Et les gratte-ciels surgissent
Montréal connaît une diversification immobilière
À Montréal, dans l’univers immobilier, c’est l’effervescence. Au point qu’il est maintenant devenu courant d’entendre un ou des observateurs de la scène pousser de hauts cris. Car les édifices à condominiums ont depuis 10 ans transformé tout le paysage montréalais. Et si là s’y glissaient à l’occasion des hôtels, voilà aussi que dans cette trame urbaine des promoteurs privés projettent d’y inscrire de nouvelles tours, cette fois-ci à vocation commerciale.
Qui fréquente à nouveau le Centre Bell, maintenant que le hockey professionnel est de retour à Montréal, créant même un certain enthousiasme, celui ou celle-là a remarqué, lorsqu’il ou elle entre ou pénètre dans l’enceinte, que du côté ouest il se creuse un « trou » qui n’a rien d’un nid-de-poule : depuis octobre dernier, on travaille pour y asseoir là les fondations d’un autre gratte-ciel.
S’il y a à proximité immédiate deux autres projets spectaculaires, les 50 étages de la Tour des Canadiens ou de l’Avenue, ici, pour combler ce qui est maintenant excavé, on a là un tout autre projet : Cadillac Fairview inaugurera en juin 2015, dans deux ans donc, le premier édifice en hauteur à vocation purement commerciale que le secteur privé finance et planifie depuis des décennies. Et si Deloitte quitte ainsi la Place Ville-Marie, il aura par contre résidence dans une tour de 26 étages qui portera désormais son nom.
Regain
Y aurait-il un regain à Montréal dans ce secteur immobilier ? On pourrait le croire quand on a aussi vu apparaître, en seule signalisation ici toutefois, un nouveau projet sur le site de l’ancien Spectrum, démoli au temps où Desjardins voulait se donner à Montréal des locaux à proximité du Complexe qui porte son nom. Car la Tour Qds s’y affiche, un duo respectivement de 28 et de 12 étages que Candarel et le Fonds immobilier de solidarité FTQ ne déposent pour l’instant que visuellement, à l’angle des rues Sainte-Catherine et De Bleury.
Jusque-là, on avait un peu partout des condominiums déposés étage sur étage, à des hauteurs qui dépassent même en nombre celles atteintes par ces gratte-ciels qui, dans les années 1960, étaient les pions jetés par un Jean Drapeau dans une lutte plus tard perdue au profit de Toronto comme métropole canadienne.
Et, récemment, on a vu en ville se construire en hauteur plus d’un hôtel. On a même hâte de voir l’apparence finale de celui qui s’érige d’ailleurs, rue de Bleury toujours, à l’angle cette fois de René-Lévesque : sa muraille de verre tranche sur l’habituel mélange béton-verre qui semble être la formule usuelle pour un établissement hôtelier.
Reprise
Effervescence immobilière ? Trop, diront plusieurs. Et la vague de condos est contestée. Si le FRAPRU organise des manifestations pour signaler une carence en logements sociaux, d’autres disent en même temps craindre une surproduction d’espaces. Et de rappeler, alors que la zone dite des Bassins-du-Havre semble se développer en ventes enregistrées moins rapidement que prévu, qu’on voit moins vite qu’auparavant se concrétiser ces projets pour lesquels des promoteurs ont obtenu de la Ville des permis : les 76 propositions déposées pour le seul quartier Ville-Marie sont loin d’être toutes passées de l’étape de l’esquisse à celle qui établirait une véritable définition architecturale.
Il était même devenu de mise de recourir à des mots comme « morosité », « ralentissement » ou « surchauffe » pour décrire ce secteur.
Mais voilà, une seule hausse, relative encore, des ventes au cours du dernier mois et voilà que planificateurs financiers et investisseurs reprennent confiance. Non seulement les ventes repartent à la hausse, mais les prix obtenus pour la revente, sans pour autant être aussi spectaculaires que cela fut, sont toutefois encore meilleurs en matière de profit que ce qu’un simple placement bancaire permettrait d’obtenir.
Reprise, donc. Mais, à la différence d’hier, il y a diversification des produits. Et si Montréal fut déjà la « ville aux cent clochers », elle conserve toujours ce « cent » mais c’est un autre substantif qui la définit.
Ce que le milieu de la construction appréciera : il faut bien travailler, même au temps où se déroule une commission qui scrute les travers et torts de ceux qui engagent.







