De qui dépendons-nous pour manger?
Photo : Philippe Mollé
Les enfants adorent cuisiner, et les ateliers de cuisine sont en croissance dans les colonies de vacances, les garderies et certaines écoles qui offrent aussi des cours portant sur l’alimentation.
Manger est bien sûr d'abord un acte nécessaire à la survie. Mais celui-ci est influencé par les orientations culturelles et religieuses des différents peuples, ainsi que par d'autres facteurs, par exemple les allergies, la publicité, etc.
Cette semaine, les résultats d'une grande étude québécoise intitulée «Tout le monde à table» nous confirmaient ce que nous savions déjà depuis plusieurs années, notamment que les familles n'échangent plus durant les repas et que les enfants (et souvent les parents) regardent la télévision en mangeant.
Après 16 000 kilomètres et plus de 32 000 réponses, on a découvert néanmoins que 44 % des parents disent ne pas savoir quoi préparer pour le souper avant 17 h... Cela ne serait pas grave si ces mêmes parents faisaient preuve d'imagination, savaient acheter les bons produits et commet les préparer. Mais bien des familles se retrouvent devant le dilemme suivant: faire à manger ou commander pâtes, poulet, pizza ou poutine.
Cette évolution, ou changement de comportement, assure depuis plusieurs années déjà le succès que l'on connaît pour le prêt-à-manger, pratique, mais qui ne constitue pas toujours un repas équilibré. Et les enfants de l'ère Internet se soucient plus du dernier modèle de Nintendo que de ce qu'ils mangeront au dîner.
M'man, j'ai faim!
Si le gouvernement et les municipalités essaient tant bien que mal de légiférer sur les habitudes de consommation des enfants dans les commissions scolaires et les arénas, par exemple, il revient aux parents d'assumer cette responsabilité, qui les concerne en premier lieu. Car il ne suffit pas de retirer les frites, les hot-dogs ou la poutine des centres sportifs pour enrayer la progression du fast-food.
À mon avis, l'excuse trop facile du manque de temps pour préparer les repas avancée par les parents n'est pas valable. En effet, il n'est pas nécessaire de passer trois heures en cuisine pour qu'un repas soit bon et sain. Il ne s'est jamais publié autant de livres de cuisine, jamais l'équipement des cuisines n'a été aussi performant, jamais les conseils et les émissions de télévision n'ont été aussi présents sur les chaînes publiques ou câblées. Alors, est-ce paresse ou désintéressement?
On a trop facilité, à la maison, les repas ou les collations pris à n'importe quelle heure de la journée, au détriment du repas partagé en famille. Il est courant, désormais, de voir les enfants et leurs parents manger à des heures différentes. Des parents qui vivent souvent eux-mêmes une situation instable ou difficile et qui négligent les repas en compensant par une foule d'autres activités.
La source
De qui dépendons-nous pour manger? La question se pose car, si, traditionnellement, ce sont les parents qui décident pour les enfants, il arrive fréquemment que ces derniers choisissent eux-mêmes ce qu'ils veulent manger, et même parfois qu'ils décident pour leurs parents.
Les messages publicitaires à la télévision ou sur le Web portant sur l'alimentation rapide sont nettement plus nombreux que ceux vantant les aliments bons pour la santé. Les grandes chaînes de restauration rapide savent très bien comment aller chercher cette clientèle captive que sont les enfants.
Pourtant, on le sait, les enfants adorent cuisiner. C'est une activité en croissance dans les colonies de vacances, les garderies et certaines écoles qui offrent maintenant des cours de cuisine ou portant sur l'alimentation.
Comprendre l'alimentation passe par la cuisine, certes, mais surtout par la science de l'aliment: savoir d'où il provient, suivre son évolution, sa transformation, etc. Une bonne alimentation implique en principe de suivre les saisons, de consommer les produits d'ici, de connaître ses artisans, la valeur nutritionnelle des aliments, sans oublier le respect de l'environnement. Apprendre à acheter les bons aliments est essentiel dans une démarche collective.
Le problème viendrait-il des parents? De ceux qui, pour se déculpabiliser de ne pas être suffisamment présents, permettent les excès de boissons énergétiques ou d'aliments riches en sucre et en gras trans?
Ce que nous savions depuis déjà 10 ans n'a guère changé. La malbouffe est bien installée et il est difficile de la contrer, car souvent, ce sont les parents eux-mêmes qui l'achètent!
***
Biblioscopie
Apollo 2
Giovanni Appolo
Éditions Transcontinental
2011, 150 pages
Voilà un des plus beaux livres de cuisine conçus par un chef du Québec. Giovanni Appolo réalise avec cet ouvrage un rêve d'édition, celui de «faire un beau livre».
Les photographies sont magnifiques, les recettes, alléchantes et les conseils sur les vins, des plus intéressants. Le tout forme un ouvrage de qualité qui met en valeur 30 ingrédients-vedettes et propose cinq recettes à partir de chacun de ces ingrédients.
Découvertes
Yogourt Oikos de Danone
J'ai testé et aimé le yogourt Oikos de Danone. Un tout nouveau produit qui présente un yogourt plus compact, moins gras et vraiment goûteux. Nature, à la vanille, au miel, aux bleuets ou aux fraises, il est vendu en paquet de 4 contenants de 100 g ou encore en format de 500 g. C'est un bon produit, facile à utiliser en cuisine, et qui peut remplacer la mayonnaise ou le fromage à la crème dans les préparations froides. Disponible partout.
Une bonne collation pour tous
Grok est un nouveau produit qui a été primé au Salon international de l'alimentation SIAL Canada en mai dernier, à Toronto. Il s'agit de bouchées croustillantes faites à partir de Grana Padano, qui sont intéressantes tant pour leur goût que pour leurs qualités nutritives. Grok, offert en trois saveurs, est distribué et importé par Gattuso. Prix suggéré pour des sachets de 12 grammes: de 1,25 $ à 2 $. Format de 60 g: de 5 $ à 6 $.
***
Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l'entendre tous les samedis matin à l'émission de Joël Le Bigot Samedi et rien d'autre, à la Première chaîne de Radio-Canada.
Cette semaine, les résultats d'une grande étude québécoise intitulée «Tout le monde à table» nous confirmaient ce que nous savions déjà depuis plusieurs années, notamment que les familles n'échangent plus durant les repas et que les enfants (et souvent les parents) regardent la télévision en mangeant.
Après 16 000 kilomètres et plus de 32 000 réponses, on a découvert néanmoins que 44 % des parents disent ne pas savoir quoi préparer pour le souper avant 17 h... Cela ne serait pas grave si ces mêmes parents faisaient preuve d'imagination, savaient acheter les bons produits et commet les préparer. Mais bien des familles se retrouvent devant le dilemme suivant: faire à manger ou commander pâtes, poulet, pizza ou poutine.
Cette évolution, ou changement de comportement, assure depuis plusieurs années déjà le succès que l'on connaît pour le prêt-à-manger, pratique, mais qui ne constitue pas toujours un repas équilibré. Et les enfants de l'ère Internet se soucient plus du dernier modèle de Nintendo que de ce qu'ils mangeront au dîner.
M'man, j'ai faim!
Si le gouvernement et les municipalités essaient tant bien que mal de légiférer sur les habitudes de consommation des enfants dans les commissions scolaires et les arénas, par exemple, il revient aux parents d'assumer cette responsabilité, qui les concerne en premier lieu. Car il ne suffit pas de retirer les frites, les hot-dogs ou la poutine des centres sportifs pour enrayer la progression du fast-food.
À mon avis, l'excuse trop facile du manque de temps pour préparer les repas avancée par les parents n'est pas valable. En effet, il n'est pas nécessaire de passer trois heures en cuisine pour qu'un repas soit bon et sain. Il ne s'est jamais publié autant de livres de cuisine, jamais l'équipement des cuisines n'a été aussi performant, jamais les conseils et les émissions de télévision n'ont été aussi présents sur les chaînes publiques ou câblées. Alors, est-ce paresse ou désintéressement?
On a trop facilité, à la maison, les repas ou les collations pris à n'importe quelle heure de la journée, au détriment du repas partagé en famille. Il est courant, désormais, de voir les enfants et leurs parents manger à des heures différentes. Des parents qui vivent souvent eux-mêmes une situation instable ou difficile et qui négligent les repas en compensant par une foule d'autres activités.
La source
De qui dépendons-nous pour manger? La question se pose car, si, traditionnellement, ce sont les parents qui décident pour les enfants, il arrive fréquemment que ces derniers choisissent eux-mêmes ce qu'ils veulent manger, et même parfois qu'ils décident pour leurs parents.
Les messages publicitaires à la télévision ou sur le Web portant sur l'alimentation rapide sont nettement plus nombreux que ceux vantant les aliments bons pour la santé. Les grandes chaînes de restauration rapide savent très bien comment aller chercher cette clientèle captive que sont les enfants.
Pourtant, on le sait, les enfants adorent cuisiner. C'est une activité en croissance dans les colonies de vacances, les garderies et certaines écoles qui offrent maintenant des cours de cuisine ou portant sur l'alimentation.
Comprendre l'alimentation passe par la cuisine, certes, mais surtout par la science de l'aliment: savoir d'où il provient, suivre son évolution, sa transformation, etc. Une bonne alimentation implique en principe de suivre les saisons, de consommer les produits d'ici, de connaître ses artisans, la valeur nutritionnelle des aliments, sans oublier le respect de l'environnement. Apprendre à acheter les bons aliments est essentiel dans une démarche collective.
Le problème viendrait-il des parents? De ceux qui, pour se déculpabiliser de ne pas être suffisamment présents, permettent les excès de boissons énergétiques ou d'aliments riches en sucre et en gras trans?
Ce que nous savions depuis déjà 10 ans n'a guère changé. La malbouffe est bien installée et il est difficile de la contrer, car souvent, ce sont les parents eux-mêmes qui l'achètent!
***
Biblioscopie
Apollo 2
Giovanni Appolo
Éditions Transcontinental
2011, 150 pages
Voilà un des plus beaux livres de cuisine conçus par un chef du Québec. Giovanni Appolo réalise avec cet ouvrage un rêve d'édition, celui de «faire un beau livre».
Les photographies sont magnifiques, les recettes, alléchantes et les conseils sur les vins, des plus intéressants. Le tout forme un ouvrage de qualité qui met en valeur 30 ingrédients-vedettes et propose cinq recettes à partir de chacun de ces ingrédients.
Découvertes
Yogourt Oikos de Danone
J'ai testé et aimé le yogourt Oikos de Danone. Un tout nouveau produit qui présente un yogourt plus compact, moins gras et vraiment goûteux. Nature, à la vanille, au miel, aux bleuets ou aux fraises, il est vendu en paquet de 4 contenants de 100 g ou encore en format de 500 g. C'est un bon produit, facile à utiliser en cuisine, et qui peut remplacer la mayonnaise ou le fromage à la crème dans les préparations froides. Disponible partout.
Une bonne collation pour tous
Grok est un nouveau produit qui a été primé au Salon international de l'alimentation SIAL Canada en mai dernier, à Toronto. Il s'agit de bouchées croustillantes faites à partir de Grana Padano, qui sont intéressantes tant pour leur goût que pour leurs qualités nutritives. Grok, offert en trois saveurs, est distribué et importé par Gattuso. Prix suggéré pour des sachets de 12 grammes: de 1,25 $ à 2 $. Format de 60 g: de 5 $ à 6 $.
***
Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l'entendre tous les samedis matin à l'émission de Joël Le Bigot Samedi et rien d'autre, à la Première chaîne de Radio-Canada.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

