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Faut-il «jeter» la ville quand les effluves de scandale l'embaument?

Montréal apparaît comme une des villes les plus agréables à vivre en Amérique du Nord

17 novembre 2012 | Normand Thériault | Habitation
À l’écoute des propos tenus lors des audiences de la commission Charbonneau, plus d’un Québécois ou d’une Québécoise épris de justice, et se refusant à être complice de malversations, ne saura plus où se rendre. Faut-il pour autant oublier ce que Montréal est devenue?

Les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules. En une seule semaine, prenons ici, par exemple, celle qui était la première de novembre, des annonces se succédaient, à Montréal, propres à susciter découragement et lamentations.
 
Ainsi, n’y avait-il pas pour les propriétaires annonce d’une hausse de la taxe foncière? Pour les utilisateurs du réseau de transport public, une autre hausse aussi, celle de la tarification mensuelle qui faisait qu’en 12 ans, le coût de la célèbre CAM aura crû de plus de 60 % ? Et le jeudi, le maire de la ville n’annon- çait-il pas qu’il allait prendre quelques jours de réflexion (il allait démissionner la semaine qui suit), quand, au même moment, le maire d’une autre ville de l’île, celui de Westmount, se dissociait du projet de budget déposé, refusant même d’en discuter ?
 
Déprimant, tout cela. Ajoutons encore d’autres informations. Car Montréal a été mesurée comme la ville connaissant, devant New York et d’autres métropoles nord-américaines, les pires bouchons à l’heure de pointe. Le nombre d’automobiles en circulation sur et vers l’île augmente toujours au fil des ans, et ce, de façon exponentielle. Et du côté du transport en commun, peu d’espoir d’amélioration, à moins que le nouveau gouvernement mis en place à Québec ne réagisse : que faire de l’Agence métropolitaine de transport? Autorisera-t-on aussi un jour de nouveaux parcours, qu’il s’agisse de tramway, de trolleybus ou de métro ? Et voilà, ô désespoir ! qu’une commission d’enquête dévoile jour après jour des faits troublants qui établissent l’existence d’une administration municipale gangrenée par la corruption, comme par des abus et autres malversations qui toucheraient tout le monde impliqué dans la chose publique, de l’employé au politicien, en passant par les divers corps intermédiaires.
 
Avant cela

Pourtant, dans les jours précédant cette avalanche de mauvaises nouvelles, il y avait aussi des annonces de projets stimulantes: l’administration municipale signait des partena- riats intergouvernementaux pour développer l’ancien secteur de l’hip- podrome Blue Bonnets et le secteur adjacent au Vieux-Port. Et du côté immobilier, des dirigeants comme ceux de DevMcGill informaient que Montréal avait toujours l’espace pour recevoir de nouvelles constructions, ce qui expliquerait cette avalanche récente de constructions en hauteur, l’édifice le plus haut de la ville étant bientôt à vocation résidentielle et non d’affaires ou commercial!

De plus, qui lit les sondages et prend note d’évaluations faites à l’échelle internationale découvre que Montréal demeure en Amérique du Nord, et dans tout l’espace urbain
planétaire, une des villes les plus agréables à vivre et à visiter : pour son site, pour son caractère unique, entre Europe et Amérique, comme pour son aménagement, ses festivals et le sentiment de sécurité qu’elle suscite.
 
Alors...

Et après?
 
Certes, le cynisme ne peut tout faire accepter. Non, plus rien ne doit être considéré comme inévitable. Et avant même que la commission Charbonneau ne dépose ses conclusions (et elle est loin d’avoir fait le tour du Québec et d’avoir traité des acteurs et intervenants d’une scène plus vaste, la provinciale, voire la fédérale), il faudra que des mesures soient prises: l’argent des contribuables ne peut être perpétuellement dilapidé et la confiance envers les administrations doit être assurée.
 
Pendant que cet organisme poursuit ses audiences, les habitants de cette île qui a eu pour nom Hochelaga ne devront cependant pas oublier que Montréal n’est pas une ville dénuée de qualités et qu’au quotidien, pour eux qui n’ont ni ponts ni autoroutes à franchir ou parcourir, elle est agréable à vivre.
 
Mais si, malgré tout, ils veulent fuir, où iront-ils?
 
Après tout, qui fait le ménage dans une maison apprend qu’il est possible de redonner fière allure à ce qui était souillé.
 
 
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