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Le Hachoir des carnivores

13 juillet 2012 | Philippe Mollé | Restaurants
Au Hachoir, on mise sur les tartares de thon, saumon, bison ou bœuf servis avec de bonnes frites maison et une salade.
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Au Hachoir, on mise sur les tartares de thon, saumon, bison ou bœuf servis avec de bonnes frites maison et une salade.

Restaurant Hachoir

4177, rue Saint-Denis, Montréal
514 903-1331

Ce n’est ni juste un restaurant, ni seulement une boucherie, ni uniquement un bar à vins, et encore moins un endroit de restauration rapide. En fait, il s’agit d’un endroit où règne une ambiance bon enfant, dans un décor actuel et branché où boire et manger dans une ambiance détendue. L’établissement marche tellement bien que les propriétaires songent à en ouvrir un tout pareil dès l’hiver, dans le Vieux-Montréal, sur la rue Notre-Dame. Le resto a déjà son lot d’habitués qui « pitonnent » des textos au bar ou qui, comme moi, se retrouvent coincés entre deux tables particulièrement bruyantes un soir de fin de semaine.


Le décor mélange les styles, témoin ce passage sous un plafonnier qui n’est pas sans rappeler la salle d’opération. Zébulon Perron, déjà bien connu à Montréal, a signé le décor qui conjugue à merveille le bois brut, le cuir et, dans de moindres proportions, le béton. Les tables de bois se prêtent fort bien au concept, dont on joue tant le midi que le soir.

 

Vins, tartares et burgers


La mode est aux verres identifiés, ici du H, pour « Hachoir », qui permet de délimiter pour les employés la ligne de service pour le vin. D’ailleurs, ici, le vin revêt autant d’importance que le repas, ce qui nous vaut de découvrir de belles importations privées, un peu chères, mais qui constituent sans aucun doute un atout pour les amateurs de bons vins.


Évidemment, le hachoir, élément indispensable au hachage des viandes, poissons ou végétaux, est largement utilisé, comme en témoigne le choix de burgers, de tartares. Quand même, pour qui préfère les morceaux entiers et non hachés, il y a de la bavette et du filet, le tout vendu sous l’étiquette Black Angus. Le chef Greg Paul mise sur les tartares de thon, saumon, bison ou boeuf, le plus souvent servis avec de bonnes frites maison et une salade.


Avec mon invité habitué au tumulte des restaurants du Plateau, nous choisissons deux salades pour nous prouver qu’il fait beau et chaud à Montréal, mais surtout pour nous donner bonne conscience afin de bénéficier d’une deuxième assiette. Le coeur de romaine à la plancha est grillé sur la plaque et servi avec bacon et parmesan, le tout avec petits croûtons de pain. Un ensemble heureux et bien dosé, tout comme les assaisonnements qui vont avec la salade.


Difficile pour un carnivore comme Léon de résister au tartare, lui qui me fait l’apologie de ses dégustations dans Montréal à chacune de nos rencontres. Le tartare de boeuf, servi aussi en entrée, semble effectivement préparé au hachoir. Bien que l’on y trouve un excellent mélange d’ingrédients, il lui manquait une touche de vie et d’âme pour faire belle figure au palmarès des Super tartares de Montréal.


Dans le même ordre d’idées (pour les carnivores), il nous fallait goûter au Westside, burger de bison de l’Ouest que nous imaginions passé à la moulinette pour faire de la viande hachée. Une viande hachée à laquelle on ajoute un bon ketchup maison, des oignons marinés et, pour finir, de la tomme de Grosse-Île. Un pur régal et, sûrement pour compenser le tartare, de quoi me réconcilier avec les burgers du monde.


Le service au Hachoir est décontracté, mais jamais irrespectueux pour le client. Le choix des vins témoigne lui aussi de la volonté d’offrir un véritable bar à vins et des produits souvent uniques et des plus intéressants. Il me faut aussi souligner le souci de promouvoir au Hachoir les fromages du Québec et de proposer un choix de trois fromages servis à bonne température.


En revanche, comme dans bien des restaurants qui ne peuvent se permettre d’engager un pâtissier, les desserts sont simples et le choix restreint. De la crème glacée, un fondant et un crumble aux pommes à l’avoine et une glace à la vanille tout ce qu’il y a de plus ordinaire.


Heureusement, le café chaud et savoureux venait finir en beauté cette soirée de gars carnivores, un soir d’été sur la rue Saint-Denis.

 

Prix payé pour deux le soir avec une bouteille de vin avant taxes et service, 130,50 $


Plus : L’ambiance sympathique et le choix de bonnes viandes


Moins : Une certaine inconstance dans les plats servis et les assaisonnements.

 
 
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