La dolce vita au Parmesan
38, rue Saint-Louis, Québec, 418 692-0341
Québec — Comme bien des gens à cette époque de l’année, après tous ces mois d’hiver à subir l’alternance entre le froid et le redoux, la neige et la gadoue, je suis définitivement mûre pour un peu de soleil. C’est donc la quête de couleur et de chaleur qui a présidé à mon choix de restaurant ce mois-ci !
En compagnie de ma fille aînée, je me rends donc au restaurant Parmesan par un doux midi de ce début mars. On m’avait déjà parlé avantageusement de ce sympathique resto qui a pignon sur rue à l’ombre du Château Frontenac depuis déjà plusieurs décennies. Accueillies avec courtoisie et empressement, nous nous attablons dans une section à proximité de l’un des foyers. Nous sommes d’emblée séduites par l’ambiance décontractée du lieu. L’alléchant chariot à desserts, situé stratégiquement à l’entrée, n’a pas échappé au radar de ma « bibitte à sucre ».
Captiver le regard
Ma jeune invitée a un penchant avoué pour la gastronomie italienne. Elle parcourt le menu sourire aux lèvres. Le serveur nous informe que la plupart des plats de pâtes, à l’exception de ceux présentés en casserole, peuvent être servis en demi-portion pour accommoder les appétits plus légers. Elle opte pour la fondue parmesan et les pâtes carbonara. Pour ma part, ce sera la coquille Saint-Jacques, suivie de l’osso bucco.
Sirotant sa limonade rose, Évelyne détaille le décor avec étonnement. Il y a de quoi, en effet, captiver le regard. La collection de bouteilles - environ 4700 spécimens aux formes et aux formats parfois saisissants, alignées sur des tablettes et corniches - occupera d’ailleurs la conversation à plusieurs reprises au cours du repas !
Nos entrées sont déposées devant nous. Au premier coup d’oeil, je l’admets, la présentation me désappointe. Les assiettes semblent un peu vides, surtout celle de mon invitée où les deux fondues un peu trop grillées sont platement accompagnées d’un peu de salade. Sachant que les apparences peuvent être trompeuses, notamment en cuisine, j’encourage néanmoins ma fille à goûter à son plat.
Heureuse surprise : la croûte, certes brunie, est exquise et révèle son caractère d’authentique fondue parmesan. Même la salade tomates-vinaigrette trouve grâce aux yeux de ma petite, qui n’en laisse pas une bouchée.
De mon côté, j’attaque la coquille Saint-Jacques. La fine couche de fromage grillé cède sous la fourchette pour découvrir une sauce blanche et crémeuse truffée de moules, crevettes et pétoncles de belle taille. Savoureux.
On pardonne donc la présentation un peu dé sinvolte. Pour paraphraser le Petit Prince, l’essentiel est parfois invisible pour les yeux… mais perceptible pour les papilles !
Nous discutons tranquillement en attendant la suite. Une intéressante conversation sur le meilleur moyen de dépoussiérer l’invraisemblable collection d’amphores, flacons et carafes nous fait toutes deux pouffer de rire. C’est un véritable musée. À entendre les exclamations des autres convives attablés un peu plus loin, nous ne sommes pas les seules à être obnubilées par le décor ! Même l’expédition vers la salle de bain ne lasse pas d’être divertissante : le périple permet d’apercevoir les « caves à vin » réfrigérées conservant quelque 700 bouteilles, principalement des italiens et des français sélectionnés avec soin par l’un des propriétaires.
Le serveur apporte ensuite les mets principaux. Le spaghetti carbonara de mon invitée s’avère délicieux avec sa sauce parmesane et ses petits morceaux de jambon, mais un tantinet trop salé. Goûte, qu’elle me dit. Je dois lui donner raison : le sel escamote les autres saveurs qui auraient dû s’exprimer.
Osso bucco, pastas et compagnie
L’osso bucco de veau est en revanche succulent. Mon verre de Mutepulciano d’Abruzzo se marie à la perfection avec la chair tendre, mitonnée dans une sauce tomate délicatement parfumée de thym, d’ail et d’origan. Les pâtes qui l’accompagnent sont, là encore, trop salées. Ce qui ne nous empêche pas de demander au serveur de nous mettre la portion non utilisée dans un plat pour emporter. Fines stratèges, nous avons en effet décidé de nous « garder de la place » pour découvrir les desserts !
Tandis que je termine mon verre de vin, nous consultons la carte comportant une quinzaine de choix en lorgnant vers le chariot à desserts. Quelques minutes plus tard surgissent une belle part de gâteau Forêt noire pour elle, une tranche de cassata maraschino pour moi.
Ma fille s’extasie : l’assemblage de pâte chocolatée, de crème fouettée, de cerises et de copeaux de chocolat noir lui met des étoiles dans le regard.
Mais je ne suis pas en reste. Ma cassata se présente comme de minces étages de gâteau aux fruits intercalés de crème glacée, le tout surmonté d’un glaçage de cerises au marasquin. Quoique repue, je ne puis me résoudre à en laisser une miette. Le café - l’élément conclusif dont la qualité est trop souvent négligée dans les restaurants - est ici parfait. Une finale sans faute.
En définitive, Évelyne et moi avons beaucoup apprécié l’expérience gustative proposée par le restaurant Parmesan. Nous y retournerons sans doute, possiblement pour savourer un bon dessert après un brin de magasinage mère-fille dans le Vieux-Québec !
Plus: l’ambiance chaleureuse et les excellents desserts.
Moins: la présentation des mets un peu désinvolte et les pâtes trop salées.
Prix d’un repas pour deux, incluant les taxes et le service : 125 $.
Collaboratrice







