Quand le service gâche la sauce
1077, rue Drummond, Montréal,
514 934-1077.
Le Decca 77 existe toujours et les propriétaires essayent tant bien que mal de lui redonner une seconde vie en ouvrant une section brasserie de luxe, mais sans changer le décor. Mêmes tables de bois, même vaisselle et mêmes ustensiles sont recyclés pour cette section du resto. Deux restaurants dans un.
J’y suis allé un midi chaud et humide, recherchant la fraîcheur de l’air climatisé, et en ai profité pour tester ce nouveau concept du Decca.
L’accueil y est plutôt froid et il faut insister pour être accompagné du côté de la brasserie, où on propose chaque jour de la semaine un nouveau plat du jour, à des prix variés.
Mon invitée et moi avions décidé de ne pas prendre de vin et de nous contenter du bon vieux « Château la Pompe », ou, si vous préférez, de l’eau de l’aqueduc municipal.
Pour commencer le repas, mon invitée choisit la salade de roquette sauvage et moi, le gaspacho maison. Ma curiosité me pousse ensuite à oser la sole au citron et mon invitée commande le tartare de boeuf en précisant à la serveuse le type de hachage et l’assaisonnement qu’elle désire pour la viande.
À l’arrivée des premiers plats, je constate qu’on m’a apporté une crème de pois verts au lieu du gaspacho, mais je décide néanmoins de la garder. Le bol dans lequel elle est servie est sérieusement ébréché, mais cela n’altère en rien la finesse de la crème de pois, bien faite et délicieuse, sur laquelle on a versé un filet d’huile d’olive et mis quelques tiges de ciboulette pour embellir le tout.
La salade de roquette est elle aussi bien présentée, bien assaisonnée et recouverte de copeaux de parmesan.
On daigne finalement nous apporter le pain et le beurre qui manquaient sur la table.
J’avais quelques appréhensions en ce qui concerne la sole, non point en ce qui concerne la qualité du produit, mais parce que souvent on utilise le terme de sole dans les restaurants alors qu’il s’agit en réalité de plie. Mais on m’a bien servi deux beaux filets de sole, fermes et consistants, parfaitement cuisinés, accompagnés de câpres fines et de citron.
Le tartare de boeuf est joliment présenté, avec des croûtons et des frites maison accompagnées de mayonnaise. Même si la viande avait été demandée plus fine, elle semble hachée au couteau et présente un assaisonnement équilibré. Quant aux frites, elles sont bonnes et croustillantes.
Le midi, le restaurant semble surtout occupé par des gens d’affaires, et les repas sont probablement payés par les comptes de dépenses des compagnies qui les engagent.
Une surprise m’attend en recevant l’addition avec le café. Non seulement le café est tiède, et surtout très amer, mais je découvre qu’on a ajouté 1 $ à mon addition sans m’avoir avisé au préalable qu’il s’agissait d’un don pour une quelconque fondation.
Le total de l’addition, pour deux repas pris le midi, sans vin ni dessert, est de 81,50 $ avant service, ce qui est cher payé pour de bons plats, certes, mais qui n’ont rien d’exceptionnel. De plus, les graves erreurs de service commises rendent la chose encore plus difficile à accepter. Il s’agit d’une brasserie, oui, mais qui affiche des prix de restaurants de luxe tout en offrant un service ordinaire qui ressemble plus à celui d’une cafétéria.
Je pense encore que la qualité d’un restaurant dépend autant du décor et de l’ambiance que de la nourriture, des vins proposés et, bien entendu, du service.
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Plus : une cuisine fraîche et bien faite.
Moins : un service qui laisse à désirer et des prix exagérément chers pour le midi.
Prix payé le midi pour deux personnes, avant service et sans vin : 81,50 $.
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Collaborateur








