Mieux-être - Changer des habitudes
Prendre une résolution, vous le savez, sert surtout à cultiver la culpabilité. Ne s'empoisonne-t-on pas suffisamment la vie comme ça? Alors qu'une nouvelle année commence, si nous changions de paradigme? Allez, au panier, ce que vous avez écrit le 31 ou le 1er!
Cependant, je sais l'espoir qui nous prend au coeur lorsqu'on pense qu'on va changer, que notre vie prendra un meilleur tour. On sait qu'il faut modifier une manière d'être et on se dit: cette année, je vais le faire! Soudain, le coeur s'allège, on emplit son thorax d'une grande inspiration et on a un passage optimiste. Si nos pensées poursuivent leur cours, on sourira à la vie... un moment de plus que d'habitude. Avant de se dire que c'était idiot, cette histoire, de toute manière.
L'habitude nous fait comme une seconde nature, disait Cicéron. La seconde nature n'est pas la première, ne perdons pas espoir! Il est plus utile de comprendre qu'un jour, il y a longtemps, on a attrapé à l'arraché une pensée nouvelle, on a imité un comportement qu'on a répété automatiquement, encore et encore, et cela est devenu, un peu à notre insu, une habitude.
Mais le jour où l'on veut s'en défaire... Baden-Powell avait beau dire qu'une mauvaise habitude est comme une mauvaise dent — il faut l'arracher —, tout le monde sait que les mauvaises habitudes ont la peau dure. Il ne s'agit pas de se faire violence.
Ces derniers mois, on a commencé à lire ici et là que nos circuits cérébraux — les neurones — ont des routes, comme ça, à force d'habitude. Ce serait pour ça qu'on a tant de difficulté à sortir d'une dépression, par exemple. Il faut «rerouter» les chemins des neurones, et pour ça, beaucoup de patience envers soi-même est absolument nécessaire, de même qu'une prise de conscience des pensées qui entretiennent le mauvais circuit et un remplacement par une pensée choisie consciemment, en fonction de ses valeurs et des nouvelles habitudes qu'on veut adopter.
On a résumé ça généralement par la pensée positive, mais trop souvent, on imagine que la pensée positive est la répétition un peu bête d'une belle phrase parfaite. C'est faire peu de cas de nos résistances. Il y a comme un brouhaha dans le cerveau, vous ne trouvez pas? Il s'agit donc de clarifier ce magma en faisant monter à la conscience ce qu'on pense, au fond. Franchement, à soi, sans protéger son image, son orgueil, sa pudeur.
Une fois qu'on s'est avoué que c'est cette pensée-là qu'on entretient, qui nous embête, on peut se demander si, ma foi, on a intérêt à la garder. Si on décide qu'elle appartient à un passé qui ne nous ressemble plus, on la remplace, on la reformule, on pense consciemment.
On ne peut pas faire l'économie d'une prise de conscience. Les psys disent que tout ce qu'on laisse dormir tranquille dans l'inconscient a plus de pouvoir sur nous que ce qu'on pense que l'on pense. Le non-dit est cette ombre qui nous manipule en cachette de nous. Débusquer la zone permet donc de reprendre le contrôle, en quelque sorte!
Tout ça rien que pour changer une habitude... Vous voyez bien que décider simplement de prendre une résolution, ça ne peut absolument pas marcher, sauf si la route est déjà déblayée, qu'on a commencé à emprunter ce nouveau chemin... peu fréquenté. Si on veut adopter ou corriger une attitude, une habitude, il faut prendre son temps. On y va doucement. On est gentil et patient avec soi, il n'y a pas d'autre manière.
C'est ici que vous dites: c'est bien beau, tout ça, mais je n'ai pas de mauvaises habitudes à changer! Qu'à cela ne tienne, je vais vous en trouver! Une à la fois, bien entendu...
Parlons santé, puisqu'on est là pour ça. C'est incontournable, on ne peut pas en sortir: nos propres comportements sont la principale source de notre santé et de notre maladie. Les statisticiens (dans les hôpitaux américains) croient que 40 % des décès peuvent être liés directement à nos choix de vie. En tête de chapitre, ce qu'on sait tous: l'exercice physique, l'alimentation, le tabac et l'alcool — les indicateurs classiques de santé. Quand je dis classiques, j'ajoute tacitement que je sais bien que vous le savez.
Nous n'avons pas de problèmes avec la connaissance, le rationnel. Avec tout ce que nous savons, mes aïeux, on serait dans un monde meilleur pas à peu près! La question de fond, c'est l'intérêt. Que ce soit l'intérêt des compagnies pharmaceutiques ou mon petit intérêt égoïste, si on ne voit que la rentabilité de nos comportements à court terme, on crée des problèmes à long terme.
Je ne sais pas si j'aurai le temps de tout dire cela à la télé quand j'irai faire mon petit tour à Ma vie en mains mercredi, mais pour couper court, on choisira peut-être cette habitude que veut nous voir adopter la Fédération des sociétés américaines de biologie expérimentale: utiliser l'huile d'olive tous les jours pour prévenir le cancer.
Voilà un changement qui n'est ni pénible ni compliqué, qui ne bouscule rien et donne bonne conscience. Cheap Thrill... et puis pourquoi pas? On se fera à bon compte une bonne année!
***
vallieca@hotmail.com
Cependant, je sais l'espoir qui nous prend au coeur lorsqu'on pense qu'on va changer, que notre vie prendra un meilleur tour. On sait qu'il faut modifier une manière d'être et on se dit: cette année, je vais le faire! Soudain, le coeur s'allège, on emplit son thorax d'une grande inspiration et on a un passage optimiste. Si nos pensées poursuivent leur cours, on sourira à la vie... un moment de plus que d'habitude. Avant de se dire que c'était idiot, cette histoire, de toute manière.
L'habitude nous fait comme une seconde nature, disait Cicéron. La seconde nature n'est pas la première, ne perdons pas espoir! Il est plus utile de comprendre qu'un jour, il y a longtemps, on a attrapé à l'arraché une pensée nouvelle, on a imité un comportement qu'on a répété automatiquement, encore et encore, et cela est devenu, un peu à notre insu, une habitude.
Mais le jour où l'on veut s'en défaire... Baden-Powell avait beau dire qu'une mauvaise habitude est comme une mauvaise dent — il faut l'arracher —, tout le monde sait que les mauvaises habitudes ont la peau dure. Il ne s'agit pas de se faire violence.
Ces derniers mois, on a commencé à lire ici et là que nos circuits cérébraux — les neurones — ont des routes, comme ça, à force d'habitude. Ce serait pour ça qu'on a tant de difficulté à sortir d'une dépression, par exemple. Il faut «rerouter» les chemins des neurones, et pour ça, beaucoup de patience envers soi-même est absolument nécessaire, de même qu'une prise de conscience des pensées qui entretiennent le mauvais circuit et un remplacement par une pensée choisie consciemment, en fonction de ses valeurs et des nouvelles habitudes qu'on veut adopter.
On a résumé ça généralement par la pensée positive, mais trop souvent, on imagine que la pensée positive est la répétition un peu bête d'une belle phrase parfaite. C'est faire peu de cas de nos résistances. Il y a comme un brouhaha dans le cerveau, vous ne trouvez pas? Il s'agit donc de clarifier ce magma en faisant monter à la conscience ce qu'on pense, au fond. Franchement, à soi, sans protéger son image, son orgueil, sa pudeur.
Une fois qu'on s'est avoué que c'est cette pensée-là qu'on entretient, qui nous embête, on peut se demander si, ma foi, on a intérêt à la garder. Si on décide qu'elle appartient à un passé qui ne nous ressemble plus, on la remplace, on la reformule, on pense consciemment.
On ne peut pas faire l'économie d'une prise de conscience. Les psys disent que tout ce qu'on laisse dormir tranquille dans l'inconscient a plus de pouvoir sur nous que ce qu'on pense que l'on pense. Le non-dit est cette ombre qui nous manipule en cachette de nous. Débusquer la zone permet donc de reprendre le contrôle, en quelque sorte!
Tout ça rien que pour changer une habitude... Vous voyez bien que décider simplement de prendre une résolution, ça ne peut absolument pas marcher, sauf si la route est déjà déblayée, qu'on a commencé à emprunter ce nouveau chemin... peu fréquenté. Si on veut adopter ou corriger une attitude, une habitude, il faut prendre son temps. On y va doucement. On est gentil et patient avec soi, il n'y a pas d'autre manière.
C'est ici que vous dites: c'est bien beau, tout ça, mais je n'ai pas de mauvaises habitudes à changer! Qu'à cela ne tienne, je vais vous en trouver! Une à la fois, bien entendu...
Parlons santé, puisqu'on est là pour ça. C'est incontournable, on ne peut pas en sortir: nos propres comportements sont la principale source de notre santé et de notre maladie. Les statisticiens (dans les hôpitaux américains) croient que 40 % des décès peuvent être liés directement à nos choix de vie. En tête de chapitre, ce qu'on sait tous: l'exercice physique, l'alimentation, le tabac et l'alcool — les indicateurs classiques de santé. Quand je dis classiques, j'ajoute tacitement que je sais bien que vous le savez.
Nous n'avons pas de problèmes avec la connaissance, le rationnel. Avec tout ce que nous savons, mes aïeux, on serait dans un monde meilleur pas à peu près! La question de fond, c'est l'intérêt. Que ce soit l'intérêt des compagnies pharmaceutiques ou mon petit intérêt égoïste, si on ne voit que la rentabilité de nos comportements à court terme, on crée des problèmes à long terme.
Je ne sais pas si j'aurai le temps de tout dire cela à la télé quand j'irai faire mon petit tour à Ma vie en mains mercredi, mais pour couper court, on choisira peut-être cette habitude que veut nous voir adopter la Fédération des sociétés américaines de biologie expérimentale: utiliser l'huile d'olive tous les jours pour prévenir le cancer.
Voilà un changement qui n'est ni pénible ni compliqué, qui ne bouscule rien et donne bonne conscience. Cheap Thrill... et puis pourquoi pas? On se fera à bon compte une bonne année!
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vallieca@hotmail.com







