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De qui dépendons-nous pour manger?

Philippe Mollé   1 octobre 2011  Alimentation
Les enfants adorent cuisiner, et les ateliers de cuisine sont en croissance dans les colonies de vacances, les garderies et certaines écoles qui offrent aussi des cours portant sur l’alimentation.<br />
Photo : Philippe Mollé
Les enfants adorent cuisiner, et les ateliers de cuisine sont en croissance dans les colonies de vacances, les garderies et certaines écoles qui offrent aussi des cours portant sur l’alimentation.
Manger est bien sûr d'abord un acte nécessaire à la survie. Mais celui-ci est influencé par les orientations culturelles et religieuses des différents peuples, ainsi que par d'autres facteurs, par exemple les allergies, la publicité, etc.

Cette semaine, les résultats d'une grande étude québécoise intitulée «Tout le monde à table» nous confirmaient ce que nous savions déjà depuis plusieurs années, notamment que les familles n'échangent plus durant les repas et que les enfants (et souvent les parents) regardent la télévision en mangeant.

Après 16 000 kilomètres et plus de 32 000 réponses, on a découvert néanmoins que 44 % des parents disent ne pas savoir quoi préparer pour le souper avant 17 h... Cela ne serait pas grave si ces mêmes parents faisaient preuve d'imagination, savaient acheter les bons produits et commet les préparer. Mais bien des familles se retrouvent devant le dilemme suivant: faire à manger ou commander pâtes, poulet, pizza ou poutine.

Cette évolution, ou changement de comportement, assure depuis plusieurs années déjà le succès que l'on connaît pour le prêt-à-manger, pratique, mais qui ne constitue pas toujours un repas équilibré. Et les enfants de l'ère Internet se soucient plus du dernier modèle de Nintendo que de ce qu'ils mangeront au dîner.

M'man, j'ai faim!


Si le gouvernement et les municipalités essaient tant bien que mal de légiférer sur les habitudes de consommation des enfants dans les commissions scolaires et les arénas, par exemple, il revient aux parents d'assumer cette responsabilité, qui les concerne en premier lieu. Car il ne suffit pas de retirer les frites, les hot-dogs ou la poutine des centres sportifs pour enrayer la progression du fast-food.

À mon avis, l'excuse trop facile du manque de temps pour préparer les repas avancée par les parents n'est pas valable. En effet, il n'est pas nécessaire de passer trois heures en cuisine pour qu'un repas soit bon et sain. Il ne s'est jamais publié autant de livres de cuisine, jamais l'équipement des cuisines n'a été aussi performant, jamais les conseils et les émissions de télévision n'ont été aussi présents sur les chaînes publiques ou câblées. Alors, est-ce paresse ou désintéressement?

On a trop facilité, à la maison, les repas ou les collations pris à n'importe quelle heure de la journée, au détriment du repas partagé en famille. Il est courant, désormais, de voir les enfants et leurs parents manger à des heures différentes. Des parents qui vivent souvent eux-mêmes une situation instable ou difficile et qui négligent les repas en compensant par une foule d'autres activités.

La source

De qui dépendons-nous pour manger? La question se pose car, si, traditionnellement, ce sont les parents qui décident pour les enfants, il arrive fréquemment que ces derniers choisissent eux-mêmes ce qu'ils veulent manger, et même parfois qu'ils décident pour leurs parents.

Les messages publicitaires à la télévision ou sur le Web portant sur l'alimentation rapide sont nettement plus nombreux que ceux vantant les aliments bons pour la santé. Les grandes chaînes de restauration rapide savent très bien comment aller chercher cette clientèle captive que sont les enfants.

Pourtant, on le sait, les enfants adorent cuisiner. C'est une activité en croissance dans les colonies de vacances, les garderies et certaines écoles qui offrent maintenant des cours de cuisine ou portant sur l'alimentation.

Comprendre l'alimentation passe par la cuisine, certes, mais surtout par la science de l'aliment: savoir d'où il provient, suivre son évolution, sa transformation, etc. Une bonne alimentation implique en principe de suivre les saisons, de consommer les produits d'ici, de connaître ses artisans, la valeur nutritionnelle des aliments, sans oublier le respect de l'environnement. Apprendre à acheter les bons aliments est essentiel dans une démarche collective.

Le problème viendrait-il des parents? De ceux qui, pour se déculpabiliser de ne pas être suffisamment présents, permettent les excès de boissons énergétiques ou d'aliments riches en sucre et en gras trans?

Ce que nous savions depuis déjà 10 ans n'a guère changé. La malbouffe est bien installée et il est difficile de la contrer, car souvent, ce sont les parents eux-mêmes qui l'achètent!

***

Biblioscopie

Apollo 2

Giovanni Appolo

Éditions Transcontinental

2011, 150 pages

Voilà un des plus beaux livres de cuisine conçus par un chef du Québec. Giovanni Appolo réalise avec cet ouvrage un rêve d'édition, celui de «faire un beau livre».

Les photographies sont magnifiques, les recettes, alléchantes et les conseils sur les vins, des plus intéressants. Le tout forme un ouvrage de qualité qui met en valeur 30 ingrédients-vedettes et propose cinq recettes à partir de chacun de ces ingrédients.

Découvertes

Yogourt Oikos de Danone

J'ai testé et aimé le yogourt Oikos de Danone. Un tout nouveau produit qui présente un yogourt plus compact, moins gras et vraiment goûteux. Nature, à la vanille, au miel, aux bleuets ou aux fraises, il est vendu en paquet de 4 contenants de 100 g ou encore en format de 500 g. C'est un bon produit, facile à utiliser en cuisine, et qui peut remplacer la mayonnaise ou le fromage à la crème dans les préparations froides. Disponible partout.

Une bonne collation pour tous


Grok est un nouveau produit qui a été primé au Salon international de l'alimentation SIAL Canada en mai dernier, à Toronto. Il s'agit de bouchées croustillantes faites à partir de Grana Padano, qui sont intéressantes tant pour leur goût que pour leurs qualités nutritives. Grok, offert en trois saveurs, est distribué et importé par Gattuso. Prix suggéré pour des sachets de 12 grammes: de 1,25 $ à 2 $. Format de 60 g: de 5 $ à 6 $.

***

Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l'entendre tous les samedis matin à l'émission de Joël Le Bigot Samedi et rien d'autre, à la Première chaîne de Radio-Canada.
 
 
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  • SUE MURPHY - Inscrite
    1 octobre 2011 07 h 51
    GRIK GRAK GROK
    Hâte de goûter à du GROK dans un OIKOS ;) sûrement très bon au goût et pour la santé. Santé! Sue en panne d'idée pour des articles au www.marketingting.com
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  • Mario Tremblay - Abonné
    1 octobre 2011 10 h 51
    L'information!
    Lorsque vous dites : « Il ne s'est jamais publié autant de livres de cuisine, jamais l'équipement des cuisines n'a été aussi performant, jamais les conseils et les émissions de télévision n'ont été aussi présents sur les chaînes publiques ou câblées. », ça m'interpelle.
    Depuis longtemps déjà je dis que la masse d'informations abrutit les gens plus qu'elle ne les informe. Toute cette abondance ne sert strictement à rien, sinon à vendre un produit quelconque.
    Des cours de cuisine dans les écoles! Il y a 45 ans, ça s'appelait l'enseignement ménager, malheureusement c'était réservé aux filles seulement.
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  • camelot - Inscrit
    1 octobre 2011 12 h 21
    Pollution médiatique et mode
    "À mon avis, l'excuse trop facile du manque de temps pour préparer les repas avancée par les parents n'est pas valable. (...) Il ne s'est jamais publié autant de livres de cuisine, jamais l'équipement des cuisines n'a été aussi performant, jamais les conseils et les émissions de télévision n'ont été aussi présents sur les chaînes publiques ou câblées.

    Voilà le problème. Il y a pollution télévisuelle. On n'enseigne pas à cuisiner : on s'amuse de la cuisine. La majorité de ces émissions ne valent rien sur le plan de l'art culinaire. Ce sont des émissions de variétés. Au détriment de la bonne cuisine. Les gens sont désinformés sur les bonnes méthodes, techniques et ressources. On en voit la preuve à cette émission où cinq personnes s'affrontent tous les soirs. L'éternel tartare, la crème brûlée,le tiramisu, tous des clichés massacrés. Ces demoiselles ont perdu la grande cuisine traditionnelle de leurs mères et grands-mères. Et ce n'est pas en regardant la télé qu'elles vont le retrouver. Aucune d'elles ne sait planifier sa semaine de menus qui était si simple hier encore. Chez nous on cuisinait les samedis pour toute la semaine. Le dimanche on recevait. Pas question de manger devant la télé. On fermait le poste avant de souper. Ne cherchez pas plus loin l'aliénation culinaire de ce temps.
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  • Naturelebo - Inscrit
    1 octobre 2011 16 h 07
    Mal-bouffe vs tabac
    la mal-bouffe est responsable de l'obésité, du diabète de type 2 et de bien d'autres maladies.

    je crois même que la mal-bouffe est pire pour la santé que le tabac chez une personne qui mange santé.

    et pourtant, que devons-nous faire, mettre des photos de grosses personnes devant les mcdo, interdire le dessert pour les moins de 8 ans et j'en passe.

    NON !!!

    Bref, on ne peut pas demander à l'État de s'occuper de nos tentations et de nos travers de vie... il y a tout facile dans cette vie et il est temps de commencer à apprendre à vivre sa vie de façon autonome par l'aide de l'État oui, mais pas par son paternaliste.

    Moi je fumais, ce n'est pas la faute de la cigarette, des compagnies, de l'État et etc, c'est de ma faute, c'est de cette façon que je suis devenu autonome et pris en main ma destinée... et non, ce n'est pas les photos dégueulasses qui m'ont fait arrêter.

    Les gens ne savent pas cuisiner, mais savent aller sur internet, justement des recettes sur internet, il en pleut et je dirais que pas beaucoup de monde de moins de 40 ans ne sait pas lire, alors, la vraie problématique est la paresse qui gagne notre nation et tout l'Occident, la paresse du corps, de l'esprit et de l'âme...

    Voilà, moi, je sais toujours bien que je ne vais pas séparer mes enfants des tentations, je vais leurs enseigner de s'y auto-gérer dans ce monde rempli de tentations. IL EST LÀ LE NOYAU DE LA PROBLÉMATIQUE OCCIDENTALE !!!

    Moi, je suis étudiant et je ne cuisinais pas et j'ai finalement réalisé que oui les restos, c'est bon, mais ce n'est pas comme un repas qu'on cuisine, c'est moins cher DE CUISINER EN PLUS D'ÊTRE UNE BELLE ACTIVITÉ.

    Finalement, il est mentir que de dire que manger SANTÉ coûte cher, ce qui coûte cher est la mal-bouffe justement, une boîte de gâteau Vachon, c'est 3$, mcdo, c'est environ 8-10$ par repas... légumes, riz, fruits et un peu de viande, c'est pas vrai que ça coûte cher, ce qui coûte cher vraiment, c'est le prêt-à-
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  • Naturelebo - Inscrit
    1 octobre 2011 16 h 11
    Manquer de temps
    COMPARONS

    commander du PFK = entre 20-40 minutes la réception à domicile du repas.

    Cuisinez un sauté de légumes variés (au choix) avec du poulet accompagné de riz... moi, ce repas me prend (couper, cuire) entre 30 et 40 minutes !!!

    c'est un délice pour la bouche et le corps !!!

    Voilà pour le temps !!!
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