Brasse-camarade dans l'univers de la bière
Le Cheval Blanc fête ses 25 ans de micro
Dure journée dans l'Ouest. Il faut en profiter pour esquiver ces tours où les vilains nous assaillent. Fuir, mais où? Il existe un endroit pour poser tranquillement sa monture et où nos oripeaux ne choquent pas. Artistes mystérieux, habitués insondables et joyeux lurons posent les coudes sur le zinc sans craindre la gueule de bois. Ils seront bientôt délivrés de la soif par ces ardents défenseurs du brassage artisanal de toute la contrée. Tous aux fûts!
D'aucuns se souviennent de l'époque où Le Cheval Blanc était ce mythique couloir en stratifié vert où se mélangeaient dans les volutes de fumée de cigarette la simplicité désarmante de son personnel et les effluves de houblon qui émanaient des cuves blotties en son coeur.
Un quart de siècle s'est d'ailleurs écoulé depuis que l'authentique taverne du Faubourg à m'lasse a obtenu le premier permis de brassage traditionnel à Montréal. C'est ce que ses artisans ont décidé de célébrer durant tout le mois d'avril, en invitant amis et collègues brasseurs à honorer la bière de spécialité.
«Le Mondial de la bière ne nous offre pas autant de possibilités. Y participer coûte cher et n'incite pas nécessairement à la collaboration entre les brasseurs. L'étiquette devient plus importante que le produit», estime un des copropriétaires, François Martel.
C'est pourquoi plusieurs «micros» décident, à l'occasion de leurs anniversaires respectifs, de s'associer pour faire l'éloge des différentes déclinaisons de cervoises. «La concurrence n'est pas là, il s'agit de partager un savoir», souligne Martel.
Et les occasions ne manquent pas! Les microbrasseries québécoises ont indéniablement essaimé depuis 25 ans. Une véritable tradition brassicole s'est instaurée chez nous.
Aussi, plusieurs ignorent que le fondateur du Cheval Blanc et maintenant directeur de la production aux Brasseurs RJ, Jérôme C. Denys, en était l'un des instigateurs en 1987. Suivant certains établissements en Estrie et les conseils de son précieux acolyte de l'époque, l'éminent Pierre Rajotte, il a favorisé la naissance d'une génération de petites brasseries donnant dans les «mousses» aux recettes toutes plus originales les unes que les autres.
Le Cheval Blanc, «heureux de ne plus faire cavalier seul dans le domaine», accueille donc jusqu'à la fin du mois les créations diversifiées de ces passionnés de la bière au Québec. L'occasion pour le maître des cuves, Éloi Deit, d'expérimenter davantage. «Avec Luc Lafontaine, du Dieu du Ciel!, on a décidé de tenter une sour mash [moût aigre] fermentée pendant quatre jours au lieu d'une heure ou deux. Ce sont des habitués de ce type de bière, alors j'ai essayé de profiter de leur expertise.»
Le résultat? Une brune foncée, pas mal houblonnée et à 35 IBU d'amertume, appelée La Pouliche. Celui qui oeuvre dans les tréfonds de ce débit depuis 2002 a pour sa part accueilli dans son giron Jean-Philippe Barbeau, du Loup rouge de Sorel. «On avait envie de faire une Saison avec eux, une spécialité qu'on a développée ici.»
Bien qu'il ait fait ses classes aux laboratoires Maska ainsi qu'au Siebel Institute of Technology de Chicago, Deit considère que le partage des connaissances est nécessaire entre brasseurs.
S'associer aux autres est aussi une bonne manière de composer avec les différentes réglementations québécoises: «Moi et Jérôme sommes allés brasser à l'Anse-Saint-Jean la Cheval Vapeur [une California «uncommon» beer], parce que si nous l'avions produite chez nous, il aurait fallu stocker notre bière pendant deux-trois mois dans les entrepôts de la Société des alcools, dans des conditions que nous n'aurions pas contrôlées. Et aussi parce qu'obtenir le permis de distribution, c'est très long; on n'aurait jamais pu offrir ce type de bière pendant l'événement phare de nos 25 ans.»
Car, en plus de proposer à leur fidèle clientèle de savoureuses expérimentations vieillies en barrique de bourbon, Le Ch'val invite plusieurs artistes dans ses écuries. S'il y a bien une chose qu'on ne retrouve pas dans les festivals de bière, c'est l'ambiance de chaque quartier où sont nichées les microbrasseries et toute la faune artistique qui rôde alentour.
Aux murs de l'ancienne taverne maintenant agrandie, située à l'angle des rues Saint-Hubert et Ontario, on a déjà suspendu les oeuvres magnifiques et chaotiques de l'ancien brasseur Marc Leduc. Elles côtoient les espiègles personnages de Gigi Perron qui se sont souvent réfugiés sur les affiches du bar.
Et que demander de mieux pour accompagner le swing de vos papilles durant les dégustations que le son folk urbain de monsieur tobo ou celui d'Urbain Desbois? Les Lazy Lovers et Justejuste accompagneront les deux autres mardis de plaisir gustatif jusqu'au point culminant des festivités, quand le Cheval Blanc trottera à destination du Lion d'Or.
Pour le prix d'une pinte, il sera possible d'assister à un Cabaret bancal qui réunira L'Orchestre Équestre, WD-40, Éric Goulet, Bernard Adamus, Jérémi Mourand et Delatourette, dans un grand tintement de pintes de Cheval Vapeur. De quoi souhaiter une célébration aussi faste avant le prochain quart de siècle!
***
À déguster
Mardi 10 avril
Dieu du Ciel! et Le Cheval Blanc. La Pouliche (bière brune demi-sure)
Microbrasserie Le Naufrageur de Carleton. La Jolly Roger (brune au miel et vanille vieillie en fût de bourbon) et une Double Wit
Brasserie Dunham. Une Saison en cask dry hoppé avec Motueka et Calypso et une Stout Impériale Russe en cask
Le Trou du Diable de Shawinigan. La Traction Ale (ale belge), une Saison du tracteur et la Dubaï Pillé (Imp. IPA)
Mardi 17 avril
Brasseurs de Montréal. Une London Ruby vieillie en fût de bourbon
Loup Rouge de Sorel et Le Cheval Blanc. La Saison du Loup
Broadway Pub de Shawinigan. L'Elixir de Belphégor (barley wine vieillie en fût de bourbon) et une Mustang Black IPA
Brasseurs du Temps de Gatineau. La Mea Magna Culpa (barley wine vieillie en fût de bourbon) et une Diable au Corps (Imperial IPA)
Mardi 24 avril
Microbrasserie À la fût de Saint-Tite. Une British Brown Ale
Brasserie Hopfenstark à L'Assomption. La Pléïade Maïa (une belge pas ordinaire!)
Microbrasserie du Lac-Saint-Jean à Saint-Gédéon. Une Tante Tricotante (triple belge) et la Cache à Épices (gruit ale brune belge)
D'aucuns se souviennent de l'époque où Le Cheval Blanc était ce mythique couloir en stratifié vert où se mélangeaient dans les volutes de fumée de cigarette la simplicité désarmante de son personnel et les effluves de houblon qui émanaient des cuves blotties en son coeur.
Un quart de siècle s'est d'ailleurs écoulé depuis que l'authentique taverne du Faubourg à m'lasse a obtenu le premier permis de brassage traditionnel à Montréal. C'est ce que ses artisans ont décidé de célébrer durant tout le mois d'avril, en invitant amis et collègues brasseurs à honorer la bière de spécialité.
«Le Mondial de la bière ne nous offre pas autant de possibilités. Y participer coûte cher et n'incite pas nécessairement à la collaboration entre les brasseurs. L'étiquette devient plus importante que le produit», estime un des copropriétaires, François Martel.
C'est pourquoi plusieurs «micros» décident, à l'occasion de leurs anniversaires respectifs, de s'associer pour faire l'éloge des différentes déclinaisons de cervoises. «La concurrence n'est pas là, il s'agit de partager un savoir», souligne Martel.
Et les occasions ne manquent pas! Les microbrasseries québécoises ont indéniablement essaimé depuis 25 ans. Une véritable tradition brassicole s'est instaurée chez nous.
Aussi, plusieurs ignorent que le fondateur du Cheval Blanc et maintenant directeur de la production aux Brasseurs RJ, Jérôme C. Denys, en était l'un des instigateurs en 1987. Suivant certains établissements en Estrie et les conseils de son précieux acolyte de l'époque, l'éminent Pierre Rajotte, il a favorisé la naissance d'une génération de petites brasseries donnant dans les «mousses» aux recettes toutes plus originales les unes que les autres.
Le Cheval Blanc, «heureux de ne plus faire cavalier seul dans le domaine», accueille donc jusqu'à la fin du mois les créations diversifiées de ces passionnés de la bière au Québec. L'occasion pour le maître des cuves, Éloi Deit, d'expérimenter davantage. «Avec Luc Lafontaine, du Dieu du Ciel!, on a décidé de tenter une sour mash [moût aigre] fermentée pendant quatre jours au lieu d'une heure ou deux. Ce sont des habitués de ce type de bière, alors j'ai essayé de profiter de leur expertise.»
Le résultat? Une brune foncée, pas mal houblonnée et à 35 IBU d'amertume, appelée La Pouliche. Celui qui oeuvre dans les tréfonds de ce débit depuis 2002 a pour sa part accueilli dans son giron Jean-Philippe Barbeau, du Loup rouge de Sorel. «On avait envie de faire une Saison avec eux, une spécialité qu'on a développée ici.»
Bien qu'il ait fait ses classes aux laboratoires Maska ainsi qu'au Siebel Institute of Technology de Chicago, Deit considère que le partage des connaissances est nécessaire entre brasseurs.
S'associer aux autres est aussi une bonne manière de composer avec les différentes réglementations québécoises: «Moi et Jérôme sommes allés brasser à l'Anse-Saint-Jean la Cheval Vapeur [une California «uncommon» beer], parce que si nous l'avions produite chez nous, il aurait fallu stocker notre bière pendant deux-trois mois dans les entrepôts de la Société des alcools, dans des conditions que nous n'aurions pas contrôlées. Et aussi parce qu'obtenir le permis de distribution, c'est très long; on n'aurait jamais pu offrir ce type de bière pendant l'événement phare de nos 25 ans.»
Car, en plus de proposer à leur fidèle clientèle de savoureuses expérimentations vieillies en barrique de bourbon, Le Ch'val invite plusieurs artistes dans ses écuries. S'il y a bien une chose qu'on ne retrouve pas dans les festivals de bière, c'est l'ambiance de chaque quartier où sont nichées les microbrasseries et toute la faune artistique qui rôde alentour.
Aux murs de l'ancienne taverne maintenant agrandie, située à l'angle des rues Saint-Hubert et Ontario, on a déjà suspendu les oeuvres magnifiques et chaotiques de l'ancien brasseur Marc Leduc. Elles côtoient les espiègles personnages de Gigi Perron qui se sont souvent réfugiés sur les affiches du bar.
Et que demander de mieux pour accompagner le swing de vos papilles durant les dégustations que le son folk urbain de monsieur tobo ou celui d'Urbain Desbois? Les Lazy Lovers et Justejuste accompagneront les deux autres mardis de plaisir gustatif jusqu'au point culminant des festivités, quand le Cheval Blanc trottera à destination du Lion d'Or.
Pour le prix d'une pinte, il sera possible d'assister à un Cabaret bancal qui réunira L'Orchestre Équestre, WD-40, Éric Goulet, Bernard Adamus, Jérémi Mourand et Delatourette, dans un grand tintement de pintes de Cheval Vapeur. De quoi souhaiter une célébration aussi faste avant le prochain quart de siècle!
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À déguster
Mardi 10 avril
Dieu du Ciel! et Le Cheval Blanc. La Pouliche (bière brune demi-sure)
Microbrasserie Le Naufrageur de Carleton. La Jolly Roger (brune au miel et vanille vieillie en fût de bourbon) et une Double Wit
Brasserie Dunham. Une Saison en cask dry hoppé avec Motueka et Calypso et une Stout Impériale Russe en cask
Le Trou du Diable de Shawinigan. La Traction Ale (ale belge), une Saison du tracteur et la Dubaï Pillé (Imp. IPA)
Mardi 17 avril
Brasseurs de Montréal. Une London Ruby vieillie en fût de bourbon
Loup Rouge de Sorel et Le Cheval Blanc. La Saison du Loup
Broadway Pub de Shawinigan. L'Elixir de Belphégor (barley wine vieillie en fût de bourbon) et une Mustang Black IPA
Brasseurs du Temps de Gatineau. La Mea Magna Culpa (barley wine vieillie en fût de bourbon) et une Diable au Corps (Imperial IPA)
Mardi 24 avril
Microbrasserie À la fût de Saint-Tite. Une British Brown Ale
Brasserie Hopfenstark à L'Assomption. La Pléïade Maïa (une belge pas ordinaire!)
Microbrasserie du Lac-Saint-Jean à Saint-Gédéon. Une Tante Tricotante (triple belge) et la Cache à Épices (gruit ale brune belge)








