jeudi 24 mai 2012 Dernière mise à jour 23h45
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Javed, le Pakistanais du Mile-End

Philippe Mollé   6 juin 2009  Alimentation
Depuis 25 ans, Javed Sheikh est fidèle au poste pour recevoir «ses clients».
Depuis 25 ans, Javed Sheikh est fidèle au poste pour recevoir «ses clients».
Lorsqu'on entre dans sa boutique de fruits et légumes de l'avenue du Parc, les récits coraniques annoncent que la journée sera belle et que Javed Sheikh sera, comme il l'est depuis 25 ans, fidèle au poste à recevoir «ses clients». Cet immigrant totalement intégré dans la communauté québécoise a appris à parler et le français et l'anglais en discutant avec les clients.

Javed a quitté le Pakistan comme réfugié et il comprend donc d'autant mieux les enjeux politiques du moment. Même si sa pensée va encore vers son pays natal — et bien sûr vers sa famille restreinte, qui y demeure —, c'est vraiment à Montréal qu'il a refait sa vie après le décès de son épouse au Pakistan.

L'apprentissage sur le tas

À son arrivée au Québec, en 1985, il travaille déjà dans le domaine des fruits et légumes chez un Pakistanais du boulevard Saint-Laurent, auquel il achètera son premier commerce en 1986. La famille jouant un rôle très important et fondamental, les enfants s'impliquent dans le commerce de la même façon que le père, c'est-à-dire sans conditions.

Javed se souvient de ses débuts au Marché central, du temps passé à reconnaître des variétés de fruits et de légumes différentes de celles qu'il connaissait au Pakistan, à comprendre et à apprendre vite le goût des Québécois de l'époque. Un goût, selon lui, terriblement raffiné depuis les vingt dernières années, qui est rapidement passé des patates, carottes et navets à l'exotisme des produits du monde. Il n'y a plus d'exotisme dans les papayes, mangues ou avocats, qui sont désormais connus de tout le monde, selon lui.

À ce jour, l'exotisme réside dans les variétés spécifiques comme la tomate noire, des fruits comme le pitaya, le fruit du dragon, les pommes de terre rates, ou consiste à proposer un choix qui dépasse les frontières mais répond aussi au multiculturalisme montréalais. Rien de mieux, selon Javed, qui se fait aussi appeler Bob, que de vivre et d'apprendre sur le tas. Pour nous, dit-il, il a fallu s'intégrer vite à la communauté pour éviter des regrets et surtout de revenir en arrière pour revivre le passé.

«Pas question de retourner au Pakistan, notre vie est ici et la communauté qui nous fait vivre reste attachée à ce que nous lui offrons.» Après avoir vendu son magasin de la rue Saint-Laurent, la famille Sheikh s'installe avenue du Parc, entre la rue Bernard et la rue Saint-Viateur. «Notre clientèle est multiethnique et communique aussi bien en arabe qu'en français ou en anglais, ce qui pour nous ne vaut aucun a priori.»

Un travail de titan, 7 jours sur 7, avec parfois des journées de 16 ou 17 heures, et trois visites par nuit au Marché central, boulevard de l'Acadie. Tant à l'extérieur que chez les grossistes du Marché central, tout le monde le connaît, le petit Pakistanais de la nuit, tout le monde le respecte pour l'énergie et le travail qu'il s'impose.

Bob, pour les clients, ou Javed, pour les intimes, s'active chaque jour à disposer ses légumes, et ce, depuis quelques années déjà. Javed a conscience du développement du bio. Un choix personnel, de conviction, et qu'il développe dans son autre magasin situé à proximité du premier. À l'écoute du marché, il sait bien, lui, que les fraises de Floride sont meilleures que celles de Californie, il a appris au fil des années à connaître les producteurs, notamment ceux du Québec, il sait tout sur les fruits venant du Mexique, du Chili, les asperges du Pérou ou encore les dattes Medjoul qui proviennent d'Algérie ou de Tunisie.

Javed espère toujours qu'un jour son pays d'origine vivra en paix. Il doute des talibans, de la corruption, du régime en place, mais, avec un brin de mélancolie dans la voix, il sait parler des gens, de la nature, du pays comme il le dit. Le charme discret d'un Pakistanais qui au fil du temps a appris la langue de chez nous.

***

- Épicerie, fruiterie du Mile-End, 5686, avenue du Parc, Montréal

***

Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l'entendre tous

les samedis matin à l'émission de Joël Le Bigot, Samedi et rien d'autre,

à la Première Chaîne de Radio-Canada.

***

La recette de la semaine

Salade d'aubergine au fromage de chèvre

- 1 grosse aubergine ou deux moyennes

- 1 échalote française hachée

- 1 gousse d'ail hachée

- 60 ml d'huile d'olive

- 15 ml de coriandre hachée

- 30 ml de jus de citron

- 30 ml de câpres fines

- 60 ml de fromage de chèvre frais

- Sel et poivre au goût

Piquer le pourtour de l'aubergine avec la pointe d'un couteau et faire cuire au four à 350 degrés environ 20 minutes. Retirer la chair de l'aubergine avec une cuillère et disposer dans un saladier.

Dans un autre saladier, mélanger le fromage de chèvre, le jus de citron et l'huile d'olive. Ajouter l'échalote, l'ail et les câpres, puis incorporer le tout avec la chair de l'aubergine. Finir avec la coriandre et assaisonner.

Garnir l'ensemble sur des petits croûtons de pain grillés et préalablement frottés à l'ail.

***

Biblioscopie

Mon cours de cuisine

Les Basiques orientaux

Marianne Magnier-Moreno

Éditions Marabout, 70 pages, Paris, 2009

Une série intéressante qui aide l'amateur de cuisine orientale à réaliser très facilement des recettes de «style oriental», avec quelques bémols sur certains produits utilisés en guise de remplacement des originaux. Étape par étape, il est facile d'apprendre les recettes et d'adapter ensuite les bonnes idées à la sauce «maison».

***

À l'ardoise

Laval en terrasses

Pourquoi ne pas faire un petit tour du côté du Centropolis de Laval qui propose un circuit gourmand tous les lundis, du 15 juin au 7 septembre, sur les terrasses de trois restaurants offrant pour l'occasion un forfait gourmand. Sur réservation, une semaine à l'avance, au 1 866-661-6627, pour 72,00 $ par personne taxes, en sus.

Pour en savoir plus: www.vacancesmicheldemers.com; ou Tourisme Laval 450-682-5522

***

Le meilleur sommelier

du Québec 2009

Les dés sont jetés, et le titre de meilleur sommelier du Québec revient cette année à Bertrand Eichel, du restaurant le 357C à Montréal. Une sélection difficile parmi les quatre derniers candidats en lice et qui démontre de plus en plus la compétence québécoise dans cette profession mondialement reconnue.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012