Restaurants: Sous les piñatas, le soleil
À table, le débat s'est vite engagé sur les qualités relatives des piñatas accrochées un peu partout aux poutres du plafond. Comparaisons des couleurs, des formes (un soleil, une lune, des machins pleins de pointes), des grosseurs, planification du prochain anniversaire, tout y était, avec enthousiasme. Mathilde et Olivier s'en réjouissaient: même si le resto choisi n'était pas un McMachin avec des jeux, l'endroit avait l'air sympathique. Et le nom - Caramba! - les avait bien fait sourire.
Pour nos deux grands, les piñatas étaient le sommet de la décoration de l'endroit. Pour Geneviève et moi, c'était plutôt les petits rideaux multicolores, quelques objets choisis dans des fenêtres devenues vitrines et quelques belles affiches d'oeuvres de Diego Rivera. Ici, le mexicain va du plus typé au plus raffiné, une combinaison que reflète aussi le menu de ce petit restaurant situé depuis peu rue de la Chevrotière, juste derrière l'immense Dagobert, chef-lieu de la vie de nuit de la Grande-Allée. Depuis peu, comme en témoigne le papier peint aux allures de céramiques portugaises qui orne toujours les murs, héritage du Portugais, prédécesseur du Caramba! en ces lieux.
Le Caramba! a un an, en fait, un anniversaire qu'il célèbre justement ce week-end, et nous aussi, puisqu'il a contribué à rehausser le niveau de la cuisine mexicaine et latino-américaine à Québec.
La carte en témoigne clairement, puisque, au delà des burritos, tacos et fajitas de rigueur, on y trouve des plats de poulet, de fruits de mer et de viande plus originaux: bouillabaisse mexicaine, ceviches, pollo pibil, enchiladas verdes, etc.
Les gamins commençant à sérieusement avoir la dent, nous commandons d'emblée un guacamole à la souriante serveuse qui revient quelques minutes plus tard en prenant le reste de la commande et qui prendra aussi la peine de nous ramener quelques petites tortillas d'extra, pour combler les petits.
Il s'agit, pour être précis, d'un guacamole ranchero, où l'on trouve des morceaux apparents de tomate, d'oignon, etc. Le tout est juste bien relevé, carrément rafraîchissant avec sa touche bien citronnée. Comme dirait l'autre, ça commence bien.
«Ça pique pas, papa», me dira bientôt Olivier en savourant une crevette bien saucée de mon ceviche Acapulco, qui consiste en une belle quantité de petites crevettes baignant dans une sauce tomate pimentée faisant légèrement penser aux sauces des cocktails de crevettes traditionnels, avec toutefois beaucoup plus de fraîcheur.
Le tout est servi dans un verre sur pied et orné de petites tranches d'avocat. La quesadilla de Geneviève, de son côté, est servie dans une assiette en terre cuite traditionnelle et accompagnée d'une belle petite salade de verdures: le fromage y est, comme de raison, mais rehaussé de savoureux champignons sautés.
Entre l'entrée et le plat, il y aura un bon moment, que les enfants occuperont à se balader un peu partout dans le restaurant qui est, c'est pour ça qu'on leur a permis la visite, assez tranquille pour le moment. Le délai a peut-être aussi été prolongé par la colle que j'ai posée à la serveuse.
De la longue liste de cocktails au menu, j'en avais choisi un cubain avec lime et menthe qu'elle avouera par la suite, après un tour de mixer et un soupir ou deux, n'avoir jamais préparé, puisqu'elle est habituellement épaulée par un barman plus expérimenté. Pour s'excuser, elle m'offre, aux frais de la maison, un verre de sangria. Pourquoi pas, ma parole, puisqu'elle a si bien illustré une qualité du bon service à la clientèle: à défaut de la perfection, la compensation prouvera qu'on a la satisfaction du client à coeur. Et la sangria, après tout, me tente plus qu'un autre cocktail, ou que la Corona et le vin de Basse-Californie qui sont aussi sur la liste des boissons alcoolisées.
Quoi qu'il en soit, alors que je sirote enfin mon excellente sangria, arrive devant moi le jarret d'agneau sauce trois piments qui m'avait séduit d'emblée sur la table d'hôte du soir. À regarder le plat de camarones à l'ail que les enfants ont choisi avec enthousiasme et le pollo al achiote du Yucatan qui fait de l'oeil à ma douce moitié avec sa sauce orangée, la concurrence est forte sur cette table. Les crevettes, j'ai eu à peine le temps d'y goûter, à la vitesse où elles ont été engouffrées par Olivier et Mathilde qui se les partageaient, mais elles sont vraiment exceptionnelles.
Quand on leur a demandé si c'était bon, les deux compères ont fait oui de la tête à se la décrocher du cou, tout en mâchant avec bonheur leur riz parsemé de petits morceaux de tomate.
Tout simple, le poulet du Yucatan était excellent: sauce enrobante, viande tendre, bien accompagné de riz et de salade. Avec les mêmes accompagnements, le jarret était un véritable délice, une découverte pour moi, la viande doucement braisée trouvant un équilibre exceptionnel avec le piquant de la sauce.
Entre le plat et le dessert, la gestion familiale est un peu plus exigeante. En effet, les deux aventuriers ont décidé de transformer, entre deux voyages d'observation de piñata, le vestibule du restaurant en vaisseau spatial. Le gâteau au chocolat et framboise de Mathilde et le flan au caramel d'Olivier auront tôt fait de les ramener à table, avec un grand verre de lait, s'il vous plaît. Mon flan est aussi très agréable, rehaussé qu'il est (juste pour moi) de kaluah. Geneviève est aussi très heureuse de ses petites profiteroles, plutôt joliment présentées.
Alors que je me pointe au bar pour payer, puisque les enfants, aussi heureux soient-ils, commencent à avoir la bougeotte, Olivier va même m'accompagner pour faire un brin de causette à la serveuse dont les traits ont bien quelque chose de mexicain mais l'accent, point. Tout le monde rit avec bonheur, les mercis sont échangés avec le sourire, sous la présence festive, vous le devinez, de ces fameuses piñatas. C'est vous dire, la soirée a fini par nous donner envie de planifier un petit voyage au Yucatan, une escale que nous n'avions pas, jusque-là, sérieusement considéré.
***
Caramba!
Bistro mexicain
1055, rue de la Chevrotière
Québec
% (418) 523-9191
Un repas du soir pour deux personnes en table d'hôte comprenant entrée, plat et dessert vous coûtera entre 40 $ et 45 $. Le menu du midi se détaille entre 8 $ et 12 $ par personne suivant la même formule. Ce week-end, le Caramba! fête son premier anniversaire: ce soir, demain et dimanche, un cocktail de bienvenue, des musiciens et autres festivités viendront ajouter à l'ambiance.
Pour nos deux grands, les piñatas étaient le sommet de la décoration de l'endroit. Pour Geneviève et moi, c'était plutôt les petits rideaux multicolores, quelques objets choisis dans des fenêtres devenues vitrines et quelques belles affiches d'oeuvres de Diego Rivera. Ici, le mexicain va du plus typé au plus raffiné, une combinaison que reflète aussi le menu de ce petit restaurant situé depuis peu rue de la Chevrotière, juste derrière l'immense Dagobert, chef-lieu de la vie de nuit de la Grande-Allée. Depuis peu, comme en témoigne le papier peint aux allures de céramiques portugaises qui orne toujours les murs, héritage du Portugais, prédécesseur du Caramba! en ces lieux.
Le Caramba! a un an, en fait, un anniversaire qu'il célèbre justement ce week-end, et nous aussi, puisqu'il a contribué à rehausser le niveau de la cuisine mexicaine et latino-américaine à Québec.
La carte en témoigne clairement, puisque, au delà des burritos, tacos et fajitas de rigueur, on y trouve des plats de poulet, de fruits de mer et de viande plus originaux: bouillabaisse mexicaine, ceviches, pollo pibil, enchiladas verdes, etc.
Les gamins commençant à sérieusement avoir la dent, nous commandons d'emblée un guacamole à la souriante serveuse qui revient quelques minutes plus tard en prenant le reste de la commande et qui prendra aussi la peine de nous ramener quelques petites tortillas d'extra, pour combler les petits.
Il s'agit, pour être précis, d'un guacamole ranchero, où l'on trouve des morceaux apparents de tomate, d'oignon, etc. Le tout est juste bien relevé, carrément rafraîchissant avec sa touche bien citronnée. Comme dirait l'autre, ça commence bien.
«Ça pique pas, papa», me dira bientôt Olivier en savourant une crevette bien saucée de mon ceviche Acapulco, qui consiste en une belle quantité de petites crevettes baignant dans une sauce tomate pimentée faisant légèrement penser aux sauces des cocktails de crevettes traditionnels, avec toutefois beaucoup plus de fraîcheur.
Le tout est servi dans un verre sur pied et orné de petites tranches d'avocat. La quesadilla de Geneviève, de son côté, est servie dans une assiette en terre cuite traditionnelle et accompagnée d'une belle petite salade de verdures: le fromage y est, comme de raison, mais rehaussé de savoureux champignons sautés.
Entre l'entrée et le plat, il y aura un bon moment, que les enfants occuperont à se balader un peu partout dans le restaurant qui est, c'est pour ça qu'on leur a permis la visite, assez tranquille pour le moment. Le délai a peut-être aussi été prolongé par la colle que j'ai posée à la serveuse.
De la longue liste de cocktails au menu, j'en avais choisi un cubain avec lime et menthe qu'elle avouera par la suite, après un tour de mixer et un soupir ou deux, n'avoir jamais préparé, puisqu'elle est habituellement épaulée par un barman plus expérimenté. Pour s'excuser, elle m'offre, aux frais de la maison, un verre de sangria. Pourquoi pas, ma parole, puisqu'elle a si bien illustré une qualité du bon service à la clientèle: à défaut de la perfection, la compensation prouvera qu'on a la satisfaction du client à coeur. Et la sangria, après tout, me tente plus qu'un autre cocktail, ou que la Corona et le vin de Basse-Californie qui sont aussi sur la liste des boissons alcoolisées.
Quoi qu'il en soit, alors que je sirote enfin mon excellente sangria, arrive devant moi le jarret d'agneau sauce trois piments qui m'avait séduit d'emblée sur la table d'hôte du soir. À regarder le plat de camarones à l'ail que les enfants ont choisi avec enthousiasme et le pollo al achiote du Yucatan qui fait de l'oeil à ma douce moitié avec sa sauce orangée, la concurrence est forte sur cette table. Les crevettes, j'ai eu à peine le temps d'y goûter, à la vitesse où elles ont été engouffrées par Olivier et Mathilde qui se les partageaient, mais elles sont vraiment exceptionnelles.
Quand on leur a demandé si c'était bon, les deux compères ont fait oui de la tête à se la décrocher du cou, tout en mâchant avec bonheur leur riz parsemé de petits morceaux de tomate.
Tout simple, le poulet du Yucatan était excellent: sauce enrobante, viande tendre, bien accompagné de riz et de salade. Avec les mêmes accompagnements, le jarret était un véritable délice, une découverte pour moi, la viande doucement braisée trouvant un équilibre exceptionnel avec le piquant de la sauce.
Entre le plat et le dessert, la gestion familiale est un peu plus exigeante. En effet, les deux aventuriers ont décidé de transformer, entre deux voyages d'observation de piñata, le vestibule du restaurant en vaisseau spatial. Le gâteau au chocolat et framboise de Mathilde et le flan au caramel d'Olivier auront tôt fait de les ramener à table, avec un grand verre de lait, s'il vous plaît. Mon flan est aussi très agréable, rehaussé qu'il est (juste pour moi) de kaluah. Geneviève est aussi très heureuse de ses petites profiteroles, plutôt joliment présentées.
Alors que je me pointe au bar pour payer, puisque les enfants, aussi heureux soient-ils, commencent à avoir la bougeotte, Olivier va même m'accompagner pour faire un brin de causette à la serveuse dont les traits ont bien quelque chose de mexicain mais l'accent, point. Tout le monde rit avec bonheur, les mercis sont échangés avec le sourire, sous la présence festive, vous le devinez, de ces fameuses piñatas. C'est vous dire, la soirée a fini par nous donner envie de planifier un petit voyage au Yucatan, une escale que nous n'avions pas, jusque-là, sérieusement considéré.
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Caramba!
Bistro mexicain
1055, rue de la Chevrotière
Québec
% (418) 523-9191
Un repas du soir pour deux personnes en table d'hôte comprenant entrée, plat et dessert vous coûtera entre 40 $ et 45 $. Le menu du midi se détaille entre 8 $ et 12 $ par personne suivant la même formule. Ce week-end, le Caramba! fête son premier anniversaire: ce soir, demain et dimanche, un cocktail de bienvenue, des musiciens et autres festivités viendront ajouter à l'ambiance.
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