer, avec les producteurs québécois, des étalages spécifiques aux vins du Québec dans 250 succursales.
«Nous travaillons fort avec l'association pour développer tout cela, affirme André Caron.Mais, en même temps, ils ne veulent pas aller trop vite, parce qu'il faut fournir les tablettes, et ce n'est pas évident. Alors il faut y aller en progression. On s'entend bien avec l'association sur ce point et on s'organise pour aller de l'avant.»
D'ici là, il invite les producteurs à se faire connaître davantage et à venir rencontrer le personnel dans les succursales de la SAQ. «Ce que je dis aux producteurs, c'est: "Allez dans les succursales, allez faire connaître vos produits au personnel, ils vont être heureux de les découvrir. Si vous ne les voyez pas et qu'ils ne vous connaissent pas, c'est plus difficile."»
Quant aux amateurs de vin, il ne leur donne qu'un conseil: «Il faut goûter.
Il y a d'étonnantes découvertes à faire avec les produits québécois, il se fait des choses extraordinaires.»








