L'Incrédule et son nouveau chef
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
En plus d’avoir accueilli Maxime Durand dans sa cuisine, L’Incrédule a modifié son décor.
Selon la définition donnée par le dictionnaire, on peut comprendre ainsi le mot «incrédule»: qui ne croit pas facilement, difficile à convaincre, perplexe, sceptique... Ce restaurant existe néanmoins depuis plusieurs années rue Saint-Charles, dans le Vieux-Longueuil, et il vient d'apporter quelques changements, pour le mieux néanmoins.
L'Incrédule, comme beaucoup d'autres restos, se définit en tant que bistro, inspiré de la tradition des bistros français.
Il est vrai qu'après un changement de propriétaire, de chef, et du décor dans une moindre mesure, on peut apporter du nouveau, surtout lorsque ce nouveau est des plus intéressants.
Le rouge est omniprésent et se décline sur la table avec les nappes et les serviettes de coton. La grande quantité de fenêtres procure une belle luminosité à la verrière, qui peut accueillir une cinquantaine de personnes. De petits salons privés permettent de recevoir de petits groupes, venus apprécier la cuisine de Maxime Durand, un chef qui a fait école chez Leméac, rue Laurier à Montréal, puis à Vancouver, avant de revenir à La Montée de lait à Montréal, puis de prendre possession des cuisines de L'Incrédule il y a environ six mois.
Comme c'est le cas dans bon nombre d'établissements, les propriétaires de ce resto veulent plaire à toutes les clientèles et proposent un ou des menus qui côtoient autant la cuisine bistro que la cuisine italienne.
Le risotto est de la fête, comme la cuisse de pintade confite, la salade César avec le chèvre chaud, ainsi que les tartares, peu importe qu'ils soient de boeuf ou de saumon. En fait, il s'agit d'un mélange des genres, où le nom des plats comme la soupe du jour ou la salade composée ne veulent plus trop rien dire.
Le midi, la carte est restreinte et se compose de quatre ou cinq entrées qui peuvent varier, tout comme les plats principaux, en fonction des arrivages. Le soir, le service est plus lent et offre une carte plus étoffée, ou encore un menu à sept services pour une soixantaine de dollars.
Les rillettes de porc sont goûteuses, grasses comme elles doivent l'être, et servies avec un chutney de fruits secs (trop peu) et des boutons de choux-fleurs marinés. Mon invitée a pour sa part opté pour le saumon mariné, avec câpres et oignons, le tout servi avec du pain de seigle.
Le saumon d'élevage et d'Atlantique était bien présenté et tout aussi bien mariné (façon gravelax), mais l'assaisonnement était légèrement trop salé. Heureusement, l'acidité des câpres et des oignons compensait le surplus de sel.
Le foie de veau oblige un chef à bien préparer cet abat pour en retirer la partie nerveuse. Il doit aussi être coupé assez épais et cuit rosé pour qu'on en apprécie tous les attraits. Demandé rosé et servi comme tel, le foie de veau était accompagné d'une sauce au vin de Banyuls, aux poireaux et aux oignons. Une bonne recette, qui rappelle que les abats, lorsque bien préparés, demeurent un choix approprié.
La bavette est un «vrai» plat de bistro, que l'on prépare en général grillée, ou encore avec une sauce au vin blanc et aux échalotes. La bavette servie ici était filandreuse, nappée de beurre aux herbes. Des frites bien croustillantes l'accompagnaient.
Les vins que l'on propose sont largement suffisants pour combler les amateurs de la dive bouteille. Certains vins d'importation privée sont également disponibles, et vendus, tout comme les vins habituels de la SAQ, au verre ou à la bouteille, au prix courant.
Pour le moment, il semble que le chef Maxime Durand ait quelque peu les mains liées et ne puisse réellement exprimer son talent. Son séjour dans différents établissements de renom ne ressort pas du tout sur la carte qu'il propose à L'Incrédule.
Côté dessert, on retrouve la crème brûlée, un gâteau aux carottes fort convenable accompagné de glace au gingembre et de purée de raisin, ou malheureusement un Paris-Brest dont la pâte à chou était détrempée, peut-être à cause de l'attente ou du réfrigérateur (?).
Voilà un établissement qui pourrait faire encore mieux car, après tout, nous ne sommes pas incrédules et demandons juste à découvrir ce que ce jeune chef talentueux peut offrir sur la Rive-Sud. Pour le moment, nous sommes perplexes.
***
- Prix payé pour deux le soir avec une bouteille de vin: 140 $ avant taxes.
- Plus: un endroit agréable et une charmante ambiance.
- Moins: on ne retrouve pas la cuisine du chef Maxime Durand.
***
Restaurant L'Incrédule
288, rue Saint-Charles Ouest
Longueuil, 450 674-0946
***
Les bonnes fourchettes du mois
***
La Chronique
99, avenue Laurier Ouest
Montréal, 514 271-3095
Le meilleur compliment à faire à un restaurant est avant tout la constance. C'est le cas du restaurant La Chronique, qui, discrètement, sans tambour ni trompette, assure à ses clients une qualité de cuisine irréprochable. Une cuisine qui change selon les saisons et les produits qui en découlent.
***
Le Gabriel
Auberge Saint-Gabriel
Vieux-Montréal, 514 878-3561
Garou, Laliberté et Marc Bolay sont les proprios. Le restaurant des copains qui ont repris l'Auberge Saint-Gabriel offre un décor nouveau et propose une cuisine qui s'affiche comme un mélange de classicisme et de cuisine actualisée, comme peut le faire ce chef de talent si l'envie de rester en place lui prend.
***
Ô Chalet
1393, boulevard René-Lévesque
Montréal, 514 527-7070
Juste en face de Radio-Canada, ce restaurant bistro bien sympathique offre désormais pour l'été une jolie terrasse. On y propose une cuisine variée comprenant canard confit, bavette, et des menus quotidiens qui varient au fil des saisons et des arrivages. Table d'hôte et prix raisonnables.
***
Le Piment rouge
1170, rue Peel
Montréal, 514 866-7816
Malgré les rénovations, le restaurant chinois Le Piment rouge continue d'offrir une restauration de qualité. On propose même, le soir, un choix dégustation des plus grands succès de la maison. Un des meilleurs restos montréalais pour la cuisine chinoise à la sauce nord-américaine.
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Collaborateur du Devoir
L'Incrédule, comme beaucoup d'autres restos, se définit en tant que bistro, inspiré de la tradition des bistros français.
Il est vrai qu'après un changement de propriétaire, de chef, et du décor dans une moindre mesure, on peut apporter du nouveau, surtout lorsque ce nouveau est des plus intéressants.
Le rouge est omniprésent et se décline sur la table avec les nappes et les serviettes de coton. La grande quantité de fenêtres procure une belle luminosité à la verrière, qui peut accueillir une cinquantaine de personnes. De petits salons privés permettent de recevoir de petits groupes, venus apprécier la cuisine de Maxime Durand, un chef qui a fait école chez Leméac, rue Laurier à Montréal, puis à Vancouver, avant de revenir à La Montée de lait à Montréal, puis de prendre possession des cuisines de L'Incrédule il y a environ six mois.
Comme c'est le cas dans bon nombre d'établissements, les propriétaires de ce resto veulent plaire à toutes les clientèles et proposent un ou des menus qui côtoient autant la cuisine bistro que la cuisine italienne.
Le risotto est de la fête, comme la cuisse de pintade confite, la salade César avec le chèvre chaud, ainsi que les tartares, peu importe qu'ils soient de boeuf ou de saumon. En fait, il s'agit d'un mélange des genres, où le nom des plats comme la soupe du jour ou la salade composée ne veulent plus trop rien dire.
Le midi, la carte est restreinte et se compose de quatre ou cinq entrées qui peuvent varier, tout comme les plats principaux, en fonction des arrivages. Le soir, le service est plus lent et offre une carte plus étoffée, ou encore un menu à sept services pour une soixantaine de dollars.
Les rillettes de porc sont goûteuses, grasses comme elles doivent l'être, et servies avec un chutney de fruits secs (trop peu) et des boutons de choux-fleurs marinés. Mon invitée a pour sa part opté pour le saumon mariné, avec câpres et oignons, le tout servi avec du pain de seigle.
Le saumon d'élevage et d'Atlantique était bien présenté et tout aussi bien mariné (façon gravelax), mais l'assaisonnement était légèrement trop salé. Heureusement, l'acidité des câpres et des oignons compensait le surplus de sel.
Le foie de veau oblige un chef à bien préparer cet abat pour en retirer la partie nerveuse. Il doit aussi être coupé assez épais et cuit rosé pour qu'on en apprécie tous les attraits. Demandé rosé et servi comme tel, le foie de veau était accompagné d'une sauce au vin de Banyuls, aux poireaux et aux oignons. Une bonne recette, qui rappelle que les abats, lorsque bien préparés, demeurent un choix approprié.
La bavette est un «vrai» plat de bistro, que l'on prépare en général grillée, ou encore avec une sauce au vin blanc et aux échalotes. La bavette servie ici était filandreuse, nappée de beurre aux herbes. Des frites bien croustillantes l'accompagnaient.
Les vins que l'on propose sont largement suffisants pour combler les amateurs de la dive bouteille. Certains vins d'importation privée sont également disponibles, et vendus, tout comme les vins habituels de la SAQ, au verre ou à la bouteille, au prix courant.
Pour le moment, il semble que le chef Maxime Durand ait quelque peu les mains liées et ne puisse réellement exprimer son talent. Son séjour dans différents établissements de renom ne ressort pas du tout sur la carte qu'il propose à L'Incrédule.
Côté dessert, on retrouve la crème brûlée, un gâteau aux carottes fort convenable accompagné de glace au gingembre et de purée de raisin, ou malheureusement un Paris-Brest dont la pâte à chou était détrempée, peut-être à cause de l'attente ou du réfrigérateur (?).
Voilà un établissement qui pourrait faire encore mieux car, après tout, nous ne sommes pas incrédules et demandons juste à découvrir ce que ce jeune chef talentueux peut offrir sur la Rive-Sud. Pour le moment, nous sommes perplexes.
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- Prix payé pour deux le soir avec une bouteille de vin: 140 $ avant taxes.
- Plus: un endroit agréable et une charmante ambiance.
- Moins: on ne retrouve pas la cuisine du chef Maxime Durand.
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Restaurant L'Incrédule
288, rue Saint-Charles Ouest
Longueuil, 450 674-0946
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Les bonnes fourchettes du mois
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La Chronique
99, avenue Laurier Ouest
Montréal, 514 271-3095
Le meilleur compliment à faire à un restaurant est avant tout la constance. C'est le cas du restaurant La Chronique, qui, discrètement, sans tambour ni trompette, assure à ses clients une qualité de cuisine irréprochable. Une cuisine qui change selon les saisons et les produits qui en découlent.
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Le Gabriel
Auberge Saint-Gabriel
Vieux-Montréal, 514 878-3561
Garou, Laliberté et Marc Bolay sont les proprios. Le restaurant des copains qui ont repris l'Auberge Saint-Gabriel offre un décor nouveau et propose une cuisine qui s'affiche comme un mélange de classicisme et de cuisine actualisée, comme peut le faire ce chef de talent si l'envie de rester en place lui prend.
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Ô Chalet
1393, boulevard René-Lévesque
Montréal, 514 527-7070
Juste en face de Radio-Canada, ce restaurant bistro bien sympathique offre désormais pour l'été une jolie terrasse. On y propose une cuisine variée comprenant canard confit, bavette, et des menus quotidiens qui varient au fil des saisons et des arrivages. Table d'hôte et prix raisonnables.
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Le Piment rouge
1170, rue Peel
Montréal, 514 866-7816
Malgré les rénovations, le restaurant chinois Le Piment rouge continue d'offrir une restauration de qualité. On propose même, le soir, un choix dégustation des plus grands succès de la maison. Un des meilleurs restos montréalais pour la cuisine chinoise à la sauce nord-américaine.
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