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L'Orpailleur - Trente ans déjà !

21 octobre 2011 | Pierre Vallée | Vin
Photo : Vignoble L'Orpailleur
Qui l'eût cru? La tâche était réputée impossible. Depuis les premiers colons, tous ceux qui s'y étaient adonnés avaient échoué. On ne pouvait tout simplement pas produire du vin au Québec. Pourtant, aujourd'hui, le vignoble L'Orpailleur fête ses trente ans et ses vins sont primés dans les concours internationaux.

On attribuait alors l'échec au climat, trop froid pour la culture des vignes. Heureusement que Charles-Henri de Coussergues, viticulteur et fils de vignerons du sud de la France, n'y a pas cru. «J'étais venu faire un stage dans un verger et je me suis rendu compte que l'été au Québec était aussi chaud que dans plusieurs autres régions viticoles européennes. Grâce aux agronomes québécois, j'étais aussi bien renseigné sur la composition des sols.»

C'est ainsi qu'en 1982 Charles-Henri de Coussergues et ses trois associés fondent le vignoble L'Orpailleur à Dunham. C'est le poète et chansonnier Gilles Vigneault qui trouvera le nom en référence aux rivières aurifères des Cantons-de-l'Est. Fallait-il être fou pour se lancer dans pareille aventure? «On était doublement fous, parce qu'en plus d'oser planter de la vigne, on était convaincus que la seule façon de rentabiliser l'opération, c'était de faire venir le consommateur à la ferme, à une époque où le con- cept d'agrotourisme n'existait pas encore.»

D'ailleurs, c'est la formule encore privilégiée par Charles-Henri de Coussergues: 50 % des 150 000 bouteilles de vin produites annuellement par L'Orpailleur sont vendues au vignoble. «On trouve sur les tablettes du Québec 9000 sortes de vin. Comment se distinguer du lot? Il faut que nos vins aient une image et, surtout, une histoire. Le vigneron doit s'appliquer à la mise en marché de ses vins, et pour cela il faut qu'il soit en contact avec les consommateurs. Il ne faut pas sous-évaluer la passion et le côté humain derrière le vin. Le vigneron doit être généreux de son temps et prêt à recevoir le monde sur son vignoble.»

Au fil des ans

Trois ans après sa fondation, le vignoble lance son premier vin, un vin blanc nommé, évidemment, L'Orpailleur. «C'était encore là une manière de se distinguer. On aurait pu nommer le vin selon le cépage ou en utilisant des expressions françaises, comme Le Château de ceci ou de cela, mais en choisissant L'Orpailleur on donnait au vin un caractère unique.»

Le vignoble continue ensuite à se spécialiser dans le vin blanc. «Les raisins qui servent au vin blanc ont besoin d'un peu moins d'ensoleillement et de chaleur que ceux qui servent au vin rouge. De plus, cela nous a permis de développer un savoir-faire dans le domaine du vin blanc.»

La prochaine étape fut d'abord d'augmenter la production et ensuite de diversifier les produits. «On a commencé par un vin rosé.»Quelques années plus tard, c'est au tour du vin rouge. «Au départ, je ne croyais pas possible de produire un bon vin rouge. Mais on s'est rendu compte que, année après année, la saison s'allongeait et que les premiers gels au sol de septembre se produisaient maintenant en octobre. En trente ans, notre saison s'est prolongée de quatre semaines.»Ce sont ces conditions qui, entre autres, ont permis de produire plus facilement un vin rouge.

Au fil des ans, L'Orpailleur a donc diversifié sa production. Aujourd'hui, le vignoble offre 11 vins différents. En plus du vin blanc, du vin rosé et du vin rouge, on trouve, entre autres parmi ses produits, L'Orpailleur Brut, un mousseux méthode champenoise; La Part des Anges, un vin élaboré avec de l'eau-de-vie; L'Aperid'Or, un vin apéritif de type mistelle, et le Vin de Glace. «Ma première palette de Vin de Glace part d'ici quelques jours pour le Japon. C'est un vieux rêve qui se réalise, car j'ai toujours voulu exporter un vin québécois.»

Si la moitié de la production vinicole est vendue directement au vignoble l'autre moitié se retrouve soit à la SAQ, soit dans certaines boutiques spécialisées, comme le Marché des saveurs du marché Jean-Talon, ou sur la table de quelques restaurateurs. Une situation jugée insuffisante par Charles-Henri de Coussergues, qui est aussi président de l'Association des vignerons du Québec.

«La SAQ a fait beaucoup de progrès ces dernières années, mais elle pourraiten faire davantage. Nous ne demandons pas de privilèges, mais nous demandons le même traitement que les vins d'importation.»
 
 
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