La Crémaillère en tête à tête
73, rue Sainte-Anne, Québec, 418 692-2216
Le restaurant La Crémaillère est situé juste derrière l'hôtel de ville de Québec, au cœur du Vieux-Québec, dans un endroit un peu à l'écart des circuits piétonniers les plus fréquentés. Dès l'entrée dans cette spacieuse maison centenaire, on est conquis par l'ambiance feutrée, chic et chaleureuse. Ce restaurant de plus de 100 places est aménagé en plusieurs salles distinctes, bien séparées les unes des autres, sur deux étages. Partout, de beaux tableaux colorés ajoutent au ravissement. La Crémaillère est sans nul doute un endroit qui convient à un repas en tête à tête, ou à une rencontre de groupe intime. L'accueil et le service d'une grande courtoisie accentuent cette impression spontanée de confort domestique.
Le menu de La Crémaillère comporte plusieurs volets: table d'hôte régulière, table d'hôte gastronomique, à la carte, suggestions du chef et spécial de la mer. À remarquer cependant que plusieurs plats se retrouvent dans plus d'un menu — notamment des mets à la carte qui sont offerts à moindre prix en table d'hôte — ce qui facilite le choix parmi la belle diversité des propositions.
Plusieurs entrées retiennent notre attention: les appétissants pâtés de caille et faisan en croûte, la trilogie de poissons fumés et les pétoncles rôtis à la fondue d'endives à l'orange. Ce sera cependant la cassolette de moules aux poireaux et safran aura la faveur de ma compagne et le tartare de saumon façon Crémaillère qui aura ma préférence. Un délicieux vin blanc italien d'importation privée, qui nous a été recommandé, accompagnera fort bien notre repas. Je poursuivrai avec le potage du jour, suivi d'une lasagne au crabe, alors que ma complice passera directement au plat de résistance avec la cuisse de canard confite, pommes de terre et pleurotes sautés. Mais il n'aura pas été facile de choisir parmi les noix de ris de veau aux échalotes confites, le filet de boeuf albertain avec sauce à la lie de vin ou le carré d'agneau rôti en persillade dijonnaise, ou encore le navarin de homard sauce au champagne qui figure au menu spécial de la mer.
Dès que nos choix sont pris en note, le serveur apporte en mise en bouche une délicate mousse de volaille de type foie gras, au goût très fin, enjolivée de carottes confites qui ajoutent une agréable note fruitée. Cette légère bouchée ouvre agréablement notre appétit. Les entrées ne tardent guère. La cassolette de moules avec sauce crémeuse aux champignons est particulièrement goûteuse, d'une saveur intense et concentrée, à base de champignon mais enrichie d'abondants poireaux sautés et d'une touche d'anis étoilé qui donne du contraste et de l'originalité. Mon tartare de saumon bien relevé de câpres et d'une touche de citron est également délicieux, enroulé dans une tranche de saumon fumé et entouré d'un cercle de coulis de tomate. Très belle présentation et bel équilibre des saveurs.
La soupe monastère que je déguste ensuite, aux légumes et aux lentilles, fait penser à une minestrone simplifiée. Elle est d'ailleurs servie avec du parmesan râpé au goût du client. Le riche bouillon est épaissi par réduction et demeure très léger. Quelques lardons bien maigres ajoutent saveur et consistance à cette soupe réconfortante. La pause qui précède l'arrivée de nos plats principaux nous permet de profiter du décor apaisant et luxueux. Il fait bon s'attarder à La Crémaillère. Mais voilà déjà nos assiettes fumantes.
Ma compagne éprouve une petite déception lorsqu'elle constate qu'aucun légume n'accompagne la montagne de pommes de terre trempées juste à point dans la sauce au champignon et sa cuisse de canard confit. Belle présentation malgré tout. Le canard est tendre et très goûteux, enrobé d'une sauce légèrement caramélisée et sucrée. Les pommes de terre et les champignons sont également délicieux, mais vraiment, nous sommes surpris qu'une table de cette classe néglige de garnir d'au moins quelques légumes un plat si abondant. Où sont la couleur, les vitamines et la fraîche variété qu'apportent les légumes? Dommage qu'ils ne se retrouvent que dans mon assiette. Car mon carré de lasagne au crabe est, lui, décoré d'une belle et savoureuse julienne de carottes et de courgettes. Mes pâtes sont particulièrement savoureuses, même sans sauce ni chair, et les bouchées de crabe au goût naturel sont tendres et généreuses. La sauce à base de fumet de crustacé, rappelant la rouille, est cependant un peu trop salée. Néanmoins, elle complémente fort bien ce plat de pâtes raffiné qui se dévore à belles dents.
Après cette étape, pendant que nous terminons l'agréable vin qu'on nous a conseillé, nous sommes tous deux d'accord sur le fait que La Crémaillère privilégie les saveurs prononcées, les plats très goûteux, plutôt que délicats et raffinés. Mais le chef le fait avec maîtrise et équilibre. Cette impression est confirmée par le dessert. Parmi les choix appétissants: tarte au chocolat et aux poires, mousse au café avec riz grillé, crème renversée au caramel à l'orange, baba au rhum, et autres, j'opte pour la crème brûlée à la pistache. Ma compagne suit ses bonnes habitudes et choisit plutôt la salade de fruits santé, fort bien présentée, en étages colorés de bleuets, framboises, poires et mûres, avec sirop d'érable et zeste d'agrumes. Les fruits sont mûrs, frais et sucrés. Un dessert très rafraîchissant et savoureux. Quant à ma crème brûlée, accompagnée de délicates mûres confites, elle est exceptionnelle. Une fois cassée la dure et cristalline croûte de sucre en surface, j'accède à une crème onctueuse au goût particulièrement riche et enjôleur. Le beurre de pistache ajoute de la profondeur, de l'amplitude, comme une nouvelle dimension à ce dessert classique partiellement renouvelé. Vraiment réussi. Le capucino décaféiné qui clôt notre repas est également des plus agréables. Enfin, le personnel nous raccompagne à la sortie avec la même constante gentillesse et courtoisie qui mérite d'être soulignée.
Collaborateur du Devoir
Le menu de La Crémaillère comporte plusieurs volets: table d'hôte régulière, table d'hôte gastronomique, à la carte, suggestions du chef et spécial de la mer. À remarquer cependant que plusieurs plats se retrouvent dans plus d'un menu — notamment des mets à la carte qui sont offerts à moindre prix en table d'hôte — ce qui facilite le choix parmi la belle diversité des propositions.
Plusieurs entrées retiennent notre attention: les appétissants pâtés de caille et faisan en croûte, la trilogie de poissons fumés et les pétoncles rôtis à la fondue d'endives à l'orange. Ce sera cependant la cassolette de moules aux poireaux et safran aura la faveur de ma compagne et le tartare de saumon façon Crémaillère qui aura ma préférence. Un délicieux vin blanc italien d'importation privée, qui nous a été recommandé, accompagnera fort bien notre repas. Je poursuivrai avec le potage du jour, suivi d'une lasagne au crabe, alors que ma complice passera directement au plat de résistance avec la cuisse de canard confite, pommes de terre et pleurotes sautés. Mais il n'aura pas été facile de choisir parmi les noix de ris de veau aux échalotes confites, le filet de boeuf albertain avec sauce à la lie de vin ou le carré d'agneau rôti en persillade dijonnaise, ou encore le navarin de homard sauce au champagne qui figure au menu spécial de la mer.
Dès que nos choix sont pris en note, le serveur apporte en mise en bouche une délicate mousse de volaille de type foie gras, au goût très fin, enjolivée de carottes confites qui ajoutent une agréable note fruitée. Cette légère bouchée ouvre agréablement notre appétit. Les entrées ne tardent guère. La cassolette de moules avec sauce crémeuse aux champignons est particulièrement goûteuse, d'une saveur intense et concentrée, à base de champignon mais enrichie d'abondants poireaux sautés et d'une touche d'anis étoilé qui donne du contraste et de l'originalité. Mon tartare de saumon bien relevé de câpres et d'une touche de citron est également délicieux, enroulé dans une tranche de saumon fumé et entouré d'un cercle de coulis de tomate. Très belle présentation et bel équilibre des saveurs.
La soupe monastère que je déguste ensuite, aux légumes et aux lentilles, fait penser à une minestrone simplifiée. Elle est d'ailleurs servie avec du parmesan râpé au goût du client. Le riche bouillon est épaissi par réduction et demeure très léger. Quelques lardons bien maigres ajoutent saveur et consistance à cette soupe réconfortante. La pause qui précède l'arrivée de nos plats principaux nous permet de profiter du décor apaisant et luxueux. Il fait bon s'attarder à La Crémaillère. Mais voilà déjà nos assiettes fumantes.
Ma compagne éprouve une petite déception lorsqu'elle constate qu'aucun légume n'accompagne la montagne de pommes de terre trempées juste à point dans la sauce au champignon et sa cuisse de canard confit. Belle présentation malgré tout. Le canard est tendre et très goûteux, enrobé d'une sauce légèrement caramélisée et sucrée. Les pommes de terre et les champignons sont également délicieux, mais vraiment, nous sommes surpris qu'une table de cette classe néglige de garnir d'au moins quelques légumes un plat si abondant. Où sont la couleur, les vitamines et la fraîche variété qu'apportent les légumes? Dommage qu'ils ne se retrouvent que dans mon assiette. Car mon carré de lasagne au crabe est, lui, décoré d'une belle et savoureuse julienne de carottes et de courgettes. Mes pâtes sont particulièrement savoureuses, même sans sauce ni chair, et les bouchées de crabe au goût naturel sont tendres et généreuses. La sauce à base de fumet de crustacé, rappelant la rouille, est cependant un peu trop salée. Néanmoins, elle complémente fort bien ce plat de pâtes raffiné qui se dévore à belles dents.
Après cette étape, pendant que nous terminons l'agréable vin qu'on nous a conseillé, nous sommes tous deux d'accord sur le fait que La Crémaillère privilégie les saveurs prononcées, les plats très goûteux, plutôt que délicats et raffinés. Mais le chef le fait avec maîtrise et équilibre. Cette impression est confirmée par le dessert. Parmi les choix appétissants: tarte au chocolat et aux poires, mousse au café avec riz grillé, crème renversée au caramel à l'orange, baba au rhum, et autres, j'opte pour la crème brûlée à la pistache. Ma compagne suit ses bonnes habitudes et choisit plutôt la salade de fruits santé, fort bien présentée, en étages colorés de bleuets, framboises, poires et mûres, avec sirop d'érable et zeste d'agrumes. Les fruits sont mûrs, frais et sucrés. Un dessert très rafraîchissant et savoureux. Quant à ma crème brûlée, accompagnée de délicates mûres confites, elle est exceptionnelle. Une fois cassée la dure et cristalline croûte de sucre en surface, j'accède à une crème onctueuse au goût particulièrement riche et enjôleur. Le beurre de pistache ajoute de la profondeur, de l'amplitude, comme une nouvelle dimension à ce dessert classique partiellement renouvelé. Vraiment réussi. Le capucino décaféiné qui clôt notre repas est également des plus agréables. Enfin, le personnel nous raccompagne à la sortie avec la même constante gentillesse et courtoisie qui mérite d'être soulignée.
- Plus: Très bonne table dans un bel endroit chaleureux
- Moins: Plutôt dispendieux
- Notre repas avec taxes: 176 $
Collaborateur du Devoir








