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Au rendez-vous de la nostalgie

Philippe Mollé   7 septembre 2002  Alimentation
Le marchand rivalise de charme avec son savon de Marseille ou sa mélasse vendue au gallon.
Photo : Patrick Mailloux
Le marchand rivalise de charme avec son savon de Marseille ou sa mélasse vendue au gallon.
En 1941, 2943 magasins généraux étaient recensés au Québec, dont certains existent toujours, voire sont encore en activité. La plupart sont devenus des économusées que le ministère de la Culture protège au nom de la nostalgie d'une époque que le centre commercial a remisée aux oubliettes. Pourtant, un regain d'intérêt patrimonial redonne vie à ces dépanneurs d'un autre siècle.

Coïncidence, mode ou tendance? Le magasin général est de retour. Depuis quelques années, une vocation culturelle à caractère ancestral fait recette au Québec. Souvent parodiques, ces magasins généraux construits à la hâte offrent un décor de carton-pâte qui rappelle celui d'Hollywood. Des visites par autobus, destinées aux touristes, sont même organisées. On s'y arrache des confitures, des appeaux ou des affiches qui laissent croire que le temps s'est arrêté.

Inaugurée en 1737, la première route carrossable en Nouvelle-France portait le nom de chemin du Roy. En 1827, Eugène Trudeau, patriote aguerri, y construit l'un des premiers magasins généraux qui, comme beaucoup d'autres par la suite, borderont ce même chemin. À l'époque, le magasin général est un phénomène essentiellement rural, propre aux villages de moins de 1000 habitants. Sous des façades en pignons, les palissades de bois lisse laissaient entrevoir des vitrines abondamment approvisionnées. Deux aires de service alimentaient le bâtiment, souvent jouxté d'appentis qui servaient d'entrepôt ou de logement pour le marchand. Du début à la fin du XIXe siècle, les magasins généraux seront, avec l'église, un haut lieu de rassemblement pour les gens du village.

Selon Pauline Beaudoin, propriétaire et conservatrice d'un magnifique magasin général réhabilité à Sainte-Rose-de-Watford, au coeur des Appalaches, celui-ci jouait un rôle tant économique que social qui, de nos jours, a été remplacé par les centres commerciaux. De magnifiques comptoirs en bois de cerisier de montagne ou en chêne, ornés de cuivre ou de laiton, trônent en apparat là où l'architecture des façades met en valeur moulures et découpages que les boiseries viennent compléter. Des fenêtres oeil-de-boeuf enjolivent les murs que des étagères de bois noble rehaussent de distinction.

Un bric-à-brac multifonctionnel

Dès 1950, la vente par catalogue ainsi que la vente à crédit porteront un coup fatal à ce type de commerce. Viendront ensuite les magasins à rayons. Les grandes surfaces finiront le travail déjà commencé. Finalement, avec le temps, on laissera place aux dépanneurs, version modifiée et amaigrie du magasin général.

Du talc pour bébé jusqu'au cercueil, le magasin général réunissait une foule d'objets, de services et de produits de première nécessité comme les aliments secs ou en conserve mais aussi les overalls à bavette qui côtoyaient les bretelles de policier, les mitaines et les aspirines.

De nos jours, à la fête du marché de Saint-Denis-sur-Richelieu, on essaie chaque année de redonner vie à la tradition et aux métiers oubliés. Le marchand principal a des allures de M. Pointu et rivalise de charme avec son savon de Marseille ou sa mélasse vendue au gallon. À l'époque, le marchand attribuait un crédit sur papier qu'il conservait par ordre alphabétique, coincé à l'aide d'une pince sur un tableau repliable.

Serait-ce le retour d'un certain style de vie ou la nostalgie d'un passé révolu qui entraîne un regain d'intérêt pour ces boutiques aux allures démodées? Serait-ce encore le déclin perpétuel de magasins sans âme où les produits portent tous le même nom? Pourtant, notre devise, le «Je me souviens» de la Belle Province, rappelle entre autres le chemin du Roy et les magasins généraux.

***

Gastroscopie

Grand-Pré et la technologie

L'entreprise laitière québécoise Grand-Pré innove en distribuant au Québec du lait en emballage spécialement conçu suivant le procédé UHT (ultra haute température). Bien qu'existant depuis plusieurs années, la technique est paraît-il révolutionnaire et permet de conserver sans problème sur les tablettes lait et crème pendant un an. Seul hic, un petit goût de carton vanille, dû au procédé qui enlève au produit son goût de lait frais. Pratique toutefois pour les gens éloignés, pour le voyage ou le camping et pour qui ce concept rend la vie plus facile. On doit réfrigérer le produit après ouverture du contenant et le consommer comme n'importe quel produit laitier.

Le brunch des desserts

Les amoureux du sucré, particulièrement des desserts, seront comblés avec ce nouvel établissement à Paris qui propose, dans un style tout aussi curieux que le brunch proposé, un mélange de classicisme et de modernisme. Le brunch se décline autour des fruits et propose une multitude de desserts allant du clafoutis à la cerise à la tarte banane-chocolat, sans oublier les laits fouettés, toujours à base de fruits.
- Il Pallazo, 7, rue de L'Échelle, Paris. Brunch du samedi de 13h30 à 17h30.

Des recettes pour tous

La FAO (organisme des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) propose une banque de 815 recettes avec des produits du monde entier. Seule condition: posséder un ordinateur. Ce site est disponible en trois langues: anglais, français et espagnol.

http://www.fao.org/inpho/cookbook/index.htm

BIBLIOSCOPIE

Courges
Erica Bänziger et Michel Brancucci
Éditions Viridis
Allemagne, 2000, 93 pages

Petit livre pratique pour les amateurs et ceux qui voudraient le devenir. Cet ouvrage sur les cucurbitacées, légumes assez méconnus, propose une multitude de renseignements sur les courges, leurs formes et leurs diverses variétés, sans omettre les graines et l'huile dont les Allemands font grande consommation. De belles petites recettes, simples et faciles, bien illustrées, donnent au gourmet un choix pour varier ses menus.

***

La recette de la semaine

Pêches blanches de l'Ontario au gratin de pignons

Pour quatre personnes

- 4 pêches blanches
- 1 citron
- 2 jaunes d'oeuf
- 175 ml (3/4 tasse) de crème à fouetter
- 30 ml (2 c. à soupe) de sucre
- 30 ml (2 c. à soupe) de confiture de framboise
- 30 ml (2 c. à soupe) de pignons de pin
- 45 ml (3 c. à soupe) de schnaps aux pêches
- 15 ml (1 c. à soupe) de beurre

Épluchez les pêches, ouvrez-les et retirez les noyaux.

Frottez au citron les moitiés de pêche.

Faites fondre le beurre dans une poêle antiadhésive et faites revenir les pêches de chaque côté pendant 30 secondes.

Retirez et disposez dans un plat à gratin.

Fouettez la crème avec le sucre.

Montez les jaunes avec le schnaps au bain-marie pour faire un sabayon.

Incorporez délicatement la crème fouettée et la confiture.

Hachez grossièrement les pignons et mélangez-les à la préparation.

Nappez les pêches et faites gratiner au four pendant deux minutes avant de servir.
 
 
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