Rêver en espagnol
Vu le côté nightclub de l'endroit, on pourrait croire que le nom «Sonar» fait référence à l'écho des basses de la musique électronique savamment mixée par les DJ du lieu quand la soirée se rapproche de la nuit. Ce serait oublier le tilde (~) placé au-dessus du n, qui en fait plutôt le «Soñar» («rêver», en espagnol), un petit endroit où l'Espagne passe par les saveurs grâce à sa spécialité de tapas.
Au total, ce resto-bar-club est un peu sonar, un peu soñar, vu son mélange de tradition espagnole et d'atmosphère cool dans un décor branché, assortiment d'enclaves chaleureuses dans sa coquille de béton. Coin Cartier et Aberdeen, à Québec, le Soñar est en effet installé dans un sous-sol plus invitant qu'on le croirait, un local qui avait fait les premières belles heures du Métropolitain, du temps où celui-ci était le premier — et déjà le meilleur — resto de sushis de Québec. Son successeur, après un hiatus qui a laissé peu de souvenirs (Le Zazou? La Zazie?), devrait avoir le même bonheur puisqu'il introduit une primeur sur la rue Cartier avec ces assortiments de petites bouchées savoureuses servies dans de petits plats de terre cuite.
Et je dois vous dire que c'est diablement réussi. Entre les dattes farcies au chorizo et serrano, l'oeuf à l'andalouse, le portobella farci au fromage féta et ciboulette, la paella cuchara, l'aubergine farcie au manchego et crevettes et 23 autres variétés de tapas froids ou chauds, le voyage a effectivement de quoi vous faire rêver à une fin d'après-midi ensoleillée quelque part entre Séville, Jerez et Madrid. Le midi, quatre ou cinq choix dans la palette offerte à 1,99 $ pièce vous feront un excellent dîner. Le soir, une ou deux variétés de plus, étalées tranquillement au rythme de la conversation, et des verres choisis parmi une belle sélection abordable de vins (surtout) espagnols vous bourreront amplement la panse: après quelques tapas, on comprend bien pourquoi les Espagnols ne soupent apparemment pas avant 22h...
Nos préférés, lors de nos deux derniers passages, ont été le croustillant de poisson (vraiment superbe, en particulier quand le poisson du jour est du tilapia), l'aubergine épépinée en forme de gâteau cannelé, farcie d'une sauce crémeuse au manchego et aux petites crevettes, l'oeuf à l'andalouse, gratiné et poché dans une sauce tomatée bien relevée, la tortilla, grand classique du genre, et le roulé de saumon fumé aux endives, comme un sushi à l'envers, le saumon faisant office d'algue et l'endive et le fromage tenant le rôle du poisson. Ma douce moitié a également apprécié les tostadas d'anchois et tomate, simples comme tout: une petite tranche de pain grillé, une tranche de tomate mûre et un anchois complet, le croustillant du pain, la fraîcheur de la tomate et le salé de l'anchois se mariant fort harmonieusement. Seule petite ombre au tableau, un ceviche de gambas qui manquait un peu de zeste et de netteté, mais c'est bien pour chipoter qu'on dit ça.
Lors d'un prochain retour, on voudra bien plonger dans le reste de la carte, qui offre aussi quelques plats bien choisis, avec une seule composante vraiment pas hispanique, soit une sélection de plats de gibier aux apprêts tout québécois. Dans ses premiers jours, le Soñar avait essayé d'en faire un peu trop avec une table d'hôte à la française et une carte dispersée. Mieux concentré sur ses priorités, il vise maintenant très juste.
Est-ce le côté club de l'endroit qui fait filer le temps trop doucement? Le service est éminemment sympathique, d'accord, mais nous avons eu par petits moments l'impression d'être un peu oubliés et d'avoir à secouer vigoureusement le bras pour qu'on vienne prendre la suite de la commande. Avant le dessert, notamment, nos verres et nos assiettes sont restés vides un bon petit moment. La crème brûlée au chocolat et à la mangue, un peu plus près du pudding cuit que de la vraie crème brûlée, a quand même valu l'attente et bien fini bien le parcours.
Une prochaine fois, j'y retournerai bien en fin de soirée pour profiter des rythmes propulsés par les tables tournantes. Et un jour, j'aimerais bien y prendre un petit verre de xérès fino, bien sec et froid, avec les tapas, pour me sentir encore plus en Espagne. On peut toujours rêver...
Soñar
1147, avenue Cartier
(418) 640-7333
Les midis de semaine, la formule tapas à 1,99 $ pièce est une belle façon de s'offrir un repas varié et différent à prix très raisonnable. Pour le repas du soir, comptez entre 50 et 60 $ pour deux personnes, avant taxes, vin et service, selon les appétits.
***
Découvrir Québec par les papilles
Dans la région de la Capitale-Nationale comme dans beaucoup de régions du Québec, les producteurs artisanaux de produits fins ont poussé comme des champignons au cours des dernières années. L'intérêt croissant pour ces ressources gastronomiques sympathiques permet aujourd'hui le regroupement d'une quarantaine de producteurs sous l'enseigne promotionnelle du Parcours gourmand.
Mis en valeur dans le cadre du Festival de la gastronomie de Québec, qui a attiré quelque 31 000 visiteurs au Centre de foires de Québec du 23 au 25 avril dernier, le Parcours gourmand permet au visiteur gourmand de découvrir des producteurs de cidres, de viandes fines, de fromages, de fruits ou d'érable, par catégorie de produits ou par sous-région, de Portneuf à Charlevoix en passant par la côte de Beaupré, l'île d'Orléans, la Jacques-Cartier et la ville même de Québec. De quoi bien agrémenter les promenades du week-end ou les prochaines vacances.
Ces renseignements sont disponibles dans un dépliant fort réussi et sur le site Internet www.
parcoursgourmand.com.
***
Les nappes du mois
Qu'elles soient de récentes découvertes ou des repaires revisités, voici certaines des bonnes tables de la capitale, tous budgets et tous arrondissements confondus, du petit boui-boui sympathique au grand rendez-vous gastronomique.
Café du Monde
84, rue Dalhousie
(418) 692-4455
Pour le Café du Monde, traverser la rue pour s'installer auprès du fleuve a été un grand bond en avant. Ce bistro très français est toujours plein (il est presque impératif de réserver pour avoir une place), la bouffe a pris du mieux, personne ne se prend la tête et la vue vaut à elle seule le détour.
Café Krieghoff
1089, avenue Cartier
(418) 522-3711
Bien sûr, on y trouve une bonne petite table d'hôte bien mitonnée et de la restauration simple et souvent santé, mais on retourne avant tout à ce café jeune d'un quart de siècle pour l'atmosphère, tout aussi propice à la méditation autour d'un bol de café au lait qu'aux grandes conversations amicales où on refait le monde à grands coups d'espresso.
Aux grains d'sel
973, rue Myrand
(418) 681-0188
Abordable et sympathique, ce petit bistro inventif sert une cuisine bien mitonnée, à petit prix. Le décor est chaleureux, le service, attentif, et le poulet à Ouellet, la spécialité de la maison, aux poires et à la crème, vaut à lui seul le détour.
L'Astral
1225, cours du Général-de-Montcalm
(418) 647-2222
Le restaurant tournant au sommet de l'hôtel Loews Le Concorde est un des endroits les plus agréables pour embrasser le paysage de Québec d'un seul regard... successif. On paie une prime pour le décor, mais la bouffe est bonne, c'est romantique en diable. Et les enfants de 12 ans et moins mangent à prix réduit, voire gratuitement.
Au total, ce resto-bar-club est un peu sonar, un peu soñar, vu son mélange de tradition espagnole et d'atmosphère cool dans un décor branché, assortiment d'enclaves chaleureuses dans sa coquille de béton. Coin Cartier et Aberdeen, à Québec, le Soñar est en effet installé dans un sous-sol plus invitant qu'on le croirait, un local qui avait fait les premières belles heures du Métropolitain, du temps où celui-ci était le premier — et déjà le meilleur — resto de sushis de Québec. Son successeur, après un hiatus qui a laissé peu de souvenirs (Le Zazou? La Zazie?), devrait avoir le même bonheur puisqu'il introduit une primeur sur la rue Cartier avec ces assortiments de petites bouchées savoureuses servies dans de petits plats de terre cuite.
Et je dois vous dire que c'est diablement réussi. Entre les dattes farcies au chorizo et serrano, l'oeuf à l'andalouse, le portobella farci au fromage féta et ciboulette, la paella cuchara, l'aubergine farcie au manchego et crevettes et 23 autres variétés de tapas froids ou chauds, le voyage a effectivement de quoi vous faire rêver à une fin d'après-midi ensoleillée quelque part entre Séville, Jerez et Madrid. Le midi, quatre ou cinq choix dans la palette offerte à 1,99 $ pièce vous feront un excellent dîner. Le soir, une ou deux variétés de plus, étalées tranquillement au rythme de la conversation, et des verres choisis parmi une belle sélection abordable de vins (surtout) espagnols vous bourreront amplement la panse: après quelques tapas, on comprend bien pourquoi les Espagnols ne soupent apparemment pas avant 22h...
Nos préférés, lors de nos deux derniers passages, ont été le croustillant de poisson (vraiment superbe, en particulier quand le poisson du jour est du tilapia), l'aubergine épépinée en forme de gâteau cannelé, farcie d'une sauce crémeuse au manchego et aux petites crevettes, l'oeuf à l'andalouse, gratiné et poché dans une sauce tomatée bien relevée, la tortilla, grand classique du genre, et le roulé de saumon fumé aux endives, comme un sushi à l'envers, le saumon faisant office d'algue et l'endive et le fromage tenant le rôle du poisson. Ma douce moitié a également apprécié les tostadas d'anchois et tomate, simples comme tout: une petite tranche de pain grillé, une tranche de tomate mûre et un anchois complet, le croustillant du pain, la fraîcheur de la tomate et le salé de l'anchois se mariant fort harmonieusement. Seule petite ombre au tableau, un ceviche de gambas qui manquait un peu de zeste et de netteté, mais c'est bien pour chipoter qu'on dit ça.
Lors d'un prochain retour, on voudra bien plonger dans le reste de la carte, qui offre aussi quelques plats bien choisis, avec une seule composante vraiment pas hispanique, soit une sélection de plats de gibier aux apprêts tout québécois. Dans ses premiers jours, le Soñar avait essayé d'en faire un peu trop avec une table d'hôte à la française et une carte dispersée. Mieux concentré sur ses priorités, il vise maintenant très juste.
Est-ce le côté club de l'endroit qui fait filer le temps trop doucement? Le service est éminemment sympathique, d'accord, mais nous avons eu par petits moments l'impression d'être un peu oubliés et d'avoir à secouer vigoureusement le bras pour qu'on vienne prendre la suite de la commande. Avant le dessert, notamment, nos verres et nos assiettes sont restés vides un bon petit moment. La crème brûlée au chocolat et à la mangue, un peu plus près du pudding cuit que de la vraie crème brûlée, a quand même valu l'attente et bien fini bien le parcours.
Une prochaine fois, j'y retournerai bien en fin de soirée pour profiter des rythmes propulsés par les tables tournantes. Et un jour, j'aimerais bien y prendre un petit verre de xérès fino, bien sec et froid, avec les tapas, pour me sentir encore plus en Espagne. On peut toujours rêver...
Soñar
1147, avenue Cartier
(418) 640-7333
Les midis de semaine, la formule tapas à 1,99 $ pièce est une belle façon de s'offrir un repas varié et différent à prix très raisonnable. Pour le repas du soir, comptez entre 50 et 60 $ pour deux personnes, avant taxes, vin et service, selon les appétits.
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Découvrir Québec par les papilles
Dans la région de la Capitale-Nationale comme dans beaucoup de régions du Québec, les producteurs artisanaux de produits fins ont poussé comme des champignons au cours des dernières années. L'intérêt croissant pour ces ressources gastronomiques sympathiques permet aujourd'hui le regroupement d'une quarantaine de producteurs sous l'enseigne promotionnelle du Parcours gourmand.
Mis en valeur dans le cadre du Festival de la gastronomie de Québec, qui a attiré quelque 31 000 visiteurs au Centre de foires de Québec du 23 au 25 avril dernier, le Parcours gourmand permet au visiteur gourmand de découvrir des producteurs de cidres, de viandes fines, de fromages, de fruits ou d'érable, par catégorie de produits ou par sous-région, de Portneuf à Charlevoix en passant par la côte de Beaupré, l'île d'Orléans, la Jacques-Cartier et la ville même de Québec. De quoi bien agrémenter les promenades du week-end ou les prochaines vacances.
Ces renseignements sont disponibles dans un dépliant fort réussi et sur le site Internet www.
parcoursgourmand.com.
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Les nappes du mois
Qu'elles soient de récentes découvertes ou des repaires revisités, voici certaines des bonnes tables de la capitale, tous budgets et tous arrondissements confondus, du petit boui-boui sympathique au grand rendez-vous gastronomique.
Café du Monde
84, rue Dalhousie
(418) 692-4455
Pour le Café du Monde, traverser la rue pour s'installer auprès du fleuve a été un grand bond en avant. Ce bistro très français est toujours plein (il est presque impératif de réserver pour avoir une place), la bouffe a pris du mieux, personne ne se prend la tête et la vue vaut à elle seule le détour.
Café Krieghoff
1089, avenue Cartier
(418) 522-3711
Bien sûr, on y trouve une bonne petite table d'hôte bien mitonnée et de la restauration simple et souvent santé, mais on retourne avant tout à ce café jeune d'un quart de siècle pour l'atmosphère, tout aussi propice à la méditation autour d'un bol de café au lait qu'aux grandes conversations amicales où on refait le monde à grands coups d'espresso.
Aux grains d'sel
973, rue Myrand
(418) 681-0188
Abordable et sympathique, ce petit bistro inventif sert une cuisine bien mitonnée, à petit prix. Le décor est chaleureux, le service, attentif, et le poulet à Ouellet, la spécialité de la maison, aux poires et à la crème, vaut à lui seul le détour.
L'Astral
1225, cours du Général-de-Montcalm
(418) 647-2222
Le restaurant tournant au sommet de l'hôtel Loews Le Concorde est un des endroits les plus agréables pour embrasser le paysage de Québec d'un seul regard... successif. On paie une prime pour le décor, mais la bouffe est bonne, c'est romantique en diable. Et les enfants de 12 ans et moins mangent à prix réduit, voire gratuitement.
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