Boutiques - La nature sauvage de l'Asie se fait meuble
«Chez Artemano, on ne vend pas des meubles, on vend une ambiance»
Des marchands de la Main vont dénicher en Asie des meubles contemporains inspirés de la nature. Le bois de suar et les racines de teck de la Thaïlande, de l'Inde ou de l'Indonésie trouvent leur chemin jusque dans les magasins du boulevard Saint-Laurent. Bienvenue chez Artemano.
Des marchands de la Main vont dénicher en Asie des meubles contemporains inspirés de la nature. Le bois de suar et les racines de teck de la Thaïlande, de l'Inde ou de l'Indonésie trouvent leur chemin jusque dans les magasins du boulevard Saint-Laurent. Bienvenue chez Artemano.
Dans les boutiques Artemano, Mà ou Ohm, les bois sont massifs et contrastés. Les tables sont souvent dotées d'une seule planche monumentale, mesurant jusqu'à 60 pou-ces de largeur et quatre pouces d'épaisseur.
Artemano, une petite entreprise montréalaise créée il y a neuf ans, possède trois magasins, à Laval, Montréal et Brossard. En décembre, un quatrième espace ouvrira ses portes à Québec. Ses meubles de bois exotiques proviennent du nord de la Thaïlande, dans la province de Chiang Mai, et du Rajasthan, en Inde.
«Les meubles arrivent par bateau. On reçoit des livraisons chaque semaine. C'est Noël chaque fois», déclare la gérante de la boutique montréalaise, Catherine L'Abbé.
Dans ces deux pays asiatiques, le matériau doit être transformé avant d'être importé, ce qui oblige les deux copropriétaires d'Artemano à faire affaire avec les artisans sur place. Shimon Finkelstein et Eyal Shoam partent deux ou trois fois par an pour magasiner, rencontrer les fournisseurs et améliorer les procédés.
Sum Sum
Les produits sont de plus en plus grands, massifs et d'aspect brut. «On a ouvert beaucoup de barrières. Au début, la demande était plus classique, mais finalement c'est comme ça qu'on se démarque», indique Catherine L'Abbé.
Leurs matières fétiches sont le bois de rose, cultivé en Inde, et le suar, qui vient de la Thaïlande. Les modèles plus sim-ples à pattes droites et à assemblages de planches sont en bois de rose. «Les tranches sont moins épaisses et aussi plus chères», note la gérante du magasin. Le suar est un énorme arbre qui pousse très rapidement. Les deux matériaux sont très durs.
Dernièrement, l'un des copropriétaires, Eyal Shoam, a dessiné la ligne pour enfant Sum Sum, qui signifie «sésame» en arabe. Cette collection en bois de rose est faite pour grandir avec eux. Par exem-ple, une bibliothèque avec des cubes à l'intérieur: on peut les enlever, en faire des tabourets avec du rangement, coucher le meuble sur le côté et en faire un banc.
«Les gens nous donnent des commentaires sur ce qu'ils achètent. Cela nous permet de faire des ajustements», poursuit la gérante.
Aspect brut
Le suar, dont le tronc épais permet l'élaboration de pièces monumentales, apporte un aspect plus sauvage. Une table gigantesque peut être composée d'une planche, comme le banc qui l'accompagne. Ceux-ci sont gardés tels quels, avec leurs fissures parfois béantes au milieu. Les côtés de ces modèles sont de la même forme que l'arbre. Les pattes sont en métal ou en bois.
Le coeur du suar est foncé, alors que ses extrémités sont très claires. Certains meubles s'apparentent à des animaux de la savane, tant les coloris sont variés.
«On aime jouer avec les contrastes de couleur, de chaleur, de matière: du métal avec du bois, du cuir avec du bois. Les contrastes viennent aider à créer l'ambiance», souligne Catherine L'Abbé.
Les collections contemporaines en bois de rose ou en acacia restent les mêmes. Les collections nature fluctuent, en revanche, au gré des arrivages et des innovations. Le stock change souvent.
«Chez Artemano, on ne vend pas des meubles, on vend une ambiance. C'est une évasion qui se veut relaxante et qui sort de l'ordinaire. Ce sont des pièces uniques qui souvent ne ressemblent à rien de ce que le client a eu auparavant. C'est l'esprit de folie, on sort de notre zone de confort et on va vers des coups de coeur», poursuit-elle.
Artemano vend aussi de grosses racines de teck décoratives ou des consoles monumentales. On retrouve certaines de ces pièces chez Mà, dont les bois viennent de l'Indonésie et de l'Amérique du Sud.
Finitions
Les marques qui importent des meubles exotiques ont souvent un atelier au Québec. «La finition est faite en Inde et en Thaïlande, mais, quand les pièces arrivent, on fait quelques retouches», explique Catherine L'Abbé. Des ébénistes sablent et laquent.
Mà, créée il y a 13 ans, possède une ébénisterie à Québec, où on refait des finitions, des teintures et des laques. «Le climat ici et là-bas, c'est complètement différent, déclare la gérante de la boutique montréalaise, Tania Perreault. Avec le temps, on a trouvé une manière de bien travailler le teck. Les meubles sont déshydratés dans notre séchoir.» Une fois séchés, ils sont laqués une dernière fois.
L'esprit rustique chic de Mà est très éclectique. Plusieurs collections revisitent les matières recyclées. Des pièces sont fabriquées avec des lattes d'anciens bateaux de pêcheurs indonésiens, d'autres à partir de traverses de chemins de fer.
***
Collaboratrice du Devoir
Des marchands de la Main vont dénicher en Asie des meubles contemporains inspirés de la nature. Le bois de suar et les racines de teck de la Thaïlande, de l'Inde ou de l'Indonésie trouvent leur chemin jusque dans les magasins du boulevard Saint-Laurent. Bienvenue chez Artemano.
Dans les boutiques Artemano, Mà ou Ohm, les bois sont massifs et contrastés. Les tables sont souvent dotées d'une seule planche monumentale, mesurant jusqu'à 60 pou-ces de largeur et quatre pouces d'épaisseur.
Artemano, une petite entreprise montréalaise créée il y a neuf ans, possède trois magasins, à Laval, Montréal et Brossard. En décembre, un quatrième espace ouvrira ses portes à Québec. Ses meubles de bois exotiques proviennent du nord de la Thaïlande, dans la province de Chiang Mai, et du Rajasthan, en Inde.
«Les meubles arrivent par bateau. On reçoit des livraisons chaque semaine. C'est Noël chaque fois», déclare la gérante de la boutique montréalaise, Catherine L'Abbé.
Dans ces deux pays asiatiques, le matériau doit être transformé avant d'être importé, ce qui oblige les deux copropriétaires d'Artemano à faire affaire avec les artisans sur place. Shimon Finkelstein et Eyal Shoam partent deux ou trois fois par an pour magasiner, rencontrer les fournisseurs et améliorer les procédés.
Sum Sum
Les produits sont de plus en plus grands, massifs et d'aspect brut. «On a ouvert beaucoup de barrières. Au début, la demande était plus classique, mais finalement c'est comme ça qu'on se démarque», indique Catherine L'Abbé.
Leurs matières fétiches sont le bois de rose, cultivé en Inde, et le suar, qui vient de la Thaïlande. Les modèles plus sim-ples à pattes droites et à assemblages de planches sont en bois de rose. «Les tranches sont moins épaisses et aussi plus chères», note la gérante du magasin. Le suar est un énorme arbre qui pousse très rapidement. Les deux matériaux sont très durs.
Dernièrement, l'un des copropriétaires, Eyal Shoam, a dessiné la ligne pour enfant Sum Sum, qui signifie «sésame» en arabe. Cette collection en bois de rose est faite pour grandir avec eux. Par exem-ple, une bibliothèque avec des cubes à l'intérieur: on peut les enlever, en faire des tabourets avec du rangement, coucher le meuble sur le côté et en faire un banc.
«Les gens nous donnent des commentaires sur ce qu'ils achètent. Cela nous permet de faire des ajustements», poursuit la gérante.
Aspect brut
Le suar, dont le tronc épais permet l'élaboration de pièces monumentales, apporte un aspect plus sauvage. Une table gigantesque peut être composée d'une planche, comme le banc qui l'accompagne. Ceux-ci sont gardés tels quels, avec leurs fissures parfois béantes au milieu. Les côtés de ces modèles sont de la même forme que l'arbre. Les pattes sont en métal ou en bois.
Le coeur du suar est foncé, alors que ses extrémités sont très claires. Certains meubles s'apparentent à des animaux de la savane, tant les coloris sont variés.
«On aime jouer avec les contrastes de couleur, de chaleur, de matière: du métal avec du bois, du cuir avec du bois. Les contrastes viennent aider à créer l'ambiance», souligne Catherine L'Abbé.
Les collections contemporaines en bois de rose ou en acacia restent les mêmes. Les collections nature fluctuent, en revanche, au gré des arrivages et des innovations. Le stock change souvent.
«Chez Artemano, on ne vend pas des meubles, on vend une ambiance. C'est une évasion qui se veut relaxante et qui sort de l'ordinaire. Ce sont des pièces uniques qui souvent ne ressemblent à rien de ce que le client a eu auparavant. C'est l'esprit de folie, on sort de notre zone de confort et on va vers des coups de coeur», poursuit-elle.
Artemano vend aussi de grosses racines de teck décoratives ou des consoles monumentales. On retrouve certaines de ces pièces chez Mà, dont les bois viennent de l'Indonésie et de l'Amérique du Sud.
Finitions
Les marques qui importent des meubles exotiques ont souvent un atelier au Québec. «La finition est faite en Inde et en Thaïlande, mais, quand les pièces arrivent, on fait quelques retouches», explique Catherine L'Abbé. Des ébénistes sablent et laquent.
Mà, créée il y a 13 ans, possède une ébénisterie à Québec, où on refait des finitions, des teintures et des laques. «Le climat ici et là-bas, c'est complètement différent, déclare la gérante de la boutique montréalaise, Tania Perreault. Avec le temps, on a trouvé une manière de bien travailler le teck. Les meubles sont déshydratés dans notre séchoir.» Une fois séchés, ils sont laqués une dernière fois.
L'esprit rustique chic de Mà est très éclectique. Plusieurs collections revisitent les matières recyclées. Des pièces sont fabriquées avec des lattes d'anciens bateaux de pêcheurs indonésiens, d'autres à partir de traverses de chemins de fer.
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Collaboratrice du Devoir









