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    L’école d’agriculture urbaine

    10 août 2013 |Lise Gobeille | Jardinage
    En plus des conférences, l’École d’été sur l’agriculture urbaine organise des visites comme celle du toit du Santropol. 
    Photo: Lise Gobeille En plus des conférences, l’École d’été sur l’agriculture urbaine organise des visites comme celle du toit du Santropol. 
    Au jardin cette semaine

    Nous sommes en période d’« aoûtement » au jardin, un joli mot qui veut dire que les plantes deviennent tranquillement plus ligneuses et accumulent des réserves pour résister au froid hivernal. Donc, d’ici la perte des feuilles des arbustes et des arbres, il est essentiel de ne pas leur donner d’azote, tel que du compost ou un engrais dont le premier chiffre est élevé et qui favoriserait la formation de pousses tendres qui n’auraient pas le temps de se lignifier avant l’automne.

    Une maladie courante du mois d’août, l’oïdium, ou blanc, a fait son apparition. On la reconnaît d’abord par le développement de petites taches circulaires et blanches qui, par la suite, se propagent à l’ensemble de la feuille. Plusieurs plantes y sont sensibles, dont les concombres, les melons, les courges, les lilas, les pivoines, les phlox. On contrôle la maladie avec une solution hebdomadaire composée de 20 g de bicarbonate de soude dans 4 litres d’eau avec 30 ml de savon liquide. 
    Dans la mouvance de l’agriculture urbaine, un thème sur lequel on a pu lire un excellent dossier dans Le Devoir des 20 et 21 juillet derniers, voici l’École d’été sur l’agriculture urbaine, une école d’été qui offre conférences et ateliers pour les intervenants, les passionnés et les curieux.

    L’intérêt pour ce domaine connaissant un développement exponentiel, la formation et le réseautage étaient devenus nécessaires. Cette constatation a incité le Laboratoire d’agriculture urbaine (AU/LAB), le Collectif de recherche en aménagement urbain et agriculture urbaine (CRAPAUD) et l’Institut en sciences de l’environnement à créer cette école il y a déjà cinq ans. Et le projet prend du galon. Cette année, il y a plus de 200 participants et plus de 25 intervenants, dont plusieurs provenant de l’extérieur du Québec.

    Pour vous donner une idée, voici quelques noms de conférenciers renommés qui y seront présents : Kristin Reynolds, du projet Five Borough Farm & The School for Public Engagement, New York, Nathan McClintock, professeur en études urbaines à l’Université de Portland, et Joe Nasr, expert international en agriculture urbaine et associé au Center for Studies in Food Security de la Ryerson University de Toronto. Aussi, plusieurs visites sur le terrain sont planifiées, notamment le toit du Santropol, le poulailler de la Maisonnée des parents et les Sentiers urbains. Quant aux ateliers, ils traitent, entre autres sujets, de la production, de la mise en marché et de la fabrication de compost. Une édition bien remplie, quoi !

    Depuis 2007, Éric Duchemin, coordonnateur de l’École d’été sur l’agriculture urbaine, est impliqué dans bien des facettes de ce domaine et donne plusieurs conférences. Menant des recherches interdisciplinaires, il est aussi membre du CRAPAUD, participe à AU/LAB, un laboratoire de recherche, d’innovation et d’intervention sur l’agriculture urbaine issu du CRAPAUD, et assure la coordination de la vitrine interactive AgricultureMontreal.com. Il est une référence sur cette question à Montréal. De plus, Éric Duchemin met lui-même les mains dans la terre : avec sa famille, il cultive un potager qui leur fournit légumes et fruits pour l’année entière, un bel exemple !

    À propos, la Ville de Strasbourg, en France, a récemment tenu sa première édition d’école d’agriculture urbaine inspirée de celle de Montréal, même si elle est beaucoup plus académique et axée sur la recherche, selon Éric Duchemin, qui y a participé.

    L’École d’été sur l’agriculture urbaine a lieu du 12 au 16 août prochain au 
    Pavillon Sherbrooke du Campus des sciences de l’UQAM.

    Montréal, ville agricole

    Comment se positionne Montréal en agriculture urbaine ?

    Éric Duchemin : Montréal est une ville agricole qui s’ignore. Par exemple, elle possède plus de 8000 jardins communautaires, comparativement à 2000 environ à Vancouver. Mais elle n’a jamais su tirer profit de ce potentiel.

    Est-ce que le mouvement est bien implanté ? Va-t-il perdurer ?

    Il existe déjà depuis de nombreuses années et plusieurs personnes y sont impliquées depuis longtemps, mais ses raisons d’être se sont diversifiées. Il est toujours question de meilleure alimentation et de sécurité alimentaire, mais aussi d’envie de se réapproprier l’espace public, de créer un milieu de vie plus agréable et de tenir compte des nombreux avantages environnementaux de l’agriculture urbaine.

    Depuis le dépôt du rapport sur l’état de l’agriculture à Montréal par l’Office de consultation publique, l’automne dernier, y a-t-il eu des rencontres ?

    Une seule jusqu’à maintenant, et les intervenants souhaitent en avoir une ou deux d’ici les élections à l’automne.

    La Vitrine de l’agriculture urbaine

    Qu’est-ce que la Vitrine interactive d’agriculture urbaine ? Il s’agit d’un site Internet qui donne plein d’informations sur les activités dans ce domaine à Montréal. En présentant les ressources disponibles dans la métropole, ce site permet aux citoyens de s’y retrouver, car il y a bien des façons de jardiner : jardins communautaires, jardins collectifs, partager son jardin, etc. On y décrit tous ces jardins et on y explique où et comment y participer.

    D’autre part, à l’aide de cartes interactives, on voit tout ce qui se passe sur l’île dans ce secteur, mais aussi en apiculture. Il n’y a rien de tel que le visuel pour nous faire saisir l’ampleur du mouvement. Partager vos ressources vous intéresse ? Un onglet vous indique comment le faire ; on y présente PlantCatching, Les Incroyables comestibles, Troc ton jardin, entre autres. Besoin de conseils de culture ? « Le jardin de A à Z » donne de l’information : c’est succinct, mais juste.

    Sympathique et utile, le site permet à tout le monde d’y inscrire son jardin. Je vous invite à le faire : plus il y aura de participants, meilleur sera le portrait de l’agriculture urbaine à Montréal. Un exemple d’inscription : « Chez Lou et Nathan, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, culture en sol ; d’année en année, la cour gazonnée a été transformée en potager. Nous aimons les arbres et les arbres fruitiers et tout est cultivé bio dans un esprit de permaculture. »

    Toujours sur le site, on peut lire des nouvelles sur l’agriculture urbaine. Par exemple, la dernière nouvelle, parue en juillet, nous apprend qu’AU/LAB s’est joint à l’organisation Alternatives pour la création de jardins pédagogiques dans six écoles primaires de la région de Montréal. Une excellente nouvelle, car ces jardins sont des outils fantastiques pour initier les jeunes aux sciences et à l’alimentation. AU/LAB formera 10 stagiaires pour mettre en place ces jardins et apporter le soutien nécessaire : compétences horticoles, création d’activités adaptées en fonction des besoins pédagogiques des enseignants…

    ***

    Pour la bibliothèque

    Agriculture urbaine, aménager et nourrir la ville
    Collectif
    Éditeur scientifique : Éric Duchemin Laboratoire agriculture urbaine
    Vertigo, 2013, 389 pages

    Cet ouvrage permet de découvrir les différentes formes d’initiatives en agriculture urbaine. Il met en valeur ses diverses potentialités et ses applications élargies, en convergence avec les enjeux environnementaux actuels dans nos villes. Issu d’un collectif multidisciplinaire, il démontre que l’agriculture urbaine est un outil pour le développement et la planification urbaine. Ce livre sera disponible en prélancement à l’École d’été d’agriculture urbaine, où plusieurs des auteurs sont des intervenants.

    La permaculture, Une brève introduction
    Graham Burnett
    Écosociété, coll. « Résilience »
    2013, 139 pages

    Qu’est-ce que la permaculture ? Un design et une approche de travail qui proposent diverses stratégies pour repenser nos sociétés, nos habitations et nos systèmes agricoles afin d’en réduire l’impact sur la planète. 

    Traduit de l’anglais par Stéphane Groleau, ce petit guide pratique explique clairement les principes de base de la permaculture, qui sont simples et facilement applicables. Les illustrations sont rudimentaires, mais au prix du bouquin, qui s’en plaindrait ? Une aubaine, à 9 $.
    En plus des conférences, l’École d’été sur l’agriculture urbaine organise des visites comme celle du toit du Santropol.  Près de 30 hectares du territoire de Montréal sont cultivés. Le jardin communautaire Pointe Verte, à Pointe-Saint-Charles, est l’un des 8 000 jardins communautaires de la ville.
     
     
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