Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Alsace - Que vienne la Saint-Nicolas et les marchés seront là

À Kaysersberg apparaissait en 1521 le premier sapin de Noël

8 décembre 2012 | Hélène Roulot-Ganzmann | Alimentation
S’il n’y a pas de répit pour les enfants pas sages en Alsace - à Noël, ils ne reçoivent que sable et cailloux, pour les autres, givre et brouillard sont de rigueur -, l’atmosphère de Noël en Alsace est fraîche et cotonneuse… Si la neige avait presque disparu durant les dernières décennies, elle semble revenir de plus belle ces dernières années. Personne ne s’en plaindra. Du moins, pas les enfants et les rennes du père Noël !

Chaussé de neige et coiffé d’une étoile

Voici Noël qui ouvre son bal

Et chaque enfant du pays alsacien

L’accueille en chantant plein d’entrain.

 

En Alsace, les fêtes de Noël débutent à la Saint-Nicolas, le 6 décembre. « C’est un personnage très important dans l’est de la France, confirme Christine Heitz, chef au restaurant Le Bourlingueur, dans le Vieux-Montréal, Alsacienne de naissance et Québécoise d’adoption depuis presque 20 ans. Ce jour-là, les enfants reçoivent des chocolats, des oranges, du pain d’épices de leurs grands-parents, parrain et marraine. C’est généralement à cette date que les villes et villages commencent à vivre au rythme de Noël, que les décorations font leur apparition dans les rues et dans les maisons. C’est aussi le coup d’envoi des marchés de Noël. »


Aux marchés d’abord


Car si on retrouve ces fameux marchés dans toute la France maintenant et même un peu partout dans le monde, c’est ici, en Alsace, que cette tradition a pris naissance. Cette petite région en compte d’ailleurs trente-cinq ! Cinq, rien qu’à Colmar, une ville entièrement dédiée à la magie de Noël pendant tout le mois de décembre. La très belle cité médiévale de Kaysersberg est quant à elle connue pour posséder l’un des plus beaux et authentiques marchés. Mais le plus grand, et aussi le plus ancien, la tradition remontant à 1570, c’est bien sûr celui de Strasbourg, la capitale régionale et capitale de l’Europe.


On trouve de tout aujourd’hui dans les marchés de Noël alsaciens, la tradition n’échappant pas à la récupération consumériste de toutes les grandes fêtes. Mais il y demeure quand même une atmosphère d’antan. Les artisans de la région viennent y exposer leurs objets en verre sculptés et peints à la main, des boîtes à musique, de la poterie, etc. Mais ce sont les odeurs qui vingt ans plus tard continuent à chatouiller les narines de Christine Heitz. « Marrons chauds, biscuits, cacahuètes grillées et caramélisées, vin chaud à la cannelle… ça pose une ambiance. Sans parler de l’odeur des sapins. Il y en a partout dans les rues au moment des fêtes. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que la tradition de décorer un sapin vient d’Alsace. »


Un premier sapin


Car Noël, ça reste la plus grande fête familiale dans l’est de la France. Ainsi, le sapin de Noël est apparu à Kaysersberg dès 1521. À cette époque, il symbolisait l’arbre du paradis et il était décoré de pommes rouges, de roses en papier multicolore, de bredele, des petits gâteaux de Noël, de sucreries et de fils d’or et d’argent. « Aujourd’hui, on y met souvent des ornements en bois, raconte Christine Heitz. On décore aussi les fenêtres avec des coeurs, des étoiles, etc. Tout ça se fait généralement le week-end qui précède Noël. Ce même jour, on confectionne les fameux petits biscuits de Noël que l’on offre aux voisins. Mais Noël reste une fête très familiale, entre proches, grands-parents, parents, oncles et tantes, cousins, cousines. Généralement, les adultes s’éternisent à table à discuter alors que les enfants sont ensemble. Ils n’ont aucune contrainte ce soir-là. C’est également une fête très religieuse en Alsace, contrairement à ici, où elle est devenue plus commerciale. Les gens font une crèche sous le sapin, vont à la messe de minuit et placent le petit Jésus dans la crèche en revenant. »


Si Noël est une vraie joie pour les enfants obéissants, qui au matin du 25 décembre découvrent les cadeaux que le père Noël a déposés pour eux au pied du sapin, il n’en va pas de même pour les enfants pas sages, à qui le père Fouettard n’apporte que du sable et des cailloux ! « Dans les jours qui précèdent Noël, se souvient la chef du Bourlingueur, le père Noël et le père Fouettard viennent en procession dans les rues des villages. Les enfants qui n’ont pas été sages durant l’année sont désignés et ils sont enfermés dans une cage ! Du coup, on se méfiait… Je me souviens que mon cousin a fait un tour dans la cage. C’était un vrai traumatisme ! »


Aux fourneaux !


Le soir du réveillon, le 24 décembre, ce sont les femmes qui sont aux fourneaux. Mères et grands-mères.


Escargots, moules, jambon en croûte, cuisses de grenouilles, foie gras, etc. « Nous n’avons pas la tradition de la dinde, explique Christine Heitz. On mange généralement les plats traditionnels alsaciens. Ça dépend vraiment des familles, mais le baëckeoffe, par exemple, revient souvent. Il s’agit de viande, de pommes de terre et de légumes qui mijotent pendant des heures. On arrose tout ça de nos vins blancs alsaciens : gewurztraminer, riesling, silvaner, selon le plat. Avec le dessert, bien souvent une bûche au chocolat, on peut boire du crémant d’Alsace et terminer le repas avec du schnaps en digestif. Si, dans l’après-midi, on va rendre visite à d’autres membres de la famille qui n’étaient pas là au repas, il est probable qu’ils nous serviront un verre de vendanges tardives, un vin plus doux, raconte celle qui salive déjà à l’idée qu’après Noël, il y a l’Épiphanie. C’est une autre fête très importante en Alsace, elle clôt la période des fêtes. Quand j’étais enfant, je l’attendais avec impatience à cause de la galette des Rois… qui reste mon dessert préféré. Or, dans la pâtisserie de mon village, il n’y en avait que durant les quelques jours qui entourent l’arrivée des Rois Mages. »


***
 

Pour faire le Butterbredele

 

Ingrédients

  • 275 g de farine
  • 125 g de sucre
  • 4 jaunes d’oeufs
  • 130 g de beurre
  • 1 jaune d’oeuf battu avec 1 cuillère à soupe de lait

Faire une fontaine dans la farine tamisée et y verser le sucre, les jaunes d’oeufs et le beurre coupé en petits cubes. Mélanger jusqu’à ce que la pâte forme une boule homogène. Abaisser finement la pâte et découper des formes avec un emporte-pièce. Disposer les sablés sur une plaque à pâtisserie recouverte de papier parchemin. Dorer les bredeles à l’aide d’un pinceau avec le mélange de jaune d’oeuf et de lait. Enfourner 7 à 10 minutes dans un four préchauffé à 150 °C.

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel