Pour se nettoyer le corps et l'esprit
Photo : Jacques Grenier
Un comptoir reçoit en amis les habitués qui semblent se connaître et se reconnaître le temps d’une soupe.
On pourrait tout aussi bien s'imaginer sur la rue des Soupirs à Paris ou bien dans un petit café de Bangkok ou de Hongkong spécialisé dans les nouilles ou la soupe. Ah! la soupe! Celle qui réconforte, celle qu'on attend comme repas principal ou celle qu'on boude car, sans elle, point de dessert...
Nous sommes en fait sur «la Viateur», comme on aime à le dire dans le quartier. Cette rue aux mille couleurs a su garder son âme sans la perdre au profit du modernisme. C'est ici, au 174 de la rue Saint-Viateur Ouest, que je décide de m'installer pour festoyer par une maussade journée de fin d'automne. Les larges vitres embuées des vapeurs de soupe ont peine à filtrer une lumière neigeuse et les premiers flocons.
Aujourd'hui, je suis seul, comme cela arrive parfois, et je me retrouve attablé pour la soupe. Ce sont de charmantes femmes qui dirigent ce petit café populaire avec belle simplicité. Il y a une trentaine de places pour attabler de façon quotidienne artistes, intellos ou gens ordinaires qui n'ont que de bons becs.
Le décor est simple et immaculé. Murs blancs et murs de brique se partagent l'espace. Et le temps semble s'être arrêté. Le Kelvinator qui sert de réfrigérateur et le vieux et magnifique poêle domestique témoignent de cette sagesse bénéfique. Quatre soupes et quelques sandwichs prennent vite possession du tableau noir qui s'affiche en menu. Chaque jour, les soupes sont concoctées pour réchauffer nos coeurs: crème de carottes, potage au cresson, soupe de boeuf aux légumes ou soupe au poulet et petites nouilles. Le grand bol peut fort bien convenir comme repas tandis que le petit bol que j'ai choisi fait partie du menu à 7,50 $, qui comprend la soupe et le sandwich au pâté de lapin et roquette.
Un comptoir reçoit en amis les habitués qui semblent se connaître et se reconnaître le temps d'une soupe. Ce comptoir sépare de façon fictive l'aire de préparation et les clients que nous sommes. C'est de là qu'est partie la soupe poulet et nouilles qui est arrivée jusqu'à moi. Fumant, le bouillon laissait deviner la soupe maison avec, en suspension sur le dessus, des rouelles d'oignon vert mêlées de grosses nouilles. Des morceaux de poulet ajoutaient un plus au bonheur rassurant de cette cuisine rassembleuse.
Un bon pain, un bon pâté et des feuilles de roquette égayés par trois morceaux de poire constituaient le sandwich du plat principal. Sans toutefois nous renverser, l'ensemble est sympathique et se laisse facilement déguster. Dans ce type d'endroit, les desserts simples et à l'image du reste sont souvent extraordinaires. C'est le cas ici de la croustade aux fruits et canneberges encore tiède que l'on sert avec un sourire qui fait fondre.
Dans cette petite maison, on attache une importance vitale à la qualité du café. Rien de moins que le meilleur: on vous sert un Illy crémeux et chaud, comme il se doit.
Qu'il est bon de retrouver le charme discret d'un petit bistro, de pouvoir, juste un instant, s'évader de la mouvance pour écouter une musique qui réchauffe et déguster sans prétention une bonne soupe, juste comme ça, pour le plaisir. En boni, on a même droit au dessert!
Prix payé (sans alcool, non disponible) avec taxes et service: 17 $.
- Plus: le charme de la place et la simplicité de la cuisine maison.
- Moins: le choix limité sur le tableau noir.
Restaurant-bistro Soupesoup
174, rue Saint-Viateur Ouest
Montréal, (514) 271-2004
Nous sommes en fait sur «la Viateur», comme on aime à le dire dans le quartier. Cette rue aux mille couleurs a su garder son âme sans la perdre au profit du modernisme. C'est ici, au 174 de la rue Saint-Viateur Ouest, que je décide de m'installer pour festoyer par une maussade journée de fin d'automne. Les larges vitres embuées des vapeurs de soupe ont peine à filtrer une lumière neigeuse et les premiers flocons.
Aujourd'hui, je suis seul, comme cela arrive parfois, et je me retrouve attablé pour la soupe. Ce sont de charmantes femmes qui dirigent ce petit café populaire avec belle simplicité. Il y a une trentaine de places pour attabler de façon quotidienne artistes, intellos ou gens ordinaires qui n'ont que de bons becs.
Le décor est simple et immaculé. Murs blancs et murs de brique se partagent l'espace. Et le temps semble s'être arrêté. Le Kelvinator qui sert de réfrigérateur et le vieux et magnifique poêle domestique témoignent de cette sagesse bénéfique. Quatre soupes et quelques sandwichs prennent vite possession du tableau noir qui s'affiche en menu. Chaque jour, les soupes sont concoctées pour réchauffer nos coeurs: crème de carottes, potage au cresson, soupe de boeuf aux légumes ou soupe au poulet et petites nouilles. Le grand bol peut fort bien convenir comme repas tandis que le petit bol que j'ai choisi fait partie du menu à 7,50 $, qui comprend la soupe et le sandwich au pâté de lapin et roquette.
Un comptoir reçoit en amis les habitués qui semblent se connaître et se reconnaître le temps d'une soupe. Ce comptoir sépare de façon fictive l'aire de préparation et les clients que nous sommes. C'est de là qu'est partie la soupe poulet et nouilles qui est arrivée jusqu'à moi. Fumant, le bouillon laissait deviner la soupe maison avec, en suspension sur le dessus, des rouelles d'oignon vert mêlées de grosses nouilles. Des morceaux de poulet ajoutaient un plus au bonheur rassurant de cette cuisine rassembleuse.
Un bon pain, un bon pâté et des feuilles de roquette égayés par trois morceaux de poire constituaient le sandwich du plat principal. Sans toutefois nous renverser, l'ensemble est sympathique et se laisse facilement déguster. Dans ce type d'endroit, les desserts simples et à l'image du reste sont souvent extraordinaires. C'est le cas ici de la croustade aux fruits et canneberges encore tiède que l'on sert avec un sourire qui fait fondre.
Dans cette petite maison, on attache une importance vitale à la qualité du café. Rien de moins que le meilleur: on vous sert un Illy crémeux et chaud, comme il se doit.
Qu'il est bon de retrouver le charme discret d'un petit bistro, de pouvoir, juste un instant, s'évader de la mouvance pour écouter une musique qui réchauffe et déguster sans prétention une bonne soupe, juste comme ça, pour le plaisir. En boni, on a même droit au dessert!
Prix payé (sans alcool, non disponible) avec taxes et service: 17 $.
- Plus: le charme de la place et la simplicité de la cuisine maison.
- Moins: le choix limité sur le tableau noir.
Restaurant-bistro Soupesoup
174, rue Saint-Viateur Ouest
Montréal, (514) 271-2004
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