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Soyons politiques et faisons nôtre la volonté démocratique

Du transport en commun, s'il vous plaît !

14 mai 2011 | Normand Thériault | Habitation
Photo : Images : Sid Lee et Stm
Dans cet État où ils étaient locataires majoritaires par tradition, les Québécoises (et les Québécois) déménageaient à la même vitesse, quoiqu'à fréquence moins élevée, qu'à celle où elles et ils transfèrent aujourd'hui leur appui aux divers partis politiques, il ne faut pas se plaindre que plusieurs aient un rêve qu'ils réalisent: devenir enfin chez eux propriétaires. Dans les grandes agglomérations urbaines, cela s'opère toutefois avec de lourdes conséquences. Bienvenue dans le monde des villes et des banlieues.

Les maires de la couronne nord de Montréal sont unanimes: il faut s'opposer au plan d'aménagement déposé par la Communauté métropolitaine. Pourquoi? Avec l'intention de conserver des zones vertes, de garder à ces territoires une vocation agricole, la commission propose, et voudrait imposer, la fin de l'étalement urbain.

Or les villes ont une source quasi unique de revenus autonomes, et c'est celle que leur procure la taxation immobilière. Et une mathématique fort simple permet de déduire que plus il y a de maisons et plus une municipalité donnée peut engranger des revenus. Et un corollaire à un tel théorème fait comprendre que plus il y a de terres agricoles ou d'espaces protégés, qu'ils soient zones de culture, forêts, marais ou autres lieux naturels, moins il y a d'espace pour construire.

Alors, tout maire ou toute mairesse qui se respecte comprend aussi vite que la dernière chose qu'un nouveau propriétaire veut entendre, quand il voit son budget lourdement amputé par les obligatoires remboursements hypothécaires, c'est qu'un compte annuel de taxes municipales qui affiche un chiffre en progression constante est un fléau. Certains diront que les élus municipaux travaillent d'abord pour conserver leurs sièges, mais d'autres, plus fins politiques, informeront que le mandat premier de tout édile consiste d'abord à garantir le bien-être de ses concitoyens. Et la richesse, celle qui s'évalue en sous et en dollars, est pour plusieurs le premier barème utilisé pour mesurer leur bonheur.

Circuler

Aussi, si la vague migratoire urbaine fait que les banlieues autour des grandes villes s'étendent et qu'ainsi naissent les mégapoles, il faudra en tenir compte et ne plus se contenter, aux paliers politiques autres que municipaux, de simples mesures d'entretien ou d'amélioration des réseaux existants: s'il existe un programme fédéral pour la remise en état des systèmes hydrauliques, il en faudrait, et vite, un autre dont l'objectif serait de garantir une autre circulation fluide, celle des personnes.

Si à Toronto un nouveau maire ne voit pas la nécessité d'imposer à sa ville des dépenses supplémentaires pour permettre aux banlieusards de retourner plus vite le soir à la maison, il n'y a pas ici de déclaration franche qui consisterait en une opposition à tout développement du transport en commun hors des grands centres. Tant à Montréal qu'à Québec, les élus municipaux réclament que les fonds fédéraux et provinciaux soient «détournés» pour permettre l'ouverture de «lignes vertes» et l'achat de véhicules idoines pour les remplir: un avion de chasse en moins dans le ciel indique qu'il y aura moins d'autos sur les boulevards périphériques.

Respirer

Les centres urbains profiteront aussi de telles mesures. Si les citadins acceptent encore qu'un déplacement en autobus ne soit pas une expérience agréable, que les seules politiques de découragement de l'utilisation de la voiture soient l'augmentation des frais de stationnement (et un Montréalais paie aussi cher qu'un Lavallois pour se stationner en ville, aussi il se rend dans les banlieues pour acheter son épicerie), qu'il n'y ait point non plus de promesses déposées d'un futur plan où autos, vélos, autobus et camions vivraient en harmonie, ils s'insurgent toutefois quand les échangeurs Turcot envahissent leurs cours et que les autobus de la Rive-Sud défilent devant leurs portes.

Et la fonction des rues en zones urbaines ne devrait pas être d'offrir un simple couloir qui relie les zones de travail et d'habitation: elles sont aussi un espace libre entre les maisons et le «dehors» de plus d'un urbain. Et on aménagera des terrasses le long d'une ligne de tramway quand on ferme les portes le long d'un couloir réservé aux autobus, que ces dernières soient en longueur simple ou double.

Aussi, si les politiques acceptent la décision de leurs électeurs et constatent qu'une vie à l'américaine en banlieue est le souhait d'un grand nombre, qu'ils en tiennent compte et construisent leurs budgets en conséquence: le transport en commun est devenu une nécessité.
 
 
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