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Chez D'Este et Beaux-Arts des Amériques - Que le futur acquéreur consulte!

«Une oeuvre d'art n'est pas un objet décoratif»

15 octobre 2011 | Anne-Laure Jeanson | Habitation
Jacqueline Hébert Stoneberger, directrice de la galerie Beaux-Arts des Amériques<br />
Photo : Galerie Beaux-Arts des Amériques Jacqueline Hébert Stoneberger, directrice de la galerie Beaux-Arts des Amériques
Un client qui a un coup de cœur pour une œuvre a souvent besoin de l'avis d'un expert. Le galeriste saura lui dire s'il fait une bonne affaire.

«Le plus important, entre le galeriste et ses clients, c'est la confiance», estime Jacqueline Hébert Stoneberger, directrice de la galerie Beaux-Arts des Amériques. La réputation du lieu ainsi que les artistes exposés comptent aussi.

Le professionnel présente le peintre et ses techniques; il décrit sa démarche et son parcours par le biais de catalogues. Le prix de l'oeuvre est aussi expliqué. «C'est une forme d'éducation, surtout avec les jeunes collectionneurs», selon Mme Hébert Stoneberger.

«C'est important de regarder ce que l'artiste a fait dix ans, trois ans en arrière. On peut voir son évolution et savoir qu'il peut être intéressant dans le futur», note Mark Leibner, directeur de la galerie D'Este.

Le galeriste doit être à l'affût des tendances artistiques. En ce moment, le marché de l'art canadien historique — Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, Marc-Aurèle Fortin, le Groupe des Sept — est peu en vogue, contrairement aux automatistes, comme les artistes signataires du Refus global: Borduas, Barbeau et Riopelle, tout comme les Maltais et Ferron.

Même si les goûts changent, ce n'est pas un investissement perdu pour autant. «On leur dit de garder ça. C'est sûr que ça va revenir, il y a beaucoup de rotations dans la mode», déclare Karine Lafleur, directrice adjointe de la galerie BAC.

Les collectionneurs qui ont de l'expérience savent ce qu'ils veulent. S'ils cherchent un tableau d'une période en particulier, le marchand d'art peut les aider. «Il arrive qu'on trouve l'oeuvre dans une autre galerie. Certaines vont alors partager la commission. Je trouve ça juste, puisque l'une a le client, et l'autre, l'oeuvre», dit Mme Hébert Stoneberger.

Budget

Sans les conseils d'un professionnel, on pourrait effectuer une dépense importante et risquée. Si l'artiste n'est pas reconnu par ses pairs et qu'il n'a pas de cheminement de carrière, l'oeuvre peut perdre sa valeur.

Le marchand doit comprendre les besoins de son client et partir de là. Est-ce que celui-ci veut faire un investissement à long terme ou un coup d'argent? Pour un collectionneur qui dispose de 300 000 $ par an et qui cherche uniquement des oeuvres automatistes, il va suggérer un certain nombre de pièces. Il tentera de lui en vendre le plus possible pour son argent.

Ceux qui ont un petit budget peuvent faire l'acquisition d'oeuvres de jeunes artistes. «Dans dix ans, les prix auront augmenté et ils auront fait leur investissement», affirme Karine Lafleur. Le galeriste doit avoir une relation de confiance autant avec son acheteur qu'avec son artiste. Ce dernier devient l'emblème de la galerie.

Aux États-Unis, il est interdit de parler d'art comme d'un investissement, car ce n'est pas coté en Bourse, explique Mme Hébert Stoneberger, qui a longtemps vécu dans le pays. Elle ajoute toutefois qu'un bon tableau, acheté il y a 30 ou 40 ans pour 100 $, peut valoir aujourd'hui 4000 $. «Si c'est une oeuvre mineure, le prix augmentera comme le cours de l'immobilier. Un bon tableau est toujours un bon tableau.»

Ce qui compte, c'est le cheminement de l'artiste, les critiques écrites sur lui. S'il est exposé dans des collections publiques, ses oeuvres vont être montrées dans différentes expositions. Cela fera augmenter leur valeur.

Services après-vente


Certaines galeries prêtent leurs oeuvres. «On livre et on accroche l'oeuvre chez eux. Ensuite, on donne deux ou trois jours au client pour voir si ça convient. C'est important que l'oeuvre soit bien installée. C'est un investissement, ce n'est pas une paire de souliers qu'on achète», affirme Jacqueline Hébert Stoneberger.

La galerie D'Este agit de la même façon. C'est arrivé à plusieurs reprises qu'un client rende un tableau parce qu'il ne cadrait pas chez lui. «Mais nous sommes là pour ça», commente Mark Leibner. Il essaie alors de trouver quelque chose qui ne lassera pas le collectionneur et conviendra à l'espace dont il dispose.

«Une oeuvre d'art n'est pas un objet décoratif. Ce n'est pas comme les draperies d'une maison. Elle ne doit pas être assortie au canapé, poursuit M. Leibner. Le plus important, c'est d'être en amour avec elle.» Pour Mme Hébert Stoneberger, «c'est comme un livre ou une pièce de musique, on l'aime, mais on ne sait pas vraiment pourquoi.»

Pour encourager les jeunes acheteurs, la galerie accepte les paiements en plusieurs versements. «Par contre, je ne fais jamais de réduction. C'est un jeu que je ne trouve pas correct», relève la directrice.

Quant à la galerie BAC, dont la clientèle est constituée en majorité de collectionneurs d'expérience, elle ne prête pas ses oeuvres. Les gens peuvent toutefois laisser un dépôt afin de réserver le tableau. Comme les deux autres galeries montréalaises, elle offre des certificats d'évaluation, plusieurs années après l'achat.

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Collaboratrice du Devoir
Jacqueline Hébert Stoneberger, directrice de la galerie Beaux-Arts des Amériques<br />
Mark Leibener, directeur de la galerie D'Este<br />
 
 
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