Tous les jours, la ville
Il faut choisir entre le centre commercial et le centre-ville
«Il y a un Montréal pour chaque Montréalais»: tel est le slogan qu'on retrouve un peu partout affiché dans les rues de la métropole québécoise. Si être ou non d'accord avec le message est une décision laissée à la discrétion de chacun, il est toutefois une autre remarque qui à plusieurs ferait plaisir, celle qui établirait que les urbains deviennent de plus en plus nombreux. Et auraient aussi plaisir à l'être. D'autant plus que, lorsqu'il est question de services, les villes savent bien se défendre.
Dans quelques jours sera déjà venu le temps de la grande «folie» annuelle, celle qui fait qu'une fois l'an tous et toutes se précipitent dans les boutiques et les surfaces les plus diverses pour opérer les inévitables achats du temps des Fêtes. Autrefois, cela voulait dire qu'il fallait «descendre en ville», car là seulement il y avait du choix et de la qualité. Aussi, de Port-
Alfred, on se rendait à Chicoutimi, de Sainte-Angèle, on prenait le traversier pour Trois-
Rivières, ou de Sainte-Foy, on parcourait la Grande-Allée jusque chez Pâquet ou Laliberté. Et cela était la façon de faire sur tout le territoire québécois, sauf pour celles qui ouvraient leur catalogue pour «commander» chez Eaton's ou La Baie d'Hudson. Mais cela n'est plus. Partout, au long des ans, s'est imposé un autre modèle commercial qui impose presque maintenant, dans tout le monde occidental ou presque, que quelqu'un doive «prendre son char» et se rendre, le temps des achats venu, dans un de ces multiples centres commerciaux distribués partout à proximité des villes. Ainsi, qui est à Joliette délaisse le centre pour se retrouver face au Firestone, aux Galeries Joliette. Ailleurs, un lieu de même nature s'appellera autrement, mais qui y va y retrouvera toujours les mêmes magasins, le même choix, un décor identique et les mêmes rabais.
De Greene à Saint-Hubert
Le centre-ville de toutes les villes se dépouille de ses commerces. Mais souvent, en retour, un tel lieu ne perd pas pour autant son charme. Bien sûr, il n'est pas toujours facile de s'y garer, car le culte de l'automobile souvent ne s'y pratique pas. Par contre, qui le fréquente n'a pas l'impression de n'être qu'un vulgaire consommateur. Il y a des boutiques, certes, mais aussi des édifices à voir, des endroits à visiter et une euphorie qui, si elle a cours, n'est pas le résultat de la seule ruée vers des comptoirs de distribution de produits. Et on se promène «dehors». Et si on fait une pause alimentaire, ou une halte pour se rafraîchir, on n'est pas obligé de le faire dans un lieu où l'odeur de friture prédomine. Et le retour vers la maison n'impose pas, quand on est à Montréal, de se confronter à la
Métropolitaine, à la 15 ou aux autoroutes
Décarie ou Ville-Marie. Et il existe aussi un magasinage de proximité, qui fait que la rue Greene a son charme, la Sherbrooke ou la Laurier aussi, voire cette Masson qu'on a revampée, sans parler de la Mont-Royal qui a retrouvé ses lettres de noblesse. Et d'autres demeurent fidèles à la Plaza, cette Saint-Hubert qui prit sa forme actuelle au moment où un Centre Rockland, et ce, avant les Fairview et Versailles de ce monde, s'introduisait dans ce nouveau paysage commercial pensé «à l'américaine».
D'Olivieri à la Brûlerie
Si les petits commerces ont leur charme, ils survivent toutefois difficilement. Les grandes villes se dépeuplent au profit des banlieues. Et si le grand nombre entraîne aussi un plus grand nombre d'incidents, en ces temps de peur et d'insécurité, on a l'impression qu'il est plus sécuritaire de vivre «à la campagne», en ces quartiers où l'avantage nature est toutefois atténué par l'obligation d'avoir plus d'une voiture, soit deux par couple, et une autre encore souvent pour chaque enfant qui atteint l'âge de l'adolescence. Mais qui aime en une seule sortie se rendre en succession chez Olivieri ou Renaud-Bray à sa sortie de bibliothèque, avant d'aller chez Première Moisson ou au Pain Doré pour acheter boulangerie et pâtisserie avant de finalement se rendre chez
Exofruit, quitte à faire une halte à la Brûlerie ou à la SAQ, aimera ainsi toujours mieux la Côte-des-Neiges, et ce, au détriment de cette Place Côte-Vertu qui impose un détour par la 20 et la 40. Quand il était candidat à la mairie, Richard Bergeron avait déclaré que le premier coup d'éclat qu'il aimerait opérer serait de faire disparaître le Marché central, ce temple consacré à l'automobile, inaccessible à qui est piéton et difficile d'accès pour qui utilise les transports en commun. Aurait-il été élu qu'il est à se demander comment auraient réagi les Montréalais: les gazettes et les «vox pop» auraient-ils défendu les «droits» à l'existence des grandes surfaces?
Dans quelques jours sera déjà venu le temps de la grande «folie» annuelle, celle qui fait qu'une fois l'an tous et toutes se précipitent dans les boutiques et les surfaces les plus diverses pour opérer les inévitables achats du temps des Fêtes. Autrefois, cela voulait dire qu'il fallait «descendre en ville», car là seulement il y avait du choix et de la qualité. Aussi, de Port-
Alfred, on se rendait à Chicoutimi, de Sainte-Angèle, on prenait le traversier pour Trois-
Rivières, ou de Sainte-Foy, on parcourait la Grande-Allée jusque chez Pâquet ou Laliberté. Et cela était la façon de faire sur tout le territoire québécois, sauf pour celles qui ouvraient leur catalogue pour «commander» chez Eaton's ou La Baie d'Hudson. Mais cela n'est plus. Partout, au long des ans, s'est imposé un autre modèle commercial qui impose presque maintenant, dans tout le monde occidental ou presque, que quelqu'un doive «prendre son char» et se rendre, le temps des achats venu, dans un de ces multiples centres commerciaux distribués partout à proximité des villes. Ainsi, qui est à Joliette délaisse le centre pour se retrouver face au Firestone, aux Galeries Joliette. Ailleurs, un lieu de même nature s'appellera autrement, mais qui y va y retrouvera toujours les mêmes magasins, le même choix, un décor identique et les mêmes rabais.
De Greene à Saint-Hubert
Le centre-ville de toutes les villes se dépouille de ses commerces. Mais souvent, en retour, un tel lieu ne perd pas pour autant son charme. Bien sûr, il n'est pas toujours facile de s'y garer, car le culte de l'automobile souvent ne s'y pratique pas. Par contre, qui le fréquente n'a pas l'impression de n'être qu'un vulgaire consommateur. Il y a des boutiques, certes, mais aussi des édifices à voir, des endroits à visiter et une euphorie qui, si elle a cours, n'est pas le résultat de la seule ruée vers des comptoirs de distribution de produits. Et on se promène «dehors». Et si on fait une pause alimentaire, ou une halte pour se rafraîchir, on n'est pas obligé de le faire dans un lieu où l'odeur de friture prédomine. Et le retour vers la maison n'impose pas, quand on est à Montréal, de se confronter à la
Métropolitaine, à la 15 ou aux autoroutes
Décarie ou Ville-Marie. Et il existe aussi un magasinage de proximité, qui fait que la rue Greene a son charme, la Sherbrooke ou la Laurier aussi, voire cette Masson qu'on a revampée, sans parler de la Mont-Royal qui a retrouvé ses lettres de noblesse. Et d'autres demeurent fidèles à la Plaza, cette Saint-Hubert qui prit sa forme actuelle au moment où un Centre Rockland, et ce, avant les Fairview et Versailles de ce monde, s'introduisait dans ce nouveau paysage commercial pensé «à l'américaine».
D'Olivieri à la Brûlerie
Si les petits commerces ont leur charme, ils survivent toutefois difficilement. Les grandes villes se dépeuplent au profit des banlieues. Et si le grand nombre entraîne aussi un plus grand nombre d'incidents, en ces temps de peur et d'insécurité, on a l'impression qu'il est plus sécuritaire de vivre «à la campagne», en ces quartiers où l'avantage nature est toutefois atténué par l'obligation d'avoir plus d'une voiture, soit deux par couple, et une autre encore souvent pour chaque enfant qui atteint l'âge de l'adolescence. Mais qui aime en une seule sortie se rendre en succession chez Olivieri ou Renaud-Bray à sa sortie de bibliothèque, avant d'aller chez Première Moisson ou au Pain Doré pour acheter boulangerie et pâtisserie avant de finalement se rendre chez
Exofruit, quitte à faire une halte à la Brûlerie ou à la SAQ, aimera ainsi toujours mieux la Côte-des-Neiges, et ce, au détriment de cette Place Côte-Vertu qui impose un détour par la 20 et la 40. Quand il était candidat à la mairie, Richard Bergeron avait déclaré que le premier coup d'éclat qu'il aimerait opérer serait de faire disparaître le Marché central, ce temple consacré à l'automobile, inaccessible à qui est piéton et difficile d'accès pour qui utilise les transports en commun. Aurait-il été élu qu'il est à se demander comment auraient réagi les Montréalais: les gazettes et les «vox pop» auraient-ils défendu les «droits» à l'existence des grandes surfaces?
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