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    La cuisine des empereurs

    15 octobre 2010 |Philippe Mollé | Restaurants
    Le Piment rouge a un décor très «classe» qui sort de l’éternel rouge chinois, avec de très beaux tissus tendus et de grands lustres suspendus.<br />
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le Piment rouge a un décor très «classe» qui sort de l’éternel rouge chinois, avec de très beaux tissus tendus et de grands lustres suspendus.
    Il me semble vous l'avoir déjà dit: j'aime et considère la cuisine chinoise comme une des meilleures cuisines du monde. Pour avoir maintes fois pu apprécier autant la cuisine des rues à Pékin, Shanghaï ou Hongkong, j'ai aussi pu y découvrir la cuisine des meilleurs chefs chinois dans des établissements de prestige pour y savourer le «vrai» canard laqué, des plats de nouilles confectionnés devant moi ou encore des poissons d'une fraîcheur telle qu'ils coûtent aussi trois fois le prix d'un poisson acheté mort.

    Le Piment rouge était depuis plusieurs mois en rénovation et se questionnait sur sa cuisine, la mode à suivre ou ne pas suivre et l'aménagement que l'on souhaitait y apporter. Dans chaque grande ville du monde, on retrouve un grand restaurant chinois, et cette fois je puis l'avouer, Montréal possède une grande table chinoise qui pourrait sans honte se retrouver parmi les plus grandes d'Hongkong (la référence pour de nombreux chefs).

    Un décor très «classe» qui sort de l'éternel rouge chinois, sobre avec de très beaux tissus tendus, la mise en valeur d'aussi belles statuettes, de grands lustres suspendus témoignent du bien-fondé de cette maison après 30 ans et surtout de l'évolution qui en découle après trois rénovations.

    La table recouverte d'un chemin de table en coton brodé est dotée d'une verrerie de grande qualité et de très bon goût. Tout est raffinement, sans fausse note ou artifice inutile comme on les retrouve parfois. Serviettes de coton et baguettes en laque terminent ce tour de table avant l'apparat gourmand.

    Une remise en question amène aussi les propriétaires à monter le niveau de la cuisine, du service encore inégal et de la carte des vins proposée.

    Les efforts sont considérables et mettent la barre très haut pour les restaurants du centre-ville.

    Les dims-sums au porc à la sauce crémeuse d'arachide sont un prélude au grand repas qui se prépare. La farce goûteuse, fine, parfaitement assaisonnée laisse place à l'exceptionnelle crémeuse d'arachide rehaussée de piment en grande subtilité. Le calmar entier et grillé sera le plat le plus décevant et le moins intéressant de la soirée. Dommage, car on manquait de chaleur pour apprécier le mélange de mollusque et de tombée d'oignons émincés et pas assez caramélisés servis avec le calmar.

    Puis viendra l'apothéose, avec l'agneau du Québec grillé façon Gobi avec des épices du Xinjiang et maïs grillé. Un équilibre parfait de saveurs et une explosion en bouche qui récompense le palais ainsi qu'une tendreté inégalée donnent à ce plat la note parfaite d'un plat royal ou d'empereur.

    Tout cela avec, pour terminer, des raviolis de homard et petits bok choy sautés. Cette fois aussi, un mélange bien dosé qui permet de distinguer chacune des saveurs en laissant toute la place au homard. Ah! si toutes les cuisines chinoises avaient cette distinction.

    On le sait, les desserts ne sont pas la raison d'être de la cuisine asiatique. Au Piment rouge, on essaye néanmoins de se distinguer et de répondre au monde sucré que nous sommes. Ici, au moins, pas de litchis en boîte, mais de petits feuilletés ananas et sésame, des beignets de banane roulés dans le sucre et quelques pâtisseries adaptées du monde occidental.

    En Chine, l'alimentation joue un rôle important dans la vie des Chinois et se distingue du reste de l'Asie parmi les nombreuses régions et produits dont la Chine dispose.

    Nous avons désormais le meilleur des restaurants chinois à Montréal, la table des empereurs est dressée, elle est pour vous!

    ***

    Restaurant Le Piment rouge, 1170, rue Peel, Montréal, 514 866-7816

    -Prix payé pour deux le soir, avec une bouteille de vin, avec taxes et avant le service: 150,12 $.
    -Plus: un décor chic sans être pompeux et une cuisine d'exception.
    -Moins: les plats pas assez chauds et un service qui devra suivre.

    ***

    Les bonnes fourchettes du mois


    Chez ma grosse truie chérie - 1805, rue Ontario Est, Montréal, 514 522-8784

    Ne pas vous fiez au nom, même si la nourriture servie met en évidence le digne cochon. L'ambiance est très sympathique dans ce haut lieu du recyclage de bon goût, et le chef, un talent sans équivoque pour le futur. Belle carte de vins au verre.

    ***

    Café Birks - 1240, square Philip, Montréal, 514 397-2468


    L'endroit idéal pour le thé et les petits amuse-bouches de Christophe Morel et Rolland Del Monte qui nous font saliver avec leurs sucreries. Repas légers et adaptés pour le midi avec de superbes vins au verre.

    ***

    Restaurant Chez la Mère Michel - 1209, rue Guy, Montréal, 514 934-0473


    Il faut lui rendre hommage, car le restaurant Chez la mère Michel est fidèle, après de nombreuses années, à son style et à sa cuisine malgré les modes. On retrouve les plats classiques qui ont fait le succès de cette belle et prestigieuse maison et une cave qui honore la cuisine de Mme Delbuguet.

    ***

    Bar à tapas Tapeo - 511, rue Villeray, Montréal, 514 495-1999

    Une petite place avec une grande chef. Des tapas toujours aussi créatifs et une ambiance qui se mélange entre le Portugal et l'Espagne, le tout rue Villeray. Ne pas hésiter à demander les spéciaux du jour.
    Le Piment rouge a un décor très «classe» qui sort de l’éternel rouge chinois, avec de très beaux tissus tendus et de grands lustres suspendus.<br />
La table est recouverte d’un chemin de table en coton brodé et est dotée d’une verrerie de grande qualité et de très bon goût.<br />
     
     
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