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Un micro-restaurant sans complexe d'infériorité

François X Côté   22 juin 2007  Restaurants
Inspiré de la formule des cafétérias japonaises, le genre du Daruma est revisité avec un côté actuel qui marie le blanc et les touches de noir, le verre laqué et divers éléments en inox, le tout sur plancher de bois.
Inspiré de la formule des cafétérias japonaises, le genre du Daruma est revisité avec un côté actuel qui marie le blanc et les touches de noir, le verre laqué et divers éléments en inox, le tout sur plancher de bois.
Au Japon, le daruma est une petite figurine sacrée. Le rituel veut qu'on l'achète dans un temple et qu'on fasse un voeu en y dessinant un premier oeil. Si le voeu se réalise, on dessine alors le second.

Mais le daruma dont il est question ici n'a rien d'une statuette sans bras ni jambes. Non seulement ce restaurant vous prépare un repas et vous le sert sur place, il peut aussi vous l'emballer pour emporter ou vous le livrer. Son logo a quelque chose de mystérieux: la statuette qui y figure n'a qu'un seul oeil. On se demande bien quel voeu il y a derrière tout cela...

Un passage rapide pour jeter un oeil m'avait laissé une bonne impression. Restait à voir si le Daruma, frère et voisin du Sushi Taxi, se révélerait à la hauteur de mes souhaits. Eh bien, il semble que oui. Dans le genre micro-restaurant (16 places), c'est plutôt bien fait.

D'abord, c'est une belle réussite de design. Inspiré de la formule des cafétérias japonaises, le genre est revisité avec un côté actuel qui marie le blanc et les touches de noir, le verre laqué et divers éléments en inox, le tout sur plancher de bois.

Rien de nouveau, diront certains; valeurs sûres en cette époque, diront d'autres. Mais dans ce cas précis, ça fonctionne.

Pour un local d'aussi petite capacité, l'attention portée au détail, sans être de très grande facture, est d'un niveau élevé. Tout a été traité avec soin: murs, plafonds, accessoires.

La sono nous repasse certes un lounge qui ne peut être qu'éculé (à quand un nouveau paradigme musical pour les restos et cafés branchés?), mais l'avantage de ce type de tapisserie sonore est de se laisser facilement oublier et de ne déranger à peu près personne.

L'endroit est essentiellement constitué de deux longues tables de huit places chacune et d'une cuisine ouverte, ceinte par un comptoir en placage. Au bout de chaque table, un robinet à eau chaude d'allure industrielle. On s'assoit sur de petits cubes en cuir noir ou gris. Et on mange dans une vaisselle blanche immaculée aux formes qui font écho aux designs de Philip Starck.

Pour ceux qui emportent ou qui se font livrer, les aliments sont servis dans de jolies boîtes de carton, comme le veut la tradition des restaurants asiatiques américains.

Côté cuisine, le Daruma est au diapason de son allure et offre une version raffinée du fast-food asiatique. Pour y parvenir, on s'en tient à quelques plats gagnants plutôt qu'à une liste interminable, souvent typique du genre.

Les mets sont de composition simple mais sont apprêtés et présentés avec attention. Le menu prend la forme d'une simple feuille avec cases à cocher. Ce petit menu est limpide. Pour les entrées: choix de soupes et sélection de rouleaux impériaux et de dumplings.

Les plats principaux se déclinent sans surprise selon les choix de viandes: poulet, boeuf, produits de la mer et canard, avec quatre ou cinq plats pour chacun. S'ajoute à cette sélection un seul et unique mets végétarien. Ce dernier point est un peu décevant, sachant que les amateurs de ce genre de cuisine aiment bien y aller à l'occasion avec quelque chose de plus léger.

J'ai essayé la soupe Tom Yum, aux calmars et aux crevettes, les rouleaux impériaux chèvre épinards et un poulet Kung Pao. La soupe était particulièrement réussie. Elle était très épicée mais d'un assaisonnement subtil, où la coriandre et la citronnelle préservaient la saveur des calmars.

Les rouleaux étaient quant à eux un peu décevants. Bien que d'allure agréable avec leur délicieux ketchup d'ananas et leurs quelques feuilles d'épinard à côté, mon appréhension quant à l'utilisation du chèvre était légitime. Belle tentative, mais cela avait un goût de fausse note.

Le poulet Kung Pao, avec ses brocolis et sa sauce sucrée à l'arachide, était d'un niveau adéquat, quoique peut-être un peu desservi par une commande de nouilles mal transmise.

Mais la présentation a contribué à faire oublier l'incident: un long et profond plat blanc aux allures de barque ventrue, qui donnait l'impression de se payer un peu de luxe.

Pour les desserts, pas grand-chose à dire, car pas grand-chose à trouver. Vous avez le choix entre un biscuit de fortune et des carrés de caramel salé qui font se rendre compte que le secret de la Caramilk a été éventé. Bref, si vous avez la dent sucrée, il vaut mieux vous munir de quelques vivres de dépannage.

Dernier point à tout cela: un thé surprenant. Je me suis fait servir un Genmaicha (thé vert avec riz soufflé), d'excellente qualité, qui m'a réconcilié avec ce mélange qui m'a souvent déçu. Évidemment, il s'est pointé, comme à peu près partout ailleurs, avec un pot d'eau bouillante sur lequel ma peau est presque restée collée. Mais j'avais de l'eau froide à portée de main pour éviter un massacre de feuilles...

Deux autres Daruma ont également pignon sur rue, l'un à Sainte-Foy, l'autre à Saint-Sauveur.

- Cuisine: asiatique.

- Ambiance: comptoir branché.

- En résumé: un micro-restaurant asiatique à l'allure soignée qui offre une cuisine plus raffinée que la moyenne des restaurants du même type.

- Les plus: raffinement général de l'établissement.

- Les moins: un seul plat végétarien, coin épicerie superflu.

- Formules: tous les plats sont à 10 $ le lundi. Spécial du chef le midi et le soir à 10 $ et 12 $ (entrée, plat du jour, thé et dessert).

- Alcool: apportez votre vin. On réchauffe aussi votre saké.

- Musique: lounge, bonne sonorisation.

- Autres: plats pour emporter et livraison.

Daruma
805, avenue Cartier
Québec
tél: 418 529-6666

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