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Le vin nouveau est arrivé

Le choix du Devoir

Jean Aubry   20 novembre 2008  Vin
Au sommet de leur gloire éphémère, ce sont quelque 45 000 caisses de vins nouveaux qui mouillaient la glotte des Québécois le troisième jeudi de novembre. Dans sa 34e édition, celle qui gicle aujourd'hui en tablettes à la SAQ, ce ne sont plus que quelque 4000 petites caisses de 12 bouteilles qui créeront chez le larron l'occasion d'assouvir sa soif. Le vin nouveau aurait-il pris un coup de vieux?

Plantons avant tout le décor. Millésime difficile, ce 2008 est aussi faible en volume, mais avec un fruité net qui devrait fournir aux amateurs le réflexe annuel du «nouveau». Reste à savoir si la désaffectation progressive sur le marché du Québec tient avant tout à la lassitude, à l'image des campagnes électorales actuelles ou à une qualité qui peine à être au rendez-vous à chaque sortie de cuve annuelle. Un constat s'impose tout de même: le consommateur d'ici préfère souvent payer quelques dollars de plus pour se procurer un Beaujolais de cru, tel un Chénas 2004 de Dominique Piron (20,80 $ - 10367412) ou un St-Amour 2005 «3 Terroirs» de Mommessin (25,95 $ - 10368327), de superbes bouteilles qui trouveront, de plus, à se bonifier en cave.

En ce qui a trait aux vins nouveaux, les amateurs exigeants de la Belle Province seraient-ils mûrs pour ces artistes qui sévissent en Beaujolais et qui chaque année célèbrent la gloire de l'appellation, même dans sa version primeur? Où sont les Piron, Métrat, Lapierre, Chermette, Brun, Romy, Rochettes et autres Goeffroy? Vu les volumes aujourd'hui réalisés sur notre marché, il serait maintenant logique de les savoir au rendez-vous lors des primeurs 2009!

Cela étant, ne boudons pas notre plaisir. La venue du vin nouveau demeure avant tout l'ultime occasion de croquer dans les fruits d'un été qui est définitivement derrière nous et une lumière dans la grisaille de novembre. Le vin doit être léger, friand, frais, direct et attachant, du moins pour le temps qu'il passe avec vous. Si le Vino Novello italien de la maison Botter (9,95 $ - 10479166) et le Beaujolais Mommessin (13,95 $ - 10704247) passent la rampe, le choix du Devoir porte sur le Beaujolais Nouveau de la maison Duboeuf (15,90 $ - 10704221), au fruité net, très pur et judicieusement digeste. Pas donné, mais «bon par où il passe», comme me le signalait une voisine aux propos parfaitement lubrifiés!
 
 
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