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Sans petit remords

9 septembre 2011 | Jean Aubry | Vin
Photo : Photo : Burdin
Les esprits bien tournés rapprocheront les vins moelleux de Monbazillac de ceux de Sauternes, situés à quelque 85 kilomètres plus à l'ouest. Un compliment. Mais, à y voir, pour ne pas dire à y savourer de près, ils sont différents, même s'ils se partagent les mêmes cépages. Heureusement que cette différence existe, d'ailleurs. Ici, moelleux et liquoreux ont du panache, beaucoup de présence, sans doute moins subtils que leurs confrères bordelais, ils offrent en revanche une personnalité forte, un fruité exquis, presque «sauvage», amplement savoureux, surtout, ils sont vendus à des prix qui font que l'expérience est renouvelée sans avoir le moindre petit remords. D'ailleurs, le mot «remords» ne fait même pas partie du vocabulaire des gens de Bergerac!

Située tout juste au sud de la ville de Bergerac, de l'autre côté de la Dordogne, dont l'influence bénéfique crée cette espèce de microclimat favorable au développement de la fameuse pourriture noble, l'appellation Monbazillac couvre à elle seule quelque 3600 hectares de vignoble répartis entre les communes de Pomport, Colombier, Rouffignac, Saint-Laurent des Vignes et, bien sûr, Monbazillac. Au coeur même du Bergeracois, sémillons, sauvignons et muscadelles sont plantés sur des coteaux qui «regardent» la rivière au nord, et non au sud, afin de bénéficier de cette brume magique d'automne qui imprimera aux baies cette idée de douceur à peine confite recherchée sur les foies gras d'oie et de canard et autres fraises des bois.

Car nous y voilà: pourquoi, quand et comment le boire? Éliminons rapidement le «pourquoi», dont l'essence même de la question ne fait même pas le poids à l'échelle du grand questionnement existentiel, pour embrasser rapidement le «quand». Ce pourrait être à table, oui, mais hors table aussi, à l'apéro sur des branches de céleri fourré au fromage blanc ou petits toasts tartinés avec une délicate mousse de foie de volaille: pas cher, mais effet boeuf. Ou encore sous l'alcôve, histoire de rêver la douceur pour mieux la vivre. Les «classiques» seront pour leur part heureux avec ces sucettes de foie gras en chapelure de pain d'épice, de bleus d'Auvergne ou de roquefort dont le contraste saisissant saura subtilement en stimuler la sève fine, ou, le plus naturellement du monde, sur des fruits frais de saison. Larges verres fins et température de service sous la barre des 13 °C, mais au-delà des 10 °C pour ne pas le brutaliser, sauront se charger du «comment». Maintenant, vous savez tout, ou presque.

Notre monopole propose actuellement quatre Monbazillac, dont ce Château La Croix Poulvère 2006 (21,50 $ - 850818), ce Château Ladevignes 2008 (22,25 $ - 895979), ce Château Septy 2007 (21,30 $ - 10268545) ou encore cette royale Cuvée Madame Tirecul la Gravière 1996, dont les 500 millilitres à 207 $ (866632) peuvent donner des sueurs froides aux meilleurs crus de Sauternes et des frissons chauds à l'esthète qui sait partager le meilleur de la vie avec ses amis.

Vous voyagez et souhaitez rapporter dans vos bagages d'autres monbazillacs non disponibles à la SAQ? Mes choix: Château Haut Bernasse, Château Vari, Château La Rayre, Grande Maison ou encore Château Belingard.

***

Collaborateur du Devoir

***

Poires pochées au Monbazillac et brownies aux pistaches

Préparation :: 15 min. Cuisson :: 30 min. Niveau :: facile

Pour 4 personnes


Pour les poires pochées :

4 belles poires

200 g de sucre

1/2 bouteille de Monbazillac

1 verre d'eau

1 bâton de cannelle

1 étoile de badiane

1 zeste d'orange

1 pincée de poivre moulu


Pour le brownie :

85 g de farine (levure incorporée)

60 g de cacao en poudre

250 g de sucre en poudre

300 g de beurre fondu 4 oeufs légèrement battus

1 c. café d'extrait de vanille

300 g de chocolat noir 100 g de pistaches grillées

sucre glace


Poires pochées :

Mettre dans une casserole le verre d'eau et le sucre, laisser réduire à feu moyen et à couvert. Ajouter le vin, les épices et laisser cuire 10 min. Laver les poires, les garder entières et les plonger dans la casserole pendant 10 min, à feu doux, à découvert. Ranger et laisser refroidir les poires sur une assiette, garder la casserole sur le feu afin de réduire le jus jusqu'à une consistance de sirop.

Brownie :

Préchauffer le four à 180°C, graisser un moule à génoise et chemiser avec un papier sulfurisé. Faire griller les pistaches dans une poêle pendant 3 min. Mélanger la farine, la levure chimique et le cacao puis verser le sucre. Former un petit puits et ajouter le beurre, les oeufs et la vanille. Battre jusqu'à ce que le mélange devienne lisse, y incorporer les morceaux de chocolat et les pistaches grillées. Mélanger et étaler la préparation dans le moule, lisser le dessus et enfourner pendant 25 min. Lorsque le gâteau est cuit, le démouler au bout de 10 min. et le laisser bien refroidir sur une grille.

Dressage : disposer sur une assiette un bon morceau de brownie, saupoudrer de sucre glace et poser au-dessus la poire pochée, napper du sirop au Monbazillac et servir.
 
 
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