Milos, une institution
Le restaurant Milos, à Montréal, est une institution chargée d’histoire qui a su relativement bien traverser les crises et les tendances de la restauration dans la métropole. On y va avant tout pour la qualité et la fraîcheur du poisson, mais aussi pour être vu en bonne compagnie. C’est la même chose depuis des années, sauf qu’on trouve désormais, à l’accueil, un personne capable de nous parler en français.
Le décor a été rafraîchi, les chaises ont été changées, mais l’ensemble demeure identique, avec une quantité incroyable de serveurs qui font souvent plus de bruit que les clients eux-mêmes.
Rien non plus n’a changé sur les tables bien nappées, avec des ustensiles rangés au garde-à-vous. Quant à la musique, elle varie, passant de Brel au sirtaki.
Milos, ce sont aussi des comptoirs de poissons en provenance de New York, les brocolis et les quartiers de citron, le pain grillé qui vient éponger l’huile d’olive de la famille et un menu du midi très abordable, à 20 $, en comparaison des prix élevés en soirée.
Le menu du midi est présenté sous forme de table d’hôte et de carte et s’inspire de son petit frère et voisin Cava. Outre les légumineuses, les tomates et feta et la pieuvre, on propose aussi en entrée un tartare de thon blanc (non menacé de disparition), qui manquait malheureusement de goût ce jour-là. Il aurait fallu ajouter bien du citron, de l’huile d’olive et du sel pour redonner vie à ce plat, qui sans cela est demeuré bien banal.
Puisque chez Milos le poisson est de mise, j’ai opté pour un saumon biologique d’Écosse grillé et servi tel que demandé pour ce qui est de la cuisson. La peau du saumon se détachait à merveille, laissant ainsi voir la couleur rosée du poisson. La chair, tendre et savoureuse, recevait avec finesse le jus à peine voilé d’un citron.
En ce qui concerne les brocolis, il faudrait savoir si on souhaite les servir crus ou cuits. Là, ils étaient trop croquants à mon goût, surtout que les couteaux fournis ne permettaient pas de bien les couper. Une garniture de riz long à peine coloré aurait gagné à être parfumée d’un peu de safran d’Espagne ou d’Iran. Cela dit, la crème glacée au baklava, un dessert proposé sur la table d’hôte, m’a comblé et a constitué le meilleur moment du repas.
Chez Milos, la cuisine est ouverte jusqu’à tard, les poissons sont extraordinaires, la carte des vins propose un vaste choix et quelques petites merveilles, mais les prix sont ceux d’un restaurant étoilé, et on peut avoir une surprise au moment de payer.
La famille possède des restaurants aux États-Unis, en Grèce et à Montréal. Si le style est bien rodé, il n’en demeure pas moins que la vie gastronomique montréalaise a grandement progressé ces dernières années et que l’offre pourrait suivre. Milos demeure Milos, mais il serait temps que le pâtre grec revienne quelquefois manger à la maison.
Prix payé pour deux personnes le midi, sans vin, avant taxes et service : 41 $.
Plus : la grande fraîcheur du poisson.
Moins : une cuisine qui s’essouffle et qui manque de goût.
Restaurant Milos, 5357, avenue du Parc, Montréal, 514 272-3522.
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