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Histoire d'un soir

Evelyn Payne   12 septembre 2008  Restaurants
La terrasse du Toast! est impressionnante et accessible même lors des soirées fraîches.
La terrasse du Toast! est impressionnante et accessible même lors des soirées fraîches.
Si on se fie aux critiques, le restaurant Toast! semble faire l'unanimité et a été reconnu à maintes reprises parmi les meilleures tables de la Vieille-Capitale. Abrité depuis cinq ans par l'hôtel Le Priori, rue du Sault-au-Matelot, l'endroit est splendide et abrite en son antre une magnifique cour intérieure. Le menu épate tant par son lyrisme que par son audace. Le chef, Christian Lemelin, qui a notamment acquis son expérience en France, en passant par les célébrissimes cuisines du Saint-Amour et du Laurie Raphaël, y propose toujours son légendaire foie gras de la ferme du Canard goulu, apprêté à toutes les sauces. La carte des vins propose de belles exclusivités. Tout paraît impeccable. Et pourtant...

De passage au Toast! le temps d'un souper, notre table tout entière a malheureusement été déçue, pas tant par la gastronomie que par la qualité du service. Déçue car quand on paye plus de 100 $ par personne, on a des attentes. On souhaite vivre une expérience hors du commun. Et ici, il ne s'agit pas de quête de perfection ou d'absolu. On espère par contre un minimum de passion et d'engagement dans la démarche. On veut se laisser conduire ailleurs, en des lieux inconnus. Vivre un peu d'aventure, perdre ses repères. Ces attentes n'ont pas été comblées. La sincérité et l'authenticité des actions et des gestes posés n'ont pas été perçues. Une impression générale d'incohérence est demeurée.

D'abord, l'accueil. Après qu'on ait fait le pied de grue à l'entrée de la terrasse sans recevoir aucune salutation de la demoiselle à la réception, un serveur a finalement établi un contact visuel avec nous. Notre impression d'être tombés comme trois cheveux sur la soupe s'est alors un brin effacée. La terrasse était comble et, de toute évidence, le personnel était excédé. À noter cependant que la section intérieure du restaurant est demeurée fermée en ce mercredi de la fin août. Théoriquement, l'établissement en a vu d'autres. Il aurait dû savoir manoeuvrer en cette fin de Fête du 400e.

Une table tout au fond nous est réservée. L'espace est magnifique. L'endroit est magique, cela ne fait aucun doute. La végétation qui nous entoure est luxuriante, enveloppante. Certaines plantes sont en fleurs. Des escaliers en colimaçon grimpent le long des murs. L'éclairage rend l'espace envoûtant. Intelligemment intégrés, des dispositifs de chauffage extérieur se font des plus discrets et rendent la terrasse accessible et confortable les soirées fraîches.

On nous apporte la carte des vins et les menus. Aucun apéro n'est alors proposé. Le temps passe. Un jeune homme vient alors nous expliquer, rapido presto, en quoi consiste le menu. Or la description de la carte n'ajoute à celle-ci aucune plus-value. Et bonsoir, il est reparti!

Toujours pas d'offre d'apéro... Nous prenons la situation en main et exprimons notre désir de prendre un verre. La réponse se fait longuement attendre. Finalement, un second garçon prend le relais et propose bières en fûts, peu de vins au verre, bloody ou martinis. Force est de constater que ce n'est vraiment pas la soirée et que nous sommes mal tombés. Des bières feront l'affaire. Faisons donc dans la simplicité!

La carte nous est finalement décrite, avec empressement mais efficacité. La commande est ensuite passée. Celle des desserts également car, préparés en temps réel, 45 minutes sont nécessaires à leur confection. Une demi-heure s'écoule avant que l'on vienne s'informer du plan de notre soirée. Nous comprenons que l'attente sera longue. Et pour cause, branle-bas de combat en cuisine. L'heure de pointe s'éternise. Nous sommes patients mais demandons du pain et des verres d'eau. Une mise en bouche nous est alors servie, sans que l'on nous explique en quoi elle consiste. Nous demandons donc. Crème molette, longe de lapin et pistaches, trois en un, sous forme de bouchée parfaite. Très joli mais rien de surprenant côté goût. Vingt minutes supplémentaires passent avant que les entrées ne soient servies.

Entre temps, le vin nous est proposé. Deux bouteilles d'importation privée qui s'avèrent idéales pour un accord parfait avec nos plats respectifs. Malheureusement, il est impossible d'en savoir davantage sur l'encépagement, les millésimes et les producteurs. Face à nos questions, le serveur demeure pantois. Enfin, bref, notre choix s'arrête sur un vin de la Loire qui convient tout à fait à nos trois entrées et plats de résistance.

Après l'attente

Donc, les entrées. Tiède et trop cuit en ce qui concerne le risotto Carnarolli. La queue de homard au beurre qui le surplombe est quant à elle délicieuse et parfaitement cuite. La portion est généreuse. Le crostini de champignons frais et mozzarella est d'une simplicité un peu décevante. Le goût trop salé des champignons a le haut du pavé et le jaune de l'oeuf de caille poché qui l'accompagne n'est plus coulant. Le céviche d'escolar et pétoncles des Îles de la Madeleine est réussi. Le poisson est frais et mariné juste à point.

Le plat de résistance, spécial du jour, fortement recommandé par notre serveur, consiste en un morceau de foie gras poêlé, ris de veau et pétoncles géants. Pour 20 $ de plus que ce que coûte la formule traditionnelle, il aurait été souhaitable que ce plat recèle des pétoncles vraiment géants et cuits comme il se doit. Le ragoût de lotte au curry était également trop cuit. Le râble de lapin farci au boudin noir et son épaule généreusement recouverte de lard croustillant étaient fort originaux. Servis avec gnocchis maison et cuisse confite, le plat était copieux et audacieux.

Les desserts ont suivi, sans que thé ni café nous soit proposés. Nous les avons donc demandé. Un gâteau fondant à la façon «Michel Bras» nous a été servi. En son coeur, un coulant bien chaud de chocolat blanc et citron. Le tout parfaitement accompagné d'une glace caramel au beurre. Franchement délicieux. Quant à la tartelette au citron frais et sabayon, elle manquait de fini. Comme si le fouetteur avait manqué d'huile de bras, comme si le sabayon avait raté son envol, celui-ci s'affaissait. Sa texture n'était pas à point. Le sablé maison et fraises fraîches était simple et agréable, mais sans plus. Un vin québécois de dessert était gentiment offert. Enfin, les cafés sont arrivés. Longuement attendus, donc grandement appréciés. Tout vient à point à qui sait attendre.

Spécialité: le foie gras.

Prix payé pour une personne avec 1/3 de bouteille de vin: de 100 $ à 120 $.

En soirée: Formule 3 services: entrée, résistance, fromage ou dessert, boisson chaude: 65 $. Formule 4 services: entrée, résistance, fromage et dessert, boisson chaude: 75 $.

Musique: Très variée. Entre autres, du même genre lors de notre visite: Le Cirque du Soleil, Joss Stone, Britney Spears, Pink, Janet Jackson, Madonna.

Plus: la beauté du lieu est impressionnante. Pour 18 $ de plus, tous les plats sur la carte peuvent être accompagnés de foie gras poêlé.

Les desserts sont d'une fraîcheur exemplaire et confectionnés à la minute.

Moins: pas de menu midi.

***

Collaboratrice du Devoir

***

Toast!

17, rue Sault-au-Matelot

Québec

% 418 692-1334

***

Les bonnes fourchettes du mois

Chez Victor

145, rue Saint-Jean, Québec, % 418 529-7702

Qui se dit amateur du burgers doit passer chez Victor pour goûter à ses légendaires sandwichs. Qu'ils soient de porc, de boeuf, de cerf, végé aux noix et épinardspersonne ne peut rester indifférent face à un tel plaisir. Assurez vous que les frites maisons sont accompagnées d'une mayo dont l'assaisonnement convient à votre humeur du moment et vivez ce moment fast-food de luxe sans culpabilité.

Brynd Smoked Meat

1360, rue Maguire, Québec, % 418 527-3844

Voilà plus de vingt ans que Brynd Smoked Meat préserve une réputation des plus impeccables. Les traditionnels sandwichs de viande fumée qu'on y sert sont préparés sur place, la viande tranchée par des professionnels. Le menu propose viande fumée et pain de seigle, frites maison et salades fraîches. Le service y est attentif et efficace. Le décor est sans fla-fla, l'atmosphère détendue et dynamique.

Le Métropolitain Eddie Sushi Bar

1188, avenue Cartier, Québec, % 418 649-1096

Ce restaurant offre en spécialité une variété de sushis, nigris et sashimis d'une fraîcheur inégalée. À lui seul, le «Love-Boat» propose trente bouchées au goût du chef, parfois délicatement accompagnées de sauces qui savent innover. À exiger lors de la commande: sashimi de butterfish et de thon. Assurément les meilleurs en ville.

Le Cercle

228, rue Saint-Joseph Est, Québec, % 418 575-9942

Le Cercle sait définitivement se montrer à la hauteur des attentes. Que du bon, que du beau, sans artifice superflu. Un menu qui se décline en formule tapas ou en plats de résistance. Des plats étonnamment variés, simples mais sophistiqués et raffinés. Un décor minimaliste. Des vins accessibles et abordables, tant au verre qu'à la bouteille. Un service avenant et délicat. Un service qui vit et laisse vivre.
 
 
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  • Anne-Christine Bélanger - Abonnée
    12 septembre 2008 09 h 00
    Pour une histoire d'un soir!
    Je vous trouve bien malchanceuse d'avoir vécu une expérience si décevante au TOAST car avec mes copains européens, la semaine dernière, sur la terrasse, nous avons connu un moment particulièrement satisfaisant! Nous étions six, avons pris des entrées, plats et desserts différents qui étaient tous à point! De la grande cuisine! La bonne température, de belles présentations mais sans fioritures, des saveurs fines! Je vous trouve aussi plutôt masochiste à moins que ce ne soit de la mauvaise foi, car il me semble qu'après les premiers désagréments que vous avez subis, j'aurais demandé à parler à un responsable... Quel est l'intérêt de poursuivre un repas - particulièrement - à ce prix? Mais finalement, ce que je trouve désolant, c'est que vous utilisiez votre employeur, le Devoir, pour partager avec les lecteurs de ce quotidien votre expérience d'un soir qui ne représente en rien les échos (je ne peux manger (malheureusement) dans ce resto tous les soirs;-) que je reçois des québécois qui y ont mangé. Compte tenu des efforts importants que font les proprios du Toast pour être un excellent ambassadeur culinaire auprès des québécois et des touristes que le fréquentent depuis cinq ans, vous auriez peut-être dû y retourner une seconde fois avant de partager votre expérience! Dommage, le mal est fait! Comme vous débutez votre article: "Si on se fie aux critiques, le restaurant TOAST semble faire l'unanimité et a été reconnu à maintes reprises parmi les meilleures tables de la Vieille-Capitale" Vous auriez dû arrêter votre article après le point! J'oublias le servie que nous avons reçu n'était pas un 5 étoiles mais tout à fait correct étant donné que la terrasse était pleine et surtout sachant qu'il y a une tragique pénurie de main-d'oeuvre pour les restos cet été à Québec! Alain Bélanger Québec, Québec
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  • Wesley Scanzano - Inscrit
    18 septembre 2008 11 h 42
    Surprenant!!
    SURPRENANT ce texte. Tres bien écrit, mais surprenant...jamais je n'ai été décu du Toast!, jamais!
    SURPRENANT de dire qu'il y a un manque de passion et d'engagement...c'est mal connaitre Christian, Stéphane et leur équipe...
    SURPRENANT de ne pas savoir que la section intérieure est toujours fermé pendant la saison estivale...
    SURPRENANT qu'une critique gastronomique ne sache pas que café et boissons chaudes se prennent après les desserts...est-ce simplement parce que c'est sa première critique, ou elle n'est simplement pas habitué à cette classe de restaurant??..
    SURPRENANT qu'une critique gastronomique croit qu'un foam au miel soit un sabayon mal fouetté...est-ce parce que c'était sa première critique, ou simplement par manque de connaissance??...
    SURPRENANT comme critique, surtout d'établir au premier paragraphe que le restaurant Toast! fait l'unanimité selon les critiques et ensuite, on casse tout...est-ce parce que c'est sa première critique, ou simplement par manque de connaisance??..

    Je commence justement à faire de l'escalade, mais pour bien installé mes bases, mes repères, pour être à l'aise avec le vocabulaire et l'équipement, je m'élance sur de petites paroies, question de me faire la main, de savoir dans quoi je m'embarque...je ne veux pas tout de suite escalader l'Everest...même si à l'unanimité les grimpeurs disent que c'est une des montagnes les plus belle et difficiles, car si j'arrive mal préparé,mal informé, je risque d'être dépassé et de ne pas profiter de l'instant comme les grimpeurs qui arrivent dans un bon état d'esprit...
    Wesley
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