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De l'achat à la conservation d'oeuvres d'art - De l'art d'encadrer son oeuvre

«Il ne faut pas sacrifier la qualité»

17 septembre 2011 | Anne-Laure Jeanson | Habitation
Blue Monday, Antarctica par David Burdeny<br />
Photo : Source Beaux-Arts des Amériques Blue Monday, Antarctica par David Burdeny
Un mauvais encadrement pourrait vous coûter très cher. Sans un encadrement adéquat, des taches jaunes pourraient apparaître sur votre œuvre d'art. C'est exactement ce qui est arrivé à Jacqueline Hébert Stoneberger, il y a 25 ans. Celle qui n'était pas encore directrice de la galerie Beaux-Arts des Amériques ignorait alors les règles relatives à l'encadrement des œuvres d'art.

«Quelqu'un m'avait donné une lithographie inuite qui avait été laminée. Ç'a jauni, c'est complètement gâché, je ne peux pas enlever le plastique. J'ai aussi des choses qu'on m'a encadrées sur lesquelles on commence à voir de petites taches jaunes.»

Pour conserver une oeuvre le plus longtemps possible, un encadrement de qualité muséale est indiqué. «Tout dépend de votre attachement à l'oeuvre. Si vous l'avez payée cher et que vous y tenez beaucoup, seul le meilleur encadrement vous satisfera», affirme un coordonnateur d'expositions au Louvre que Le Devoir a contacté.

La galerie qui vous a vendu une oeuvre peut vous conseiller un encadreur. «Moi, j'en recommande deux ou trois, indique Mme Hébert Stoneberger. Sinon, les gens peuvent appeler l'Association des galeries d'art contemporain (AGAC).»

Papier sans acide

Les oeuvres sur papier, c'est ce qu'il y a de plus fragile. «C'est aussi très intime et éphémère, poursuit la galeriste. Il faut bien faire attention à ce que l'encadreur utilise uniquement du papier muséal, sans acide, pour les supports et les passe-partout.»

Si le pH du papier n'est pas neutre, des barres jaunes apparaissent avec le temps sur les côtés et des petites tâches attaquent l'oeuvre. Pour y remédier, on est obligé de la faire nettoyer chez un restaurateur, ce qui est très coûteux. «Il ne faut pas sacrifier la qualité», insiste la galeriste.

Certains encadreurs, comme Pierre Charrier, à Montréal, utilisent des cartons de conservation très haut de gamme, en coton. Le plus connu est le carton Ragmat 100 % coton.

Pour éviter les moisissures entre le mur et la toile, il est possible de placer une demi-lune de la largeur d'un bouton à l'arrière du cadre. Cela laisse passer un peu l'air. Le plus souvent, les encadreurs placent ces boutons autocollants. Sinon, les quincailleries en vendent.

«Je préfère accrocher les cadres avec deux crochets au lieu d'un fil, car, comme ça, lorsqu'on époussette l'oeuvre, elle ne bouge pas», affirme la galeriste. Des attaches à un, deux ou trois clous très fins en acier trempé permettent de supporter l'oeuvre, quel que soit son poids, sans faire d'énormes trous dans le mur, une fois retirées.

Les tendances


À Montréal, la tendance est aux encadrements noirs et volumineux. Mme Hébert Stoneberger apprécie, quant à elle, les cadres fins. «Habituellement, less is more. On ne devrait pas surcharger le tableau, car il doit rester la vedette», croit-elle.

«L'encadrement, c'est comme s'habiller et ne pas se peigner les cheveux. Ça donne la dernière touche», ajoute-t-elle. Les professionnels sont à même de faire des propositions modernes.

Une oeuvre sur papier peut être exposée avec un passe-partout qui laisse passer un peu d'air entre le dessin et la vitre. Il est aussi possible d'accrocher la pièce uniquement par le haut, à l'aide d'un papier japonais sans acide, appelé «colle de lapin». De cette manière, le dessin flotte, créant ainsi une légère ombre entre le fond et l'oeuvre. Cette technique est «un peu plus moderne», de l'avis de Mme Hébert Stoneberger.

«Le prix d'un encadrement varie selon les dimensions de l'oeuvre et la façon dont on décide de l'encadrer. Généralement, cela peut aller de 30 $ à 800 $», indique l'encadreur Pierre Charrier. Selon Mme Hébert Stoneberger, un encadrement de qualité nécessite un investissement minimal de 150 $ à 200 $ pour une oeuvre de 22 pouces sur 30 pouces.

L'artiste réalise ses encadrements à partir de bois brut qu'il travaille à la main comme un ébéniste. «J'utilise surtout de l'érable et des bois francs de qualité. Ensuite, les bois sont laqués à la main», dit-il. A contrario, on trouve beaucoup d'amalgames peints imitant le bois. Ces amalgames coûtent moins cher, mais ils s'abîment plus facilement.

Photographie


Pour des photos haut de gamme, on utilise des techniques de laminage donnant l'impression qu'il n'y a pas d'encadrement. La photo est d'abord montée sur un support en aluminium ou en carton muséal, ensuite on applique une moulure de plastique qui se superpose à l'oeuvre.

«On a fait beaucoup de progrès en chimie et dans les plastiques», commente la galeriste. Il existe aussi des vitres sans reflet ne laissant passer presque aucun rayon ultraviolet.

Entretien

«Pour le nettoyage, je suggère un pinceau doux qui enlève la poussière», dit la galeriste. Attention, ne jamais mettre le produit nettoyant sur l'oeuvre; ça coule et ça risque d'entrer à l'intérieur du cadre. Il faut le mettre sur le tissu.

Une toile à l'acrylique se nettoie à l'aide d'un tissu humide qu'on passe délicatement sur la toile. C'est plus délicat pour les peintures à l'huile; si la surface n'a pas été assez bien préparée, ça peut se décoller. Il faut essayer dans un coin avec un coton-tige ou l'envoyer à un spécialiste.

***

Collaboratrice du Devoir
 
 
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