Habitation - De l'humain et de l'humanité
La maison, avec son volume cubique et ses lignes sobres, a profité des mêmes concepts d’architecture appliqués à tous les projets de la firme.
Au service d'«Habitat pour l'humanité», Claire Diane a construit plus de un millier de maisons à Fidji et en Papouasie. Après un petit arrêt à Washington, elle est de retour à Montréal pour ériger sa première maison en sol québécois.
Au fond, une maison, ce n'est que quatre murs et un toit. Mais ça devient bien plus grand avec toute l'émotion qu'on y met en l'espérant et en la rêvant... surtout quand on n'a pas les moyens de devenir propriétaire. Avec le coup de pouce d'«Habitat pour l'humanité», tout devient possible. Cet organisme construit les murs et les toits des maisons avec fierté.
Petit après-midi d'hiver sur le sud-ouest de Montréal. Coincé entre une autoroute et ses bretelles se trouve un chantier de construction qui ressemble à bien d'autres chantiers de construction: des échafaudages courent le long des murs extérieurs d'un petit cottage; des ouvriers s'affairent à y empiler des monticules de briques qui couvriront bientôt la façade; Gilbert, le contremaître, lance directives et encouragements. En fait, il est le seul ici à avoir ses cartes de compétence. Travail au noir en plein jour pour les autres? Pas du tout, simplement une douzaine de personnes venues donner bénévolement de leur temps en échange d'un casque de construction. Quand on y regarde de plus près, c'est le petit miracle quotidien de ce chantier pas comme les autres.
Une véritable dynamo
Claire Diane Giraldeau, une véritable dynamo, discute avec les représentants, fait les courses, parle sur deux portables à la fois, blague avec les bénévoles. C'est elle qui porte le projet à bouts de bras: elle est directrice générale d'«Habitat pour l'humanité Montréal» (voir autre texte en page D 2). Ses journées commencent habituellement vers 6h le matin, et elle ne sait jamais tout à fait vers quelle heure elle terminera.
Au service d'«Habitat pour l'humanité», Claire Diane a construit plus d'un millier de maisons à Fidji et en Papouasie. Après un petit arrêt à Washington, elle est de retour à Montréal pour ériger sa première maison en sol québécois.
Consultante en gestion, Claire Diane est une anthropologue dans l'âme: «Peu importe le projet ou l'endroit, on gère des gens ou des cultures, on ne peut appliquer le "one size fits all" à l'américaine», explique-t-elle. À Fidji, construire des maisons dans un village signifie partir en forêt abattre des arbres et, là-bas, «une maison appartient à la famille et non à l'individu, explique Claire Diane. «Sur le chantier, il faut tenir compte du rang tribal de chaque individu afin de ne pas nommer quelqu'un contremaître alors qu'un autre ne peut recevoir d'ordres de celui-ci.»
La force de l'émotion
Ici, à Montréal, la problématique est complètement différente, et comme il n'y a pas de recette toute faite, on l'aborde de façon distincte. «Habitat pour l'humanité» est présent au Canada depuis 1985; comment se fait-il que la première maison au Québec ait été construite 14 ans plus tard? C'est la question qui hantait Claire Diane lorsqu'elle est devenue directrice générale à Montréal, en 2001. La générosité des Québécois serait-elle remise en question? «Pas du tout, c'est la façon de donner des Québécois qui est différente de celle du reste du Canada», affirme Claire Diane. Ici, on réagit sur le coup de l'émotion. Quand les gens entendent parler du projet, la réaction est instantanée: «Mon téléphone se met immédiatement à sonner, avec des gens prêts à nous aider à l'autre bout du fil», raconte encore Claire Diane, qui cherche par tous les moyens à faire la promotion du projet et à impliquer les gens à long terme pour assurer une certaine permanence.
Un défi architectural
Pourtant, l'implication de la firme d'architectes Rubin & Rotman remonte à la genèse du projet: «En fait, c'est nous qui avons manifesté notre intérêt à l'organisme dès le départ», raconte Stephen Rotman. Lui et son associé, Rick Rubin, cherchaient une façon de redonner à une communauté qui avait fait beaucoup pour eux. Habitués à de vastes projets de plusieurs millions de dollars, le fait de dessiner les plans d'une maison modeste représentait un défi pour les architectes.
La maison, avec son volume cubique et ses lignes sobres, a profité des mêmes concepts d'architecture appliqués à tous les projets de la firme. On a voulu créer un espace convivial à l'image de la famille et des trois enfants qui habiteront les lieux. «On a grugé un peu dans les dimensions du salon pour offrir une grande cuisine selon les désirs de la propriétaire, qui cuisine beaucoup et passe donc plusieurs heures par jour dans cette pièce avec sa famille», explique Stephen Rotman. Avec un espace restreint de 1000 pieds carrés, il a fallu jouer d'ingéniosité pour loger les trois chambres à coucher requises. Aujourd'hui encore, la dizaine d'architectes du bureau participe au projet et donne un coup de main à la construction.
Dans quelques mois, une mère et ses trois enfants emménageront dans leur petite maison. Une maison bien à eux, qu'ils auront acquise en y mettant plus de 500 heures de «transpiraction» et surtout l'ardent désir jamais désespéré de devenir un jour propriétaire.
Au fond, une maison, ce n'est que quatre murs et un toit. Mais ça devient bien plus grand avec toute l'émotion qu'on y met en l'espérant et en la rêvant... surtout quand on n'a pas les moyens de devenir propriétaire. Avec le coup de pouce d'«Habitat pour l'humanité», tout devient possible. Cet organisme construit les murs et les toits des maisons avec fierté.
Petit après-midi d'hiver sur le sud-ouest de Montréal. Coincé entre une autoroute et ses bretelles se trouve un chantier de construction qui ressemble à bien d'autres chantiers de construction: des échafaudages courent le long des murs extérieurs d'un petit cottage; des ouvriers s'affairent à y empiler des monticules de briques qui couvriront bientôt la façade; Gilbert, le contremaître, lance directives et encouragements. En fait, il est le seul ici à avoir ses cartes de compétence. Travail au noir en plein jour pour les autres? Pas du tout, simplement une douzaine de personnes venues donner bénévolement de leur temps en échange d'un casque de construction. Quand on y regarde de plus près, c'est le petit miracle quotidien de ce chantier pas comme les autres.
Une véritable dynamo
Claire Diane Giraldeau, une véritable dynamo, discute avec les représentants, fait les courses, parle sur deux portables à la fois, blague avec les bénévoles. C'est elle qui porte le projet à bouts de bras: elle est directrice générale d'«Habitat pour l'humanité Montréal» (voir autre texte en page D 2). Ses journées commencent habituellement vers 6h le matin, et elle ne sait jamais tout à fait vers quelle heure elle terminera.
Au service d'«Habitat pour l'humanité», Claire Diane a construit plus d'un millier de maisons à Fidji et en Papouasie. Après un petit arrêt à Washington, elle est de retour à Montréal pour ériger sa première maison en sol québécois.
Consultante en gestion, Claire Diane est une anthropologue dans l'âme: «Peu importe le projet ou l'endroit, on gère des gens ou des cultures, on ne peut appliquer le "one size fits all" à l'américaine», explique-t-elle. À Fidji, construire des maisons dans un village signifie partir en forêt abattre des arbres et, là-bas, «une maison appartient à la famille et non à l'individu, explique Claire Diane. «Sur le chantier, il faut tenir compte du rang tribal de chaque individu afin de ne pas nommer quelqu'un contremaître alors qu'un autre ne peut recevoir d'ordres de celui-ci.»
La force de l'émotion
Ici, à Montréal, la problématique est complètement différente, et comme il n'y a pas de recette toute faite, on l'aborde de façon distincte. «Habitat pour l'humanité» est présent au Canada depuis 1985; comment se fait-il que la première maison au Québec ait été construite 14 ans plus tard? C'est la question qui hantait Claire Diane lorsqu'elle est devenue directrice générale à Montréal, en 2001. La générosité des Québécois serait-elle remise en question? «Pas du tout, c'est la façon de donner des Québécois qui est différente de celle du reste du Canada», affirme Claire Diane. Ici, on réagit sur le coup de l'émotion. Quand les gens entendent parler du projet, la réaction est instantanée: «Mon téléphone se met immédiatement à sonner, avec des gens prêts à nous aider à l'autre bout du fil», raconte encore Claire Diane, qui cherche par tous les moyens à faire la promotion du projet et à impliquer les gens à long terme pour assurer une certaine permanence.
Un défi architectural
Pourtant, l'implication de la firme d'architectes Rubin & Rotman remonte à la genèse du projet: «En fait, c'est nous qui avons manifesté notre intérêt à l'organisme dès le départ», raconte Stephen Rotman. Lui et son associé, Rick Rubin, cherchaient une façon de redonner à une communauté qui avait fait beaucoup pour eux. Habitués à de vastes projets de plusieurs millions de dollars, le fait de dessiner les plans d'une maison modeste représentait un défi pour les architectes.
La maison, avec son volume cubique et ses lignes sobres, a profité des mêmes concepts d'architecture appliqués à tous les projets de la firme. On a voulu créer un espace convivial à l'image de la famille et des trois enfants qui habiteront les lieux. «On a grugé un peu dans les dimensions du salon pour offrir une grande cuisine selon les désirs de la propriétaire, qui cuisine beaucoup et passe donc plusieurs heures par jour dans cette pièce avec sa famille», explique Stephen Rotman. Avec un espace restreint de 1000 pieds carrés, il a fallu jouer d'ingéniosité pour loger les trois chambres à coucher requises. Aujourd'hui encore, la dizaine d'architectes du bureau participe au projet et donne un coup de main à la construction.
Dans quelques mois, une mère et ses trois enfants emménageront dans leur petite maison. Une maison bien à eux, qu'ils auront acquise en y mettant plus de 500 heures de «transpiraction» et surtout l'ardent désir jamais désespéré de devenir un jour propriétaire.
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