Madagascar, l’île aux multiples parfums
Madagascar — Je vous propose, pendant deux semaines, un voyage dans cette île merveilleuse de l’océan Indien à travers ses produits uniques : la vanille, le riz, le poivre, le thé, le sel, le cacao et le café, un voyage où tous les sens seront titillés.
Sur Air France, le vol, assez long, passe par Paris ; après une escale de deux heures, c’est le départ pour cette île dont j’avais beaucoup lu et relu sur la flore et la faune. Il faut compter encore dix heures de vol pour atteindre le haut plateau de l’aéroport d’Antananarivo, installé à 1200 mètres d’altitude.
Le riz, aliment roi des Malgaches
Très tôt le matin, nous partons vers le centre du pays avec un chauffeur malgache attitré de l’Office du tourisme. Destination : les rizières du côté d’Antsirabe.
Le riz est vital pour les familles de Madagascar, qui en consomment tous les jours. La population de l’île, dont une grande partie habite dans les régions rurales, vit modestement, mais nul ne meurt de faim.
Lorsque le gouvernement a distribué de petites parcelles de terrain aux Malgaches après l’indépendance, le but était d’assurer la subsistance d’une population démunie vivant en grande partie à l’écart des cinq ou six grandes villes du pays.
L’île, d’une grande beauté, est restée naturelle, à l’abri du béton et de la pollution industrielle. Par contre, sa population ne profite d’aucune protection sociale, vit souvent loin des hôpitaux et doit la plupart du temps s’organiser avec les moyens du bord. Plusieurs Malgaches ne peuvent même pas s’acheter de gaz butane pour le chauffage ou la cuisine. Aussi, on massacre de magnifiques forêts, y compris de bois précieux, pour produire le très utile charbon de bois. En plus d’avoir des effets radicaux pour les sols, cela s’avère dévastateur pour le pays et les générations futures.
Une dizaine de variétés de riz, dont certaines endémiques à l’île, sont cultivées sur le territoire, divisé en six régions. La culture se fait en paliers, comme en Indonésie, par exemple. Un système ingénieux d’irrigation par les nombreuses sources et rivières, bien canalisées en petits canaux autour des rizières par les paysans, dessine un paysage enchanteur de carte postale, tout comme les montagnes qui entourent les rizières.
Après la récolte vient l’étape du séchage. On assiste alors à une danse des femmes, qui étendent le riz avec leurs pieds pour le faire sécher. En général, on produit le riz nécessaire pour la famille avant d’aller vendre le surplus au marché afin de se procurer d’autres produits essentiels à la vie quotidienne paysanne.
Un travail bien rodé
Le zébu est l’animal le plus docile qui soit. Il est utile pour le travail en rizière et jusque dans l’alimentation puisque, en plus de sa viande, il fournit le lait des bufflonnes. La bosse que l’on voit sur son cou est en réalité une poche de graisse dont se servent les villageois à des fins médicales ou pour des massages.
Lors de notre séjour là-bas, on fut impressionné par l’ordre qui règne dans chacun des villages. Les maisons, souvent sans électricité ni eau courante, semblent sortir d’une histoire de Victor Hugo. Des moulins à bois ou à riz, servant à écosser et à écraser la céréale, sont présents un peu partout. Ils permettent aux paysans d’obtenir un riz blanc long ou encore un riz qui passe du rose au rouge suivant la variété, mais surtout la saison.
Le riz est ensuite ensaché puis stocké dans les maisons de pisé ou de briques fabriquées avec de la terre rouge et cuites sur place, comme on le ferait pour du pain.
Les jardins de thé de Sahambavy
À Madagascar, où la population est des plus accueillantes, on a presque l’impression que le temps s’est arrêté.
Après avoir passé la nuit à Antsirabe, la troisième ville du pays, nous nous dirigeons, par la nationale, vers Sahambavy. Cinq heures sur des routes usées par les années seront nécessaires pour parcourir les 200 kilomètres qui nous séparent des jardins de thé de Sahambavy.
Nous arrivons tard au Lac Hôtel. Situé à deux pas de collines recouvertes de jardins de thé sur 240 hectares, l’endroit, très zen, est un prélude à notre journée du lendemain. Au petit matin, nous découvrons un paysage grandiose d’une grande sérénité. Nous sommes dans le calme absolu, dans un endroit où n’existe aucune pollution par le bruit. Au bord du petit lac, des oiseaux qui nous sont inconnus viennent nous saluer en curieux.
Merveilleusement entretenus, les jardins de thé sont d’une rare beauté. Des dégradés de couleurs correspondent aux diverses cueillettes et aux plans de Camellia sinensis mis au repos. La cueillette est faite autant par les femmes que par les hommes. Les feuilles sont ramassées du bout des doigts par les cueilleurs, qui sélectionnent la cueillette impériale. En fait, il s’agit des jeunes pousses tendres du matin, qui comptent une feuille et un bourgeon. Ces feuilles serviront à la fabrication du thé vert.
On m’explique que, pour cela, on choisit les jardins les plus rapprochés du centre de traitement afin d’éviter un flétrissement ou un échauffement des feuilles. Comme pour l’huile d’olive, c’est la rapidité du traitement qui compte. Après avoir assisté à la fermentation du thé, je savoure ma tasse de thé vert au coeur de cet éden, où il me semble encore meilleur.
Demain, une autre aventure gourmande riche en découvertes nous attend : les jardins de poivre et de vanille, situés à 900 kilomètres des jardins de thé. Nous en parlerons la semaine prochaine, en même temps que du cacao de Diego Suarez. En plus de donner les bonnes adresses à Madagascar.
***
Le homard gaspésien se donne une certification
La certification est assurément très à la mode auprès des artisans du Québec, qui suivent la traçabilité des produits d’origine. Après les producteurs de Charlevoix, ce sont aujourd’hui les pêcheurs de homard qui se mettent à l’écoute des consommateurs. En effet, le homard gaspésien portera désormais un numéro. En tapant cette référence, on pourra voir une courte vidéo et découvrir le pêcheur dudit crustacé. Cette nouveauté a été proposée par les membres du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.
Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l’entendre tous les samedis à l’émission de Joël Le Bigot Samedi et rien d’autre à la Première chaîne de Radio-Canada.







