Faiveley: de père en fils, avec esprit
François Faiveley, Erwan Faiveley et Bernard Hervet. Photo: Jean Aubry
Bon, on n'est pas là pour se raconter des histoires, mais si vous insistez... C'est l'histoire de la Bourgogne, une toute petite partie de l'histoire de la Bourgogne, liée à une famille, les Faiveley, qui la «cultive» depuis 1825. Il y a eu Pierre, puis Joseph, puis François, puis Georges, puis Guy, puis, de nouveau, François, qui cède aujourd'hui le sécateur à son fils Erwan. Il faut savoir aussi que les Faiveley sont avant tout des industriels qui n'ont rien à voir avec la vigne — ça, c'est une autre histoire — mais qui, au fil des décennies, ont su se constituer un patrimoine végétal à même les meilleurs climats de plus de 75 appellations dont l'épicentre se trouve en Côtes de Nuits. Une espèce de tradition tranquille, à l'écart des modes, bien enracinée dans le calcaire local.
Certains parleront du style Faiveley avec cette espèce de nostalgie d'une Bourgogne empreinte de discrétion, lente à se révéler, juste sans être sévère, comprimant l'énergie de ses magnifiques terroirs derrière le corset d'une belle dont on devinerait tout derrière le regard clair, lucide, transparent... Il est vrai que nous sommes ici loin des bombes fruitées gonflées aux stéroïdes cavalièrement destinées à être un jour ou l'autre «parkérisées». Ce ne serait pas convenable. Non, nous sommes sur une voie médiane, entre plaisir assumé et rigueur tempérée.
Avant tout, une belle histoire d'hommes. Prenez François Faiveley, aux commandes depuis 25 millésimes. Un esprit clair et méthodique, doublé d'un aventurier (c'est un passionné de voile) que je soupçonne aussi d'être un romantique de première (c'est un mélomane qui troquerait un hectolitre de Chambertin Clos de Bèze 2005 ne serait-ce que pour s'asseoir sur la chaise de feu Glenn Gould, dont il est un fan consommé). Cet homme exigeant «ne veut pas être un industriel du vin, seulement celui qui assure le changement dans la continuité» avec des vins droits et bien tracés.
Prenez ensuite le fils Erwan, qui prend aujourd'hui la relève à seulement 28 bougies mais qui travaille déjà bien plus que les 35 heures réglementaires. Un garçon bien, sérieux et engagé, qui a du nez. En attendant de saisir pleinement l'ampleur des tâches liées au domaine, son père, en janvier dernier, lui adjoignait un coach, et pas n'importe lequel, habilité à affiner plus avant l'esprit de la maison en faisant ici et là les correctifs qui s'imposent. Son nom? Bernard Hervet, anciennement directeur de la maison Bouchard Père & Fils, dont les vins, vous serez d'accord avec moi, n'ont jamais été aussi brillants depuis dix ans. Après le Père et avec le Fils, Bernard Hervet serait-il en quelque sorte le Saint-Esprit?
«Il faudra ajuster la qualité des boisés, car il y a des variations à l'intérieur de nos fournisseurs qui ne me satisfont pas, ce qui permettra entre autres d'éliminer certaines fins de bouche un peu strictes, voire amères», dit Bernard Hervet, amusé non seulement par le défi mais surtout par la complicité qui se dessine entre les trois hommes. Si c'est véritablement avec les 2007 que la «touche» Hervet prend ses marques («Le Gevrey Chambertin Les Cazetiers est le roi de la cave dans ce millésime!», dit-il), les 2006, que certains jugeront trop sévèrement dans l'ensemble, cultivent déjà l'esprit et le style maison, à savoir un assemblage subtil composé de «mordant, d'énergie et de caractère». Une trilogie dont il faudra dorénavant tenir compte. Quoi, vous douteriez de la parole du Saint-Esprit?
***
La vinterrogation de la semaine
«Bonjour M. Aubry,
«Je vous lis avec beaucoup d'intérêt dans Le Devoir. La semaine dernière, vous demandiez si nous avions des questions (même tordues!). Alors voilà: nous sommes quatre copains amateurs de la dive bouteille qui faisons du vin de garage, au sens littéral. Nous faisons le liquide avec des raisins noirs de cépages nobles cultivés en Californie. Ma foi, ça donne un résultat satisfaisant. Nous nous procurons les grappes chez les Italiens de Montréal. Toutefois, nous aimerions varier notre production et nous procurer des fruits plus minéraux afin de faire des vins de «pierre», dit Bernard, le «garagiste». Connaissez-vous des importateurs? Y a-t-il une filière française qui en ferait le commerce? L'an passé, il y a eu des raisins corses en fin de saison, et nous nous demandons s'il y a d'autres importations européennes...
«Merci d'avance pour votre prompte réponse — la saison achève!»
Réjean Sauvé
Bonjour les «garagistes»!
Il n'y a pas à ma connaissance au Québec de French connection de la grappe. Hélas, encore une fois cette année, vous serez victimes des arrivages. En ce sens, la filière portugaise au marché Jean-Talon, à Montréal, est sûre. Privilégiez les petites cagettes et n'hésitez pas à goûter les baies, qui ne doivent en aucun cas baigner dans leur jus! Quant à la «minéralité» recherchée, il faudra vous contenter de faire macérer des schistes et des granits au fond de votre cuve car, entre le terroir et ici, il y a loin de la coupe aux lèvres!
***
Les sélections de la semaine
La belle affaire
Shiraz 2005 Luis Felipe Edward's, Colchagua, Chili, 12,85 $ - n° 10754181
Si l'impression de saisir un cure-dents avec un gant de boxe ne vous désarme pas trop, optez alors pour ce solide rouge aux tanins enrobés, charnus, riches et généreusement fruités. Une syrah qui a du punch, à défaut de jeu de jambes! À servir autour de 15 °C. **, 1.
Le terroir
Château Grand-Moulin, Terres Rouges, 2003, Corbières, 22,35 $ - n° 873653
Au moment d'écrire ces lignes, Jean-Noël Bousquet lançait sur le marché européen sa toute dernière nouveauté: le Corbières-Boutenac 2005. Cette autre prise de position vise à affirmer un peu plus le magnifique terroir régional. Ce Terres Rouges est tout simplement superbe, dense et texturé, pourvu de l'écho minéral d'un terroir rendu avec doigté. Superbe. ***1 /2, 1 ©
La primeur en blanc
Domaine Mourgues du Grès, Terre d'Argence 2005, Vin de Pays du Gard, 23,10 $ - n° 10783539
La cuvée Gallets Rouges fait toujours un petit malheur lorsqu'elle arrive en tablettes. Celle-ci poussera plus avant l'intérêt des personnes sensibles à l'originalité et à la résonance spécifique du terroir. Un blanc somptueux au moelleux captivant, doucement épicé, dans la lignée des grands châteauneufs. À moitié prix! ***1/2, 1. ©
La primeur en rouge
Le Sarda 2006, Côtes-du-Roussillon, Domaine Sarda-Malet, 15,35 $ - n° 10783934
Si la cuvée Terroir de Mailloles est une des plus belles affirmations locales avec celles du «géant» Gérard Gauby, ce Sarda invite l'amateur à la fraîcheur, à la subtilité et à la grande buvabilité du grenache noir, rendu ici avec une rare assurance. Pas mal sur les côtes de porc grillées. ***, 1.
Le vin plaisir
Ijalba, Graciano 2004, Rioja, 19,65 $ - 10360261
Dans le style moderne privilégiant fraîcheur et netteté, cette maison offre une version émancipée du cépage graciano, par la sensualité naturelle de ses arômes et la souplesse de ses saveurs fines et fruitées, à cheval entre une texture de merlot et de syrah. Une belle bouteille, harmonieuse et diablement séduisante. ***1/2, 1.
Potentiel de vieillissement du vin 1: moins de cinq ans; 2: entre six et dix ans; 3: dix ans et plus. ©: le vin y gagne avec un séjour en carafe.
Jean Aubry est l'auteur du Guide Aubry 2008 - Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $, à paraître ce mois-ci.
***
La vinterrogation de la semaine
Bonjour M. Aubry,
Je vous lis avec beaucoup d'intérêt dans Le Devoir. La semaine dernière, vous demandiez si nous avions des questions (même tordues!). Alors voilà: nous sommes quatre copains amateurs de la dive bouteille qui faisons du vin de garage, au sens littéral. Nous faisons le liquide avec des raisins noirs de cépages nobles cultivés en Californie. Ma foi, ça donne un résultat satisfaisant. Nous nous procurons les grappes chez les Italiens de Montréal. Toutefois, nous aimerions varier notre production et nous procurer des fruits plus minéraux afin de faire des vins de «pierre», dit Bernard, le «garagiste». Connaissez-vous des importateurs? Y a-t-il une filière française qui en ferait le commerce? L'an passé, il y a eu des raisins corses en fin de saison, et nous nous demandons s'il y a d'autres importations européennes...
Merci d'avance pour votre prompte réponse — la saison achève!
Réjean Sauvé
Bonjour les «garagistes»!
Il n'y a pas à ma connaissance au Québec de French connection de la grappe. Hélas, encore une fois cette année, vous serez victimes des arrivages. En ce sens, la filière portugaise au marché Jean-Talon, à Montréal, est sûre. Privilégiez les petites cagettes et n'hésitez pas à goûter les baies, qui ne doivent en aucun cas baigner dans leur jus! Quant à la «minéralité» recherchée, il faudra vous contenter de faire macérer des schistes et des granits au fond de votre cuve car, entre le terroir et ici, il y a loin de la coupe aux lèvres!
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Jean Aubry est l'auteur du Guide Aubry 2008 - Les 100 meilleurs vins à moins de
25 $, à paraître ce mois-ci.
www.jeanaubry.typepad.com/ledevoir
Certains parleront du style Faiveley avec cette espèce de nostalgie d'une Bourgogne empreinte de discrétion, lente à se révéler, juste sans être sévère, comprimant l'énergie de ses magnifiques terroirs derrière le corset d'une belle dont on devinerait tout derrière le regard clair, lucide, transparent... Il est vrai que nous sommes ici loin des bombes fruitées gonflées aux stéroïdes cavalièrement destinées à être un jour ou l'autre «parkérisées». Ce ne serait pas convenable. Non, nous sommes sur une voie médiane, entre plaisir assumé et rigueur tempérée.
Avant tout, une belle histoire d'hommes. Prenez François Faiveley, aux commandes depuis 25 millésimes. Un esprit clair et méthodique, doublé d'un aventurier (c'est un passionné de voile) que je soupçonne aussi d'être un romantique de première (c'est un mélomane qui troquerait un hectolitre de Chambertin Clos de Bèze 2005 ne serait-ce que pour s'asseoir sur la chaise de feu Glenn Gould, dont il est un fan consommé). Cet homme exigeant «ne veut pas être un industriel du vin, seulement celui qui assure le changement dans la continuité» avec des vins droits et bien tracés.
Prenez ensuite le fils Erwan, qui prend aujourd'hui la relève à seulement 28 bougies mais qui travaille déjà bien plus que les 35 heures réglementaires. Un garçon bien, sérieux et engagé, qui a du nez. En attendant de saisir pleinement l'ampleur des tâches liées au domaine, son père, en janvier dernier, lui adjoignait un coach, et pas n'importe lequel, habilité à affiner plus avant l'esprit de la maison en faisant ici et là les correctifs qui s'imposent. Son nom? Bernard Hervet, anciennement directeur de la maison Bouchard Père & Fils, dont les vins, vous serez d'accord avec moi, n'ont jamais été aussi brillants depuis dix ans. Après le Père et avec le Fils, Bernard Hervet serait-il en quelque sorte le Saint-Esprit?
«Il faudra ajuster la qualité des boisés, car il y a des variations à l'intérieur de nos fournisseurs qui ne me satisfont pas, ce qui permettra entre autres d'éliminer certaines fins de bouche un peu strictes, voire amères», dit Bernard Hervet, amusé non seulement par le défi mais surtout par la complicité qui se dessine entre les trois hommes. Si c'est véritablement avec les 2007 que la «touche» Hervet prend ses marques («Le Gevrey Chambertin Les Cazetiers est le roi de la cave dans ce millésime!», dit-il), les 2006, que certains jugeront trop sévèrement dans l'ensemble, cultivent déjà l'esprit et le style maison, à savoir un assemblage subtil composé de «mordant, d'énergie et de caractère». Une trilogie dont il faudra dorénavant tenir compte. Quoi, vous douteriez de la parole du Saint-Esprit?
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La vinterrogation de la semaine
«Bonjour M. Aubry,
«Je vous lis avec beaucoup d'intérêt dans Le Devoir. La semaine dernière, vous demandiez si nous avions des questions (même tordues!). Alors voilà: nous sommes quatre copains amateurs de la dive bouteille qui faisons du vin de garage, au sens littéral. Nous faisons le liquide avec des raisins noirs de cépages nobles cultivés en Californie. Ma foi, ça donne un résultat satisfaisant. Nous nous procurons les grappes chez les Italiens de Montréal. Toutefois, nous aimerions varier notre production et nous procurer des fruits plus minéraux afin de faire des vins de «pierre», dit Bernard, le «garagiste». Connaissez-vous des importateurs? Y a-t-il une filière française qui en ferait le commerce? L'an passé, il y a eu des raisins corses en fin de saison, et nous nous demandons s'il y a d'autres importations européennes...
«Merci d'avance pour votre prompte réponse — la saison achève!»
Réjean Sauvé
Bonjour les «garagistes»!
Il n'y a pas à ma connaissance au Québec de French connection de la grappe. Hélas, encore une fois cette année, vous serez victimes des arrivages. En ce sens, la filière portugaise au marché Jean-Talon, à Montréal, est sûre. Privilégiez les petites cagettes et n'hésitez pas à goûter les baies, qui ne doivent en aucun cas baigner dans leur jus! Quant à la «minéralité» recherchée, il faudra vous contenter de faire macérer des schistes et des granits au fond de votre cuve car, entre le terroir et ici, il y a loin de la coupe aux lèvres!
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Les sélections de la semaine
La belle affaire
Shiraz 2005 Luis Felipe Edward's, Colchagua, Chili, 12,85 $ - n° 10754181
Si l'impression de saisir un cure-dents avec un gant de boxe ne vous désarme pas trop, optez alors pour ce solide rouge aux tanins enrobés, charnus, riches et généreusement fruités. Une syrah qui a du punch, à défaut de jeu de jambes! À servir autour de 15 °C. **, 1.
Le terroir
Château Grand-Moulin, Terres Rouges, 2003, Corbières, 22,35 $ - n° 873653
Au moment d'écrire ces lignes, Jean-Noël Bousquet lançait sur le marché européen sa toute dernière nouveauté: le Corbières-Boutenac 2005. Cette autre prise de position vise à affirmer un peu plus le magnifique terroir régional. Ce Terres Rouges est tout simplement superbe, dense et texturé, pourvu de l'écho minéral d'un terroir rendu avec doigté. Superbe. ***1 /2, 1 ©
La primeur en blanc
Domaine Mourgues du Grès, Terre d'Argence 2005, Vin de Pays du Gard, 23,10 $ - n° 10783539
La cuvée Gallets Rouges fait toujours un petit malheur lorsqu'elle arrive en tablettes. Celle-ci poussera plus avant l'intérêt des personnes sensibles à l'originalité et à la résonance spécifique du terroir. Un blanc somptueux au moelleux captivant, doucement épicé, dans la lignée des grands châteauneufs. À moitié prix! ***1/2, 1. ©
La primeur en rouge
Le Sarda 2006, Côtes-du-Roussillon, Domaine Sarda-Malet, 15,35 $ - n° 10783934
Si la cuvée Terroir de Mailloles est une des plus belles affirmations locales avec celles du «géant» Gérard Gauby, ce Sarda invite l'amateur à la fraîcheur, à la subtilité et à la grande buvabilité du grenache noir, rendu ici avec une rare assurance. Pas mal sur les côtes de porc grillées. ***, 1.
Le vin plaisir
Ijalba, Graciano 2004, Rioja, 19,65 $ - 10360261
Dans le style moderne privilégiant fraîcheur et netteté, cette maison offre une version émancipée du cépage graciano, par la sensualité naturelle de ses arômes et la souplesse de ses saveurs fines et fruitées, à cheval entre une texture de merlot et de syrah. Une belle bouteille, harmonieuse et diablement séduisante. ***1/2, 1.
Potentiel de vieillissement du vin 1: moins de cinq ans; 2: entre six et dix ans; 3: dix ans et plus. ©: le vin y gagne avec un séjour en carafe.
Jean Aubry est l'auteur du Guide Aubry 2008 - Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $, à paraître ce mois-ci.
***
La vinterrogation de la semaine
Bonjour M. Aubry,
Je vous lis avec beaucoup d'intérêt dans Le Devoir. La semaine dernière, vous demandiez si nous avions des questions (même tordues!). Alors voilà: nous sommes quatre copains amateurs de la dive bouteille qui faisons du vin de garage, au sens littéral. Nous faisons le liquide avec des raisins noirs de cépages nobles cultivés en Californie. Ma foi, ça donne un résultat satisfaisant. Nous nous procurons les grappes chez les Italiens de Montréal. Toutefois, nous aimerions varier notre production et nous procurer des fruits plus minéraux afin de faire des vins de «pierre», dit Bernard, le «garagiste». Connaissez-vous des importateurs? Y a-t-il une filière française qui en ferait le commerce? L'an passé, il y a eu des raisins corses en fin de saison, et nous nous demandons s'il y a d'autres importations européennes...
Merci d'avance pour votre prompte réponse — la saison achève!
Réjean Sauvé
Bonjour les «garagistes»!
Il n'y a pas à ma connaissance au Québec de French connection de la grappe. Hélas, encore une fois cette année, vous serez victimes des arrivages. En ce sens, la filière portugaise au marché Jean-Talon, à Montréal, est sûre. Privilégiez les petites cagettes et n'hésitez pas à goûter les baies, qui ne doivent en aucun cas baigner dans leur jus! Quant à la «minéralité» recherchée, il faudra vous contenter de faire macérer des schistes et des granits au fond de votre cuve car, entre le terroir et ici, il y a loin de la coupe aux lèvres!
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Jean Aubry est l'auteur du Guide Aubry 2008 - Les 100 meilleurs vins à moins de
25 $, à paraître ce mois-ci.
www.jeanaubry.typepad.com/ledevoir
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