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L'automne en beauté

À quand un rendez-vous horticole d'automne pour découvrir des merveilles comme l'hydrangée « Vanille fraise »

Jean-Claude Vigor   3 octobre 2009  Jardinage
Hydrangée
Hydrangée
Ce printemps, lors des Rendez-vous horticoles du jardin botanique de Montréal, la pépinière Saint-Paul-d'Abbotsford présentait une hydrangée au nom évocateur de « Vanille fraise ». Mais comment diantre vendre au printemps un arbuste d'allure quelconque lorsque le producteur n'a qu'un tas de feuillage à présenter? Certes, il y avait bien de remarquables photos, et des vendeurs qui se démenaient pour vanter la floraison hors de l'ordinaire de cet arbuste à floraison automnale, mais même mille mots ne valent pas le visu. On achète avec les yeux!

Chaque printemps, c'est la même chose. Les jardiniers avertis se bousculent presque pour être les premiers à pouvoir se procurer les nouveautés convoitées. Les producteurs, de plus en plus rusés, élaborent donc des stratégies commerciales afin d'en mettre plein les yeux et parfois plein le nez aux amateurs de jardinage, de plus en plus nombreux, en quête de plantes rares, voire exceptionnelles: trucs de culture pour devancer les floraisons, trucs de culture pour rendre les plantes plus compactes, trucs de culture pour obtenir des coloris plus intenses, trucs de culture pour mettre en valeur celle qui pourrait remporter tous les premiers prix...

Bref, comme vous le savez, ces façons de faire ne me sont pas étrangères puisque j'ai passé presque 40 ans de ma vie à glaner ici et là les trucs et ficelles du métier d'horticulteur, afin de les enseigner et de les expérimenter avec les élèves dans les serres de l'Institut de technologie agroalimentaire du campus de Saint-Hyacinthe. Devancer le printemps, oui, mais mon collègue Claude Vallée, qui assure la relève à l'Institut, est convaincu que nous devons aussi nous attarder aux marchés horticoles d'automne en offrant plus que des chrysanthèmes et des asters.

Alors, à quand un rendez-vous horticole d'automne afin d'offrir la « chance » à bon nombre de végétaux méritoires de se parer de prix élogieux? Évidemment, plusieurs hydrangées seraient en lice pour leurs spectaculaires inflorescences, mais aussi ces arbres et arbustes dont les feuillages se colorent jusqu'à nous offrir des paysages irréalistes, sans oublier ces vivaces: orpins, marguerites, chrysanthèmes, asters, nombre de graminées et même des annuelles insouciantes attendant d'être foudroyées par le gel...

Bref, j'aime l'automne. Surtout que les bibites dévoreuses de chair et de sang ont déserté mon territoire, donc pas besoin d'huile de citronnelle pour transplanter mes nouveaux venus: les si attendues « Vanille fraise ».

***

De la couleur aux HLM

Le 14e concours Les Pouces verts des HLM a fait de nouveaux adeptes en 2009, réunissant près de 500 locataires passionnés d'horticulture qui ont choisi d'embellir leur balcon, leur terrain ainsi que le paysage autour de leur immeuble, et ce, aux quatre coins de la ville. Outre son objectif initial d'embellissement, cette initiative est devenue une véritable source de solidarité entre voisins, de mobilisation communautaire, de propreté, de sécurité, d'appartenance et de fierté. Plus de 300 participants étaient réunis il y a quelques semaines au jardin botanique de Montréal afin de connaître les gagnants de cette édition record.

Cosmo Maciocia, maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et responsable de l'habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal, s'est dit enchanté de constater que le concours d'embellissement est toujours aussi populaire et que le nombre de participants augmente chaque année. « Toutes les actions sont importantes pour améliorer la qualité de vie à Montréal. D'un côté, l'administration municipale déploie des sommes importantes en horticulture et de l'autre, les citoyens embellissent leur balcon ou leur terrain avec soin. Chaque été, Montréal vibre de verdure et de couleurs pour le bonheur de tous. »

Dans la catégorie Élite, soulignons le travail remarquable effectué par Aven A. Comeau, du quartier Petite-Bourgogne, celui de Nury Pulgarin, du Plateau-Mont-Royal, ainsi que celui des membres de l'Association de locataires des habitations Terrasse Ontario et de l'Association des locataires des habitations Émilien-Gagnon. Bravo!

***

Choux et orpins...

Mon chou chou-chou, c'est le chou décoratif « Toscado », avec ses grandes feuilles vertes découpées rappelant les palmiers. Très tolérant au froid, il met de l'exotisme et de l'originalité dans mes plates-bandes automnales, mais il ne mesure que de 60 à 80 cm. Pour un effet boeuf, j'aime le bon vieux chou « Redbor », qui lui mesure plus d'un mètre de haut et se pare d'un feuillage rouge pourpre. Pour impressionner la galerie, il suffit d'en planter une demi-douzaine dans un massif de betteraves décoratives Beta « Bloody Mary ». Tout un effet! Surtout que le tout est comestible.

Les orpins sont aussi nombreux... Si le petit orpin (Sedum acre), surnommé poivre des murailles, épice pour pauvres pour les adeptes de la simplicité volontaire, orne depuis fort longtemps nos pentes de rocaille (d'ailleurs, son nom générique signifie s'asseoir, en référence au port de la plante sur les rochers), le grand, le spectabile (Sedum spectabile), lui fait généralement office de garde, de petit gendarme immobile, généralement campé devant le mur de fondation de la maison. Cette localisation n'a rien d'un hasard, car l'endroit, plutôt sec et chaud, convient bien à son bon tempérament, de plante dite peu exigeante. Depuis quelques années, les améliorateurs se sont surpassés, créant des cultivars aux inflorescences « électrisantes ». Pourquoi ne pas installer quelques Sedum spectabile sur un tapis de sedum du Caucase (Sedum spurium), entre autres? Pour qu'ils se sentent moins seuls!

***

La semaine du jardinier

Samedi 3 octobre - Saint-Gérard. Pour toutes les plantations récentes, arbres, arbustes, haies, plantes grimpantes, conifères, etc., il est préférable d'installer un bon paillis forestier de protection, de 20 cm, voire 30 cm parfois, d'épaisseur. Celui-ci assurera une meilleure croissance au printemps, grâce à un enracinement plus profond et à une diminution des radicelles mortes à cause d'un gel profond. On installe toujours les paillis protecteurs lorsque le sol est gelé (du début à la mi-novembre, à Montréal).

Dimanche 4 octobre - Saint-François d'Assise. Les clématites à feuilles persistantes, comme les espèces alpina, montana et macrocarpa, qui fleurissent très tôt au printemps, ne doivent pas être taillées l'automne. Il faudra les tailler, si nécessaire, après leur floraison printanière.

Lundi 5 octobre - Sainte-Fleur et Saint-Placide. Enfin, les clématites les plus courantes, celles qui fleurissent tardivement sur le bois de l'année, les Jackmanii, viticella et autres, peuvent être rabattues à 50 centimètres du sol. Si on ne les taille pas, ce n'est pas grave, mais très tôt au printemps il faudra éliminer rapidement toutes les tiges mortes et gelées, sinon le bois mort et le bois vivant se mélangeant, s'entrecroisant, offriront une belle pagaille...

Mardi 6 octobre - Saint-Bruno. Il est préférable de ne pas couper les tiges des graminées, les frondes des fougères, les feuilles des hostas, ainsi que le feuillage de toutes les plantes à rosettes de feuilles. Comme dans la nature, leur feuillage forme une sorte de « tipi » protégeant ainsi les racines des froids intenses avant la venue de la neige... De plus, ces petits abris servent de refuge pour bon nombre d'alliés du jardinier (prédateurs).

Mercredi 7 octobre - Saint-Serge. La Société d'horticulture et d'écologie du nord de Montréal fête ses 35 ans. Pour cette occasion, je donnerai une petite conférence sur la vie de mon jardin: « Jardin facile, jardinier heureux! » À 19h30, à l'école Louis-Colin, 10 122, rue Olympia, une rue à l'est de Christophe-Colomb, angle Sauriol. Coût: 5 $ pour les non-membres: Information: 514 384-5681.

Jeudi 8 octobre - Sainte-Pélagie. Ha! Comme les vieilles croyances sont difficiles à abandonner... Contrairement à ce que plusieurs croient, il n'y a aucun inconvénient à avoir des plantes dans une chambre. Celles-ci produisent de l'oxygène en quantité beaucoup plus importante que le gaz carbonique rejeté... Aussi, une plante rejettera toujours moins de gaz carbonique que votre ami ou amie, ou votre chien ou chat qui dorment dans la même pièce que vous.

Vendredi 9 octobre - Saint-Denis. Les vivaces à feuilles persistantes, comme les bergenias, les ajugas et les vincas, ne doivent pas être recouvertes de feuilles. Il faut donc les retirer, ou installer un filet, voire les recouvrir d'une couverture flottante, comme pour les fraisiers, afin d'éviter tout risque de contamination (maladies, pourritures) des feuillages et des tiges. Toiles disponibles dans les jardineries.
 
 
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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    samedi 3 octobre 2009 08h25
    Art et nature
    Et pourquoi ne pas profiter de l'automne pour découvrir ces merveilles que nous proposent la nature et le photographe qui a su les saisir.
    Généralement, le fait d'évoquer des oeuvres d'art fait songer à ces musées dont les collections contiennent de prestigieux chefs-d'oeuvre ou qui présentent des expositions temporaires très courues, parce qu'elles offrent l'occasion de contempler des oeuvres uniques, bien difficiles à admirer la plupart du temps.

    Et si l'on songe plus précisément à des paysages, on aura sans doute à l'esprit les somptueux tableaux de Van Gogh, les paysages tranquilles de Renoir ou l'éclat fulgurant de ceux de Vlaminck. À moins que tout simplement, ce ne soit les effets nacrés des cristaux de glace ou des flocons de neige de nos hivers, la verdoyance fleurie de nos étés ou nos forêts flamboyant de rouge et d'or à l'automne qui nous viennent à l'esprit. Mais, en prenant à contrepied l'expression classique, il ne faudrait pas que la forêt nous cache l'arbre.
    Des chefs-d'oeuvre de la nature
    Et c'est sans doute ce qu'a pensé Cédric Pollet, photographe naturaliste, qui s'est attaché à saisir ce qui attire moins notre attention lorsque nous regardons un arbre, son écorce. Il résume ainsi la situation: «On passe tous les jours devant des chefs-d'oeuvre de la nature sans y prêter attention.»
    Pour attirer note attention, il vient de publier un superbe livre, étonnant et fascinant: « Pollet, Cédric. ÉCORCES, Voyage dans l'intimité des arbres du Monde, éditions Ulmer, 192 p., grand format (34x25 cm) », 400 illustrations, des photographies qui «n'ont fait l'objet d'aucune manipulation colorimétrique». C'est le fruit d'une dizaine d'années passées à parcourir 25 pays dans cinq continents, pour photographier... des écorces: «cet épiderme externe des arbres, mais aussi par extension des herbes géantes (palmiers, bambous, fougères etc.), dont la structure est cependant différente». (p. 7)
    Des tableaux abstraits
    On ne peut que souligner les mérites et l'intérêt incontestables d'un tel ouvrage, dont bien des reproductions d'écorces peuvent rivaliser avec des tableaux abstraits modernes, comme ceux d'un Thomas Nozkowski, par exemple, pour citer ce peintre abstrait étatsunien, qui développe des formes organiques et géométriques qui ne se répètent jamais, et sortent du cadre de l'art abstrait conventionnel pour le garder vivant et moderne. Les écorces que nous «dépeint» C. Pollet répondent bien souvent à cet objectif ou à ces réalisations, et maintiennent ainsi un art novateur naturel et toujours vivant depuis fort longtemps.
    C'est le but que s'est fixé l'auteur, pour que l'on ne prenne plus les arbres pour des natures mortes. «Cet ouvrage est avant tout un véritable hommage à l'arbre. Une partie, au fond de moi, rêve de pouvoir inverser une vérité qui m'a toujours frappée: la dominance de l'intérêt apporté au règne animal face au monde végétal. L'animal est réactif, bouge dans l'instant présent. Le végétal semble plus passif, mais évolue à son rythme, certes beaucoup plus lent, celui des saisons. Il faut par conséquent savoir être contemplatif et s'armer de patience pour en déceler les subtilités.» (p. 6)
    Un art vivant
    Et ce livre merveilleux nous aide à les découvrir. Rien de moins figé que l'écorce d'un arbre, elle change avec la croissance de celui-ci, ce qui la fissure, la fendille, lui donne des formes inattendues et spectaculaires. Elle change parfois de couleur selon le moment de la journée. Parmi 15 000 clichés, l'auteur a fait une sélection de quelque 400 photos représentant 220 espèces d'arbres et écorces uniques, et présenté le portrait de 81 arbres, qui occupent habituellement deux pages, d'un côté l'écorce, de l'autre un texte explicatif avec des photos de l'arbre et de quelques-unes de ses caractéristiques. C'est l'occasion de découvrir des arbres inconnus, comme des bouleaux et des érables différents des nôtres.
    Et cette présentation d'écorces révèle de surprenants chefs-d'oeuvre d'art naturel, abstraits, évocateurs parfois d'autres réalités: l'écorce du cyprès glabre fait songer aux ocelles des ailes d'un papillon, celle du niaouli au sable cannelé par le vent ou les vagues, celle du sagoutier aux petites flammes d'un incendie, celle d'un bananier du Japon aux stries du dos d'un crocodile ou à des cheveux au vent pour celle d'un washingtonia mexicain, et çà et là de somptueuses mosaïques aux couleurs éclatantes. La couverture du livre (ci-jointe) est un fragment de l'écorce d'un arbousier monumental, que l'on trouve sur la côte Ouest jusqu'au sud de la Colombie-Britannique. Les Amérindiens s'en servaient pour tanner les peaux et lui attribuaient des propriétés médicinales.
    Présence et poésie
    Car l'écorce de plusieurs arbres est présente dans notre vie: cannelle, sucre, fibres textiles, caoutchouc, gomme à mâcher, encens, myrrhe, liège, piments, médicaments (aspirine, quinine) cosmétiques, etc. Et cet ouvrage est un merveilleux cadeau que l'on peut se faire à soi-même ou offrir à qui aime l'art, la nature et ses beautés, sans crainte de décevoir : «...la nature est là qui t'invite et qui t'aime... Quand tout change pour toi, la nature est la même», disait le poète (Lamartine).

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