À la découverte du nouveau Monde
Pour une transition réussie, c'est une transition réussie. L'automne dernier, le Café du Monde, véritable institution de la restauration dans le Vieux-Port et fleuron du Groupe Restos Plaisirs, traversait la rue Dalhousie (en regardant bien des deux côtés) et quittait sa maison historique au profit du grand hangar d'aluminium et de verre qui est devenu, après bien des péripéties, le terminal de croisières de Québec.
Mettant un peu de vieux dans beaucoup d'espace neuf, le restaurant a reporté ses boiseries peintes en rouge et son plancher en carrelage noir et blanc vers son nouveau et très grand local. À un point tel que la froideur de l'endroit a complètement disparu et que l'atmosphère du nouveau local rejoint celle de l'ancien avec, en prime, plus de lumière et, pour l'été qui s'en vient, une magnifique terrasse avec vue exceptionnelle sur le Saint-Laurent. Sans compter le grand escalier de l'entrée, élégant au possible, qui met en appétit avant même d'avoir mis les pieds dans la salle.
Même si le nouveau local n'a pas tout à fait pignon sur rue, la clientèle n'a eu aucun mal à retrouver le plus français des bistros de Français de Québec et même à faire courir le mot. Si bien que, du jeudi au dimanche, midi ou soir, on ne devrait vraiment pas s'y aventurer sans avoir réservé bien à l'avance.
À preuve, quand nous y sommes arrivés entre deux services, vendredi soir dernier, nous avons à peine pu nous faufiler vers les deux derniers sièges accrochés au comptoir, devant la cuisine ouverte où la brigade des chefs ne chôme vraiment pas. C'était un endroit privilégié pour constater, entre autres, la remarquable stabilité du personnel : on revoit tellement de visages familiers — rattachés à des personnes de commerce fort agréable - qu'ils semblent faire partie des meubles.
Addition notable à la carte, la maison a profité du déménagement pour ajouter une grande rôtissoire où les poulets tournent en se faisant allégrement dorer la couenne. Et en prenant beaucoup de saveur, comme j'ai pu le constater quelques instants plus tard. Assiette fort simple, avec ses petits grelots bien rehaussés par la sauce et sa salade de laitue Boston, le demi-poulet rôti est en quelque sorte la nouvelle star d'une maison où les classiques, comme le tartare de boeuf ou de saumon, la bavette à l'échalote, le confit de canard ou le boudin noir, sont toujours aussi bons, voire un peu meilleurs depuis la traversée vers le Nouveau Monde. Le tartare aux deux saumons, passablement le seul à Québec à être relevé à peu près comme un tartare de boeuf, l'a amplement démontré dans l'assiette de ma douce moitié.
Et les entrées, pour faire un petit pas en arrière, n'ont pas fait défaut, loin de là. Le camembert grillé aux fines herbes de Geneviève était succulent et plein de ce gras dont on ne sait plus, sur le plan diététique, s'il est bon ou mauvais. De mon côté, les calmars frits étaient les meilleurs que j'ai mangés depuis longtemps — peut-être depuis toujours. Geneviève, rarement amateur de ces petits mollusques qui deviennent si facilement caoutchouteux, m'en a même piqué deux ou trois fois, séduite qu'elle était par leur goût léger et leur tendreté extrême.
Le petit verre de vin blanc qu'elle s'était autorisé ce soir-là accompagnait le tout de belle façon, d'autant plus qu'il était à prix fort raisonnable, comme le veut une des règles d'or de la maison. Leur sélection au verre (ou « selon votre soif », c'est-à-dire qu'on vous facture la partie bue de la bouteille au prorata de son utilisation) couvre toutes les bases, et si la carte demeure plus limitée que l'immense cellier vitré pourrait le laisser croire, on trouve bien des choix agréables qui ne vous détrousseront pas à chaque gorgée.
De la place pour le dessert ? Je ne suis pas sûr que nous en avions vraiment, mais les profiteroles sont l'un des grands péchés mignons de madame et l'île flottante un genre de dessert nostalgique pour votre humble serviteur. Là aussi, on était bien servis, peut-être même un peu mieux que de l'autre côté de la rue.
Comme l'ancien Monde, le nouveau Monde est plein de vie et de plaisir (presque impossible d'y aller sans entendre chanter, que ce soit Joyeux anniversaire ou d'autres chansonnettes enthousiastes). Même qu'il y en a plus. Bravo.
Café du Monde
84, rue Dalhousie, Québec
(418) 692-4455
Un repas pour deux, en formule extra du soir (entrée, plat, dessert au choix), vous coûtera environ 55 $ avant vin, taxes et service.
***
Les nappes du mois
Qu'elles soient de récentes découvertes ou des repaires revisités, voici certaines des bonnes tables de la capitale, tous budgets et tous arrondissements confondus, du petit boui-boui sympathique au grand rendez-vous gastronomique.
Aux grains d'sel
973, rue Myrand
(418) 681-0188
Abordable et sympathique, ce petit bistro inventif sert une cuisine bien mitonnée à petit prix. Le décor est chaleureux et le service attentif. Le poulet à Ouellet, la spécialité de la maison, aux poires et à la crème, vaut à lui seul le détour.
L'Astral
1225, cours du Général-de-Montcalm
(418) 647-2222
Le restaurant tournant au sommet de l'hôtel Loews Le Concorde est l'un des endroits les plus agréables pour embrasser le paysage de Québec d'un seul regard... successif. On paie pour le décor mais la bouffe est bonne, c'est romantique en diable et les familles sont avantagées puisque les enfants de 12 ans et moins mangent à prix réduit, voire gratuitement.
Piazzetta Cartier
1191, avenue Cartier
(418) 649-8896
La Piazzetta Cartier a été l'un des premiers lieux d'expansion de cette pizzeria née sur la rue Saint-Jean et maintenant présente un peu partout au Québec. La formule midi est tout ce qu'il y a d'abordable (moins de 10 $) et la pizza sur pâte mince, toujours aussi craquante, subit la concurrence interne de très bonnes focaccia.
Café du Clocher Penché
Angle Caron et Saint-Joseph
(418) 640-0597
De café un peu granola où s'étiraient les allongés et les bols de café au lait, le Café du Clocher penché est devenu, depuis un moment déjà, une table gastronomique assez abordable, originale et internationale, qui ne se prend vraiment pas la tête. La salle boisée et bien ensoleillée ajoute au goût de revenez-y.
Mettant un peu de vieux dans beaucoup d'espace neuf, le restaurant a reporté ses boiseries peintes en rouge et son plancher en carrelage noir et blanc vers son nouveau et très grand local. À un point tel que la froideur de l'endroit a complètement disparu et que l'atmosphère du nouveau local rejoint celle de l'ancien avec, en prime, plus de lumière et, pour l'été qui s'en vient, une magnifique terrasse avec vue exceptionnelle sur le Saint-Laurent. Sans compter le grand escalier de l'entrée, élégant au possible, qui met en appétit avant même d'avoir mis les pieds dans la salle.
Même si le nouveau local n'a pas tout à fait pignon sur rue, la clientèle n'a eu aucun mal à retrouver le plus français des bistros de Français de Québec et même à faire courir le mot. Si bien que, du jeudi au dimanche, midi ou soir, on ne devrait vraiment pas s'y aventurer sans avoir réservé bien à l'avance.
À preuve, quand nous y sommes arrivés entre deux services, vendredi soir dernier, nous avons à peine pu nous faufiler vers les deux derniers sièges accrochés au comptoir, devant la cuisine ouverte où la brigade des chefs ne chôme vraiment pas. C'était un endroit privilégié pour constater, entre autres, la remarquable stabilité du personnel : on revoit tellement de visages familiers — rattachés à des personnes de commerce fort agréable - qu'ils semblent faire partie des meubles.
Addition notable à la carte, la maison a profité du déménagement pour ajouter une grande rôtissoire où les poulets tournent en se faisant allégrement dorer la couenne. Et en prenant beaucoup de saveur, comme j'ai pu le constater quelques instants plus tard. Assiette fort simple, avec ses petits grelots bien rehaussés par la sauce et sa salade de laitue Boston, le demi-poulet rôti est en quelque sorte la nouvelle star d'une maison où les classiques, comme le tartare de boeuf ou de saumon, la bavette à l'échalote, le confit de canard ou le boudin noir, sont toujours aussi bons, voire un peu meilleurs depuis la traversée vers le Nouveau Monde. Le tartare aux deux saumons, passablement le seul à Québec à être relevé à peu près comme un tartare de boeuf, l'a amplement démontré dans l'assiette de ma douce moitié.
Et les entrées, pour faire un petit pas en arrière, n'ont pas fait défaut, loin de là. Le camembert grillé aux fines herbes de Geneviève était succulent et plein de ce gras dont on ne sait plus, sur le plan diététique, s'il est bon ou mauvais. De mon côté, les calmars frits étaient les meilleurs que j'ai mangés depuis longtemps — peut-être depuis toujours. Geneviève, rarement amateur de ces petits mollusques qui deviennent si facilement caoutchouteux, m'en a même piqué deux ou trois fois, séduite qu'elle était par leur goût léger et leur tendreté extrême.
Le petit verre de vin blanc qu'elle s'était autorisé ce soir-là accompagnait le tout de belle façon, d'autant plus qu'il était à prix fort raisonnable, comme le veut une des règles d'or de la maison. Leur sélection au verre (ou « selon votre soif », c'est-à-dire qu'on vous facture la partie bue de la bouteille au prorata de son utilisation) couvre toutes les bases, et si la carte demeure plus limitée que l'immense cellier vitré pourrait le laisser croire, on trouve bien des choix agréables qui ne vous détrousseront pas à chaque gorgée.
De la place pour le dessert ? Je ne suis pas sûr que nous en avions vraiment, mais les profiteroles sont l'un des grands péchés mignons de madame et l'île flottante un genre de dessert nostalgique pour votre humble serviteur. Là aussi, on était bien servis, peut-être même un peu mieux que de l'autre côté de la rue.
Comme l'ancien Monde, le nouveau Monde est plein de vie et de plaisir (presque impossible d'y aller sans entendre chanter, que ce soit Joyeux anniversaire ou d'autres chansonnettes enthousiastes). Même qu'il y en a plus. Bravo.
Café du Monde
84, rue Dalhousie, Québec
(418) 692-4455
Un repas pour deux, en formule extra du soir (entrée, plat, dessert au choix), vous coûtera environ 55 $ avant vin, taxes et service.
***
Les nappes du mois
Qu'elles soient de récentes découvertes ou des repaires revisités, voici certaines des bonnes tables de la capitale, tous budgets et tous arrondissements confondus, du petit boui-boui sympathique au grand rendez-vous gastronomique.
Aux grains d'sel
973, rue Myrand
(418) 681-0188
Abordable et sympathique, ce petit bistro inventif sert une cuisine bien mitonnée à petit prix. Le décor est chaleureux et le service attentif. Le poulet à Ouellet, la spécialité de la maison, aux poires et à la crème, vaut à lui seul le détour.
L'Astral
1225, cours du Général-de-Montcalm
(418) 647-2222
Le restaurant tournant au sommet de l'hôtel Loews Le Concorde est l'un des endroits les plus agréables pour embrasser le paysage de Québec d'un seul regard... successif. On paie pour le décor mais la bouffe est bonne, c'est romantique en diable et les familles sont avantagées puisque les enfants de 12 ans et moins mangent à prix réduit, voire gratuitement.
Piazzetta Cartier
1191, avenue Cartier
(418) 649-8896
La Piazzetta Cartier a été l'un des premiers lieux d'expansion de cette pizzeria née sur la rue Saint-Jean et maintenant présente un peu partout au Québec. La formule midi est tout ce qu'il y a d'abordable (moins de 10 $) et la pizza sur pâte mince, toujours aussi craquante, subit la concurrence interne de très bonnes focaccia.
Café du Clocher Penché
Angle Caron et Saint-Joseph
(418) 640-0597
De café un peu granola où s'étiraient les allongés et les bols de café au lait, le Café du Clocher penché est devenu, depuis un moment déjà, une table gastronomique assez abordable, originale et internationale, qui ne se prend vraiment pas la tête. La salle boisée et bien ensoleillée ajoute au goût de revenez-y.
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