Le jardinier riverain
Il est facile de comprendre quel type d’aménagement est le moins dommageable pour la qualité de l’eau d’un lac. Photo: Bertrand Dumont
Être jardinier, c'est un métier fabuleux! Transformer le paysage est notre sport favori. Mais attention: l'apprenti sorcier jouant sans précaution de la pelle peut, par insouciance, négligence ou bêtise, voire s'il est gonflé à bloc par un ego gros comme une baudruche, transformer ce qui pourrait être un petit paradis terrestre en véritable désastre écologique. Lorsque certains jardiniers urbains ou banlieusards propres, propres, propres, riches de leur savoir de petits dominateurs de la nature, débarquent sur les bords d'un lac ou d'une rivière, la vie tout entière frémit dans ses entrailles...
Quelles idées dominatrices animent donc ces bipèdes? Transportent-ils avec eux toute leur panoplie guerrière, scie, tondeuse, taille-haie, aspirateur-broyeur de feuilles, taille-bordure (le fameux zip-zip), sans oublier le pulvérisateur à haute pression pour s'assurer que leur asphalte reluise comme un sou neuf?
Amis lecteurs fidèles de cette chronique, je vous sais être un autre type de jardinier que celui-là... Vous aimez inconditionnellement retrouver le calme, l'air pur et l'eau claire de votre propriété riveraine, et, malgré leurs jolis noms latins, vous tenez loin, bien loin, les espèces toxiques d'algues bleues qui, cette année encore, envahiront probablement bien des lacs. Appelées Microcystis aeruginosa, Anabaena circinalis et flos-aquae, Aphanizomenon et Cylindrospermopsis raciborskii, il s'agit des fleurs d'eau qui n'attendent entre autres que nos phosphates, notre azote et les conditions climatiques propices pour nous tourmenter!
Jardiniers, voici quelques solutions à très court terme pour réduire la présence des fleurs d'eau: être propre tout en diminuant, voire en éliminant le recours à bon nombre de produits d'entretien ménager à base de phosphates, dont les dessous d'évier regorgent, notamment le savon à vaisselle. Il n'est pas rare que le jardinier propre, propre, propre comme sa vaisselle rejette sans vergogne directement dans «son» lac phosphore et azote, puis s'étonne de la prolifération des fleurs d'eau, injuriant alors les agriculteurs, les forestiers, les politiciens, voire les vaches qui, selon lui, sont la cause de la gastro-entérite la plus mémorable de sa vie!
Jardiniers de toutes les pelles, unissons-nous et prêchons par l'exemple! Remplaçons savons et détergents par des produits biologiques sans phosphate et sans chlore! Pourquoi diantre ce jardinier riverain fertilise-t-il ainsi son gazon, souvent à l'excès? Est-ce le besoin d'être actif combiné au plaisir de passer sa tondeuse lorsqu'elle-même est tractée? Ou est-ce parce qu'il est accro à l'odeur des gaz d'échappement de son moteur à deux temps polluant?
Le jardinier riverain aménage son terrain de façon à réduire les eaux de ruissellement vers le lac. De nombreuses solutions s'offrent à lui: planter des massifs d'arbustes dont le sol sera recouvert d'un épais paillis de bois raméal fragmenté (BRF), récupérer l'eau des gouttières pour arroser le jardin et diminuer les surfaces imperméables comme les extravagantes entrées asphaltées, voire couvertes de pavés de béton, sauf si le jardinier créatif a pris soin de retirer quelques rangées de pavés çà et là, au gré de sa créativité, et de les remplacer par un couvre-sol végétal absorbant qui confère beauté et perméabilité.
À coups d'essais et d'erreurs, la nature a mis bien du temps à déterminer et à développer la végétation la mieux adaptée au bord d'un lac. Or ce jardinier inconscient débarque avec ses gros sabots et bousille des milliers d'années d'adaptation avec quelques godets de pelleteuse afin de se créer une petite aire de récréation... Conserver le caractère existant, étoffer la végétalisation des bandes riveraines et la restaurer s'il le faut, aménager des marais filtrants, utiliser une barrière à sédiments et, bien évidemment, éliminer ou végétaliser les murets de retenue en béton: voilà le mandat du jardinier riverain!
Comme tout jardinier digne de ce nom, le riverain installe son hamac et imagine les bonnes solutions de gestion globale à court et à moyen terme, qui passeront bien évidemment par des solutions collectives.
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Pour votre bibliothèque
C'est un cri d'alarme que lancent huit spécialistes dans un livre-choc intitulé Algues bleues - Des solutions pratiques. À l'heure actuelle, toute la stratégie de lutte contre les algues bleues consiste à épurer les eaux de ruissellement avant qu'elles ne pénètrent dans le lac. Ces spécialistes proposent plutôt de pratiquer les rejets zéro d'eaux de ruissellement. Déjà préconisée dans plusieurs États américains et certaines villes canadiennes, cette stratégie consiste à retenir l'eau de pluie à la source afin de mieux la traiter avant qu'elle ne contamine le fossé, le cours d'eau et le lac. Cette nouvelle approche est bien sûr efficace non seulement pour lutter contre les algues bleues mais aussi pour réduire la pollution des eaux de manière générale et tenter de ralentir l'eutrophisation des lacs.
Cet ouvrage a été produit sous la direction de Robert Lapalme, maître en gestion de l'environnement spécialisé en écologie aquatique, avec l'aide de Michèle de Sève, docteure en océanographie et spécialiste en écologie et en taxonomie des algues, Michel Rousseau et Daniel Lefebvre, architectes paysagistes, Michel Prince, ingénieur en génie civil, Jacques Nault, maître en agronomie, François Légaré, ingénieur forestier, et Jean-François Girard, biologiste et avocat spécialisé en droit de l'environnement et en droit municipal. Cette équipe de spécialistes nous offre des solutions inédites et novatrices pour lutter contre les algues bleues.
Je ne vous cacherai ni l'enthousiasme ni le plaisir que j'ai ressentis en apprenant autant de choses grâce à ces auteurs de talent qui ont su captiver mon intérêt du début à la fin de ce livre accessible à tous.
Ce livre n'accuse personne mais propose des solutions au problème grandissant des algues bleues et nous permet de mieux connaître cette réalité.
Algues bleues Des solutions pratiques
Sous la direction de Robert Lapalme, Michèle De Sève, Jean-François Girard, Daniel Lefebvre, François Légaré, Jacques Nault, Michel Prince et Michel Rousseau, Bertrand Dumont éditeur, collection «Bouquins verts», 2008, 256 pages en couleurs, 34,95 $
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Solution de rechange pour la pelouse
Quoi qu'on en dise, le gazon ne pousse pas partout. Je sais que de nombreux propriétaires, avec des efforts démesurés, espèrent obtenir le rêve «vert», le jardin pilosus (qui signifie «poilu» en latin, d'où le mot «pelouse») parfait, parfois coûte que coûte, à des endroits où les conditions ne sont pas du tout favorables aux mélanges traditionnels d'herbes à gazon, par exemple une ombre profonde sous des arbres assoiffés, une pente vertigineuse, une petite «baisseur» impromptue, sans oublier un terrain sablonneux avec des restrictions d'arrosage.
Il y a des solutions pour mieux végétaliser ces endroits, à la condition, bien sûr, d'utiliser la bonne plante au bon endroit. Dans mon jardin, j'ai opté pour un mélange de Vinca minor panachée et de lierre anglais («Baltica» et «Torndale»). Ce duo de mi-ombre profite merveilleusement bien et couvre une dizaine de mètres carrés. Toujours vert, été comme hiver, et fidèle au rendez-vous depuis plus de 25 ans! Un autre duo convoite un espace un peu plus ensoleillé: c'est le muguet et l'onagre, curieux mélange, oui, mais présent depuis plus de 15 ans.
Quant au Lysimachia nummularia, indispensable couvre-sol pour le jardin d'ombre, à la suite de la mort des bouleaux blancs (venus de France), si sensibles aux mineuses et à l'agrile, il a laissé place aux étonnantes fougères têtes de violon, qui dévorent littéralement le site, même aux endroits ensoleillés. Évidemment, les frondes des fougères brûlent quelque peu lors des chaleurs du mois d'août.
Enfin, notons l'incorrigible violette qui, année après année, n'épargne plus un seul coin du terrain. Il y a longtemps que le jardinier vieillissant ne se bat plus pour la raisonner, surtout depuis qu'il voit sa petite-fille avoir tant de plaisir à en faire la cueillette pour offrir à sa maman ces précieux bouquets bleus de bonheur!
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La semaine du jardinier
- Samedi 17 mai, Saint-Pascal. Au jardin Daniel A. Séguin, aujourd'hui, demain et lundi, il y a vente de végétaux de 10h à 17h, produits par les élèves de l'ITA, au campus de Saint-Hyacinthe. Prix d'entrée: 2 $. Stationnement gratuit. Jardin Daniel A. Séguin, 3215, rue Sicotte (en face de l'ITA), Saint-Hyacinthe, 450 778-6504, poste 6215, ou 450 778-0372. jardindas@mapaq.gouv.qc.ca.www.itasth.qc.ca/jardindas.
- Dimanche 18 mai, Saint-Éric. Belle journée pour aller magasiner... En stationnement à l'ombre! Si l'argent est roi, pourquoi ne pas aller dépenser votre argent là où les arbres protègent nos carcasses de tôle? À quand le reboisement des immenses stationnements? Ça arrivera le jour où vous et moi choisirons de dépenser notre argent ailleurs! Ceci vaut aussi pour les centres de jardinage... L'exemple, hein!
- Lundi 19 mai, Saint-Yves. Bonne fête à tous les Bretons du Québec. Dans la série «Lutte contre la tondeuse», si vous désirez supprimer une bonne surface de gazon, j'ai un truc pour vous! Faites-vous un terrain de pétanque de quinze mètres sur quatre en poussière de pierre. Déposez sur le gazon une épaisseur de cinq à six feuilles de papier journal, par exemple votre Devoir. Délimitez le terrain, puis étendez quatre pouces d'épaisseur de poussière de pierre. Mouillez et roulez.
- Mardi 20 mai, Saint-Bernardin. Ça vous tente de la chanter? Voici le refrain de cette chanson grivoise: «Et voilà la vie, la vie, la vie, la vie chérie, ha! ha! Et voilà la vie que tous les moines font.» Bon, maintenant, fini de rigoler! Il est possible que vos conifères aient soif. Ils ont besoin de faire le plein. En ce qui concerne les aiguilles brûlées et séchées, vous pouvez passer vos mains couvertes de gants protecteurs et, d'un geste vigoureux, les détacher du bois! Mais attention: elles doivent tomber naturellement. Ne coupez pas les branches où il y a encore des signes de vie.
- Mercredi 21 mai, Saint-Constantin. Les bégonias tubéreux retombants, entre autres, sont fragiles. Remplissez le fond de vos contenants (urnes, paniers, pots, boîtes, etc.) avec du charbon de bois naturel, soit le charbon récupéré du foyer, soit celui acheté en gros sac pour le barbecue. Le charbon doit occuper environ le cinquième de la hauteur du contenant.
- Jeudi 22 mai, Saint-Émile. Rhubarbe et limaces ne font pas bon ménage. Coupez et hachez environ 500 grammes de feuilles de rhubarbe. Faites bouillir cinq litres d'eau et infusez les feuilles pendant 20 minutes. Filtrez. La nuit venue, tel un guerrier, vaporisez délicatement l'infusion sous les feuilles des hostas nourriciers... Mieux encore, adoptez une famille de crapauds, et adieu, limaces!
- Vendredi 23 mai, Saint-Didier. Si vous observez un noircissement des fleurs de vos Sorbus aucuparia (ou de ceux de vos voisins), voire un flétrissement des jeunes rameaux, coupez-les en prenant soin de bien stériliser votre sécateur avec de l'alcool à 70° après chaque coupe. La bactérie à l'origine de cette maladie est transportée par des insectes pollinisateurs. Brûlez immédiatement les branches contaminées.
***
Au marché Jean-Talon
Cette année encore, la Corporation des marchés de Montréal m'a invité à jaser avec ses clients et avec vous, bien sûr... Au plaisir, donc, de vous rencontrer aujourd'hui samedi 17 mai et demain dimanche 18 mai de 12h30 à 16h sur la grande place du marché Jean-Talon. Il me fera plaisir de répondre à vos questions et de vous conseiller à propos des bons coups à faire.
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Vous aimeriez que je traite d'un sujet en particulier? Vous désirez que je réponde à votre question? Vous acceptez que le jardinier prenne son temps? Écrivez-moi!
jeanclaudevigor@videotron.ca
Quelles idées dominatrices animent donc ces bipèdes? Transportent-ils avec eux toute leur panoplie guerrière, scie, tondeuse, taille-haie, aspirateur-broyeur de feuilles, taille-bordure (le fameux zip-zip), sans oublier le pulvérisateur à haute pression pour s'assurer que leur asphalte reluise comme un sou neuf?
Amis lecteurs fidèles de cette chronique, je vous sais être un autre type de jardinier que celui-là... Vous aimez inconditionnellement retrouver le calme, l'air pur et l'eau claire de votre propriété riveraine, et, malgré leurs jolis noms latins, vous tenez loin, bien loin, les espèces toxiques d'algues bleues qui, cette année encore, envahiront probablement bien des lacs. Appelées Microcystis aeruginosa, Anabaena circinalis et flos-aquae, Aphanizomenon et Cylindrospermopsis raciborskii, il s'agit des fleurs d'eau qui n'attendent entre autres que nos phosphates, notre azote et les conditions climatiques propices pour nous tourmenter!
Jardiniers, voici quelques solutions à très court terme pour réduire la présence des fleurs d'eau: être propre tout en diminuant, voire en éliminant le recours à bon nombre de produits d'entretien ménager à base de phosphates, dont les dessous d'évier regorgent, notamment le savon à vaisselle. Il n'est pas rare que le jardinier propre, propre, propre comme sa vaisselle rejette sans vergogne directement dans «son» lac phosphore et azote, puis s'étonne de la prolifération des fleurs d'eau, injuriant alors les agriculteurs, les forestiers, les politiciens, voire les vaches qui, selon lui, sont la cause de la gastro-entérite la plus mémorable de sa vie!
Jardiniers de toutes les pelles, unissons-nous et prêchons par l'exemple! Remplaçons savons et détergents par des produits biologiques sans phosphate et sans chlore! Pourquoi diantre ce jardinier riverain fertilise-t-il ainsi son gazon, souvent à l'excès? Est-ce le besoin d'être actif combiné au plaisir de passer sa tondeuse lorsqu'elle-même est tractée? Ou est-ce parce qu'il est accro à l'odeur des gaz d'échappement de son moteur à deux temps polluant?
Le jardinier riverain aménage son terrain de façon à réduire les eaux de ruissellement vers le lac. De nombreuses solutions s'offrent à lui: planter des massifs d'arbustes dont le sol sera recouvert d'un épais paillis de bois raméal fragmenté (BRF), récupérer l'eau des gouttières pour arroser le jardin et diminuer les surfaces imperméables comme les extravagantes entrées asphaltées, voire couvertes de pavés de béton, sauf si le jardinier créatif a pris soin de retirer quelques rangées de pavés çà et là, au gré de sa créativité, et de les remplacer par un couvre-sol végétal absorbant qui confère beauté et perméabilité.
À coups d'essais et d'erreurs, la nature a mis bien du temps à déterminer et à développer la végétation la mieux adaptée au bord d'un lac. Or ce jardinier inconscient débarque avec ses gros sabots et bousille des milliers d'années d'adaptation avec quelques godets de pelleteuse afin de se créer une petite aire de récréation... Conserver le caractère existant, étoffer la végétalisation des bandes riveraines et la restaurer s'il le faut, aménager des marais filtrants, utiliser une barrière à sédiments et, bien évidemment, éliminer ou végétaliser les murets de retenue en béton: voilà le mandat du jardinier riverain!
Comme tout jardinier digne de ce nom, le riverain installe son hamac et imagine les bonnes solutions de gestion globale à court et à moyen terme, qui passeront bien évidemment par des solutions collectives.
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Pour votre bibliothèque
C'est un cri d'alarme que lancent huit spécialistes dans un livre-choc intitulé Algues bleues - Des solutions pratiques. À l'heure actuelle, toute la stratégie de lutte contre les algues bleues consiste à épurer les eaux de ruissellement avant qu'elles ne pénètrent dans le lac. Ces spécialistes proposent plutôt de pratiquer les rejets zéro d'eaux de ruissellement. Déjà préconisée dans plusieurs États américains et certaines villes canadiennes, cette stratégie consiste à retenir l'eau de pluie à la source afin de mieux la traiter avant qu'elle ne contamine le fossé, le cours d'eau et le lac. Cette nouvelle approche est bien sûr efficace non seulement pour lutter contre les algues bleues mais aussi pour réduire la pollution des eaux de manière générale et tenter de ralentir l'eutrophisation des lacs.
Cet ouvrage a été produit sous la direction de Robert Lapalme, maître en gestion de l'environnement spécialisé en écologie aquatique, avec l'aide de Michèle de Sève, docteure en océanographie et spécialiste en écologie et en taxonomie des algues, Michel Rousseau et Daniel Lefebvre, architectes paysagistes, Michel Prince, ingénieur en génie civil, Jacques Nault, maître en agronomie, François Légaré, ingénieur forestier, et Jean-François Girard, biologiste et avocat spécialisé en droit de l'environnement et en droit municipal. Cette équipe de spécialistes nous offre des solutions inédites et novatrices pour lutter contre les algues bleues.
Je ne vous cacherai ni l'enthousiasme ni le plaisir que j'ai ressentis en apprenant autant de choses grâce à ces auteurs de talent qui ont su captiver mon intérêt du début à la fin de ce livre accessible à tous.
Ce livre n'accuse personne mais propose des solutions au problème grandissant des algues bleues et nous permet de mieux connaître cette réalité.
Algues bleues Des solutions pratiques
Sous la direction de Robert Lapalme, Michèle De Sève, Jean-François Girard, Daniel Lefebvre, François Légaré, Jacques Nault, Michel Prince et Michel Rousseau, Bertrand Dumont éditeur, collection «Bouquins verts», 2008, 256 pages en couleurs, 34,95 $
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Solution de rechange pour la pelouse
Quoi qu'on en dise, le gazon ne pousse pas partout. Je sais que de nombreux propriétaires, avec des efforts démesurés, espèrent obtenir le rêve «vert», le jardin pilosus (qui signifie «poilu» en latin, d'où le mot «pelouse») parfait, parfois coûte que coûte, à des endroits où les conditions ne sont pas du tout favorables aux mélanges traditionnels d'herbes à gazon, par exemple une ombre profonde sous des arbres assoiffés, une pente vertigineuse, une petite «baisseur» impromptue, sans oublier un terrain sablonneux avec des restrictions d'arrosage.
Il y a des solutions pour mieux végétaliser ces endroits, à la condition, bien sûr, d'utiliser la bonne plante au bon endroit. Dans mon jardin, j'ai opté pour un mélange de Vinca minor panachée et de lierre anglais («Baltica» et «Torndale»). Ce duo de mi-ombre profite merveilleusement bien et couvre une dizaine de mètres carrés. Toujours vert, été comme hiver, et fidèle au rendez-vous depuis plus de 25 ans! Un autre duo convoite un espace un peu plus ensoleillé: c'est le muguet et l'onagre, curieux mélange, oui, mais présent depuis plus de 15 ans.
Quant au Lysimachia nummularia, indispensable couvre-sol pour le jardin d'ombre, à la suite de la mort des bouleaux blancs (venus de France), si sensibles aux mineuses et à l'agrile, il a laissé place aux étonnantes fougères têtes de violon, qui dévorent littéralement le site, même aux endroits ensoleillés. Évidemment, les frondes des fougères brûlent quelque peu lors des chaleurs du mois d'août.
Enfin, notons l'incorrigible violette qui, année après année, n'épargne plus un seul coin du terrain. Il y a longtemps que le jardinier vieillissant ne se bat plus pour la raisonner, surtout depuis qu'il voit sa petite-fille avoir tant de plaisir à en faire la cueillette pour offrir à sa maman ces précieux bouquets bleus de bonheur!
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La semaine du jardinier
- Samedi 17 mai, Saint-Pascal. Au jardin Daniel A. Séguin, aujourd'hui, demain et lundi, il y a vente de végétaux de 10h à 17h, produits par les élèves de l'ITA, au campus de Saint-Hyacinthe. Prix d'entrée: 2 $. Stationnement gratuit. Jardin Daniel A. Séguin, 3215, rue Sicotte (en face de l'ITA), Saint-Hyacinthe, 450 778-6504, poste 6215, ou 450 778-0372. jardindas@mapaq.gouv.qc.ca.www.itasth.qc.ca/jardindas.
- Dimanche 18 mai, Saint-Éric. Belle journée pour aller magasiner... En stationnement à l'ombre! Si l'argent est roi, pourquoi ne pas aller dépenser votre argent là où les arbres protègent nos carcasses de tôle? À quand le reboisement des immenses stationnements? Ça arrivera le jour où vous et moi choisirons de dépenser notre argent ailleurs! Ceci vaut aussi pour les centres de jardinage... L'exemple, hein!
- Lundi 19 mai, Saint-Yves. Bonne fête à tous les Bretons du Québec. Dans la série «Lutte contre la tondeuse», si vous désirez supprimer une bonne surface de gazon, j'ai un truc pour vous! Faites-vous un terrain de pétanque de quinze mètres sur quatre en poussière de pierre. Déposez sur le gazon une épaisseur de cinq à six feuilles de papier journal, par exemple votre Devoir. Délimitez le terrain, puis étendez quatre pouces d'épaisseur de poussière de pierre. Mouillez et roulez.
- Mardi 20 mai, Saint-Bernardin. Ça vous tente de la chanter? Voici le refrain de cette chanson grivoise: «Et voilà la vie, la vie, la vie, la vie chérie, ha! ha! Et voilà la vie que tous les moines font.» Bon, maintenant, fini de rigoler! Il est possible que vos conifères aient soif. Ils ont besoin de faire le plein. En ce qui concerne les aiguilles brûlées et séchées, vous pouvez passer vos mains couvertes de gants protecteurs et, d'un geste vigoureux, les détacher du bois! Mais attention: elles doivent tomber naturellement. Ne coupez pas les branches où il y a encore des signes de vie.
- Mercredi 21 mai, Saint-Constantin. Les bégonias tubéreux retombants, entre autres, sont fragiles. Remplissez le fond de vos contenants (urnes, paniers, pots, boîtes, etc.) avec du charbon de bois naturel, soit le charbon récupéré du foyer, soit celui acheté en gros sac pour le barbecue. Le charbon doit occuper environ le cinquième de la hauteur du contenant.
- Jeudi 22 mai, Saint-Émile. Rhubarbe et limaces ne font pas bon ménage. Coupez et hachez environ 500 grammes de feuilles de rhubarbe. Faites bouillir cinq litres d'eau et infusez les feuilles pendant 20 minutes. Filtrez. La nuit venue, tel un guerrier, vaporisez délicatement l'infusion sous les feuilles des hostas nourriciers... Mieux encore, adoptez une famille de crapauds, et adieu, limaces!
- Vendredi 23 mai, Saint-Didier. Si vous observez un noircissement des fleurs de vos Sorbus aucuparia (ou de ceux de vos voisins), voire un flétrissement des jeunes rameaux, coupez-les en prenant soin de bien stériliser votre sécateur avec de l'alcool à 70° après chaque coupe. La bactérie à l'origine de cette maladie est transportée par des insectes pollinisateurs. Brûlez immédiatement les branches contaminées.
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Au marché Jean-Talon
Cette année encore, la Corporation des marchés de Montréal m'a invité à jaser avec ses clients et avec vous, bien sûr... Au plaisir, donc, de vous rencontrer aujourd'hui samedi 17 mai et demain dimanche 18 mai de 12h30 à 16h sur la grande place du marché Jean-Talon. Il me fera plaisir de répondre à vos questions et de vous conseiller à propos des bons coups à faire.
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