À l’école des futurs chefs
3535, rue Saint-Denis, Montréal, 514 282-5120, poste 2. Les réservations sont nécessaires.
Oui, je sais, lorsqu’on parle de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), on joue sur une corde sensible à propos de restauration. On offre à la clientèle un restaurant d’application, ou pédagogique, où l’on sert ce qui est qualifié de cuisine régionale.
Ce genre d’établissement permet aux étudiants de mettre en pratique leur formation dans un environnement où ils sont jugés avec plus de tolérance que dans n’importe quel autre restaurant. On se dit en effet que, si parfois le service ou la cuisine font défaut, c’est pour une bonne cause.
L’édifice, situé à l’angle des rues Rigaud et Saint-Denis, face au square Saint-Louis, avait obtenu en 1974 le premier prix citron de la Société d’architecture de Montréal, l’ancêtre d’Héritage Montréal. Un investissement de 20 millions de dollars a permis, plusieurs années plus tard, d’en refaire la façade et d’apporter des améliorations à l’intérieur, tentant ainsi de faire oublier les erreurs du passé.
La salle à manger
La salle à manger peut aisément se comparer à une salle de restaurant moderne, mais sans vraiment afficher quelque personnalité. Le mobilier urbain est de qualité, les tables sont bien mises, dotées de couverts en argent, de verres fins et de serviettes de coton. Une belle fenestration offre une vue sur le square Saint-Louis et permet d’observer les passants, déjà vêtus plus légèrement en cette belle journée de début de printemps.
Seul avec moi-même, j’ai bien failli ne point pouvoir dîner ce jour-là, faute de place, mais une bonne âme me céda une place au bar. Le menu comme la carte présentent un choix assez vaste de plats. Sur cette dernière, je vois annoncé un plat avec des « crevettes de Matane », une appellation que je croyais reléguée aux oubliettes, surtout à l’ITHQ. Il faudrait plutôt parler, en effet, de crevettes du Golfe, ou nordiques.
Peu importe ! Je commande pour commencer un soufflé au fromage (le menu ne précise pas quel fromage est utilisé) avec une petite salade au coulis de canneberges. Le plat qu’on me sert ressemble davantage à une quiche, manquant de ce gonflement propre au soufflé. Et, sans que ce soit mauvais, la recette est bien différente de ce à quoi je m’attendais en matière de soufflé. Toutefois, l’ITHQ n’avait pas dit son dernier mot, et la suite allait se révéler beaucoup plus heureuse.
Avec délicatesse
Les ris de veau poêlés à l’érable, servis avec choux-fleurs et haricots verts, auraient mérité les applaudissements du public. Ce grand plat, rehaussé par la fleur de sel, valait amplement le prix du repas au complet. Au dessert, on propose un joli chariot de pâtisseries et un excellent café.
Pour 19 $ le midi, avec le café, l’ITHQ est sans aucun doute la meilleure cantine en ville. De plus, le service est dirigé par une main de fer dans un gant de velours, et tout coule avec délicatesse et professionnalisme.
Des vins au verre sont proposés et une merveilleuse carte des vins offre un grand choix, y compris des produits du Québec.
À la toute fin du repas, les chefs du jour viennent rencontrer les clients, qui se garderont bien de dire à ces futures toques que le soufflé était préparé à l’avance ou que Matane a possédé la première usine de transformation de la crevette nordique.
Plus: un des meilleurs rapports qualité/prix pour le midi à Montréal et du pain de bonne qualité.
Moins: des fleurs en plasti que et un personnel qui oublie facilement la composition des plats.
Prix payé le midi avec un verre de vin et un expresso, taxes comprises mais avant le service : 34 $.
Collaborateur







