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    Au coeur du 47e Parallèle

    20 septembre 2013 | Catherine Ferland | Restaurants
    Le 47e Parallèle est un endroit à (re)découvrir pour un dépaysement gastronomique.
    Photo : Renaud Philippe Le Devoir Le 47e Parallèle est un endroit à (re)découvrir pour un dépaysement gastronomique.
    Le 47e Parallèle
    333, rue Saint-Amable, Québec, 418 692-4747

    Québec — On a beaucoup entendu parler, dans les derniers mois, de la chef pâtissière Isabelle Plante, qui a terminé deuxième à la populaire émission Les chefs ! de Radio-Canada. Pour ma part, ce sont les délicieux macarons que la jeune femme de Québec a créés spécialement pour l’événement Bordeaux fête le vin à Québec 2013, qui ont su me séduire. Cap sur Le 47e Parallèle, le resto où officie la talentueuse chef.

     

    « Si j’avais les ailes d’un ange, je partirais pour Québec. » Une pluie morne et froide tombe sur la capitale en ce début de septembre. Qu’à cela ne tienne, la ville est splendide avec son bitume mouillé et des touches de floraison tardive qui égaient la grisaille, lui conférant un je-ne-sais-quoi de parisien. Paris sous la pluie, c’est si beau. Mais Québec l’est tout autant.

     

    C’est donc la veste un peu humide que nous entrons dans le restaurant, immédiatement accueillis par une serveuse avenante et souriante qui nous installe à l’une des petites tables carrées de l’aire du fond. Nous sommes en appétit. En guise d’apéro, mon accompagnateur et moi optons tous deux pour une coupe de cidre rose Michel Jodoin 2009. Émulsion aux teintes de l’aube dans nos verres. C’est aussi joli qu’exquis.

     

    Le menu, concis, est choisi et alléchant. Ayant envie d’essayer plusieurs mets, dans l’ordre ou le désordre, je joue le tout pour le tout : je me paie un « Tour du monde gastronomique », une formule qui prévoit trois entrées et un plat principal… mais je substitue ce dernier par une quatrième entrée, avec l’approbation de la serveuse. Pour monsieur, ce sera la table d’hôte.

     

    En première classe

     

    Voilà déjà les soupes. Ma bisque froide est garnie d’effiloché de crabe, d’une petite éminence de sorbet au lait de coco et de mini-dés de gelée de concombre. Tout en fraîcheur, le délicat assemblage mêle agréablement les saveurs et les textures délicates, un ingrédient rehaussant l’autre. J’aime bien.

     

    La crème de chou-fleur de mon invité ouvre dignement la table d’hôte, le légume s’affirmant juste ce qu’il faut, exempt de ces notes soufrées qui trahissent une cuisson trop longue. Lisse et goûteux, le potage disparaît rapidement de l’écuelle ! Environnés par un cocon sonore constitué de standards de jazz, intemporels et irréprochables, nous observons les lieux en attendant la suite.

     

    Je l’avoue, j’aime les nappes immaculées et les serviettes de tissu. C’est chic. Mais ce décor trop sage mériterait une petite cure de couleur. Tout ce béton, ce métal, ce bois foncé néo-seventies serait avantageusement relevé de toiles d’artistes québécois contemporains. Tous les goûts sont dans la nature, dit-on, et les miens me portent vers les décors toniques !

     

    Le temps des verdures est venu. Servie en assiette carrée, ma salade de homard, crevettes, coriandre, lime et mangue épicée est disposée en deux petits monticules reliés par une ponctuation d’espuma de pamplemousse. Si ce fruit ne trouve généralement pas grâce à mes papilles, il faut admettre qu’il joue parfaitement son rôle dans cette entrée, répondant aux autres arômes en apportant une note vivifiante.

     

    Dans l’assiette de monsieur, la salade panachée et sa vinaigrette pomme et érable a tout pour ravir. Le crumble aux noisettes et fromage bleu lui donne beaucoup de caractère. Le demi de rouge italien Giorgio Gianni (Salento, Nero, 2010) choisi pour accompagner notre repas s’y accorde particulièrement bien.

     

    Ma troisième entrée, qu’on pourrait qualifier de copieux entremets, est le foie gras au torchon servi avec rhubarbe « aux deux façons » (lire : des compotes) au poivre des dunes et déposé sur un « sable » au beurre noisette. Le pain brioché accueille avec bonheur le foie gras préparé sur place. J’avais réservé quel ques gorgées de mon cidre puisqu’il était recommandé en accord mets-alcool sur le menu : avec raison, d’ailleurs. Je suis transportée.

     

    Comme le dit si bien le cuisinier des Titans à Obélix, dans cette séquence de l’anthologie animée, « c’est bon parce que c’est gras ! ».

     

    Entre le safran et l’abricot

     

    Parlant de Titans, faut-il rappeler que le repas n’est pas encore terminé ? L’assiette principale de mon compagnon est un mignon de porc flanqué de sauce BBQ aux abricots. D’un rosé parfait, les délicates pièces de viande sont accompagnées d’une belle purée de carottes, de quelques oignons et de choux de Bruxelles.

     

    Ma quatrième et dernière entrée, la seule, d’ailleurs, qui soit servie chaude, est constituée d’une cassolette recélant de l’agneau braisé aux abricots, de la salade chaude de raisins, amandes et coriandre, un peu de crème et quelques fines herbes, le tout coiffé d’un petit pain mollet. Je me régale. Mon coup de coeur du repas !

     

    Comme on peut l’imaginer, l’appétit est à présent comblé. Nous optons donc pour un seul dessert à partager : un gâteau aux carottes avec son sorbet à l’orange sanguine et son crumble aux noix, parsemé de copeaux de carottes caramélisés au safran. De petites touches de crémeux aux dattes confèrent à cette dernière étape un accent résolument méditerranéen. Et la portion s’avère idéale pour conclure sur une petite douceur sans exagérer.

     

    Le 47e Parallèle est donc un endroit à découvrir - ou à redécouvrir - si vous souhaitez expérimenter un dépaysement gastronomique sans avoir à prendre l’avion !

     

    Les plus : possibilité d’effectuer un réel tour du monde par l’assiette ; excellent service ; plusieurs vins et alcools du Québec sur la carte.

    Les moins : une déco un peu fade qui aurait avantage à être ravivée et rafraîchie.

    Coût du repas pour deux, incluant alcool et taxes : 158 $.

     

     

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