L'année faste du cochon
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
À l’avant, le propriétaire de Chez ma grosse truie chérie, Harold Côté, et son équipe. Sur la table, le plat Méga tout cochon à partager entre quatre convives, les huîtres, le tartare de bœuf et le duo de saumon.
J'avais écrit sur le restaurant Chez ma grosse truie chérie au début, lors de son ouverture. C'est d'un style éclectique déconcertant au premier abord, mais qui par la suite sait nous combler. L'endroit m'avait séduit par tant de démesure, et surtout par son côté canaille avec une gastronomie vouée au culte du cochon.
De longues tables permettent dans la grande salle un esprit de rapprochement, voire de convivialité intense. Pour ceux qui n'aiment pas le voisinage ou la proximité, évitez cette salle. Dans la verrière aménagée sous forme de terrasse, par contre, il est toujours possible de disposer de plus d'intimité et de partager une table pour deux ou quatre personnes au besoin dans la salle qui s'intitule du Trottoir, ou encore, dans celle de la Petite truie.
Comme je l'ai déjà mentionné, tant le style des luminaires que les décorations issues de récupérations sont intéressants et suscitent toujours autant de curiosité et d'intérêt chez les clients. La rusticité du décor pourrait aussi faire penser à un bistro des anciennes Halles de Paris, mais nous sommes bien à Montréal, proche du pont Jacques-Cartier.
Pour ma part, il manque côté cuisine une notion de charcuterie à l'ancienne, comme on les offre au DNA, ou encore à l'Auberge Saint-Gabriel, dans le Vieux-Montréal. Le cochon, dont l'année fut festive ailleurs, manque ici sa réelle vocation en entrée.
On le retrouve cependant cuisiné à la carte, ou selon le gré et les moyens il vous est aussi offert en table d'hôte pour 28 $ ou 32 $.
Menus thématiques
Les menus sont pensés en fonction des événements et surtout selon des thématiques comme les 5 à 7, où l'on propose une formule qui s'intitule «la mer» ou «la terre», ou encore «le travailleur», avec cette fois du cochon à l'assiette.
Comme on le faisait à l'ouverture en 2010, on fume tant le saumon que le cochon, et spécifiquement les côtes levées, qui sont parmi les meilleures servies à Montréal.
Cette fois-ci, c'est avec la soupe à la bière, un classique de la maison, que commencera le repas. Une soupe avec des oignons bien caramélisés, avec un ajout de lard et de haricots blancs et gratinée avec le magnifique fromage 14 arpents de la fromagerie Médard du Lac-Saint-Jean. On retrouve avec plaisir cette soupe réconfortante que les Parisiens et les Lyonnais servaient à l'origine, dans bien des cas, en guise de repas. Ici, on la concocte avec de la bière et du fromage local, ce qui lui donne un caractère bien particulier et très gustatif.
Une autre tradition des lieux est la façon dont on sert et met en valeur les huîtres. On les ouvre et les propose en service avec une rasade de vinaigre de cidre de glace issu des Vergers de la Colline. Un mélange très fin qui bonifie subtilement le mollusque et qui apporte une petite touche d'exotisme culinaire.
Passons-nous cette fois du Méga tout cochon, qui se partage aisément entre quatre personnes avec de la moutarde forte pour faire passer le tout. Et passons-nous du cochon pour nous régaler de la bavette Angus marinée à l'érable! Ce beau morceau de viande d'une tendreté exemplaire est servi avec un jus à l'échalote et des frites au parmesan, un mets qui, le serveur me l'assura avec délectation, relève du péché de gourmandise.
Il est vrai que la bavette est un plat simple qui peut se voir reléguer aux oubliettes du cure-dents, ou qui, comme ici, peut se rendre au temple de la renommée des gourmets. Cependant, l'appréciation des frites demeura mitigée tant pour mon invité que pour moi-même.
Il est plaisant de découvrir, lors de mes visites, les établissements qui mettent des efforts à valoriser la culture alimentaire locale lorsque celle-ci le mérite. Les cidres, les vins comme le Val Caudalie et les bières de microbrasseries du Québec sont dans cet établissement bien représentés. Cela n'empêche en rien la belle disponibilité de vins du monde qui nous sont proposés et servis avec brio.
La force de l'établissement n'a jamais été les desserts. Dommage, car pour continuer sur la rusticité des plats servis, on pourrait ajouter une «vraie tarte aux pommes sans cannelle» ou encore des îles flottantes. À la place, on propose en cette journée froide des sorbets et une crème brûlée, ni bons ni mauvais. Ils sont comme partout ailleurs. On apprécie les fromages du Québec servis à bonne température et accompagnés de bon pain.
Voilà qui commence bien l'année, qui sera sans aucun doute l'année du cochon, puisque, pardi, l'animal revient en force dans les assiettes gourmandes du Québec.
Prix pour deux, le soir, avec une bouteille de vin, avant taxes et service: 165 $.
Plus: une ambiance et une cuisine bonnes et sans prétention.
Moins: le manque d'originalité au niveau des desserts. Parfois bruyant.
***
Collaborateur du Devoir
De longues tables permettent dans la grande salle un esprit de rapprochement, voire de convivialité intense. Pour ceux qui n'aiment pas le voisinage ou la proximité, évitez cette salle. Dans la verrière aménagée sous forme de terrasse, par contre, il est toujours possible de disposer de plus d'intimité et de partager une table pour deux ou quatre personnes au besoin dans la salle qui s'intitule du Trottoir, ou encore, dans celle de la Petite truie.
Comme je l'ai déjà mentionné, tant le style des luminaires que les décorations issues de récupérations sont intéressants et suscitent toujours autant de curiosité et d'intérêt chez les clients. La rusticité du décor pourrait aussi faire penser à un bistro des anciennes Halles de Paris, mais nous sommes bien à Montréal, proche du pont Jacques-Cartier.
Pour ma part, il manque côté cuisine une notion de charcuterie à l'ancienne, comme on les offre au DNA, ou encore à l'Auberge Saint-Gabriel, dans le Vieux-Montréal. Le cochon, dont l'année fut festive ailleurs, manque ici sa réelle vocation en entrée.
On le retrouve cependant cuisiné à la carte, ou selon le gré et les moyens il vous est aussi offert en table d'hôte pour 28 $ ou 32 $.
Menus thématiques
Les menus sont pensés en fonction des événements et surtout selon des thématiques comme les 5 à 7, où l'on propose une formule qui s'intitule «la mer» ou «la terre», ou encore «le travailleur», avec cette fois du cochon à l'assiette.
Comme on le faisait à l'ouverture en 2010, on fume tant le saumon que le cochon, et spécifiquement les côtes levées, qui sont parmi les meilleures servies à Montréal.
Cette fois-ci, c'est avec la soupe à la bière, un classique de la maison, que commencera le repas. Une soupe avec des oignons bien caramélisés, avec un ajout de lard et de haricots blancs et gratinée avec le magnifique fromage 14 arpents de la fromagerie Médard du Lac-Saint-Jean. On retrouve avec plaisir cette soupe réconfortante que les Parisiens et les Lyonnais servaient à l'origine, dans bien des cas, en guise de repas. Ici, on la concocte avec de la bière et du fromage local, ce qui lui donne un caractère bien particulier et très gustatif.
Une autre tradition des lieux est la façon dont on sert et met en valeur les huîtres. On les ouvre et les propose en service avec une rasade de vinaigre de cidre de glace issu des Vergers de la Colline. Un mélange très fin qui bonifie subtilement le mollusque et qui apporte une petite touche d'exotisme culinaire.
Passons-nous cette fois du Méga tout cochon, qui se partage aisément entre quatre personnes avec de la moutarde forte pour faire passer le tout. Et passons-nous du cochon pour nous régaler de la bavette Angus marinée à l'érable! Ce beau morceau de viande d'une tendreté exemplaire est servi avec un jus à l'échalote et des frites au parmesan, un mets qui, le serveur me l'assura avec délectation, relève du péché de gourmandise.
Il est vrai que la bavette est un plat simple qui peut se voir reléguer aux oubliettes du cure-dents, ou qui, comme ici, peut se rendre au temple de la renommée des gourmets. Cependant, l'appréciation des frites demeura mitigée tant pour mon invité que pour moi-même.
Il est plaisant de découvrir, lors de mes visites, les établissements qui mettent des efforts à valoriser la culture alimentaire locale lorsque celle-ci le mérite. Les cidres, les vins comme le Val Caudalie et les bières de microbrasseries du Québec sont dans cet établissement bien représentés. Cela n'empêche en rien la belle disponibilité de vins du monde qui nous sont proposés et servis avec brio.
La force de l'établissement n'a jamais été les desserts. Dommage, car pour continuer sur la rusticité des plats servis, on pourrait ajouter une «vraie tarte aux pommes sans cannelle» ou encore des îles flottantes. À la place, on propose en cette journée froide des sorbets et une crème brûlée, ni bons ni mauvais. Ils sont comme partout ailleurs. On apprécie les fromages du Québec servis à bonne température et accompagnés de bon pain.
Voilà qui commence bien l'année, qui sera sans aucun doute l'année du cochon, puisque, pardi, l'animal revient en force dans les assiettes gourmandes du Québec.
Prix pour deux, le soir, avec une bouteille de vin, avant taxes et service: 165 $.
Plus: une ambiance et une cuisine bonnes et sans prétention.
Moins: le manque d'originalité au niveau des desserts. Parfois bruyant.
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