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Cultiver l'art dans son jardin

Jean-Claude Vigor   10 octobre 2009  Jardinage
Outardes, 2008, par le Pavillon de la pomme
Photo : Gilles Arbour
Outardes, 2008, par le Pavillon de la pomme
Cette envolée d'outardes construite de racines, de tiges et de feuilles est une oeuvre originale si légère, si aérienne, si éphémère qu'elle représente bien le Land Art.

Nos jardins sont pauvres en oeuvres d'art et c'est vrai que je n'en parle pas très souvent; peut-être que moi aussi, je crois à tort qu'une oeuvre d'art dans un jardin, c'est une affaire de riches! Un beau bronze, une oeuvre en granit, une sculpture d'aluminium, un travail de transparence de verre, de quart, bref, le talent des artistes s'exprime à travers les matériaux les plus divers et on ne choisit pas une sculpture comme on choisit un ornement de jardin. On doit tomber amoureux d'une oeuvre unique, avec laquelle on devra vivre longtemps!

La présence d'une sculpture apporte toujours un attrait particulier au jardin qui l'accueille. Elle attire l'attention et nous incite à regarder plus attentivement le cadre qui l'entoure. Du fait même qu'elle transforme tellement l'atmosphère d'un jardin, la sculpture, tout comme son emplacement, devra être choisie avec soin.

Je me souviens d'une oeuvre de Gisèle Lefrançois dont je vous avais fait grand état dans ces pages il y a déjà quelques années. Un visage géant, inspiré de ceux de l'île de Pâques, une imposante sculpture qui nous accueillait dans le jardin — Les Jardins de lumières, 552, rang 1, L'Avenir (www.jardins-lumieres.com) —, un endroit magnifique. — Je me rappelle aussi ces mots: « Un regard contemplatif fasciné s'allume, s'explore, s'affole, se détruit, se tempère, se crée et trouve le silence... »

Si cette oeuvre de Gisèle Lefrançois est pérenne, la suivante, dont le nom de l'artiste m'a échappé, n'existe plus! Je vous l'avais présentée avec tant d'émotions: Les Cueilleurs était construite de bois recyclé de palettes. Elle assurait dans une petite prairie la transition entre deux jardins, aux Floriades d'Amsterdam, en 2002. Nous étions alors là très proches du Land Art.

Une oeuvre au matériau si simple, qui nous parle, qui nous prend aux tripes, dont on veut fixer l'image et l'émotion qu'elle nous a procurée, car hélas, sa fragilité, sa non-pérennité, sa non-résistance aux champignons transformeront lentement mais sûrement ce minutieux assemblage de bois en un petit tas de compost forestier nourricier...

Toutefois, dans quelques années émergera alors un autre arbre majestueux et, qui sait, un autre artiste! Comme le dit Jérémie Boudreault: « Il y a un côté éphémère aux oeuvres du Land Art... Le temps qui passe poursuit son oeuvre... au fond, rien ne se perd, tout se recrée. »

Un jardinier sur son départ

Amis lecteurs, merci de m'avoir lu et suivi durant toute cette saison. Merci à l'équipe de rédaction du Devoir qui, cette année encore, a permis cette superbe page couleur intitulée « Jardins ». Et pensez au pauvre petit jardinier migrateur obligé de cultiver son art sous des cieux plus cléments... Là où le soleil et la lumière jouent dans des feuillages exotiques et où les fleurs multicolores embaument les nuits de pleine lune. Mais n'est-ce pas là le lot des disciples du frère Marie-Victorin et du frère Léon?

Je vous souhaite un bel hiver! Et rappelez-vous: le jardinage, c'est l'art de perdre son temps... Mais quel grand art!

Jean-Claude Vigor, chevalier de l'Ordre du romarin

***

Créations-sur-le-champ, à Mont-Saint-Hilaire

Créations-sur-le-champ Land Art Mont-Saint-Hilaire est un événement unique dans la région, qui se déroulera pour une troisième année du 14 au 18 octobre 2009, au Pavillon de la pomme, à Mont-Saint-Hilaire.

Quatorze artistes invités, cinq jours de création en direct, l'ambiance automnale d'un verger, bref un événement artistique et écologique et une jolie promenade pour le plaisir des yeux!

Le « Land Art au verger » est un concept novateur mis sur pied à Mont-Saint-Hilaire et s'inscrivant naturellement dans le prolongement de la saison des pommes. En effet, les artistes s'inspireront du panorama exceptionnel ainsi que des matières brutes retrouvées sur le site pour imaginer, dans un délai de cinq jours, une oeuvre originale. Cette tendance de l'art contemporain, davantage ludique, poétique et moins statique, permet de sortir l'art des musées et de sortir des sentiers battus.

Au fil du temps, les installations feront partie du décor et seront soumises aux conditions climatiques faisant place parfois à des transformations étonnantes!

« Le Land Art est distinctif pour la région de Mont-Saint-Hilaire. Des visiteurs de partout se déplacent pour admirer ce tableau composé du talent remarquable des créateurs et teinté des couleurs à flanc de montagne, désignée Réserve de la biosphère. Cet événement, qui rejoint les valeurs de l'environnement, du patrimoine paysager et de la culture, permet aussi de valoriser et de soutenir le potentiel créatif d'ici et d'ailleurs. Le Land Art ne laissera personne indifférent et vaut véritablement le déplacement », a dit le maire Michel Gilbert.

Seront réunis pour la toute première fois dans un tel lieu Marc Walter, qui a participé à plus de 40 expositions et dont les oeuvres font partie de collections privées et publiques en Amérique et en Europe. Également, le duo Michel Bachelet et Christine Juillard, qui a pris part à diverses manifestations artistiques dans les Cantons-de-l'Est, ainsi qu'Ashley Miller, Serge Beaumont, Luc Prairie et Sylvie Gosselin, Marc Chicoine, Catherine Chaumont et Frédérick Boissonnault, Pierre Leichner, Carol Bergeron, Cinthia Plouffe et Daniel Bennett.

Ces artistes sauront éveiller vos sens et piquer votre curiosité. La direction artistique de l'événement est assurée, pour une troisième fois, par Jérémie Boudreault, une artiste bien connue de la communauté hilairemontaise.

Les visiteurs pourront rencontrer les artistes à l'oeuvre et suivre l'évolution de leur installation en direct, sur place, à compter du 14 octobre, et apprécier leur oeuvre achevée le jour du vernissage, le dimanche 18 octobre, à 11h. Le prix « Coup de coeur du public » sera également remis à l'artiste dont le travail aura charmé le plus grand nombre.

J'ai accepté d'être le porte-parole de cet événement. Oh! Non pas pour me faire pardonner de ne pas parler assez souvent d'art dans le jardin, celui-ci étant lui-même une oeuvre d'art fabuleuse, mais parce que, comme vous, je suis curieux, j'aime la beauté éphémère et, surtout, je ne peux me passer de ces petits moments d'émotion, ces moments privilégiés lorsque l'art des humains et celui de la nature se confondent.

Je vous invite donc à chausser vos bottes, à enfiler vos chandails et à venir respirer sans économie l'air au parfum de pomme, à travers les oeuvres de Créations-sur-le-champ, dans un petit coin naturellement cultivé où le bois et la pinède ont droit de cité.

- Le Pavillon de la pomme, 1130, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, Mont-Saint-Hilaire. Gratuit!

***

La semaine du jardinier

- Samedi 10 octobre - Sainte-Ghislaine. Voici la traditionnelle recette « antigrippe » de l'herboristerie du palais Royal, à Paris. Pour une tasse: de trois à cinq baies de genévrier, que vous devez écraser; deux feuilles de laurier sauce; deux clous de girofle; une pincée de fleurs de tilleul et une pincée de cannelle pour le goût. Infusez le tout de cinq à dix minutes avec de l'eau frémissante. Filtrez. Sucrez avec du miel éventuellement. Voilà de quoi tenir la grippe loin de vous... Et en plus, c'est bon...

- Dimanche 11 octobre - Saint-Firmin. Plus de 300 composés organiques volatils (COV) différents ont été identifiés dans l'atmosphère des bureaux. On soupçonne que l'exposition à ces polluants est la cause majeure des maux de tête, des états léthargiques, de la fatigue des yeux et des problèmes respiratoires.

- Lundi 12 octobre - Saint-Wilfried. Le remède contre les polluants dans l'atmosphère? Il est si simple, trop peut-être! Les chercheurs parlent d'une plante importante et en bonne santé par 10 mètres carrés pour dépolluer l'air: Spathiphyllum, Dracaena, Sansevieria, Aglaonema, Chlorophytum, Philodendron, Ficus, Schefflera et bien d'autres plantes ont cette vertu.

- Mardi 13 octobre - Saint-Géraud. Avez-vous vu ces petits choux décoratifs sélectionnés et développés pour leurs qualités comme « succédanés de fleurs coupées ». Leurs noms: « Sunrire » et « Sunset », comme quoi les généticiens du légume n'ont pas fini de nous en faire voir... de toutes les couleurs!

- Mercredi 14 octobre - Saint-Juste. « La petite marguerite est tombée [...] d'un bréviaire du curé. » (G. Brassens) Encore de jolies marguerites à transplanter: Leucanthemum x superbum « Snow Cap », mais aussi des chrysanthèmes « Mammouth », pour un automne coloré.

- Jeudi 15 octobre - Sainte-Thérèse d'Avila. Le cactus cierge (Cereus peruvianus) et l'arbre de jade (Crassula arborescens) limitent les effets néfastes des transmissions d'ondes diffusées par les postes de télévision et le matériel électronique. Ces plantes succulentes réduiraient aussi les ondes électromagnétiques des écrans d'ordinateurs et des micro-ondes. Alors, pourquoi ne pas verdir vos bureaux?

- Vendredi 16 octobre - Sainte-Edwige et Saint-Gall. Ouf! Enfin, voici mes fleurs de colchiques. J'avais peur qu'elles ne soient pas au rendez-vous. Comme tout jardinier, j'ai des rites de passage. La floraison de mes colchiques me rappelle les châtaignes de mon enfance, l'odeur des marrons chauds, les gaufres belges, les berlingots frais de la fête foraine! Voilà les préparatifs de l'hivernage, la fin d'une saison de jardinage et le début d'une longue saison de liberté!
 
 
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  • Henri-Bernard Boivin - Abonné
    11 octobre 2009 07 h 15
    Bravo
    Félicitations pour votre chronique que je lis avec plaisir depuis des années. Je vous rappelle qu'il n'y a pas d'outardes en Amérique. Ce que l'on désigne ainsi chez les ignorants en ornithologie sont des BERNACHES DU CANADA.
    Henri-B. Boivin
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  • Nathalie Viens - Abonnée
    12 octobre 2009 09 h 08
    Des plantes sous les néons?
    Bonjour,
    Ce n'est pas la première fois que j'entends parler de ces plantes assainissantes. Merci!
    Cependant, est-ce qu'elles peuvent survivre dans un bureau seulement éclairé au néon (donc sans fenêtre)?
    Merci pour vos chroniques qui font chaud au coeur.
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