Lettre de mes amis vignerons
À titre de compagnon du Beaujolais, et en ce jour festif consacré à la gloire des gamays, j'ai rapidement compris, en lisant le texte de Martine et Jean-Marie Chermette, du Domaine de Vissoux en Beaujolais, que je devais vous livrer intégralement cette lettre reçue le 11 novembre dernier. Écrite de la main de vignerons éminemment respectés de leurs pairs, elle parle mieux que moi non seulement du vin primeur 2009, mais du climat de morosité qui baigne la région.
«Unanimement, nous avons convenu que nous étions face à un très grand millésime. Le père de Pierre-Marie, Maurice Chermette, 96 ans, nous avait confié pendant les vendanges qu'il n'avait jamais vu une telle qualité dans l'ensemble du vignoble, durant toute sa vie. Nous nous trouvons face à un millésime probablement historique, sans savoir, Pierre-Marie et moi, si nous aurons un jour la chance d'en revoir un aussi sublime. Les vins sont naturellement riches, concentrés, équilibrés, fruités. Ils pourraient se rapprocher des millésimes 47, 49 et 76 ou être tout simplement et uniquement 2009. Les vendanges ont été extraordinairement faciles, aucun tri n'a dû être fait. Le primeur nous surprend car, en ce 11 novembre 2009, il est déjà parfaitement accompli, presque adulte, avec des arômes matures, tout en gardant de la fraîcheur. Paradoxalement, nous n'avons eu jusqu'à aujourd'hui aucun contact avec la presse, hormis deux journalistes lyonnais. Et pourtant, notre région, ce beau Beaujolais, en état d'agonie, aurait tellement besoin qu'on parle un peu de lui et de ses vins! Voilà, en toute simplicité, ce que nous tenons à vous faire partager en ce mercredi 11 novembre 2009, Pierre-Marie et moi-même, à la fois enthousiastes pour ce millésime et aussi tristes pour la région mais conscients de vivre quelque chose d'historique.»
Les choix du Devoir
Hélas, pas de Beaujolais nouveau du Domaine des Vissoux, mais, oh joie! arrivée possible, je dis bien possible, été 2010, de la cuvée «Les Griottes» 2009. En attendant, éclusez le cru Fleurie «Poncié» 2008 (24,35 $ - 10837314) ou encore, tout nouveau, le Moulin à Vent 2007 «Les trois roches» (26,55 $ - 11154427) pour boire clair.
La SAQ a privilégié cette année, avec l'achat de 2200 caisses, le Sangiovese Novello Botter Rubicone i.g.t. Italie (9,95 $ - 10479166), obturé avec un horrible bouchon (microcell) à bannir, car impossible de lui faire reprendre le chemin du goulot. À moins de 10 $, un rouge juteux, de bonne tenue, au fruité franc, au goût distinct de bonbon-cerise. Recommandable. Côté beaujolais, sur 700 caisses achetées pour chacun des vins, la palme va au Beaujolais nouveau de Georges Dub¶uf (15,90 $ - 10704221), car ici il y a du vin, et du bon. Substantiel et brillant sur le plan fruité, il est d'une étoffe fraîche et porte le fruit longuement. Palatabilité exemplaire! Enfin, avec moins de richesse et de coffre que le précédent, le Beaujolais nouveau de Mommessin (13,95 $ - 10704247), «encapsulé» derrière la vis (bravo!), est aussi fort pertinent en raison de sa fluidité et de la précision fruitée de l'ensemble. Que la fête commence!
***
Collaborateur du Devoir
«Unanimement, nous avons convenu que nous étions face à un très grand millésime. Le père de Pierre-Marie, Maurice Chermette, 96 ans, nous avait confié pendant les vendanges qu'il n'avait jamais vu une telle qualité dans l'ensemble du vignoble, durant toute sa vie. Nous nous trouvons face à un millésime probablement historique, sans savoir, Pierre-Marie et moi, si nous aurons un jour la chance d'en revoir un aussi sublime. Les vins sont naturellement riches, concentrés, équilibrés, fruités. Ils pourraient se rapprocher des millésimes 47, 49 et 76 ou être tout simplement et uniquement 2009. Les vendanges ont été extraordinairement faciles, aucun tri n'a dû être fait. Le primeur nous surprend car, en ce 11 novembre 2009, il est déjà parfaitement accompli, presque adulte, avec des arômes matures, tout en gardant de la fraîcheur. Paradoxalement, nous n'avons eu jusqu'à aujourd'hui aucun contact avec la presse, hormis deux journalistes lyonnais. Et pourtant, notre région, ce beau Beaujolais, en état d'agonie, aurait tellement besoin qu'on parle un peu de lui et de ses vins! Voilà, en toute simplicité, ce que nous tenons à vous faire partager en ce mercredi 11 novembre 2009, Pierre-Marie et moi-même, à la fois enthousiastes pour ce millésime et aussi tristes pour la région mais conscients de vivre quelque chose d'historique.»
Les choix du Devoir
Hélas, pas de Beaujolais nouveau du Domaine des Vissoux, mais, oh joie! arrivée possible, je dis bien possible, été 2010, de la cuvée «Les Griottes» 2009. En attendant, éclusez le cru Fleurie «Poncié» 2008 (24,35 $ - 10837314) ou encore, tout nouveau, le Moulin à Vent 2007 «Les trois roches» (26,55 $ - 11154427) pour boire clair.
La SAQ a privilégié cette année, avec l'achat de 2200 caisses, le Sangiovese Novello Botter Rubicone i.g.t. Italie (9,95 $ - 10479166), obturé avec un horrible bouchon (microcell) à bannir, car impossible de lui faire reprendre le chemin du goulot. À moins de 10 $, un rouge juteux, de bonne tenue, au fruité franc, au goût distinct de bonbon-cerise. Recommandable. Côté beaujolais, sur 700 caisses achetées pour chacun des vins, la palme va au Beaujolais nouveau de Georges Dub¶uf (15,90 $ - 10704221), car ici il y a du vin, et du bon. Substantiel et brillant sur le plan fruité, il est d'une étoffe fraîche et porte le fruit longuement. Palatabilité exemplaire! Enfin, avec moins de richesse et de coffre que le précédent, le Beaujolais nouveau de Mommessin (13,95 $ - 10704247), «encapsulé» derrière la vis (bravo!), est aussi fort pertinent en raison de sa fluidité et de la précision fruitée de l'ensemble. Que la fête commence!
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